Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

25 municipalités basques devraient proclamer le boycott d'Israël

Interview de Walter Wendelin, responsable de l'organisation internationaliste basque Askapena

- Walter, pourrais-tu te présenter à nos lecteurs et expliquer ce qu'est Askapena ?

Je milite depuis une vingtaine d'années comme internationaliste et j'ai diverses responsabilités. Dans le peu de temps lire que cela me laisse, je travaille pour gagner ma vie ou j¹effectue diverses activités pour gagner ma pitance comme tout un chacun. ASKAPENA est une organisation qui a commencé son activité en 1980 en tant que comité de solidarité avec la révolution sandiniste au Nicaragua et elle s¹est développée pour devenir une organisation de solidarité internationaliste rattachée à la gauche indépendantiste basque (aussi appelée Gauche Abertzale ou encore mouvement de libération nationale et sociale basque).

Notre objectif, c'est l'indépendance et le socialisme pour Euskal Herria : indépendance par rapport à l'occupation de notre pays par le Royaume d'Espagne et la République française et socialisme comme modèle social, économique et politique pour le peuple basque. Avoir cet objectif est une raison suffisante pour la justice espagnole pour te condamner pour ³appartenance à bande armée², c¹est-à-dire pour terrorisme, avec l¹argument que de tels objectifs coïncident avec ceux de l¹organisation armée ETA, ce qui leur convient politiquement. Face au pouvoir des États capitalistes impérialistes et sous-impérialistes (certains parlent de ³globalisation²), les divers peuples et cultures du monde ne pourront survivre et construire cet autre monde nécessaire (et possible) que s¹ils sont conscients d¹être les sujets de la diversité et agissent solidairement. Pour nous, la solidarité n¹est pas pour nous seulement un principe éthique mais encore une nécessité pour survivre comme peuple et comme individus. Pour cela l¹internationalisme n¹est pas possible sans un projet politique, économique, culturel et social nationaliste mais à son tour ce dernier n¹est pas possible sans un internationalisme solidaire. De cela découle notre principe fondamental : la meilleure solidarité, celle qui est la plus nécessaire et efficace, c¹est la lutte pour la libération de notre propre peuple. C¹est aussi pourquoi nous critiquons l¹aide au développement et l¹aide humanitaire comme complices de l¹impérialisme capitaliste et nous recherchons d¹autres formes de lutte solidaire.

- Peux-tu nous expliquer en quoi consiste votre travail de solidarité avec la Palestine ?

Dans la situation où nous sommes - avec notre parti (Batasuna) interdit, nos médias fermés, nos jeunes criminalisés et menacés en permanence d¹être détenus, torturés et condamnés comme terroristes, le travail est difficile et les moyens économiques sont faibles. Nous travaillons principalement à la sensibilisation, à l¹information, à la coscientisation et à la mobilisation de la base sociale de la Gauche Abertzale, afin de garantir que notre projet politique soit réellement cohérent avec l¹internationalisme et afin de comprendre la solidarité que nous offre le peuple palestinien par sa lutte. En ce qui concerne la société basque en général, il faut dire que c¹est une société qui souffre des mêmes maux que les autres sociétés européennes : capitalisme eurocentrique et consumérisme obsessionnel. Le boycott des produits israéliens et des entreprises basques qui font des affaires avec Israël est difficile : à moyen terme, il nous faut dépasser le niveau du boycott symbolique et passer à un boycott qui fasse vraiment mal à l¹économie israélienne. En tant que petit pays avec moins de 3 millions d¹habitants, nous savons que nous n¹atteindrons cet objectif que par une lutte commune avec d¹autres peuples et pays. C¹est pourquoi nous consacrons beaucoup d¹efforts au travail dans les divers forums sociaux, coordinations et rencontres, où l¹une de nos priorités est la solidarité avec le peuple palestinien. Pour pouvoir convaincre la société que le boycott commercial et le désinvestissement doit être efficace et total, il faut l¹accompagner d¹un boycott de toutes les expressions israéliennes, qu¹elles soient culturelles, artistiques, médiatiques, universitaires, scientifiques ou sportives... Cela est une nécessité si l¹on veut contrecarrer la tentative des Israéliens d¹apparaître comme un État légitime, démocratique, moderne, civilisé, de droit, garantissant les droits humains et la liberté d¹expression. Israël n¹est rien de tout cela, même s¹il participe aux Euroligues (de football) et à Eurovision. Nous appelons donc à boycotter tout événement auquel les Israéliens participent, même ceux qui n¹ont apparemment aucun contenu politique. Il existe un tendance, y compris dans notre pays, à confondre la solidarité avec la Palestine et la résolution du conflit et à cultiver une soi-disant ³distance égale² pragmatique, avec des activités présomptueuses de médiation de la part de spécialistes de ce secteur qui acceptent de fait la plupart des actes criminels commis par Israël. Nous estimons que ceci bénéficie à Israël beaucoup plus qu¹aux Palestiniens et palestiniennes et que ce n¹est pas à nous de réaliser ce genre d¹interventions qui violent le principe de non-ingérence. Nous partons du fait qu¹Israël n¹a aucune légitimité à établir un État en terre de Palestine - et encore moins avec des méthodes terroristes et militaires - et que seuls les Palestiniens et les Palestiniennes sont à même, s¹ils le veulent et aux conditions qu¹ils voudront eux-mêmes, de céder une portion de leur territoire. En tant qu¹Européens solidaires du peuple palestinien nous pourrions travailler à une alternative de relocalisaion du peuple juif sur des territoires européens mais jamais servir de médiateurs dans un conflit étranger. La médiation est nécessaire mais n¹est pas la solidarité.

- À propos de votre organisation, le conseil municipal d¹Arbizu, en navarre, a voté en novembre une motion proclamant le boycott des produits israéliens. Est-ce que cette initiative va se répéter dans d¹autres localités d¹Euskadi ? Quelles sont les perspectives du mouvement en faveur du boycott en Euskadi et dans l¹État espagnol ?

Le travail à Arbizu a commencé début 2005 quand nous avons décidé de réaliser les Journées internationalistes annuelles ensemble avec le syndicat LAB, l¹organisation de prisonniers politiques Pro Amnistia et l¹organisation de jeunes Segi dans ce village. la délégation palestinienne que nous y avons invité a joué un rôle de premier plan. Un accord de jumelage a été signé entre Arbizu et Marda, un village encerclé par des colonies israéliennes et par le Mur. l¹étape suivante a été la motion de boycott, qui n¹est pas seulement un boycott commercial mais total, comme je l¹ai expliqué plus haut. En pratique, cela signifie que jamais la municipalité d¹Arbizu n¹organisera ou ne subventionnera par exemple un groupe de danse israélien, ni n¹autorisera une performance d¹un intellectuel ou d¹un artiste israélien dans ses installations ni une partie de football sur son terrain... Une fois consolidé le projet pilote à Arbizu, nous essaierons ensemble de multiplier aussi bien les jumelages que les motions de boycott dans d¹autres municipalités d¹Euskal Herria. Nous réaliserons cela à travers les organisations sociales, les partis politiques, les syndicats et à travers l¹institution Udalbiltza, qui est l¹assemblée des élus des muncipalités d¹Euskal Herria. Considérant que pratiquement toutes les initiatives citoyennes de la gauche abertzale ont été déclarées illégales par ³l¹in-justice² espagnole et donc éliminées de la politique officielle des municipalités, nous prévoyons que nous arriverons dans une première phase à 25 motions de boycott. Après les prochaines élections municipales, ce sera possible - si toutefois le royaume d¹Espagne ne continue pas à limiter la démocratie -dans 60 autres municipalités où la gauche abertzale aura la majorité des voix, même si elle est déclarée illégale. Il y a aussi toutes ces municipalités où, sans être majoritaire, la gauche abertzale a une présence suffisamment forte pour parvenir à convaincre d¹autres partis d¹appuyer une motion de boycott contre Israël. dans les provinces basques occupées par la république française, ce sera plus difficile, étant donné qu¹il y a une tendance à interpréter tout soutien à la palestine comme une expression d¹antisémitisme, qui est illégal selon la législation française. Mais même dans ce cas, nous espérons parvenir à l¹approbation de la motion de boycott dans diverses municipalités. Voilà donc les perspectives du boycott en Euskal Herria, c¹est -à-dire dans la Comunidad Foral de Navarre, la Communauté autonome basque et les trois provinces basques du département français des Pyrénées atlantiques. La situation et les possibilités dans l¹État espagnol sont différentes et au jour d¹aujourd¹hui, il y a peu de possibilités de collaboration internationale avec des organisations espagnoles de solidarité avec la Palestine.

- Outre le boycott, deux autres aspects sont importants : le désinvestissement (divestment) de capitaux basques ou espagnols investis en Israël et l'appel aux sanctions économiques contre Israël. Est-ce que vous travaillez aussi dans ce sens ?

Pour nous, le boycott doit être commercial, financier, universitaire, culturel, artistique, sportif, comme nous l¹ont demandé nos camarades palestiniens, nous sommes donc en train de travailler sur le thème du retrait du retrait de tout capital investi par des entreprises ou des organismes financiers basques dans des affaires avec Israël. Les difficultés sont nombreuses mais nous sommes convaincus de pouvoir obtenir des résultats à moyen terme. Actuellement, nous sommes en train d¹envoyer aux diverses entreprises des pétitions leur demandant de s¹associer au boycott, en les avisant qu¹au cas où elles ne s¹y associeraient pas, nous devrions informer la société basque de leur complicité avec un gouvernement qui commet, à nos yeux, des crimes contre l¹humanité, viole les droits humains et promeut le racisme en plus de voler des terres et des ressources qui ne lui appartiennent pas. Pour ce qui est du retrait de capitaux basques, nous travaillons dans divers forums et rencontres, de même que dans le domaine des sanctions économiques au niveau européen et mondial, cela selon nos modestes ressources et possibilités.

Walter Wendelin, je te remercie.

 Propos recueillis par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pur la diversité linguistique http://www.tlaxcala.es, février 2006.

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