Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

28ème anniversaire de la journée de la terre en Palestine

Prise de parole de Monsieur Suleiman Fahmawi

Mesdames et messieurs les invités, responsables d'organisations et d'institutions soutenant le droit au retour, les réfugiés et partisans d'une paix juste. De notre chère Palestine, de Galilée, de la région du triangle, du désert du Néguev, de chaque portion de la terre de Palestine, je vous salue en mon nom ainsi qu'au nom de l'association en défense des droits des réfugiés palestiniens en Israël, et je salue vos efforts afin de perpétuer la mémoire de la glorieuse Journée de la Terre dont nous commémorons le 28ème anniversaire cette année

La journée de la terre en 1976 était une réponse au gouvernement d'Israël afin de faire échouer ses projets visant à confisquer le restant des terres arabes après la catastrophe « la Nakba » de 1948. La population arabe palestinienne s'est soulevée pour défendre ses terres et pouvoir y rester et y vivre avec dignité et la tête haute même si cela devait nous coûter cher.

Depuis la déclaration de la création de l'Etat d'Israël sur la terre de Palestine en 1948, l'Etat d'Israël a spolié de leurs terres et de leurs biens et expulsé les habitants palestiniens de leur patrie, il a détruit 531 villages et villes palestiniennes. Tout ceci va à l'encontre des résolutions de l'ONU concernant le retour des réfugiés dont la résolution n° 194 (du 11 décembre 1948).

Israël persiste toujours dans sa politique de confiscation des terres palestiniennes par l'intermédiaire de nouvelles lois au parlement Israélien - la Knesset ainsi que le confinement des citoyens Arabes dans des sortes de cantons afin de les empêcher de se développer et de s'étendre géographiquement. Le gouvernement israélien ne confisque pas seulement les terres, il a ordonné la destruction de centaines d'habitations et la promulgation de milliers d'ordonnances pour la destruction des habitations palestiniennes sous prétexte qu'elles sont construites hors la loi.

Les législateurs Israéliens à la Knesset ont promulgué en 1948 la loi fondamentale qui détermine les règles du pouvoir et des lois. Selon cette loi fondamentale, l'ensemble des lois en vigueur jusqu'au 14 mai 1948, resteront valables puisqu'elles ne contredisent pas la loi fondamentale ou d'autres lois qu'a promulgué le parlement temporaire en prenant en compte les changements résultant de l'instauration de l'Etat d'Israël et des divers pouvoirs.

Cette loi fondamentale était la principale voie par laquelle ont été absorbées diverses lois datant du mandat britannique que le législateur israélien a jugé bon de garder parce qu'elles ne contredisent pas la nature juive de l'Etat d'Israël, mais au contraire servent cet objectif et aident à l'accomplissement des objectifs sionistes qui consistent à imposer le pouvoir israélien sur ce qui reste de la population palestinienne depuis 1948 à l'intérieur de la ligne verte, soit environ 160000 personnes et de leur confisquer de ce qui reste de leur terre. Voici ci-dessous les lois et ordonnances du temps du mandat qui ont été absorbées par l'Etat d'Israël et qui reste des lois contraignantes :

-  Promulgation des « lois d'exceptions » (pour l'utilisation des terres classées « bour) du 15 octobre 1948. Ces lois autorisent le ministre israélien de l'agriculture à confisquer une terre qui n'est pas cultivée par son propriétaire.
-  Promulgation des lois d'exception concernant les biens des absents en 1948 : Tous les biens appartenant aux réfugiés et aux personnes déplacées ont été classés « biens des absents ». Ces lois d'exceptions donnent la définition du mot absent, comme elles englobent les « déplacés » palestiniens qui ont dû quitter leurs villages d'origines.
-  La loi sur les biens des absents a été promulguée le 14 mars 1950. La haute cour de justice israélienne a définit les objectifs de cette loi comme suit : Les terres appartenant aux personnes définies comme absentes selon la loi, seront désormais gérées par un régisseur. Aussi, selon cette loi, le régisseur devient le propriétaire de ces terres, jusqu'à ce que la personne « absente » prouve qu'elle n'est pas absente ou qu'elle ne peut être considérée comme absente selon la loi. C'est là une mission impossible selon les règles en vigueur.
-  La loi sur la propriété des terres pour une utilisation publique éditée en 1948.
-  Les lois d'exceptions de 1945.
-  La loi sur les forêts.
-  La loi sur les terres classifiées MAWAT de 1921.
-  La loi sur l'égalité des droits sur les terres de 1928.
-  La loi pour la confiscation des terres dans des cas d'urgences de 1950.
-  La loi du département du développement (transfert des propriétés) de 1950.
-  La loi sur la confiscation des terres de 1956.
-  La loi sur la confiscation des terres (instructions temporaires) de 1956.
-  La loi de 1960.
-  La loi sur la confiscation des terres dans le désert du Néguev (accord de paix avec l'Egypte).

Il existe une panoplie de lois pour la confiscation des terres palestiniennes en plus des ordonnances militaires qui octroient à l'armée israélienne la possibilité de boucler des terres palestiniennes pour le motif de l'entraînement militaire.

Aujourd'hui, environ 250 000 palestiniens, déplacés ou réfugiés vivent à l'intérieur de la ligne verte qui ont été expulsés de leurs villages en 1948 et se sont réfugiés dans les villages et les villes palestiniennes qui n'ont pas été détruites. Ils sont considérés comme « invités » dans ces villes et villages, jusqu'à ce qu'ils retournent à leurs villes et villages d'origines. Depuis la signature des accords néfastes d'Oslo en 1993, qui ne font pas référence à la question des réfugiés palestiniens entre autre ceux en Israël, un comité en défense des droits des réfugiés palestiniens en Israël a été constitué et il a commencé à travailler avec ces réfugiés de l'intérieur, à les grouper sous un seul comité qui est le notre et qui s'est fixé pour objectif de lutter pour le retour dans les villages dont nous avons été expulsés.

Les réfugiés luttent pour leur retour dans leurs villages en tant que citoyens de l'Etat d'Israël. Notre association organise des visites annuelles aux villages détruits le jour ou Israël commémore le jour de son « indépendance » ceci afin de rappeler aux citoyens de l'Etat d'Israël que cet Etat a été instauré sur les blessures du peuple palestinien exilé et sur la terre de Palestine spoliée dont ses habitants ont été expulsés. Ce même jour, nous organisons la marche du retour vers l'un des villages détruit à laquelle participe les palestiniens réfugiés ainsi que la majorité des palestiniens d'Israël ainsi que des citoyens juifs partisans de la paix et qui soutiennent le droit au retour.

Ce succès revient à notre association qui a réussi à faire parvenir le message à la rue israélienne, ce qui a convaincu certains d'entre eux qu'il y a des réfugiés dans leur propre patrie, sur leur propre terre et qui sont privés du droit au retour dans leurs villages. Cette année se déroulera la septième marche dans le village d'Andour avoisinante de Nazareth. Les six manifestations précédentes se sont déroulées sur les terres de Safourieh, d'Al Ghabessieh, Al Damoun, Al Birwa, Maaloul, et Em Al Zinat qui se situe au sommet du Mont Karmel près de Haïfa.

Notre association organise des initiatives pendant l'année comme des conférences dans les écoles et les universités afin d'expliquer la cause des réfugiés. Elle participe aussi à des meeting locaux et internationaux. Notre association est aussi membre du comité de suivi des citoyens palestiniens en Israël. Parmi les plus importants projets de l'association, nous désirons créer un fonds d'archives pour la mémoire des villes et villages détruits qui comportera des cartes et des documents concernant chacun des villages. D'autre part, il y a un projet de recenser avec précision tous les réfugiés palestiniens en Israël et leurs villages d'origines ainsi que les lieux de vie de leur proches et leurs parents dans la diaspora. Pour ces projets, nous avons besoins d'importants moyens humains et financiers. Actuellement, notre association s'active dans son local dans la ville de Nazareth. Il y a quelques jours, notre association a tenu une conférence sur le droit au retour avec la participation de l'association Emile Thomas, l'association Ettejah ainsi que l'association juive Zokhoroth. 400 participants étaient présent de l'intérieur et de l'extérieur. L'initiative s'est déroulée à Haïfa durant deux jours, où nous avons discuté de la question des réfugiés palestiniens et de leur droit au retour. Une des résolutions sans aucune ambiguïté de cette conférence est que le droit au retour est un droit individuel et collectif et qu'il doit être appliqué selon les résolutions de l'assemblée générale des Nations-Unies et des institutions internationales pour les droits de l'Homme.

Mes chères sœurs et mes chers frères, les villes et les villages palestiniens en Israël, font face actuellement à un nouveau plan d'étranglement afin de réduire leur développement. Ce plan s'appelle « le plan régional 35 » qui transforme les terres alentours en forêts, en réserves naturelles, en terres agricoles ou en terrains de fouilles archéologiques ou par la création d'autoroutes ce qui a isolé les villages les uns des autres.

Pour finir, je vous remercie pour votre écoute ainsi que ceux qui ont organisé cette rencontre en vous souhaitant la réussite et pour que se rencontrent tous les réfugiés et les personnes déplacées sur notre chère terre de Palestine et pour qu'une paix juste se réalise pour toutes les parties.

Post-Scriptum : Monsieur Suleiman Fahmawi : Président du comité populaire en défense des terres des villes de Rowha et d'Em Al Fahem, et le porte parole de l'association en défense des droits des réfugiés palestiniens à Nazareth.

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