Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Après 31 ans et 26 jours de captivité en Israël, Saïd Al-Atabeh a retrouvé Ramallah

LE MONDE; RAMALLAH ENVOYÉ SPÉCIAL

C'est en homme libre que Saïd Al-Atabeh a traversé, lundi 25 août, le point de passage de Betunya, en lisière de Ramallah. Libre après trente et un ans et vingt-six jours derrière les barreaux israéliens. Ce quinquagénaire moustachu originaire de Naplouse, qui était le doyen des prisonniers palestiniens, a été relâché par l'Etat juif en compagnie de 197 autres détenus, dans l'espoir de redorer le blason du président palestinien, Mahmoud Abbas, face à son rival du Hamas.

L'idée de cet élargissement avait surgi il y a un mois, dans la foulée de l'échange de prisonniers entre Israël et le mouvement chiite libanais Hezbollah. Les dirigeants palestiniens avaient été fragilisés par cet événement très médiatisé, qui confortait le radicalisme des mouvements de résistance armée comme le Hamas et le Hezbollah, au détriment de la ligne modérée qu'ils défendent.

Lundi, comme en écho au spectacle orchestré par le Hezbollah, l'Autorité palestinienne a donc organisé une cérémonie en grande pompe en l'honneur des 198 "combattants de la liberté" qui sont pratiquement tous membres du Fatah.

Arrivé au check-point de Betunya dans une berline noire officielle, Saïd Al-Atabeh a traversé en héros les faubourgs et le centre de Ramallah. "Je suis joyeuse et triste à la fois, bredouille sa sœur, Sana, bouleversée par l'émotion. Parce que Saïd est libre et parce que tellement de Palestiniens restent prisonniers."

Son grand frère avait été arrêté par l'armée israélienne le 29 juillet 1977, à l'âge de 26 ans. A l'issue d'un procès expédié en une journée, ce militant du Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP, gauche) avait été condamné à la prison à vie en tant que cerveau d'une série d'attentats à la bombe qui avait fait un mort et quelques dizaines de blessés dans la région de Tel-Aviv.

A la Moqataa, le quartier général de l'Autorité palestinienne, les anciens prisonniers remontent une haie d'honneur, s'inclinent sur la tombe de Yasser Arafat avant d'être accueillis par le président Abbas et une foule en liesse. "La libération de ce groupe nous comble de joie mais nous ne serons pas tranquilles avant la libération de tous les prisonniers, les 11 000 qui attendent toujours", déclare M. Abbas.

Propulsé au milieu de ces réjouissances obligées, une casquette blanche vissée sur la tête et une écharpe à damier noir et blanc plaquée sur les épaules, l'ancien doyen des prisonniers semble hébété. " C'est un jour de joie pour tous les combattants de la liberté et de l'indépendance", déclare-t-il dans une allocution couverte par des chants pro-Fatah.

Dans la foule, Qadura Farès, le président du club des prisonniers, a du mal à s'enthousiasmer. "Le président Abbas avait transmis à Ehoud Olmert (le premier ministre israélien) une liste de cent vingt noms qu'il voulait voir libérer, explique-t-il. Israël n'en a accepté que trois. La moitié des détenus relâchés aujourd'hui devaient finir leur peine l'année prochaine."

Dans une maisonnette, à cinq cents mètres en contrebas de la Moqataa, Awdeh Rantissi, un menuisier à la retraite, éprouve la même amertume. A 5 heures du matin, des soldats israéliens sont venus embarquer son fils, Sam, âgé de 27 ans, sans fournir la moindre explication. "Cette cérémonie c'est de la blague, dit-il. Comment Abbas peut-il espérer négocier un accord de paix avec Olmert quand il n'est pas capable d'arrêter les incursions israéliennes ?"

Chaque nuit, quel que soit le climat politique, l'armée israélienne arrête une dizaine de Palestiniens dans les villes et villages de Cisjordanie.

Benjamin Barthe