Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Ben Gourion s'adresse au sommet des Etats arabes!!!

Par Ali Jaradat - Palestine

Il ne fait aucun doute que les guerres donnent naissance en général à un problème de réfugiés, et les règlements qui mettent fin à ces guerres englobent évidemment une solution au problème des réfugiés. Dans les guerres que nous connaissons, ce problème était secondaire, à l'execeptin de celui des réfugiés palestiniens".

Soixante ans après son émergence, et conformément à la politique fixe de l'Etat d'Israël, et dans le cadre d'une accentuation manifeste de l'agression coloniale et militaire israélienne, et à la veille du prochain sommet arabe de Riad, à la fin de ce mois, et considérant que le sommet va confirmer "l'initiative de la paix arabe", et selon la méthode de mettre "le bâton devant le berger", et faire pression en vue d'un chantage, la ministre israélienne des affaires étrangères, Tsivi Livni a repris, dans une déclaration à al-Ayyam, le jeudi dernier, la confirmation de l'attitude fixe d'Israël envers les questions des réfugiés et des frontières, disant: "Il est impossible à Israël d'accepter l'initiative de paix arabe dans sa formulation actuelle", expliquant qu'elle s'attend à ce que le sommet adopte une version modifiée de cette initiative, surtout après la modification de l'article parlant de trouver une solution juste et acceptée, à partir de la résolution internationale 194 sur la question des réfugiés palestiniens, et la modification de l'article qui réclame qu'Israël se retire aux frontières du 4 juin 1967. Livni ajoute : "la proposition israélienne s'appuie sur deux Etats, Israël en tant que patrie nationale pour les Juifs et un Etat palestinien qui sera la solution nationale pour les réfugiés palestiniens".

Mais Livni n'a rien apporté de nouveau, elle confirme seulement la vision dominante dans la politique israélienne, envers les questions des réfugiés et des frontières. Elle n'a fait que rappeler les déclarations des premiers dirigeants de l'Etat d'Israël.

Dans son ouvrage "la terre dans la mémoire palestinienne", l'auteur Abdel Fattah Qalqili rapporte que "Joseph Weitz (directeur du fonds national juif) avait rappelé dans ses mémoires que depuis le mois d'août 1948, il y a un accord pour qu'Israël lance une campagne de propagande pour convaincre l'opinion internationale qu'il n'y a "plus de place où les Palestiniens pourraient retourner, et qu'ils n'ont qu'une seule chance pour sauver leurs biens, celle de les vendre et de profiter de leurs prix, afin qu'ils s'installent ailleurs". Il rapporte aussi que Ben Gourion dit dans ses mémoires qu'Aba Ebban lui a conseillé, le 14 juillet 1948, de ne pas courir après la paix, de se contenter des accords de trêve, expliquant cela par "parce que si nous courons après la paix, les Arabes nous réclameront le prix, et le prix sera de délimiter les frontières et le retour des réfugiés ou les deux à la fois".

L'entêtement de la vision israélienne envers la question des réfugiés palestiniens ne se limite pas à des positions théoriques, mais il s'est concrétisé sur le terrain. Tout comme il ne s'est pas limité à refuser le retour de ceux qui ont été expulsés et déplacés hors des frontières de la Palestine, mais il s'est manifesté dans la manière de traiter ceux qui furent expulsés en 1948, d'un village à l'autre, d'un lieu à un autre, et ceux qui portent le passeport israélien. Même ces dernier, et malgré les décisions des tribunaux israéliens demandant leur réappropriation de certaines de leurs terres (depuis 1953), ces décisions ne furent pas appliquées, ils demeurent des réfugiés, même si certains d'entre eux (des villages de Iqrit et Bir'im, par exemple) ont eu l'autorisation d'enterrer leurs morts dans les cimetières de leurs villages et de prier dans leurs églises.

De plus, l'historien Benni Morris considère dans son ouvrage "Cristallization" que le village Hawaj dans le nord du Naqab, près du Kibboutz Dorot est le symbole de la politique sioniste envers la terre des Palestiniens. Il a obtenu des informations précises dans les documents militaires de l'époque racontant que les habitants de ce village avaient collaboré avec les colons du Kibboutz en 1941, apportant de quoi se nourrir et se vêtir à tous les juifs qui venaient d'Europe. En 1946, ils ont offert le gîte aux juifs purchassés par les autorités anglaises, tout comme ils apportaient la nourriture aux juifs emprisonnés. Mais les forces israéliennes armées ont chassé la population du village en mai 1948 vers un lieu dénommé Dimra. En septembre de la même année, les habitants du village présentent aux autorités israéliennes une demande d'autorisation de leur retour au village, cette demande fut envoyée par le département du moyen-orient à la direction militaire, avec une note de Y. Shimoni, président du déparement, disant : il est important que les habitants du village Hawaj soient traités d'une manière spécifique, car ils furent "partisans" et "collaborateurs" avec les Juifs, tout comme ils ont été chassés par les forces militaires, et n'ont pas fui volontairement, ils continuent à vivre près de leur village". Le 26 septembre 1948, le ministre des minorités, B. Shatrit répond à la lettre, mettant en garde contre "une telle mesure qui peut être généralisée, ouvrant la voie aux Palestiniens qui pourraient retourner à leur patrie d'origine à l'intérieur des fronitères d'Israël". Jusqu'à présent, les habitants du village Hawaj ne sont toujours pas revenus à leur village.

Les déclarations de la ministre israélienne n'apportent donc rien de nouveau, sinon qu'elle a fait exploser une bombe à la face du prochain sommet arabe. Son appel à accepter la vision sécuritaire d'Israël pour parvenir à un règlement est un défi, et c'est le même qui a été proposé au martyr Yasser Arafat lors des négociations de Camp David en 2000 et qu'il a refusé et pour lequel il a payé de sa vie. La question qui se pose alors est : comment les dirigeants arabes vont-ils agir dans leur prochain sommet avec ce défi et ce chantage ?!!!

Concernant la centralité et la stratégie de la question posée, le sommet arabe doit répondre au défi avec clarté et sans balbutiements et ne pas laisser le peuple palestinien seul dans la confrontation, ce qui veut dire que les dirigeants des régimes arabes ne doivent pas répéter le scénario d'abandon du président disparu Yasser Arafat, sans soutien réel et véritable, bien qu'il ait accepté leur initiative. Le défi posé est lourd, plus lourd que ne peut supporter le peuple palestinien, dont les moyens sont limités, au moment où il est encerclé, de bout en bout, même au niveau de son pain quotidien, au moment où il fait face, dans cette phase américaine à cent pour cent, à toutes les formes d'agression militaire sauvage, la dernière était ce qui s'est passé et se passe à Jénine, à al-Khalil, à Nablus avec l'opération "hiver chaud", etc.., ce qui annonce un printemps encore plus chaud à Gaza, sans oublier les agressions et les fouilles sous et autour de la mosquée al-Aqsa, et les plans de construction coloniale dans la région de Atarot, autre chaînon de la judaïsation de la ville d'al-Quds, de son encerclement et son isolement de la ville de Ramallah. Dans le cadre des réponses du prochain sommet arabe, qui sera un sommet important, d'autant plus qu'il doit faire face à des dossiers chauds, de l'Irak, du Liban jusqu'au Soudan, il est nécessaire d'indiquer aux décideurs officiels arabes que la bombe de la ministre israélienne est lourde, elle vise à entraîner la position arabe dans le chemin des orientations américano-israéliennes, pour réaliser un règlement politique du conflit, les poussant à faire des concessions stratégiques gratuites et rapides, et ainsi, dépouiller les Palestiniens de la légitimité des références arabes et internationales de leurs droits.

Livni s'est adressé au sommet arabe avant sa réunion, et en réalité, avec la bouche de Ben Gourion et non seulement avec la sienne, et en tant que fidèle descendante de la stratégie qu'il avait fondée pour traiter des questions des réfugiés et des frontières.

Nous concluons par une question fondamentale, que l'écrivain Abdel Fattah Qalqili avait posée dans son livre : "il est certain que les réfugiés palestiniens ont été expulsés, directement ou indirectement, à cause de la guerre arabo-sioniste en 1948. Mais après que la question palestinienne se soit formée, les causes se sont entremêlées aux conséquences de sorte qu'on se demande : est-ce que le problème des réfugiés est la cause de la question palestinienne ou bien en est-il la conséquence ? Soit, est-ce que la résolution du problème des réfugiés mène à la résolution de la question palestinienne ou est-ce le contraire ? Cette complication s'est développée, de la formulation juste disant que "la solution du problème des réfugiés est la clé de la paix, et qu'il n'y a pas de paix sans elle", à l'illusion "que la paix est la solution pour résoudre le problème des réfugiés, et qu'il n'y a pas de solution pour ce problème sans la paix".

De notre côté, nous répondons à Ben Gourion (pardon, Livni) qu'une paix sans règlement de la question des réfugiés n'est qu'une trêve temporaire, même si elle est longue".

Sources: www.ardknaan.com

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