Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Charm el-cheikh n'a rien changé

Al-Quds (Palestine) : 9 mars 2005

Dans une interview menées par les journalistes Suhayl Khalaf et Khalil Mabrouk, de Naplouse, pour le quotidien al-Quds, Tayseer Nasrallah déclare :

La rencontre de Charm el-cheikh n'a rien changé sur le terrain et nous devons profiter de l'accalmie relative pour en finir avec l'anarchie sécuritaire

Tayseer Nasrallah, responsable du mouvement national palestinien Fateh en Cisjordanie et membre du conseil national palestinien, a déclaré que l'occupation a été le grand bénéficiaire du sommet de Charm el-cheikh qui s'est tenu en Egypte et auquel ont participé le premier ministre israélien et le président palestinien Mahmoud Abbas, en février dernier.

Il a ajouté dans cette interview spéciale au quotidien al-Quds que rien n'a changé sur le terrain depuis le sommet pour les masses palestiniennes, disant : "les opérations d'invasion israéliennes des régions palestiniennes se poursuivent, ainsi que les campagnes d'arrestations, les barrages continuent à couper le terrain, une importante activité colonisatrice se poursuit, ainsi que les confiscations de terres pour la construction du mur sraélien de séparation, et ce qu'Israël a rendu ne satisfait aucune des aspirations du citoyen palestinien. Ils ont libéré 500 prisonniers, la plupart parmi ceux dont les peines allaient être achevées, ils ont ramené certains déportés et en contrepartie, Israël est apparu devant l'opinion internationale comme étant la colombe de la paix tendant sa main pour la paix, du coup, les relations et les ambassadeurs ont été échangés avec l'Egypte et la Jordanie, et nous assistons à une course effrénée arabe en sa direction, comme le montrent les invitations adressées par la Tunisie et Dubay.

Nasrallah ajoute que le danger de Charm el-cheikh gît dans les mesures rapides que les Arabes ont prises pour renouer avec Israël avant que ce dernier ne présente quelque chose de concret aux Palestiniens, mais ceci fait partie d'un plan international qui est de remodeler la région après la chute du président irakien et son arrestation, le décès du président palestinien Yasser Arafat et l'assassinat de Rafic Hariri, d'en finir avec le dossier palestinien le plus rapidement possible, avec les meilleures réalisations en faveur d'Israël, ce qui est devenu la priorité pour les Etats-Unis, afin de se consacrer entièrement aux autres dossiers, comme ceux de la Syrie, du Liban et de l'Iran.

Concernant l'avenir de l'accalmie que le sommet de Charm el-cheikh a annoncé, Nasrallah a rappelé que l'accalmie dépend du respect par Israël de ce qu'il a déclaré, et a ajouté : si l'Etat de l'occupation cesse de viser les Palestiniens, de confisquer leurs terres, il est probable qu'il y ait une accalmie, sinon tout risque de s'effondrer car le fait de demander aux organisations palestiniennes de se maîtriser n'est pas possible alors qu'Israël ne présente rien, mais qu'au contraire, il poursuit sa politique d'agression.

Il a indiqué que le sommet de Charm el-cheikh et la conférence de Londres qui s'est tenu après ont fui les questions politiques, ils ont uniquement discuté des dossiers sécuritaires et économiques, et cela ne peut donner qu'une solution momentanée alors que la question politique reste la meilleure pour tout le monde.

Concernant l'opération de Tel Aviv, Nasrallah a déclaré que l'ensemble des organisations palestiniennes ont nié leur responsabilité, car plusieurs cellules de combat armées sont séparées organiquement de la décision politique des organisations desquelles elles dépendent.

L'intifada comporte beaucoup d'opérations qui sont des initiatives personnelles, et personne ne peut les maîtriser. Mais il a évoqué sa crainte que l'Etat de l'occupation ne provoque les Palestiniens de façon à attirer ce genre d'initiatives, disant : "Israël a trouvé dans l'opération une justification pour ne rien donner au peuple palestinien bien qu'il n'ait rien donné encore".

Le plan de Sharon

Concernant le plan de désengagement unilatéral de la bande de Gaza, Nasrallah a décrit ce plan comme une tentative israélienne de contourner la volonté de la communauté internationale pour la neutraliser, car Sharon, son gouvernement et la droite qui domine à Tel Aviv visent à se montrer devant le monde comme s'ils voulaient sortir de Gaza de par leur propre volonté, et non à cause des pressions internationales ou comme conséquence de la résistance palestinienne.

Nasrallah a considéré que la retrait de tout soldat israélien de toute parcelle de terre palestinienne est une réalisation que les Palestiniens ne refusent pas car il s'agit de l'intérêt national, mais la gravité du plan de désengagement est que Sharon, son gouvernement et l'Etat de l'occupation apparaissent comme s'ils possédaient un plan politique pour la paix devant l'opinion internationale, alors que les détails du plan signifient la transformation de la bande de Gaza en une vaste prison contrôlée par mer, air et au sol par Israël et ensuite, on dit aux Palestiniens : voici votre Etat.

Nasrallah a ensuite appelé les pays arabes et le quartet ainsi que la communauté internationale à assumer leurs responsabilités envers les Palestiniens, en les protégeant contre les plans israéliens comme celui du désengagement, disant : "le plan de Sharon n'est qu'un jeu ou des os lancés en direction de la communauté internationale, Israël essaie de montrer qu'il réalise quelque chose, il veut avoir les fruits sans rien rendre sur le terrain".

L'anarchie sécuritaire

A propos des derniers événements regrettables qui se sont déroulés dans la ville de Naplouse la semaine dernière, événements qui ont conduit à des affrontements entre des éléments des Brigades al-Awda, avant-garde de l'armée populaire, dépendant du Fateh et des éléments de la police palestinienne, et qui ont conduit à 5 blessés, Tayseer Nasrallah a déclaré que la principale raison de cette anarchie sécuritaire est due au fait que les problèmes de la situation interne n'avaient pas été traités de façon sérieuse jusqu'à présent, surtout en ce qui concerne les appareils sécuritaires palestiniens.

Il a ajouté : les appareils sécuritaires étaient teintés auparavant du clientélisme, mais la force de ces appareils a été ébranlée après quatre ans d'Intifada, à cause des coups israéliens, alors qu'ils étaient déjà affaiblis. Il est demandé actuellement de remettre sur pied ces appareils, en écartant tous ceux qui se considèrent investis à vie, mais la situation est en train d'être réglée de façon anarchique actuellement, ou par réaction, et ce n'est pas une solution. Nasrallah a appelé à profiter de ces moments pour réformer les appareils sécuritaires et judiciaires, disant qu'en tant que Palestiniens, nous vivons une période d'accalmie relative, c'est le moment pour mettre de l'ordre dans notre propre situation, qui est une des priorités de la société palestinienne.

Il a ajouté que nous devons distinguer entre ceux qui sont recherchés par les forces de l'occupation à cause de leurs actions nationales et ceux qui "font du cinéma", ceux qui portent les armes de façon irresponsable et qui sèment l'anarchie : "ceux-là, la résistance doit annoncer qu'ils n'en font pas partie".

Il a également déclaré que la solution d'un tel problème peut être réglée en réglant la question des personnes recherchées et demandées parmi les résistants réels, en écartant ceux-là dont le problème doit être réglé par une décision judiciaire juste qui impose le sérieux des appareils sécuritaires.

Tayseer Nasrallah a appelé à mettre fin aux interactions entre les tâches des résistants qui font partie des appareils sécuritaires, disant que cela ne signifie pas que ces appareils écartent les résistants mais que ces éléments doivent distinguer entre le fait de porter les armes face à l'occupation et porter les armes dans la société palestinienne.

Il a considéré que la fin de l'anarchie sécuritaire doit faire partie de la responsabilité de l'autorité et du mouvement Fateh en particulier disant : "l'anarchie sécuritaire est en majorité le fait du Fateh, dans les autres organisations, il y a des résistants, mais les phénomènes de l'anarchie sécuritaire ne sont pas de leur fait".

Concernant le mouvement du Fateh,

Nasrallah a déclaré que le mouvement Fateh vit une situation difficile, due au report du sixième congrès du mouvement pendant 15 ans, ce qui a conduit le mouvement à un état de vieillissement, de disparité entre ses secteurs, l'intérieur et l'extérieur par exemple, la vieille garde et les jeunes, et cette disparité est devenue évidente même dans les orientations politiques sur plusieurs sujets.

Il a expliqué les dernières démissions des cadres du Fateh comme étant des démissions des cadres du mouvement de l'organisation qui se demandent en quoi consiste réellement leur rôle par rapport à ce qui est en train de se dérouler. Il explique : le mouvement Fateh est la plus importante des organisations palestiniennes de l'OLP, ce n'est pas un mouvement idéologique, et c'est pourquoi les divergences dans ses rangs montent à la surface, affirmant que la force et le bon état du mouvement sont de l'intérêt du peuple palestinien, de ses organisations et de ses diverses forces, et les Israéliens cherchent à noyauter politiquement le mouvement et si ces questions ne sont pas discutées de l'intérieur, il pourrait y avoir beaucoup de secousses. Il a considéré que le recul du Fateh lors des élections ont suscité un problème interne, et le citoyen distingue les éléments sains du Fateh des autres, et il est important de traiter rapidement et avec courage le dossier afin que le Fateh puisse avoir de nouveau son rôle national au premier rang avec des figures nationales et respectées, et celles-ci sont nombreuses dans le mouvement.

Nasrallah a ajouté que le mouvement Fateh paie le prix de la présence de figures puissantes au niveau de l'organisation mais faibles au niveau de leur popularité, et si la situation actuelle se poursuit, Fateh paiera le prix très cher au cours des élections législatives.

Post-Scriptum : Traduit par Palestine en Marche