Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Chronique de la résistance Palestinienne II

Par ABDOU S. L. de la GUPS, suite, du plan de partage à la bataille de Karameh

Deux organisations terroristes juives, le Lehi et l'Irgoun, ont pour mission précise de s'attaquer directement aux forces britanniques et aux Palestiniens.

Pour les Européens, pendant la persécution nazie des années 1940, il devient urgent de trouver aux juifs un "refuge".

A cette époque, l'Angleterre, le Canada et les Etats-Unis ferment, sous toutes sortes de prétextes, leurs portes à l'immigration juive. La Palestine voit alors la population juive passer de 80000 en 1917 à 600000 en 1946.

Les britanniques, qui depuis quelques années paient le prix fort pour le maintien de leurs troupes en Palestine, envisagent de se retirer.

Le plan de partage

La Grande Bretagne décide de porter le problème devant les Nations Unis en 1947 afin que celles-ci trouvent une issue à cette crise.

Le 28 avril 1947 une commission spéciale est créée lors de la première session (UNSCOP) pour remettre un rapport après ses trois mois d'investigations.

Les propositions arabes pour un état fédéral en Palestine, où toutes les communautés vivraient librement, furent systématiquement repoussées par l'Agence juive.

La résolution 181 est finalement adoptée le 29 novembre 1947. Des pressions sont exercées par les Etats-Unis sur certains pays pour qu'ils votent cette résolution.

La création de deux états indépendants, arabe et juif, et un statut international pour Jérusalem sont prévus.

Alors que les juifs représentent moins d'un tiers de la population et possèdent moins de 7% de la terre, ils se voient attribuer 57% du territoire total de la Palestine, 80% des terres céréalières et 40% de l'industrie.

Les arabes rejettent ce plan qu'ils estiment injuste car il profite largement à une minorité (juive) et va à l'encontre du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, droit que stipule pourtant les dispositions de la charte des Nations Unies. Du côté juif, si l'on accepte la décision de l'ONU, on espère cependant l'"améliorer" au profit d'Israël qui pourrait occuper tout ou partie de l'Etat Arabe.

La guerre de 1948 et la proclamation de l'État d'Israël

"Il doit être clair qu'il n'y a pas d'espace dans le pays pour deux peuples. Il n'y a pas d'autre moyen que de transférer les Arabes d'ici vers les pays voisins, de les transférer tous [...] Pas un village ne doit rester, pas une tribu. Il n'y a pas d'autre solution." Josef Weitz, directeur du département de la terre au Fonds national juif.

Le 4 avril 1948, a lieu la première guerre de Palestine (et non le 15 mai comme l'affirment la quasi-totalité des ouvrages historiques sur la question).

Elias Sanbar l'affirme avec force; l'amalgame qui est fait entre la première guerre de Palestine et la première guerre israélo-arabe n'est pas innocent. En confondant l'expulsion massive des Palestiniens, présentée alors comme le résultat "accidentel" de l'entrée des arabes en Palestine et de la guerre de défense de juifs contre une "invasion extérieure". Les juifs y font figure d'agressés. Mais il y eut deux guerres; le 15 mai, date de l'entrée en guerre des troupes arabes, la Palestine est déjà conquise par les Israéliens, et les Palestiniens qui ont laissé 14813 morts sur le terrain, sont déjà des réfugiés.

Le 14 mai 1948, jour du départ des forces britanniques, le Conseil national juif proclame à Tel-Aviv l'indépendance de l'Etat d'Israël. Le nouvel Etat est reconnu par Washington et Moscou. L'Etat Palestinien, prévu lui aussi par l'ONU, ne voit pas le jour.

Le nom de Palestine est rayé de la carte du Moyen Orient.

Le 15 mai 1948, les forces des pays arabes entrent en Palestine. Le commandement des forces arabes est confié au souverain de Transjordanie, Abdallah, qui, après une entrevue avec Golda Meir, se laisse circonvenir par elle et accepte en secret le partage de la Cisjordanie.

De véritables massacres se produisent, dont le plus célèbre ensanglante le petit village de Deir Yassine, où les hommes de Menahem Begin assassinent, le 9 avril 1948, 250 habitants. 750000 à 800000 Palestiniens ont dû quitter leurs foyers. Comme le montrent les travaux des "nouveaux historiens" israéliens, cet exode, loin d'avoir été déclenché par des appels arabes à la fuite (il n'en existe nulle trace), résulte des combats eux-mêmes, au fil desquels s'affirme, du côté israélien, une politique d'expulsion de la population palestinienne. Cette détermination se prolongera, à la fin de la guerre, par la destruction des villages arabes, ou l'implantation en leur sein de nouveaux immigrants juifs, ou bien encore par la répartition de leurs terres entre les kibboutzim environnants. Le nouvel Etat met en place un système de lois ("Loi des absents") visant à exproprier les terres des Palestiniens expulsés pendant la guerre.

Le 11 décembre 1948, la résolution 194 est adoptée. Elle garanti aux réfugiés Palestiniens le droit au retour. C'est l'acceptation de cette résolution qui permet à Israël d'adhérer à l'ONU.

En 1948, le roi Abdallah de Jordanie annexe la Cisjordanie et la vieille ville de Jérusalem; La bande de Gaza passe sous autorité égyptienne. Cela accentue le fractionnement de la communauté palestinienne.

1948-1967; La résistance s'organise

A partir de 1950, une nouvelle ère s'ouvre pour la résistance palestinienne. Dès les années 50, les jeunes palestiniens s'organisent et se préparent à participer à la libération de leur pays.

En 1951 et 1952, se constituent à Beyrouth et au Caire deux mouvements activistes étudiants, le MNA (Mouvement des Nations Arabe) avec Georges Habache et l'association des Etudiants Palestiniens, avec notamment Yasser Arafat et Abou Iyad, qui deviendra l'Union Générale des Etudiants Palestiniens (GUPS) en 1959.

La GUPS et la MNA imprégneront les deux principaux mouvements de résistance; issu de la première, le Fatah sera nationaliste palestinien; né du second, le front populaire de la Palestine adoptera une ligne panarabe, rapidement doublé d'une revendication révolutionnaire.

Le 1er janvier 1965, le Fatah prend l'initiative de la lutte armée en lançant sa première opération. De janvier 1965 à la guerre de 1967, El-Assifah ((branche militaire du Fatah) revendiquera 73 opération de sabotage en territoire israélien.

La création de l'OLP

C'est à l'instigation du leader égyptien panarabe Nasser que la résistance palestinienne se dote, en janvier 1964, d'une représentation institutionnelle, l'OLP (organisation de Libération de la Palestine) dont le premier président est Ahmed shoukeyri.

A l'origine, l'OLP était une tentative des dirigeants arabes du Moyen-Orient de contrôler les aspirations nationalistes palestiniennes, avant qu'elle ne soit restructurée et dirigée par les mouvements de résistance palestiniens, et qu'elle acquiert ainsi son indépendance.

La guerre des Six Jours

Le 5 juin 1967, le troisième conflit éclate entre Israël et les pays arabes. Les forces juives rentrent en action le 5 juin en se servant du prétexte du blocus du golfe d'Aqaba par Nasser, et mènent une invasion brutale et clouent en quelques heures les aviations égyptiennes et syriennes au sol.

La défaite de 1967 amène 200000 nouveaux réfugiés dans les camps de Jordanie, de Syrie ou du Liban.

Israël en sort grand vainqueur, elle occupe la Cisjordanie et la partie orientale de Jérusalem, jusqu'alors sous contrôle jordanien, puis la bande de Gaza, sous tutelle égyptienne, le plateau du Golan syrien, enfin le Sinaï égyptien.

Dès l'été, commence la colonisation de la Cisjordanie.

Le 22 novembre 1967, les Nations Unies adopte la résolution 242 qui décrète "l'inadmissibilité de l'acquisition de territoire par la guerre" et "exige l'instauration d'une paix juste et durable au Moyen-Orient" qui passe par "le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés pendant le récent conflit" et le "respect de la souveraineté de l'intégrité territoriale et de l'indépendance politique de chaque Etat de la région, et leur droit de vivre en paix à l'intérieur de frontières sûres et reconnues, à l'abri de menaces et d'actes de force."

1968; La bataille de Karameh

La défaite de 1967 fait comprendre aux Palestiniens qu'ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes.

Face aux raids de harcèlement du Fatah, l'armée israélienne décide d'écraser dans l'œuf cette résistance naissante. Le 21 mars 1968 a lieu la bataille de Karameh.

Le mouvement palestinien, qui entend montrer la voie de la résistance au monde arabe, se doit de faire face à l'armée sioniste. Aidé par l'artillerie jordanienne, le Fatah, appuyé par d'autres commandos palestiniens, résiste, perd près des deux tiers de ses effectifs, mais ne disparaît point.

Au contraire, surprise par cette résistance, l'armée israélienne se retire et laisse sur le terrain 200 soldats morts et 45 chars calcinés.

La bataille de Karameh fournit un mythe, des martyrs et une immense popularité dans le monde arabe à la résistance palestinienne. En effet, pour la première fois depuis 1948 et moins d'un an après la défaite de juin 1967, des forces arabes ont résisté. Le Fatah se voit propulsé au premier rang des mouvements de résistance palestiniens.

Karameh constitue un tournant historique, puisqu'elle consacre la légitimité et la capacité des organisations de résistance palestinienne à représenter le peuple palestinien et défendre la cause palestinienne.

Elle fait aussi prendre conscience au peuple palestinien qu'il ne peut compter que sur lui-même pour libérer sa terre.

Post-Scriptum : Sources:
- D. Vidal (rédacteur en chef adjoint du Monde Diplomatique), Le péché originel d'Israël, L'Atelier, mars 2002
- A. Gresh (rédacteur en chef du Monde Diplomatique), Israël-Palestine, vérités sur un conflit, Fayard, septembre 2001
- C. Chesnot - J. Lama, Palestiniens 1948-1949, Génération fedayin: de la lutte armée à l'autonomie, Revue Autrement no 52 - septembre 1998, Collection Mémoires.

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