Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Comment le Hamas va contrer les futures opérations israéliennes à Gaza

Au cœur d’une trêve fragile entre le Hamas et Israël, et bien que le Hamas se soit félicité le 2 novembre que ses efforts pour briser le siège israélien de la bande de Gaza aient porté leurs fruits, une étrange opération secrète de sécurité a secoué la ville de Khan Yunis dans le sud de la bande de Gaza le 11 novembre au soir.

Des Palestiniens armés ont combattu sept soldats israéliens qui s’étaient infiltrés en voiture dans la bande de Gaza. L’affrontement s’est soldé par la mort de sept combattants du Hamas, dont Nour Baraka, le commandant de la branche Khan Yunis des Brigades Izz ad-Din al-Qassam (branche militaire du Hamas), et d’un officier supérieur israélien. La véritable mission de la force d’infiltration israélienne est inconnue, mais l’incident a engendré beaucoup de spéculations.

Le chef d’état-major israélien Gadi Eizenkot a déclaré le 12 novembre qu’une force spéciale israélienne avait mené une opération capitale pour la sécurité d’Israël. Mais, le même jour, les brigades d’Al-Qassam ont annoncé qu’elles avaient déjoué un plan israélien visant à frapper le Hamas dans la bande de Gaza.

Cela a entraîné une escalade militaire entre les Palestiniens et Israël. Entre les 12 et 13 novembre, plus de 460 roquettes ont été tirées depuis Gaza sur des colonies israéliennes proches de Gaza, faisant un mort et 55 blessés en Israël. L’armée de l’air israélienne a tiré des missiles sur 160 cibles à Gaza, tuant sept Palestiniens et en blessant des dizaines d’autres.

Les deux camps ont conclu un cessez-le-feu le 13 novembre, sous l’égide de l’Égypte. Ce qui a provoqué la démission du ministre israélien de la Défense, Avigdor Liberman, au motif que son gouvernement avait fait preuve de faiblesse devant le Hamas à Gaza.

Ibrahim Habib, professeur de Sécurité nationale à l’Académie de gestion et de politique de Gaza, a dit à Al-Monitor : « Quels que soient les objectifs de la mission israélienne, c’est une de ces opérations des services secrets israéliens contre le Hamas que ce dernier a du mal à contrer. »

« En effet, a ajouté Habib, le Hamas a un système de sécurité éprouvé, mais le problème c’est que les Israéliens peuvent infiltrer [la bande de Gaza] à travers la clôture orientale et depuis la mer. Israël mène ses opérations de sécurité à l’aide d’espions basés à Gaza, et ces opérations se poursuivront en dépit de la trêve conclue avec le Hamas. »

Les Palestiniens et les Israéliens ont cherché à découvrir la raison de l’opération israélienne à Gaza. Selon des correspondants militaires israéliens, les soldats étaient entrés à Gaza pour assassiner ou kidnapper un responsable du Hamas chargé du réseau de tunnels. D’autres Israéliens pensent que l’objectif était d’obtenir des renseignements dont Israël aurait eu grand besoin pour signer un accord d’échange de prisonniers avec le Hamas.

La chaîne Al-Mayadeen, affiliée au Hezbollah, a expliqué le 12 novembre que l’objectif des forces israéliennes était d’enlever Marwan Issa, le numéro deux des Brigades Al-Qassam. Issa est en tête de la liste des personnes recherchées par Israël en raison de son rôle capital dans la planification des opérations armées contre Israël.

Le général de division Wasef Erekat, expert militaire palestinien et ancien commandant d’artillerie de l’OLP, a déclaré à Al-Monitor : « La résistance palestinienne a tiré parti d’une grave défaillance du renseignement israélien. Cet incident est une nouvelle évidence de la bataille psychologique qui fait rage entre Palestiniens et Israéliens. Le Hamas a de modestes capacités de sécurité, mais il a des amis et des alliés dans la région, qui mettent leur capacités de sécurité avancées à son service pour détecter et exploiter les faiblesses d’Israël ».

Il semble peu probable que les forces israéliennes aient infiltré Gaza à des fins d’assassinat, car cela ne nécessite pas de prendre le risque exceptionnel d’envoyer une force spéciale en plein cœur de la bande de Gaza. Pour cela il suffit de larguer quelques bombes.

Par contre, cela vaudrait la peine d’envoyer des soldats au cœur de Gaza pour kidnapper l’un des responsables du mouvement et le torturer pour en apprendre davantage sur les tunnels secrets du Hamas. Une bonne connaissance des tunnels faciliterait grandement une éventuelle attaque d’Israël contre le Hamas à Gaza.

Iyad al-Bozm, porte-parole du ministère de l’Intérieur à Gaza, a déclaré à Al-Monitor : « Dans notre combat contre Israël, notre plus gros problème est celui des espions parce que les informations qu’ils fournissent à Israël sont très dangereuses pour nous. Nous parvenons à les décourager en les arrêtant et en les poursuivant en justice. »

Il a ajouté : « Le fait que nous ayons découvert et combattu leurs forces d’infiltration à Khan Yunis a mis l’armée israélienne en difficulté et cela va obliger les services de renseignements israéliens à y réfléchir à deux fois avant de recommencer. Nous devons constamment faire face à des tentatives d’infiltration d’Israël, aussi bien lors des attaques que pendant les pourparlers de trêve. »

Le Hamas n’a pas révélé publiquement les mesures prises pour faire face aux opérations secrètes israéliennes ou pour les empêcher dans l’avenir, mais il semble que le mouvement ait renforcé les contrôles le long des clôtures et la surveillance de ceux qui vont en Israël pour recevoir des soins médicaux, travailler ou rendre des visites.

L’incident de Khan Yunis n’est pas sans précédent. En mai, les brigades d’Al-Qassam ont découvert que des explosifs avaient été placés dans une cabine téléphonique utilisée par le groupe pour établir des contacts secrets. Lorsqu’une équipe d’ingénieurs s’est rendue dans la cabine pour enlever les explosifs, la bombe a explosé et six d’entre eux ont été tués. Toujours en mai, le Hamas a traqué des espions qui avaient tué son commandant militaire, Mazen Fuqaha, en mars, dans la ville de Gaza.

Al-Monitor s’est rendu dans la zone de l’affrontement du 11 novembre dans l’est de Khan Yunis et a vu comment l’armée de l’air israélienne avait procédé pour assurer le retour de ses forces spéciales en Israël.

L’armée de l’air israélienne a bombardé intensément des cibles proches des routes empruntées par les soldats israéliens. En volant à basse altitude, ils ont complètement détruit le véhicule que les soldats israéliens conduisaient, ainsi que toutes les preuves qui pourraient révéler le but de la mission.

Un responsable du Hamas a déclaré à Al-Monitor, sous couvert d’anonymat, que « le mouvement prend des mesures de sécurité basées sur l’hypothèse que les services de renseignement israéliens ne cessent jamais de faire des opérations clandestines à Gaza, que ce soit pour recueillir des renseignements ou pour effectuer des missions sur le terrain. Tous les cadres du mouvement, quel que soit leur importance, doivent se montrer prudents et même méfiants dans toutes leurs activités et déplacements. En outre, les services de sécurité de Gaza sont toujours prêts à contrecarrer toute infiltration des forces spéciales israéliennes à Gaza, même lorsque tout semble tranquille. »

Le Hamas va se montrer plus vigilant en matière de sécurité suite à l’incident de Khan Yunis. Les combattants ont pu contrer les forces israéliennes infiltrées cette fois-ci, mais on ne peut pas savoir si des forces spéciales ont réussi à s’infiltrer à Gaza dans le passé. D’ailleurs, cet incident n’empêchera pas nécessairement Israël d’envoyer d’autres soldats effectuer des missions secrètes, et les deux camps vont se maintenir en alerte maximale, en dépit de la trêve conclue le 13 novembre.

 * Adnan Abu Amer est doyen de la Faculté des Arts et responsable de la Section Presse et Information à Al Oumma Open University Education, ainsi que Professeur spécialisé en Histoire de la question palestinienne, sécurité nationale, sciences politiques et civilisation islamique. Il a publié un certain nombre d’ouvrages et d’articles sur l’histoire contemporaine de la Palestine.

 Al-Monitor – Traduction : Chronique de Palestine – Dominique Muselet

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