Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

De l'antiquité à la Nakba

Un peuple qui ne connaît pas son histoire ne peut construire son avenir.

Première partie

L'ANTIQUITE

- La Palestine recèle de nombreux vestiges néolithiques. La ville de Er Riha (Jéricho), habitée dès le VIIIe millénaire avant JC, est l'une des plus vieilles du monde (ville située le plus en deçà du niveau de la mer). Au IIIe millénaire, la civilisation cananéenne se fonde sur un système de cités-États faites d'agriculteurs sédentaires et de pasteurs semi-nomades. L'existence de la cité cananéenne Ourousalim (rebaptisée Yéroushalayim, Jérusalem, lorsqu'elle sera finalement conquise par David vers 1000) est évoquée dans des écrits datant de 2000 avant JC.

- La civilisation cananéenne fut tour à tour sous l'influence des Mésopotamiens venus de Chaldée au XVIIIe siècle, et des Égyptiens ( XVIe- XIIIe s.), et pris fin lors de l'invasion de la zone côtière de Gaza par les Philistins originaires de la mer Égée (qui laissèrent leur nom - «peuples de la mer» - à la Palestine) en 1175, suivie de l'invasion des Hébreux venus d'Égypte sous la conduite de Moïse. David, roi des Hébreux, unifie le royaume et en fait une puissance régionale. Sa victoire sur Goliath consacre la chute des Philistins. Après la mort de Salomon, l'État hébreu fut divisé en 931 en royaume d'Israël au nord (conquis plus tard par les Assyriens) et de Juda au sud (conquis par les Babyloniens). En 538, la région passe sous l'emprise perse; la Judée et la Samarie se redressent; Jérusalem est restaurée et les communautés sous les Perses retrouvent une certaine liberté.

- Du IVe siècle jusqu'à 636 après JC, la Palestine s'hellénise progressivement, après l'arrivée d'Alexandre le Grand. Ses descendants, les Séleucides, contrôlent la région au IIIe siècle; de nombreux grecs s'installent et la communauté juive devient minoritaire. Celle-ci, fortement influencée par la culture grecque, finit par se redresser et donne naissance en 164 au nouvel État juif, la dynastie des Asmonéens. Sous la domination romaine qui vit la naissance du christianisme, la Palestine fut agitée par deux révoltes juives, en 66-70 puis en 132-135 dont l'échec conduit à l'expulsion des Juifs de Judée. Le pays devient alors province de Syro-Palestine.

- À partir du IVe siècle, avec le déclin de l'empire romain et la montée du christianisme, la Palestine est devenue Terre sainte. Les empereurs byzantins de Constantinople et de l'empire romain d'Orient s'y intéressent.

- Au VIIe siècle, sous la dynastie des califes Omeyyades, les Arabes conquièrent la Palestine et s'y établissent. Jérusalem est investie et proclamée lieu sacré de l'Islam.

- L'expansion arabe et musulmane prend fin en 1099 avec la première croisade chrétienne, qui fonde pour deux siècles le royaume latin de Jérusalem. Reprise par Saladin en 1187, la Palestine devient la destination des réfugiés arabes chassés par les Mongols en Irak et en Syrie. Quant à la communauté juive, elle est renforcée par l'arrivée à la fin du XVe siècle de réfugiés juifs venant d'Espagne.

LA CONQUETE OTTOMANE

- En 1516, la Palestine est conquise par les Ottomans et fait désormais partie, pour quatre siècles, des provinces arabes de l'empire. Son économie se développe. Les lieux de culte musulmans à Jérusalem sont rénovés et la population s'accroît fortement. Les communautés chrétiennes sont composées de Grecs orthodoxes, d'Arméniens et de catholiques; la population juive se concentre et se renforce en Galilée.

- Les Ottomans se retirent progressivement de la Palestine au XVIe siècle, Bonaparte y passe, suivi d'une courte présence égyptienne au XIXe siècle, et la région subit une forte dépression économique. Mais, à la fin du XIXe siècle, la Palestine redevient l'objet de convoitises, notamment européennes, et sa population voit l'arrivée massive d'Arabes de Transjordanie, tandis que les minorités chrétiennes et juives s'étendent également.

- Ibrahim Pacha, sous les ordres de son père Mohammed Ali, gouverneur d'Égypte, envahit la Palestine et la Syrie, défait les soldats ottomans et dirige ces deux derniers pays pendant dix ans, de 1830 à 1840. Pendant son règne, la culture arabe se développe; des centres culturels, de nombreuses écoles voient le jour. En 1840, une conférence a lieu à Londres. Elle réunit les pays européens, dont la France et l'Angleterre. À l'issue de cette réunion, les participants décident d'intervenir dans les affaires publiques concernant l'invasion dirigée par Mohammed Ali en Palestine et en Syrie. Il est convenu, en échange du retrait des forces des territoires qu'a occupés Mohammed Ali, que lui et ses héritiers deviendront, à l'avenir, gouverneurs d' Égypte.

- À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, un sursaut de nationalisme s'empare des Arabes. Pour conserver leur culture, obtenir leur liberté et aussi devenir propriétaires de leurs terres qui, à l'époque, appartiennent aux dirigeants de l'Empire et non aux paysans, des Arabes établissent des organisations secrètes opposées au gouvernement. Jamal Pacha, un des dirigeants des Jeunes Turcs, en fait pendre plusieurs, et laisse les Arabes dans un état déplorable. Le peuple est acculé à la famine.

LA NAISSANCE DU SIONISME

- En 1897, Theodor Herzl préconise la création d'un État juif ; il hésite alors entre la Palestine, l'Argentine et l'Ouganda. Il fonde le sionisme, dont il réunit le premier congrès à Bâle en août 1897. Une poignée de Russes se rend alors en Palestine et constitue le premier kibboutz.

- En 1914, les Juifs représentent moins de 10 % de la population de la Palestine. « Le sionisme est le danger qui guette notre patrie… Il annonce notre exil et notre expulsion de nos demeures et de nos propriétés. » Cet avertissement de Suleiman al-Taji al-Farouqi, en mai 1911, témoigne d'une conscience précoce des « périls » chez les Palestiniens. Contre le sionisme, les élites palestiniennes organisent la résistance, créent des associations patriotiques, lancent dès la fin du siècle des attaques contre les colonies juives, fondent une presse qui informe l'opinion.

De la déclaration Balfour au plan de partage

- Après avoir aidé les Arabes dans leur révolte contre les Ottomans, la Grande-Bretagne, qui promettait auparavant une nation arabe unie, occupe et administre la Palestine, à partir de 1917, dont elle obtient le mandat en 1922, mandat dont le texte prévoit l'application de la déclaration Balfour.

- La déclaration Balfour évoque le «national home for Jewish people». Le 2 novembre 1917 : « Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un Foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tout autre pays. »

« La Palestine est un cas unique. Nous traitons non point avec les souhaits de la communauté existante, mais nous recherchons consciemment à reconstituer en Palestine une nouvelle communauté et à y édifier définitivement une autre majorité numérique dans l'avenir. » Lord Balfour, juin 1919.

- Dès lors, l'immigration juive devient de plus en plus importante au fil des années, avec une accélération particulière au cours des années 30. Le Fond national juif est créé. Il a pour mission l'achat d'un maximum de terres « vides d'hommes », c'est-à-dire que les Palestiniens ne peuvent plus y vivre ni même y travailler.

- Les Palestiniens entrent déjà dans une double résistance nationale, à la fois contre l'occupation britannique et contre l'implantation juive. Ils élisent en 1919 un Comité exécutif arabe, le premier organe de direction du mouvement national palestinien, et se désignent eux-mêmes comme « Arabes de Palestine ». De 1920 à 1936, la vie est très politisée et les revendications, manifestations, émeutes, accrochages avec l'armée ou avec les colons, grèves et congrès sont ininterrompus.

- De 1936 à 1939, le soulèvement prend une dimension nationale. Dès 1935, Ezzedine El-Qassam, d'origine syrienne, lance la révolte palestinienne. Le 21 avril 1936, un appel national à la grève est lancé. Celle-ci paralyse tous les secteurs d'activités pendant 6 mois. Les leaders arabes, à la demande des Anglais, font pression sur les Palestiniens qui tempèrent puis suspendent la grève.

- Les années 1920-1936 demeureront dans les consciences comme la période fondatrice du mouvement national palestinien.

C'est alors qu'entrent en scène deux organisations terroristes juives, le Lehi et l'Irgoun, qui ont pour mission précise de s'attaquer directement aux forces britanniques, puis aux Palestiniens.

Pour les Européens, pendant la persécution nazie des années 1940, il devient urgent de trouver aux Juifs un « refuge ». À cette époque, l'Angleterre, le Canada et les États-Unis ferment, sous toutes sortes de prétextes, leurs portes à l'immigration juive. La Palestine voit alors la population juive passer de 80.000 en 1917 à 600.000 en 1946. Les Britanniques, qui depuis quelques années paient le prix fort pour le maintien de leurs troupes en Palestine, envisagent de se retirer.

Le plan de partage

- La Grande Bretagne décide de porter le problème devant les Nations unies en 1947 afin que celles-ci trouvent une issue à la crise. Le 28 avril 1947, une commission spéciale est créée lors de la première session (UNSCOP) pour remettre un rapport après ses 3 mois d'investigations. Les propositions arabes pour un État fédéral en Palestine, où toutes les communautés vivraient librement, sont systématiquement repoussées par l'Agence juive.

- La résolution 181 est finalement adoptée le 29 novembre 1947. Des pressions sont exercées par les Etats-Unis sur certains pays pour qu'ils votent cette résolution. La création de deux Etats indépendants, arabe et juif, et un statut international pour Jérusalem sont prévus. Alors que les Juifs représentent moins d'un tiers de la population et possèdent moins de 7% de la terre, ils se voient attribuer 57% du territoire total de la Palestine, 80% des terres céréalières et 40% de l'industrie. Les Arabes rejettent ce plan qu'ils estiment injuste car il profite largement à une minorité (juive) et va à l'encontre du droit des peuples à disposer d'eux mêmes, droit que stipule pourtant les dispositions de la Charte des Nations Unies.

Du côté juif, si l'on accepte la décision de l'ONU, on espère cependant l'«améliorer» au profit d'Israël qui pourrait occuper tout ou partie de l'État arabe.

LA GUERRE DE 1948 ET LA PROCLAMATION DE L'ÉTAT D'ISRAËL

« Il doit être clair qu'il n'y a pas d'espace dans le pays pour deux peuples. Il n'y a pas d'autre moyen que de transférer les Arabes d'ici vers les pays voisins, de les transférer tous. […] Pas un village ne doit rester, pas une tribu. Il n'y a pas d'autre solution. » Josef Weitz [1].

- Le 4 avril 1948, a lieu la première guerre de Palestine (et non le 15 mai, comme l'affirment la quasi-totalité des ouvrages historiques sur la question). Elias SANBAR l'affirme avec force : L'amalgame qui est fait entre la première guerre de Palestine et la première guerre israélo-arabe n'est pas innocent. En confondant la première dans la seconde, on évite le débat sur l'expulsion massive des Palestiniens, présentée alors comme le résultat « accidentel » de l'entrée des Arabes en Palestine et de la guerre de défense des Juifs contre une « invasion extérieure ». Les Juifs y font figure d'agressés. Mais il y eut deux guerres : le 15 mai, date de l'entrée en guerre des troupes arabes, la Palestine est déjà conquise par les Israéliens, et les Palestiniens qui ont déjà laissé 14 813 morts sur le terrain, sont déjà des réfugiés. Le 14 mai 1948, jour du départ des forces britanniques, le Conseil national juif proclame à Tel-Aviv l'indépendance de l'Etat d'Israël. Le nouvel Etat est reconnu par Washington et Moscou. L'État palestinien, prévu lui aussi par l'ONU, ne voit pas le jour. Le nom de Palestine est rayé de la carte du Moyen-Orient. Le 15 mai, les forces des pays arabes entrent en Palestine. Le commandement des forces arabes est confié au souverain de Transjordanie, Abdallah, qui, après une entrevue avec Golda Meir, se laisse circonvenir par elle et accepte en secret le partage de la Palestine avec la perspective de s'emparer de la Cisjordanie.

De véritables massacres se produisent, dont le plus célèbre ensanglante le petit village de Deir Yassine, où les hommes de Menahem Begin assassinent, le 9 avril 1948, 250 habitants. 750.000 à 800.000 Palestiniens ont dû quitter leurs foyers. Comme le montrent les travaux des « nouveaux historiens » israéliens, cet exode, loin d'avoir été déclenché par des appels arabes à la fuite - il n'en existe nulle trace -, résulte des combats eux-mêmes, au fil desquels s'affirme, du côté israélien, une politique d'expulsion de la population palestinienne. Cette détermination se prolongera, à la fin de la guerre, par la destruction des villages arabes, ou l'implantation en leur sein de nouveaux immigrants juifs, ou bien encore par la répartition de leurs terres entre les kibboutzim environnants. Le nouvel Etat met en place un système de lois (« Loi des absents ») visant à exproprier les terres des Palestiniens expulsés pendant la guerre.

En 1948, le roi Abdallah de Jordanie annexe la Cisjordanie et la vieille ville de Jérusalem. La bande de Gaza passe sous autorité égyptienne. Cela accentue le fractionnement de la communauté palestinienne.


[1] Directeur du Département de la terre au Fonds national juif. En 1948-1949, il présida le Comité du transfert, officieux jusqu'à la fin août 1948, officiel ensuite. A ce titre, il se posa en véritable chef d'orchestre de la destruction des villes et villages arabes, ou/et de leur restructuration en vue de l'installation d'immigrants juifs.

Post-Scriptum : Source: Union Générale des Etudiants Palestinien, voir le site GUPS France dans annuaire

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