Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

En Afrique du Sud, Mahmoud Abbas s’oppose au boycott d’Israël

Mahmoud Abbas, leader de facto de l’Autorité Palestinienne basée à Ramallah, a prononcé sa déclaration la plus claire s’opposant à la campagne mondiale de Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre Israël en solidarité avec le peuple palestinien. Ses commentaires infligent une ferme condamnation des activistes palestiniens et sud-africains.
Par ailleurs il est apparu que le grand rabbin qui a parlé à la cérémonie pour Mandela est un partisan engagé de la colonisation israélienne de terres spoliées, qui refuse d’admettre les abus d’Israël à l’encontre des droits palestiniens et a vécu dans une implantation juive radicale.

Abbas s’oppose au BDS


« Non nous ne soutenons pas le boycott d’Israël » a dit Mahmoud Abbas à une conférence de presse en Afrique du Sud, à l’occasion du mémorial Mandela auquel il assistait, rapportait le quotidien The Star le 11 décembre 2013. (1)

« Nous demandons à chacun de boycotter les produits des colonies. Parce que les colonies sont sur nos territoires. C’est illégal. Mais nous ne demandons à personne de boycotter Israël lui-même. Nous avons des relations avec Israël, nous avons une reconnaissance mutuelle avec Israël ».
Ce qu’Abbas entend par « reconnaissance mutuelle » n’est pas clair. Alors qu’Abbas et l’Organisation de Libération de la Palestine ont reconnu Israël, Israël ne reconnaît pas un état palestinien ni même aucun des droits des Palestiniens et il continue à voler agressivement des terres palestiniennes.

« Oublieux » de la lutte palestinienne
La déclaration d’Abbas est en conflit « avec le consensus national palestinien qui a fermement soutenu BDS contre Israël depuis 2005 » a affirmé Omar Barghouti à E.I.
Barghouti, qui est l’un des fondateurs du mouvement, a souligné qu’il commentait à titre personnel.
« Il n’y a aucun parti politique, syndicat, réseau d’ONG ni organisation de masse en Palestine qui ne soutienne fortement BDS. Aussi un responsable palestinien dépourvu de mandat démocratique et de tout soutien public réel ne peut prétendre parler au nom du peuple palestinien quand il s’agit de décider nos stratégies ou notre résistance au régime d’occupation, de colonisation et d’apartheid israéliens » ajoute Barghouti.
L’appel civique palestinien pour le BDS incite « les gens de conscience partout dans le monde à imposer un large boycott et à mettre en œuvre des initiatives de désinvestissement à l’encontre d’Israël, comme on les avait appliqués à l’Afrique du Sud de l’époque apartheid » et ne restreint pas ces campagnes aux seules marchandises des colonies.
« Tout responsable palestinien qui aujourd’hui s’exprime explicitement contre un boycott d’Israël – et en particulier dans un pays comme l’Afrique du Sud, où le parti au pouvoir, les principaux syndicats, les églises et d’autres groupes de la société civile ont chaudement – approuvé BDS - montre simplement combien il est loin des aspirations de son propre peuple pour la justice, la liberté et l’égalité, et combien il oublie notre lutte pour ses droits inaliénables » développe Barghouti.
Israël et son lobby en Afrique du Sud seront particulièrement satisfaits d’entendre le commentaire d’Abbas, qui arrive quelques semaines après que la ministre sud-africaine des Relations Internationales, Maite Nkoana-Mashabane, a dit que son pays réduisait ses relations avec Israël

Comme des leaders de bantoustans
Salim Vally, porte-parole du Comité de Solidarité avec la Palestine en Afrique du Sud a dit à E.I. que les commentaires d’Abbas étaient « choquants » et constituaient une « attaque contre le mouvement global de solidarité ».
Les paroles d’Abbas étaient « semblables à ce qu’auraient dit autrefois nos leaders de bantoustans, ce qui a le pouvoir de défaire tout le travail du mouvement de solidarité qui est soutenu par la vaste majorité des Sud-Africains » ajoute Vally.
Les bantoustans étaient des « états » en principe indépendants créés par le régime de l’apartheid, avec des dirigeants fantoches pour travestir et légitimer l’apartheid ». Mandela et son mouvement se sont battus contre les dirigeants de bantoustans toute leur vie » explique Vally.

Saper la lutte palestinienne
Ce n’est pas la première fois qu’Abbas et l’A.P. cherchent à saper un mouvement BDS de plus en plus reconnu.
En 2010 l’AP lançait une campagne qui fit long feu et qui incitait les Palestiniens à boycotter les marchandises coloniales. Tout en se faisant bien entendre par les uns, comme je l’écrivais à ce moment-là, son vrai but paraissait de saper le mouvement BDS aux visées plus étendues.
Abbas en personne prit part à cette campagne tout en poussant à faire du commerce avec Israël. « Nous ne boycottons pas Israël, parce que nous avons des accords et des importations avec lui » avait-il dit.
Le commerce avec Israël profite directement aux élites palestiniennes et à l’A.P., qui dépend totalement du bon vouloir israélien.
Un site web de l’A.P. à présent défunt, censé encourager le boycott des marchandises coloniales, déclarait même que « Concernant le commerce avec Israël, le ministre palestinien de l’Economie confirme qu’il continue sa coopération comme convenu au sommet de Paris [en 1994] ».
L’A.P. dirigée par Abbas est profondément engagée dans l’occupation israélienne et compte sur Israël pour avoir des armes à utiliser dans sa répression de toute forme de résistance palestinienne.
Récemment, en octobre, Abbas se vantait du travail accompli par les forces de sécurité A.P. pour l’armée d’occupation israélienne. L’A.P. a atteint un taux de succès de 100 % dans la coordination sécuritaire avec Israël » a dit Abbas.
Abbas a aussi mené une campagne implacable contre le droit au retour des réfugiés palestiniens. Les droits des réfugiés sont un pilier de l’appel BDS.

Le grand rabbin (colon) d’ Afrique du Sud
Cette semaine, le grand rabbin d’Afrique du Sud Warren Goldstein a été l’un des orateurs officiels à la cérémonie d’hommage à l’ancien président Nelson Mandela, et il a loué « la puissante capacité de pardon » de ce combattant pour la liberté.

 

Bannière BDS dans le stade de Soweto lors de la cérémonie d’hommage à Nelson Mandela (BDS South Africa)
 

 

Goldstein a été éduqué dans une école religieuse radicale d’une colonie israélienne en Palestine occupée. C’est la yeshiva (école talmudique) de Beit El, l’organisation qui a fondé et exploite le réseau médiatique Arutz Sheva, identifié au sionisme religieux. Arutz Sheva, est une organisation d’extrême droite et anti-palestinienne.
Beit El est une colonie près de Ramallah en Cisjordanie occupée. Sa yeshiva fut fondée en 1977 par des colons juifs radicaux de l’école Mercaz Harav à Jérusalem.
Selon Haaretz, « les fondements des implantations religieuses en Cisjordanie ont été conçus à Mercaz Harav » et c’est de là que les premiers colons furent envoyés coloniser les territoires occupés après la guerre de 1967.
La Yeshiva de Beit El a été installée avec le soutien de l’armée d’occupation qui a fourni des logements aux colons dans une de ses bases.
Samedi dernier, l’écolier palestinien Wajih Wajdi al-Ramahi, 14 ans, était abattu par un sniper israélien. Selon le père de l’enfant, les balles qui ont tué son fils ont été tirées depuis la tour de guet de Beit El qui domine le camp de réfugiés voisin de Jalazone où vit cette famille.

Négationniste de l’occupation
Conformément aux enseignements extrémistes de la yeshiva de Beit El, Goldstein lui-même a adopté des positions fortement anti-palestiniennes. Il va jusqu’à dénier l’occupation.
« Le mensonge … c’est l’accusation d’occupation illégale de terres arabes » écrivait Goldstein dans une lettre à l’archevêque Desmond Tutu.
Qualifiant le vice ministre sud-africain aux Relations internationales Ebrahim Ebrahim « d’incapable de remplir des fonctions officielles », Goldstein a exigé qu’il démissionne en raison du soutien donné par le gouvernement aux droits palestiniens.
Goldstein a même accusé Ebrahim de « contrôler et de censurer l’information dans le style de l’apartheid », pour avoir appelé les Sud-Africains à éviter de visiter Israël en raison des abus contre les droits humains qui y sont perpétrés.
Dans une interview récente, Goldstein appelait toute comparaison entre l’occupation israélienne et l’apartheid sud-africaine « une allégation moderne de sacrifices humains ».
Baleka Mbete, présidente de l’ANC (African Natioal Congress) et maîtresse de cérémonie au service d’hommage à Mandela, désapprouverait. L’an dernier, elle déclarait que le traitement qu’Israël réserve aux Palestiniens « est bien pire que l’apartheid sud-africaine ».(2)

(1) article disponible sur : http://www.pressdisplay.com/pressdisplay/fr/viewer.aspx
(2) http://electronicintifada.net/blogs/ali-abunimah/israel-far-worse-apartheid-south-africa-says-anc-chair-pretoria-conference-backs

* Ali Abunimah est l’auteur de "One Country, A Bold Proposal to End the Israeli-Palestinian Impasse". Il a contribué à "The Goldstone Report : The Legacy of the Landmark Investigation of the Gaza Conflict". Il est le cofondateur de la publication en ligne The Electronic Intifada et consultant politique auprès de Al-Shabaka, The Palestinian Policy Network.

Rubriques: