Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Entretien avec Lana Sadek (troisième partie)

La solidarité en France doit s'ouvrir à la diversité des Palestiniens

Le manque d'ouverture de la solidarité en France. Le ralliement inconditionnel sur Oslo. La confusion entre la critique et l'hostilité à l'égard de l'Autorité palestinienne. " Deux Etats " ne passe pas forcément par Oslo. L'idée d'une conférence internationale et la contribution du mouvement de solidarité. Nazem Quel soutien attendez-vous de la solidarité en France?

Lana Sadek Nous avons besoin d'un soutien politique et d'une qualité d'écoute pour débattre des idées que nous apportons au sein du mouvement de solidarité. Il y a un problème en France car une partie de ce mouvement est strictement alignée sur les positions politiques de l'Autorité palestinienne, ce qui est à mon avis très dangereux car un mouvement de solidarité doit toujours être indépendant et avoir ses propres positions. L'Autorité ne peut se confondre avec le peuple palestinien et elle n'est pas la composante principale, ou du moins unique, de ce peuple.

N. Tu demandes une ouverture à la diversité

L. S. Exactement. Le mouvement de solidarité n'est pas ouvert actuellement à notre diversité.

N. Comment expliques-tu ce manque d'ouverture?

L. S. Je pense qu'il est du à une confusion. Au sein du mouvement de solidarité il y a la crainte que la moindre critique à l'égard de l'Autorité palestinienne implique la remise en cause de sa légitimité. Or ces sont deux choses différentes car la critique ne signifie pas forcément l'hostilité. Cette confusion aboutit à considérer l'Autorité comme quelque chose de sacré et d'intouchable.

Cet amalgame au sein de la solidarité est d'autant plus dangereux que L'Autorité se trouve elle-même dans une situation ambiguë car elle ne se positionne plus complètement à l'intérieur du mouvement de libération nationale.

Rappelons donc que la solidarité doit s'adresser à l'ensemble du peuple palestinien et pas seulement à l'Autorité.

N. Quelles sont les manifestations politiques de ce manque d'ouverture?

L. S. Ce manque d'ouverture se traduit par un alignement inconditionnel sur le processus d'Oslo. Une partie du mouvement de solidarité trouve Oslo bien car il convient à son humeur politique, et c'est simplement parce que Oslo fait miroiter la solution de deux Etats et ne touche pas à Israël.

N. Oui, mais on vient de voir que vous aussi vous préconisez la solution de deux Etats et vous êtes pourtant critique à l'égard d'Oslo?

L. S. Effectivement, notre première différence avec Oslo ne se situe pas au niveau de l'objectif annoncé mais au niveau des moyens d'y parvenir. C'est une différence importante car les moyens proposés par Oslo placent les résultats escomptés en déça même de l'objectif de deux Etats.

Mais il y a aussi une autre différence. Oslo se contente de parler exclusivement de deux Etats et s'enferme dans un horizon politique très limité. Certaines composantes du mouvement de solidarité refusent de mettre en cause la politique coloniale de l'Etat d'Israël mais continuent à mettre en cause seulement certaines conséquences de cette politique. D'autres mettent égal à égal les Palestiniens et les Israéliens. Il faut comprendre que l'Etat d'Israël est un Etat colonial qui doit être traité comme tel et ne pas passer au-dessus de la loi?

N. Je crois que ces derniers points méritent un débat à part. Sur le premier point concernant les moyens de parvenir à vos objectifs, vous demandez la tenue d'une conférence internationale : quelle peut être la contribution du mouvement de solidarité? Est-ce que la tenue, dans un premier temps, non pas d'une conférence d'Etats mais d'une conférence réunissant les mouvements politiques qui peuvent s'impliquer dans cet objectif, serait un pas pour avancer dans cette direction?

L. S. La tenue d'une conférence avec des mouvements politiques, c'est une très bonne idée que nous devons explorer. Actuellement, la présence des mouvements palestiniens dans le Forum Social Mondial (FSM) ou Européen (FSE) est très importante et rejoint la même idée. Cette présence confirme le fait que le mouvement national palestinien est une composante du courant altermondialiste. Le FSE de Londres a pris des orientations pour des sanctions contre Israël et pour le boycott de l'apartheid, orientations qui ont été confirmées à Porto-Allègre, tout cela est très important pour nous?

N. Oui mais je remarque que cette avancée en direction du boycott du système d'apartheid n'est malheureusement pas accompagnée d'une avancée dans la construction d'une alternative pour la paix?

L. S. C'est pour cela, il est vrai, qu'il faut mener des larges discussions au sein de ce mouvement dans ce sens.Mais il faut, comme tu l'as dit, que nous soyons d'abord plus ouverts.

Entretien réalisé par Nazem

Paris le 14 février 2005

 

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