Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Formation BDS « Histoire de la Palestine » Avec Julien Salingue, chercheur en sciences politiques

La première partie sur l'histoire de la Palestine:
https://www.youtube.com/watch?v=HmyIpUFqp8w&feature=youtu.be

Suite:
https://www.youtube.com/watch?v=HmyIpUFqp8w&feature=youtu.be

La seconde partie sur le mouvement national palestinien:
https://www.youtube.com/watch?v=KQI0rs4QNnw&feature=youtu.be

Suite:
https://www.youtube.com/watch?v=0258jpdG0p8&feature=youtu.be

 

Intro : 

Objectif : tracer quelques dates dans lesquelles s’inscrit la question palestinienne. 

La situation actuelle est le produit d’une longue histoire.

Nécessité d’historiciser la question palestinienne ème pour mieux comprendre cette longue entreprise de dépossession qui a commencé dès la fin du 19  siècle.

-  Dépossession qui est le produit combiné du sionisme et du mouvement colonial européen. L’histoire de la Palestine est au carrefour de ces deux projets politiques. Sionisme et impérialisme n’ont pas les mêmes buts, ils ne sont pas réductibles à l’autre, mais les dynamique se sont rencontrées. - L’occupation est un mode d'organisation de la vie.

Quelques dates en points de repères :

- 1897 : année du premier congrès sioniste à Bâle en Suisse. Projet adopté de constitution d’un Etat des juifs/ves en Palestine (à l’époque sous contrôle Ottoman). A l’époque : 5% de population juive sur ce territoire, la Palestine n’était pas « une terre sans peuple ». Deux décisions : la première, organisation d’un mouvement de colonisation juive en Palestine. La seconde, chercher des soutiens pour mettre en œuvre ce projet, obtenir le soutien d’un ou plusieurs pays occidentaux. Sionisme est un projet politique et pas religieux. Les fondateurs sont des laïcs. Projet construit en réaction à un antisémitisme très profond en Europe, conclusion partagée pas les sionistes qu’il est impossible de vivre en sécurité en Europe, besoin d’un Etat propre aux juifs. Mouvement qui préconise de fait la séparation, dans un contexte historique de triomphe du nationalisme en Europe. Le sionisme est une forme de nationalisme particulier, car couplé avec un projet colonial. Contexte aussi de colonialisme en Europe. Inscription de trois idées fortes dans ce projet : aspect de séparation entre juifs/ves et non-juifs/ves, aspect nationaliste et aspect colonialiste. C’est une des formes de réaction à l’antisémitisme bien réel en Europe, mais une réaction particulière car des juifs/ves d’Europe font d’autres choix (organisation dans des partis politiques et des syndicats, etc.). Fin du 19eme, organisation des migrations, chercher des appuis auprès de tous les états y compris les états antisémites. 

- 2 novembre 1917 : déclaration Balfour (ministre des Affaires étrangères britannique). Déclaration officielle du ministre de soutien au projet d’un « foyer juif en Palestine ». Déclaration qui vient du gouvernement britannique qui vient de se mettre d’accord avec la France d’un partage du Moyen-Orient (accord Sykes- Picot de 1916). Dans ces accords, la Palestine doit passer sous contrôle britannique. Donc la puissance appelée à devenir la puissance tutélaire dans la région apporte son soutien au projet sioniste. C’est une étape décisive. Positionnement utilitariste des britanniques qui conçoivent ce « foyer juif » comme un allié local au milieu d’un monde arabe hostile à la présence des britanniques. Représentant de la Grande Bretagne explique que le foyer juif sera un Ulster dans un moyen orient hostile. Ces deux logiques qui ont leurs motivations et leurs dynamiques propres se rencontrent : l’impérialisme (britannique en l’occurrence ici) et le sionisme. Accélération du phénomène de colonisation, dès les années 1920 ont lieu les premiers affrontements armés entre la population palestinienne autochtone et les migrantEs juifs/ves. Grand soulèvement arabe en 1936, 6 mois de grève générale car la population palestinienne se rend bien compte qu’elle est victime d’une entreprise de dépossession. Réaction au processus de rachat de terre par l’agence juive notamment. Processus qui se fait sous protection militaire britannique. Développement de milices juives armées, forces supplétives de l’armée britannique pour mater les révoltes, briser les grèves. Écrasement en 1936 par l’Armée britannique et les milices sionistes. Des travailleurs/euses juifs/ves pour remplacer les grévistes, et militairement pour détruire les mouvements de guérilla palestiniens. Alliance forte entre les milices et la puissance coloniale.  Parti communiste palestinien très fort avec le développement d'organisations syndicales, accepte le partage en 1947. 1936 cellules d'autodéfense, transformées en guérilla ensuite. Montée du  nazisme en Allemagne dans les années 1930, légitime encore plus le mouvement sioniste. Majoritairement les populations juives qui fuient le nazisme ne font pas le choix de partir en Palestine mais il y a quand même une accélération des migrations vers la Palestine. 

- 29 novembre 1947 : vote de la résolution 181 par l’ONU qui acte le partage de la Palestine avec un Etat juif et un Etat « arabe ». Sur les frontières de l’Etat juif acté par l’ONU, 40% de la population est non-juive. Partage au carrefour de plein de choses : incapacité des britanniques de gérer la situation sur place, contexte de guerre froide. URSS voit dans ce futur Etat d’Israël un potentiel allié. 400 000 PalestinienNEs sont expulséEs entre cette date et le 14 mai 1948 (création de l’Etat d’Israël) soit la moitié des réfugiéEs palestinienNEs de ce qu’on appelle la Nakba. Plan d’épuration ethnique entre 1947 et 1949. Mai 1948 déclenchement officiel de la guerre. Le nouvel Etat d’Israël à qui l’ONU avait accordé 55% de la Palestine prend le contrôle de 78% de la Palestine et expulse entre 800 000 et 900 000 PalestinienNEs. Formation de Gaza et de la Cisjordanie, ce sont les lignes d’armistice de la fin de la guerre en 1949. La bande de Gaza et la Cisjordanie sont les produits d’une guerre. On ne comprend pas Gaza si on n’a pas ça à l’esprit. Bande de Gaza à l’époque administrée par l’Egypte et la Cisjordanie est annexée par la Jordanie. Pas de territoire administré par les PalestinienNEs eux/elles-mêmes. Naissance de l’Etat d’Israël par la force et l’expulsion. Crime de masse. On est réfugiéE pas parce qu'on est partiE mais parce qu’on ne peut pas revenir. Les palestinienNEs n'ont plus le droit de rentrer depuis 1949. Majorité de la population en exil.  

- Juin 1967 : guerre des six jours. Israël a pour projet de finaliser le projet de 1948-1949. Guerre présentée comme défensive par Israël, guerre lors de laquelle l’Etat d’Israël quadruple sa superficie (Golan, Cisjordanie, Gaza, Sinaï), ce qui est particulier pour une guerre défensive. Guerre gagnée militairement face aux armées arabes coalisées. Conquête de 100% de la Palestine, problème pour Israël pas de fuites des populations palestiniennes. Les gens refusent de partir, fort de l’expérience de 1947. Prétention d’Israël d’être un Etat juif et démocratique est remis en cause par cette réalité : la présence importante de PalestinienNEs. Victoire militaire et territoriale mais problème politique. Choix imposé d’être soit un Etat juif, soit un Etat démocratique. Choix qui est fait de la mise en place d’une politique d’apartheid. Administration militaire par Israël de Jérusalem, de la Cisjordanie et Gaza. Création de statuts spéciaux. Colonisation des territoires conquis. Prise de contrôle de toute l’économie, répression des organisations politiques, interdiction faite aux artistes de peindre des tableaux avec les quatre couleurs du drapeau palestinien… Batterie d’ordre militaire hallucinante. Cela écrase la vie des gens dans leur globalité (2500 ordres militaires pris à l’époque). Développement d'un nationalisme palestinien de l'intérieur. 

- 1987 : Première Intifada. Soulèvement de la population palestinienne, visibilité de la situation d’occupation. A partir de 1987, Israël ne peut plus se présenter comme un Etat démocratique. Contradiction fait surface. Obligation pour Israël de changer de mode de gestion. Refus de négociation d’Israël avec les PalestinienNEs avant mais là obligation politique est faite à Israël de chercher un cadre d’accord. Cela débouche en 1993 sur les accords d’Oslo. Pressions des grandes puissances étrangères qui veulent, pour préserver leurs intérêts, une stabilisation de la situation au Moyen-Orient. Pression sur les emprunts israéliens pour les contraindre à négocier, les grandes puissances et les Etats-Unis d’abord refusent de se porter garant des emprunts israéliens sur les marchés. Cela contraint les israéliennEs à s’asseoir à la table des négociations. Les accords d’Oslo permettent de dépasser la contradiction entre Etat juif et Etat démocratique car Israël de débarrasse de l’administration des territoires à la plus forte concentration de population palestinienne. 5% de la Palestine est confiée aux PalestinienNEs ! Les accords d’Oslo permettent à Israël de continuer à contrôler, de maintenir son emprise territoriale tout en se lavant les mains du sort des PalestinienNEs qui ne sont plus sous leur administration. La Première Intifada donne donc un résultat paradoxal : légitimité forte de la question palestinienne sur la scène internationale. Affirmation de l’existence d’une population palestinienne aux yeux du monde. Malheureusement, la Première Intifada ne construit pas un rapport de force suffisant pour faire avancer les revendications palestiniennes.  

- 2007 : blocus international suite aux résultats des élections démocratiques de 2006.  Elections législatives en 2006 avec victoire du Hamas, courant politique qui s’est construit contre les accords d’Oslo et intègre des institutions palestiniennes crées par Oslo. Contradiction majeure. Les plus opposés à Oslo légitiment ce processus. Blocus économique des grandes puissances. Organisation d’un putsch contre les institutions palestiniennes élues par la population. Putsch conjoint Israël, Egypte, Jordanie et Autorité Palestinienne précédemment en place. Putsch militaire contre le Hamas : putsch qui échoue à Gaza mais pas en Cisjordanie. Autorité palestinienne actuelle est une direction putschiste en Cisjordanie. Le processus d’Oslo est mort et enterré. Les institutions d’Oslo sont mortes, elles ne fonctionnent pas. Le président palestinien n’est plus élu depuis 2009, le parlement ne se réunit pas ou presque jamais. Tout le monde fait semblant de ne rien voir mais la situation est absolument bloquée.  

En discussion 

- Colonialisme de peuplement= remplacer la population autochtone (similitude États Unis, Australie, aborigènes, indiens, réserves.) -

- Histoire longue. Les  PalestinienNEs n'ont pas disparuEs, c’est un problème à gérer pour Israël. 

- Entre 1947 et 1967, les États Unis sont très frileux sur Israël, c'est la guerre de 1967 qui convainc les États Unis qu'Israël est une bonne carte. Aujourd'hui changement dans l'administration américaine. Moment où de plus en plus, on ne veut pas rompre, mais arrêter un partenariat privilégié avec Israël (accord nucléaire iranien), s'arrêter de s'aligner systématiquement.

- L’acteur clé c'est l'Iran. Les États-Unis l’ont compris. En Syrie, ils ne rentrent pas  en confrontation directe avec les iraniens. La France a fait un autre choix : reconstruire un système d'alliance avec les alliés traditionnels des États Unis, Egypte, saoudienNEs, Israël.

      Le mouvement national palestinien 

Le mouvement national palestinien n’est pas né en réaction à la construction israélienne. Il y avait des structures palestiniennes (associations, syndicats…) qui existaient avant la constitution d’Israël.  En revanche, la création de l’Etat d’Israël et l’expulsion des PalestinienNEs entre 1947 et 1949 sont un moment clé du mouvement national palestinien. Années 47-49 : destruction d'une nation, va marquer le Mouvement. Jusque-là il existait des élites bourgeoises, petites bourgeoises palestiniennes. Après 1949, les classes dominantes palestiniennes ne dominent plus rien. Plus d'élite, économique, sociale. Double disparition de la Palestine : disparition géographique (annexion des terres) et disparition politique (négation de l’identité palestinienne…). L’histoire du mouvement national palestinien c’est la reconquête de ces deux champs (géographique et politique).  Identité nationale palestinienne doit aussi s’affirmer contre le nationalisme arabe pour pouvoir faire exister une identité palestinienne particulière. 

- OLP : création par les régimes arabes suite au premier sommet arabe au Caire en 1964. Mise en place d’une structure palestinienne autonome reconnue par les Etats arabes. Chaque régime arabe invite globalement « ses » PalestinienNEs. Bien que certaines organisations qui sont indépendantes des puissances arabes arrivent à participer à l’OLP, dans ce premier conseil national l’ultra majorité des membres viennent de bourgeoisie palestinienne. Les réfugiéEs sont absentEs, non représentéEs. L’Organisation de Libération de la Palestine va adopter une chartre dans laquelle il n’y a aucune revendication de souveraineté palestinienne. OLP est pensée comme une structure proto étatique sans souveraineté territoriale et non pas comme un cadre d’organisation de la lutte. OLP doit rentrer dans ce cadre pour pouvoir s’intégrer au jeu politique régional. Ces fondements permettent de comprendre beaucoup de choses.  

- Fatah : de la création à la prise du contrôle de l’OLP. Créations d’organisations politiques dans les années 1950-1960. Génération politique commune qui a connu la Nakba et les affrontements militaires à Gaza. Petite bourgeoisie palestinienne qui s’est réfugiée dans différents pays arabes. Un noyau se constitue autour de personnalités comme Arafat et qui va fonder un mouvement politique qui s’appelle le Fatah. Volonté de créer une organisation politique indépendante des régimes arabes. Création du Fatah antérieure à la fondation de l’OLP (1959). Revendication centrale du retour des réfugiés, mouvement fondé par des exiléEs. Parti très hétérogène politiquement : hétérogénéité théorique est revendiquée car le Fatah veut représenter l’ensemble de la société palestinienne. Idée que l’idéologie divise, donc gauche, droite, religieux se côtoient. Unité se fait sur la lutte armée, la lutte armée est un outil de construction du Fatah, de faire connaître la situation de la Palestine. L’Arabie Saoudite est un des premiers soutiens financier du Fatah. Mouvement assez peu démocratique car dirigé par un noyau de commandement qui organise les actions de lutte armée. Le noyau dirigeant du Fatah deviendra le noyau dirigeant de l’OLP. Stabilité sur du très long terme du noyau dirigeant puisqu’il n’est pas fondé sur de l’idéologie. 

1er  janvier 1965 : première action armée du Fatah, cellule de guérilla de Jordanie et du Liban qui mènent des opérations en Israël.

Fatah va se développer et s’imposer dans l’OLP avec la prise du contrôle de la structure dès 1968. 

- FPLP : Front Populaire de Libération de la Palestine. Issu du mouvement des nationalistes arabes. Matrice nationaliste mais avec une lecture de classe. Le FPLP rentre dans l’OLP. Plus tard, scission dans le FPLP, création du FDLP. 

- Parti Communiste palestinien : n’est pas dans l’OLP car contre la lutte armée et pour la reconnaissance de l’Etat d’Israël (en lien avec les positions de l’URSS). 

1969-1970, OLP devient un appareil d’Etat sans Etat dirigé par un noyau. Cohabitent au sein de l’OLP toute une série d’organisation mais dirigée par un petit noyau issu du Fatah. Développement de l’OLP dans les camps de réfugiés, notamment et surtout en Jordanie. Emergence d’une situation de double pouvoir en Jordanie avec l’affirmation et l’organisation de l’OLP. Septembre 1970, l’armée jordanienne écrase les camps de réfugiés palestiniens (septembre noir). A partir de 1971, exil de l’OLP au Liban où va se reproduire la même chose. Même cause, mêmes effets. Intervention syrienne en 1976 contre les PalestinienNEs. Guerre civile au Liban. Expulsion de l’OLP en 1982 par l’armée israélienne et en 1983 par l’armée syrienne. Installation de l’OLP à Tunis. OLP est une structure d’Etat avec ses salariéEs, vraie base sociale de l’OLP. Problème c’est que l’éviction de la Jordanie puis du Liban des dirigeants du mouvement entraînent l’autonomisation du noyau dirigeant (éloignement de la base).

A partir de 1967, développement d’un nationalisme palestinien de l’intérieur (hors réfugiéEs) avec l’occupation. Développement de structures associatives, syndicales, de comités. Contestation de la légitimité politique de ceux de l’extérieur. Bourgeoisie palestinienne de l’intérieur doit trouver un terrain d’entente avec l’occupant israélien pour pouvoir faire vivre l’économie. Mouvement national de l’intérieur ne se vit pas comme hostile à l’OLP, mais revendication d’une autonomie des palestiniens de l’intérieur. L’OLP voit cela d’un très mauvais œil car elle se vit comme la seule représentation des PalestinienNEs.  Intifada de 1987 aiguise les contradictions. Soulèvement populaire qui n’est pas organisé par les structures. En revanche c’est un soulèvement très rapidement repris et dirigé par les structures existantes. Commandement National Unifié (CNU) se met en place pour diriger l’intifada. Cela se fait en autonomie de l’OLP. Concurrence va s’aiguiser, notamment à partir du moment où les Etats-Unis contraignent Israël à négocier. Le processus de négociation commence entre Israël et des membres du CNU (en lien avec l’OLP).

Signature des accords d’Oslo. Greffe de l’appareil de l’OLP dans les zones évacuées par Israël. Choc de culture, choc démocratique entre cet appareil et la population des palestinienNEs de l’intérieur. Les objectifs des Palestiniens qui s’étaient soulevés c’était de libérer la Cisjordanie et Gaza ; l’objectif de l’OLP c’est d’administrer un territoire. Ce sont ces deux trajectoires qui conditionnent les réalités de la société palestinienne aujourd’hui. 

Forces politiques de gauche (FPLP, FDLP…) se sont opposées aux accords d’Oslo mais ne sont pas opposées à la construction d’une Autorité palestinienne. Ils se sont mis à équidistance mais perte de terrain en termes de force numérique et d’influence politique. 

Courants islamiques se sont imposés comme les seuls vrais opposants au processus de paix et à la construction de l’autorité palestinienne. Ils incarnent l’opposition résolue aux accords d’Oslo. Champ politique palestinien qui s’est déporté dans la bataille pour la gestion d’un appareil d’Etat. La question de la libération nationale n’est plus au centre de l’activité politique.  184 000  salariéEs de l’Autorité palestinienne, 30 à 40% de la population de l’intérieur vit des revenus liés à l’Autorité. Poids économique de l’Autorité, poids social.

BDS est un symptôme du renouveau politique palestinien. Porté par un tout petit noyau qui a pris acte du fait qu’il faut sortir du cadre d’Oslo. Cela exprime des évolutions de la société de la Palestine mais ça ne l’organise pas.  Les syndicats sont confrontés au même type de problème.

Syndicats tournés contre l’occupation, syndicalisme doit se repositionner avec la mise en place de l’autorité. PGFTU est intégrée à l’appareil d’Etat. Structures parallèles se sont constituées et font le travail que les syndicats ne font pas. Exemple le DWRC à Ramallah… Le travail syndical est pris en charge par plein d‘acteurs différents. Développement syndical dans certains secteurs : la banque, l’enseignement… On est sorti petit à petit du syndicalisme nationaliste contre l’occupation à un syndicalisme de revendications immédiates dans l’intérêt des travailleurs. Tentative de monter une fédération de syndicats indépendants il y a trois ou quatre ans. Problème des travailleurs qui travaillent en Israël et dans les colonies qui ne peuvent être syndiqués par les organisations syndicales palestiniennes.

L’OLP ne s’est jamais préoccupée des PalestinienNEs de 1948. Explications liées aux réalités de l’occupation. Liste arabes unis aux dernières élections en Israël (de la gauche palestinienne aux islamistes). Les courants islamistes sont les gagnants dans cette composante aussi. Pas de liens organiques entre les PalestinienNEs de 1948 et ceux de Cisjordanie ou Gaza. Défiance envers les PalestinienNEs de 1948 dans les territoires occupés. Processus d’Oslo a éjecté les PalestinienNEs de 1948 de la scène politique palestinienne.  

En discussion :  

- Sur le processus d’Oslo :  

Le PC a soutenu les accords. 

Le Courants islamiques, Hamas, seule organisation apparue comme opposée. Déjà puissants, les frères musulmans palestiniens depuis les années 1970, pas dans libération nationale à l'époque, libération nationale après années 1980. Opposition résolue à Oslo, OLP corrompue, positionnés comme le Fatah du début avec volonté de représenter tout le peuple palestinien. Fini comme le Fatah, élection de 2006.  

- Sur la situation des organisations actuellement 

Le Mouvement ne se définit plus comme mouvement de libération. Jeunes aujourd'hui ne se reconnaissent pas dans les organisations. Il n’y a quasiment plus d'organisations qui ont réussi à survivre à cette gestion administrative. Tout le monde n'accepte pas de se soumettre aux règles, cela impacte les organisations politiques. Des gens qui disent reconstruire le mouvement de libération national.  

- Sur l’OLP :

OLP représente toujours qq chose : toutes les  organisations, la  lutte autonome... Aujourd'hui c'est l'autorité palestinienne qui prend les devants. Tout s'est déporté dans les territoires occupés. OLP intégrée dans autorité palestinienne. Pas de vote dans l’OLP sur les accords d'Oslo. Des gens qui disent séparer autorité et mouvement.  

- Sur l’Autorité Palestinienne :

Faudrait-il dissoudre l'autorité palestinienne ? Elle représente 184000 salariéEs,  30-40% de la population. Elle devrait être seulement administrative. 

Dans les faits, il y a l’unité nationale quand on se retrouve face à Israël.  

- Qu’en est-il aujourd’hui ?

Tout le monde associatif aujourd'hui dirigé par la même génération, celle de la première intifada, qui a vu arriver les accords d'Oslo.

Les Moments politiques intenses, élections étudiantes, débats... 

2012 élections municipales gagnées par dissidentEs du Fatah. 

BDS est un symptôme du renouveau, un appel qui repose sur petit noyau, sortir du cadre d'Oslo sans pouvoir le dire. Pas une force politique à proprement parler.  

Les couteaux : une génération qui se cherche et ne trouve pas sa place dans le dispositif d'Oslo. 

Fonctionnaires : leur survie dépend de la survie du processus de paix. Forte intégration au processus. 

L' Industrie du processus de paix, investissement sur court terme, bâtiment (aide autorité, UE, crédits...), télécoms... Plus des capitaux que des capitalistes. De l'argent déjà avant, plus maintenant argent sur processus de paix.

La lutte armée est un moyen de dire que l’on existe : quand est ce qu'on parle de Gaza…  Vrai bilan sur attentats suicides : ça nous dessert sur la scène internationale. 

La résistance non violente et lutte armée sont les mêmes. 

Les jeunes entre 15 et 30 ans sont marquéEs par la deuxième intifada : prison, grande violence. Les gens savent à quoi ils s'exposent. Politique connotée négativement.

Un des exemples se sont les profils des jeunes révolutionnaires égyptienNEs (supporter de foot participent à la révolution mais "ne font pas de politique"). Inspiration dans la région. La direction de l'OLP est de la même génération que les dictateurs qui sont tombés dans le monde arabe. Le fait de vivre sous occupation a pour conséquences que les dirigeants ne sont pas la cible principale. 

- Sur le syndicalisme :

Les Syndicats d'un mouvement de libération national, nationalistes, inféodés aux organisations. 

Plus gros syndicats intégrés à l'appareil d'état. 

Egypte est le leader de la fédération des syndicats indépendant au gouvernement. 

Structures non syndicales font le travail que les syndicats ne faisaient pas, Dwrc... Formes hybrides... 

Tentative de monter une fédération de syndicats indépendants mais demi-échec...  

- Sur les palestinienNEs de 48

Israël : OLP n’a rien à faire des palestinienNEs d'Israël.

L’histoire du parti communiste a pesé. 

Dernières élections : liste arabe unie de la gauche aux islamistes (d'autres boycottent). Ça dit quelque chose sur la situation des palestinienNEs. 

Courants islamistes forts à Jérusalem. 

Pas de lien organiques entre structures de Cisjordanie ou Gaza.  

- Sur le Hamas :

Quand elles/ ils ont pris le contrôle à Gaza, elles/ils se sont comportéEs pareil que l’autorité palestinienne. Petits arrangements, taxes. 

RentréEs dans l'institution d'Oslo, accord pour ne pas tirer de roquettes, on ne tire pas les premiers... 

Normalisation avec Israël à partir de 2011-2012. 

Liens avec Enhada... Intervention israélienne pour les faire sortir de cet état de normalisation.

Hamas négocie pour alléger le blocus, pas de libération de la Cisjordanie à court terme, besoin d'air. 

Hamas est beaucoup plus homogène que Fatah mais contradictions entre frères musulmans, libération nationale et islamisme. 

Base pauvre, noyau =  petite bourgeoisie intellectuelle et commerçante.  Quand le Hamas est dans l'opposition, ça va mais c’est difficile au pouvoir.  Différenciations ne passent pas par la question religieuse. Clivage plus de classe. Quand elles/ils ripostent  aux agressions israéliennes, elles/ils retrouvent leur légitimité.  

- Conclusions

Pas de solution sans la disparition du système institutionnel discriminatoire israélien. 

Un état, mais comment préparer les conditions. 

Avec la direction de l'OLP' qui disparaît, le projet à deux états d'Oslo disparaît. Mais on continue à faire croire que ça continue.