Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Gaza à travers le prisme déformant des médias français

Dans leur couverture de la guerre contre la bande de Gaza, les médias français ont favorisé de manière scandaleusement disproportionnée la version du gouvernement israélien.

« Le droit du public d’accéder à des informations complètes, libres, indépendantes et pluraliste doit guider le journaliste dans l’exercice de sa mission. Cette responsabilité vis-à-vis du citoyen prime sur toute autre. » Cet règle d’éthique, selon le Code de déontologie du Syndicat français des journalistes, devrait s’imposer comme principe directeur des journalistes français dans leur travail de recherche, de rédaction et de commentaire de l’actualité.
Récemment, toutefois, l’engagement des journalistes français à l’égard de cette règle a été remis en question à la lumière de leur couverture de l’actuelle offensive israélienne contre les Palestiniens dans la bande de Gaza.
Une caractéristique dominante de la couverture de cet épisode du conflit israélo-palestinien par la presse française, est sa tentative jamais démentie de recadrer en permanence ou de redéfinir la nature du conflit, en créant la perception erronée d’un équilibre entre les forces israéliennes et palestiniennes, alors que cela n’a rien à voir avec ce qui se passe sur le terrain. Cette obstination conduit à la diffusion d’une information biaisée, basée sur des affirmations qui déforment la réalité.
Depuis le début de l’offensive israélienne, plus de 1400 civils palestiniens (dont plus de 200 enfants) ont été tués, des milliers d’autres ont été blessés et des milliers de maisons d’habitation ont été détruites dans les bombardements israéliens. Du côté israélien, il y a eu trois morts parmi les civils et [officiellement] 64 soldats tués.
Néanmoins, le discours dominant des médias français est de vouloir tirer un trait d’égalité entre les deux côtés : Israël, qui possède l’une des armées les plus puissantes et l’une des économies les plus fortes dans le monde, et qui jouit de l’appui occidental ; et la bande de Gaza, qui n’a évidemment pas d’armée ni d’économie digne de ce nom, et qui subit un blocus sévère depuis plus de sept ans.
En conséquence, l’attaque militaire israélienne sur les Palestiniens dans la bande de Gaza est surtout présentée comme une guerre ou un conflit entre Israël et la bande de Gaza, ou entre Israël et le Hamas, comme en témoignent les titres de plusieurs journaux comme Le Monde, Libération, Le Figaro et Le Point. Et parfois, cette offensive est réduite à un face à face entre le Hamas et le Premier ministre israélien, comme cela a été résumé par le Nouvel Observateur, quand il a posé la question : « Comment le Hamas pourra-t-il sortir de ce conflit alors qu’il s’est piégé par son obsession d’en finir avec le Premier ministre israélien ».
Il y a aussi de constantes tentatives d’influencer l’opinion publique en mettant l’accent sur la soit-disant « responsabilité » des Palestiniens dans le déclenchement de l’offensive israélienne, et donc indirectement dans la souffrance subie par le peuple palestinien. Par exemple, le troisième jour de l’offensive israélienne, dans une interview sur la chaîne France 3, Leila Shahid, Ambassadrice de la Palestine auprès de l’Union européenne, parlait du meurtre de 80 civils palestiniens dans les bombardements israéliens. Mais le journaliste qui la recevait l’a alors interrompue pour demander : « Pourquoi ne demandez-vous pas au Hamas de cesser les tirs de roquettes sur Israël ? » De même, le magazine Marianne a publié un article avec le titre suivant : « Où est le Hamas emmène-t-il les Palestiniens ? »
Cette hypothèse superficielle a refait surface lorsque les organisations de la résistance palestinienne ont rejeté le prétendu cessez-le feu proposé par l’Égypte. Les médias français ont insisté sur le « rejet » et encore une fois accusé la résistance palestinienne de prolonger le conflit. Israël a été présenté comme une icône du pacifisme pour l’avoir accepté, et le tout sans se poser la moindre question sur la nature du cessez-le-feu, la raison derrière l’acceptation rapide par Israël alors qu’aucun de ses objectifs militaires n’avait été atteint, et sa relation avec le régime égyptien. Une telle approche superficielle révèle un profond manque de capacité d’analyse et revient à mépriser l’intelligence des gens à l’écoute.
Les grands médias ont également présenté systématiquement les bombardements israéliens, si destructeurs et meurtriers, comme une « réponse » aux roquettes de la résistance palestinienne, mettant ainsi au premier plan le récit auto-justificateur d’Israël. Alors que les roquettes palestiniennes sont comptabilisées quotidiennement, le nombre de raids et de missiles tirés par des avions israéliens sur la population palestinienne est rarement mentionné.
La plupart des grands médias français ont également utilisé un langage ambigu pour créer une fausse parité entre la dévastation et la mort subies du côté palestinien et les dommages très limités infligés du côté israélien. Le Journal Du Dimanche, par exemple, a publié un article le quatrième jour de l’agression israélienne, avec le titre « Israël-Hamas plus de 100 morts en quatre jours », masquant ainsi commodément le nombre de morts palestiniens.
La chaîne de télévision France 2 consacre beaucoup de temps d’antenne pour expliquer en détail la vie quotidienne d’une famille israélienne, montrant un père portant sa petite fille effrayée par le bruit d’une fusée, ainsi que des scènes de dommages causés par les roquettes. Il n’y avait aucun rapport avec l’enfer que vivent les Palestiniens sous les bombardements israéliens.
Le lendemain, cette même chaîne a diffusé des images similaires d’une femme israélienne portant un bébé et décrivant sa peur et son anxiété sous le feu quotidien de fusées. Le même rapport prétendait ensuite montrer le côté palestinien, où, au lieu de documenter l’étendue de la destruction et de la mort, la caméra faisait le tour d’une maison palestinienne qui était encore intacte, tandis qu’un père palestinien décrivait comment sa famille se mettait à l’abri des bombardements israéliens !
Et quand certaines chaînes de télévision se décident finalement à montrer les pertes du côté palestinien, c’est toujours suivi par une explication détaillée reprenant mot pour mot les justifications de l’armée israélienne, selon quoi les attaques visaient les combattants du Hamas et les tunnels qui menacent la sécurité d’Israël.
Nous voyons très rarement des images qui reflètent l’ampleur de la catastrophe vécue par les Palestiniens. Ainsi, lorsque le 19 juillet, un reportage de la télévision française a montré des images d’un hôpital de Gaza où de nombreux blessés et tués avaient été amenés, il a été suivi d’un autre détaillant les opérations de l’armée israélienne, en se concentrant sur les combattants palestiniens utilisant des tunnels pour entrer dans le territoire sous contrôle israélien.
Ainsi, alors que les téléspectateurs se voient sans cesse rappeler qu’Israël a le droit de se défendre, il n’est pas fait mention du même droit pour les Palestiniens et leurs combattants sont présentés comme des terroristes. Le ciblage des civils palestiniens par l’armée israélienne n’est aucunement questionné et il n’y a aucune analyse des raisons qui sous tendent la résistance palestinienne.
Cette volonté apparente des grands médias français d’escamoter les causes réelles du conflit et de tromper le public sur le déséquilibre évident des forces sur le terrain, revient à pratiquer une désinformation flagrante et parfois même à mentir délibérément. Par conséquent, la neutralité supposée des médias français dans la couverture du conflit israélo-palestinien échoue à montrer la réalité sur le terrain : la souffrance des Palestiniens causée par les bombardements israéliens, le blocus, l’occupation et l’apartheid.
Peu de journalistes français sont prêts à contester ce récit dominant pro-israélien (pour dire le moins) et à respecter l’esprit du code de déontologie journalistique en s’efforçant de fournir des informations et une analyse objectives de la situation dans la bande de Gaza et la Palestine dans son ensemble.

Note :
Cet article ne peut être exhaustif, car les exemples de désinformation dans la presse française lorsqu’il est question de la Palestine sont trop nombreux pour être tous cités. Dans le peloton de tête apparait probablement un média comme France-Inter qui parle « des violences qui ont fait de nombreux morts » (il n’est jamais question de bombardements israéliens mais de violences abstraites, déclenchées on ne sait par qui...) et qui qualifie de « forces de l’ordre » les forces israéliennes d’occupation en Cisjordanie, même lorsqu’elles tuent. Difficile de faire un diagnostique ... Est-ce dû à un profond manque de connaissances, à de la paresse intellectuelle, à une bêtise crasse, à une malhonnêteté délibérée, à un parti pris auquel on ne déroge jamais ? Probablement un mélange de tous ces éléments... [NdT]

* Ali Saad est un sociologue et critique français des médias. Il met l’accent sur ​​l’influence des médias sur la société.

1er août 2014 - Al-Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à : http://www.aljazeera.com/indepth/opinion/2014/07/gaza-through-distorted-lens-fre-201473111454532885.html

Traduction : Info-Palestine.eu - Naguib

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