Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Il s'agit d'Israel : rien à voir avec l'antisémitisme

Ne pas s'exprimer sur cette injustice serait plus qu'une erreur, ce serait ignorer une menace qui pèse sur nous tous par Ken Livingstone, maire de Londres, le 4 mars 2005

Le racisme est une idéologie réactionnaire unique, brandie pour justifier les plus grands crimes de l'histoire : traite négrière, extermination des habitants originaires dans les Caraïbes, élimination de tous les habitants indigènes de Tasmanie, apartheid. L'Holocauste a été l'expression fianle, « industrialisée » de la barbarie raciste. Le racisme, c'est la ligne de démarcation des mouvements les plus réactionnaires. Une idéologie qui commence par déclarer qu'un être humain est inférieur à un autre est la pente qui débouche sur Auschwitz. Voilà pourquoi je déteste le racisme. Aucun commentateur sérieux n'a prétendu que mes commentaires à un reporter du Evening Standard, le mois dernier, en dehors de City Hall, étaient antisémites. Aussi je suis heureux que Henry Grunwalk, président du conseil représentatif des juifs britanniques [« Board of Deputies of British Jews »], ait reconnu ici même que « Ken est sincère quand il affirme qu'il considère l'Holocauste comme le pire crime du siècle dernier ».

La contribution de personnes juives à la civilisation humaine et à la culture est indépassable autant qu'extraordinaire. Pensez simplement à Einstein, Freud et Marx, pour réaliser que la civilisation humaine serait aussi diminuée que méconnaissable, sans les prouesses des juifs. Et c'est pareil pour ce qui est de la contribution juive à notre ville de Londres aujourd'hui.

En tant que maire, j'ai réclamé l'action de la police contre les attaques antisémites au plus haut niveau, et mon administration a soutenu une série d'initiatives d'importance pour la communauté juive, ce qui inclut une exposition sur Anna Frank à l'Hôtel de Ville et des mesures pour assurer l'avancée du projet d'eruv [mur symbolique visant à séparer le pur de l'impur, notion centrale de la religion juive] au nord de Londres.

Tout au long des années 1970, j'ai travaillé avec joie avec le conseil représentatif [ci-dessus], dans le cadre de campagnes contre le National Front. Les problèmes ont commencé lorsque, en tant que président du Conseil le la communauté urbaine de Londres, j'ai rejeté leur demande de ne financer que les initiatives approuvées par les organisations juives. Ils étaient mécontents que je finance des organisations juives qui font campagne pour les droits des gays et d'autres qui sont en désaccord avec la politique du gouvernement israélien. Mes rapports avec ce groupe prirent un tour dramatique lorsque je m' opposai à l'invasion illégale du Liban par Israël, qui a culminé avec les massacres des camps palestiniens de Sabra et Chatila. Ils n'ont pas apprécié non plus que je m'engage dans la campagne de 1982 pour convaincre le parti travailliste de reconnaître l'OLP comme la voix légitime du peuple palestinien. Le point fondamental de nos désaccords, comme le sait parfaitement Henry Grunwald, ce n'est pas l'antisémitisme -que mon administration combat bec et ongles- mais la politique des gouvernements israéliens successifs. Pour éviter des ambiguïtés artificiellement entretenues, rappelons que la politique des gouvernements israéliens n'est pas analogue au nazisme. Ils ne visent pas l'extermination systématique des Palestiniens à la façon dont les nazis cherchaient l'anéantissement des juifs.

L'expansion d'Israël comporte depuis le début le nettoyage ethnique. Les Palestiniens qui ont vécu sur cette terre pendant des siècles en ont été chassés par la violence systématique et la terreur programmées pour nettoyer ethniquement le territoire qui est devenu la plus grande partie de l'Etat israélien. Les méthodes de groupes tels que Irgoun et le gang Stern étaient les mêmes que celles du dirigeant serbeKaradzic en Bosnie : chasser les gens par la terreur. Aujourd'hui le gouvernement israélien continue à faire main-basse sur la terre palestinienne pour y implanter des colonies, les incursions militaires dans les pays voisins continuent, et le déni du droit au retour des Palestiniens chassés par la terreur continue. Ariel Sharon, premier ministre israélien est un criminel de guerre qui devrait être en prison, et non pas dans un bureau. La commission Kahane isrélienne elle-même a reconnu que Sharon avait une part de responsabilité dans les massacres de Sabra et Chatila. Sharon continue à organiser la terreur. Plus de trois fois plus de Palestiniens que d'Israéliens ont été tués dans le conflit actuel, et il y a plus de 7000 Palestiniens en prison.

Pour dissimuler ces vérités, ceux qui entourent le gouvernement actuel israélien ont recours à la diabolisation. Au départ, les cibles étaient les Palestiniens ; maintenant ce sont les musulmans. Prenez le Middle East Media Research Institute, dirigé par un ancien colonel dans les services de renseignement militaires israéliens, qui se veut source d'information objective mais qui traduit en réalité de façon sélective des textes de l'arabe, et qui présente les musulmans et les Arabes sous le jour le plus noirpossible. Aujourd'hui le gouvernement israélien contribue à promouvoir un tableau entièrement faussé du racisme et de la discrimination religieuse en Europe, de façon à faire apparaître que la poussée la plus grave de haine et de discrimination vise les juifs.

Toutes les attaques racistes et antisémites doivent être stigmatisées. Cependant, le fait est que la plus grande masse des attaques racistes en Europe visent les Noirs, les asiatiques et les musulmans, et que ce sont les cibles primaires de l'extrême droite. Pendant 20 ans les gouvernements israéliens ont tenté de dénigrer tous ceux qui critiquent avec force la politique israélienne, en tant qu'antisémites. La vérité est à l'opposé : les mêmes valeurs universelles qui reconnaissent l'Holocauste comme le plus grand crime raciste du 20ème siècle exigent la condamnation de la politique des gouvernements israéliens successifs, non pas en les traitant de façon absurde de nazis ou équivalents dans leur rapport à l'Holocauste, mais parce que le nettoyage ethnique, la discrimination et la terreur sont immorales.

Ils attisent en outre la colère et la violence dans le monde entier. Pour le maire de Londres, ne pas s'exprimer à voix haute contre une semblable injustice serait non seulement une erreur, mais ce serait surtout ignorer la menace que cela fait peser sur la sécurité de tous les habitants de Londres.

Ken Livingstone

Source: http://www.guardian.co.uk/comment/story/0,,1430132,00.html

Traduit par ISM. http://www.ism-france.org/news/

 

Rubriques: