Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Interview de Farouq al-Qaddumi, président du conseil politique du Fatah

Le président du conseil politique du Fath, Fârouq al-Qaddumi, nous déclare : "Pas question de remettre nos armes… Servir la cause [palestinienne] au sein d'un gouvernement de coalition est préférable aux tentatives de mettre le Hamas en échec". "C'est l'Autorité palestinienne, avec son programme politique, ses personnalités et ses responsables, qui a été battue aux législatives palestiniennes".]

Fârûq al-Qaddûmî, président du conseil politique du Fath, insiste sur le fait que son mouvement n'a pas perdu les élections législatives face au mouvement Hamas.

Il a notamment déclaré : "En réalité, le Fath n'a pas perdu, parce que ces élections ont dépouillé le mouvement de beaucoup des qualificatifs négatifs qui lui étaient attribués à cause de la corruption de certains de ses membres qui assumaient des responsabilités au sein de l'Autorité palestinienne".

Pour al-Qaddûmî, connu sous le nom de guerre d'Abû Lutf, c'est le gouvernement de l'Autorité palestinienne qui a perdu les élections : "Ce gouvernement a perdu, et avec lui son programme politique, ses personnalités et ses responsables".

Il pense que le programme politique du gouvernement de l'Autorité palestinienne contrevenait au programme du Fath, c'est-à-dire au programme du peuple, au programme de la résistance et de la fin de l'occupation, ainsi que de l'unité nationale.

Abû Lutf ne nie pas la responsabilité de certains cadres du Fath, en ce qui concerne l'insécurité publique qu'ont connue les régions gérées par l'Autorité palestinienne.

Il a dit, à ce sujet : "La sécurité, c'est la conscience du peuple. Mais les gens ont constaté qu'une certaine catégorie de personnes s’est imposée à eux, au nom de la sécurité et du maintien de l'ordre public, sachant que cette même catégorie était la responsable directe et indirecte de l'insécurité. Parmi les très nombreux drames nés de cette insécurité, je mentionnerai l'assassinat du martyr Mûsâ 'Arafât, abattu par des hommes armés chez lui, dans la bande de Gaza. Son fils avait été kidnappé en septembre de l'année dernière."

Fârûq al-Qaddûmî, qui préside depuis 1973 le conseil politique de l'OLP et qui a été nommé en 1988 ministre des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne, a affirmé, au cours d'une rencontre avec nous, à Casablanca, étape sur son chemin de retour de Nouakchott, en Mauritanie, où il venait d'effectuer une visite officielle, vers Tunis, où se trouve actuellement son bureau principal, que les élections ont mis à l'écart un groupe de corrompus prétendant appartenir au Fath, mais que le Fath a, quant à lui, conservé sa pureté et son programme politique.

Pour lui, le peuple a sanctionné le programme politique de l'Autorité palestinienne, tout en préservant la résistance.

Par Mahmoud Marouf

Le président du conseil politique du Fath, Fârouq al-Qaddumi, nous déclare : "Pas question de remettre nos armes… Servir la cause [palestinienne] au sein d'un gouvernement de coalition est préférable aux tentatives de mettre le Hamas en échec". "C'est l'Autorité palestinienne, avec son programme politique, ses personnalités et ses responsables, qui a été battue aux législatives palestiniennes".]

Fârûq al-Qaddûmî, président du conseil politique du Fath, insiste sur le fait que son mouvement n'a pas perdu les élections législatives face au mouvement Hamas.

Il a notamment déclaré : "En réalité, le Fath n'a pas perdu, parce que ces élections ont dépouillé le mouvement de beaucoup des qualificatifs négatifs qui lui étaient attribués à cause de la corruption de certains de ses membres qui assumaient des responsabilités au sein de l'Autorité palestinienne".

Pour al-Qaddûmî, connu sous le nom de guerre d'Abû Lutf, c'est le gouvernement de l'Autorité palestinienne qui a perdu les élections : "Ce gouvernement a perdu, et avec lui son programme politique, ses personnalités et ses responsables".

Il pense que le programme politique du gouvernement de l'Autorité palestinienne contrevenait au programme du Fath, c'est-à-dire au programme du peuple, au programme de la résistance et de la fin de l'occupation, ainsi que de l'unité nationale.

Abû Lutf ne nie pas la responsabilité de certains cadres du Fath, en ce qui concerne l'insécurité publique qu'ont connue les régions gérées par l'Autorité palestinienne.

Il a dit, à ce sujet : "La sécurité, c'est la conscience du peuple. Mais les gens ont constaté qu'une certaine catégorie de personnes s’est imposée à eux, au nom de la sécurité et du maintien de l'ordre public, sachant que cette même catégorie était la responsable directe et indirecte de l'insécurité. Parmi les très nombreux drames nés de cette insécurité, je mentionnerai l'assassinat du martyr Mûsâ 'Arafât, abattu par des hommes armés chez lui, dans la bande de Gaza. Son fils avait été kidnappé en septembre de l'année dernière."

Fârûq al-Qaddûmî, qui préside depuis 1973 le conseil politique de l'OLP et qui a été nommé en 1988 ministre des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne, a affirmé, au cours d'une rencontre avec nous, à Casablanca, étape sur son chemin de retour de Nouakchott, en Mauritanie, où il venait d'effectuer une visite officielle, vers Tunis, où se trouve actuellement son bureau principal, que les élections ont mis à l'écart un groupe de corrompus prétendant appartenir au Fath, mais que le Fath a, quant à lui, conservé sa pureté et son programme politique.

Pour lui, le peuple a sanctionné le programme politique de l'Autorité palestinienne, tout en préservant la résistance.

 

En tant que président du Fath, êtes-vous satisfait du résultat de ces élections ?


- Nous avons toujours été contre, et nous sommes toujours contre les accords d'Oslo et les conséquences d'Oslo. Nous étions contre ces élections car nous pensons qu'il n'est pas possible de procéder à des élections sous occupation. Je rappelle que le Parti Populaire Algérien, que dirigeait Messali al-Hajj avait appelé à des élections à l'ombre de l'occupation française et que cela fut refusé par Ahmad Ben Bella et Rabah Bitat.

Ceci eut pour résultat que ces deux dirigeants, et d'autres avec eux, opérèrent une scission d'avec le PPA et formèrent le Comité révolutionnaire qui déclencha la révolution du 1er Novembre 1954.

En ce qui nous concerne, nous avons toujours été opposés aux élections, tout d'abord parce qu'elles étaient partielles et qu'elles se déroulaient sous une occupation que nous combattons et ensuite parce qu'il n'est pas admissible de procéder à des élections sous occupation, parce que les conditions de leur bon déroulement, à savoir qu'il puisse s'agir d'élections libres, n'étaient pas réunies. En effet, il ne saurait y avoir de démocratie en l'absence de liberté.

Notre territoire est assiégé, il y a des bouclages, des checkpoints qui encerclent toutes nos villes et chaque jour des gens sont tués, même des enfants, des maisons sont démolies… Et malgré cela, nous n'avons pas pris position contre les élections, nous ne les avons pas entravées, et les élections ont eu lieu.

Le peuple a conservé son calme, non pas parce qu'il était convaincu par ces élections, mais en raison de la nécessité du changement et de faire cesser la corruption, cette corruption qui faisait rage, pour de nombreuses raisons.

Les citoyens se plaignaient et protestaient contre cette corruption. En vain. Ils exigeaient qu'on y mette le holà, sans que rien ne se produise de tel. Aujourd'hui, grâce aux élections qui ont eu lieu, les cartes sont sur la table.

Les accords d'Oslo et notre entrée en territoire occupé ont eu pour résultat une anarchie, qui a régné et continue à le faire, et une corruption qui s'est répandue. Les barrières psychologiques et les garde-fous éthiques ont craqué, chez certains combattants, du fait des contacts établis, au motif de négociations, avec les Israéliens.

Il est devenu difficile de dire à un combattant palestinien qui a participé à des dizaines de réunions avec des Israéliens : "Ce sont tes ennemis", même si les négociations n'ont jamais rien apporté et n'apporteront jamais rien.

Par ailleurs, certains de ceux qui ont endossé certaines responsabilités dans l'Autorité se sont enrichis personnellement, par de multiples malversations.

D'aucuns percevaient des impôts, ou des taxes, sur les franchissements de points de passage, à leur profit personnel, en prétendant que ces sommes étaient destinées à l'Autorité palestinienne. Il y avait des responsables qui rackettaient les citoyens.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle un certain nombre de gens qui prétendent appartenir au Fath et qui ont amassé des millions de dollars, comme les hommes de la sécurité préventive, sont apparus. Ceux-là sont même allés jusqu’à porter atteinte aux libertés individuelles des gens : Comment pourrions-nous encore considérer qu'ils appartiennent au Fath ?

Quand ces gens-là tombent, c’est parce que le peuple les a fait tomber, parce qu'ils sont corrompus, et parce que les gens se plaignaient amèrement de leurs exactions. Le Fath n'a rien à voir avec ces truands-là.

Les urnes ont permis de faire chuter tous ceux-là, et maintenant, nous les connaissons, qu'il s'agisse de personnalités appartenant à une liste électorale ou de candidats indépendants.

Pourquoi vous êtes-vous tus, sur ces gens-là, durant autant d'années ?


- Qui s'est tu, à leur sujet ? Personne !

Mais nos frères de l'intérieur [de la "Palestine", ndt] n'ont pas traité la question, et la responsabilité incombe aux frères du Fath de l'intérieur, et non sur nous, qui, comme toutes les institutions palestiniennes restées à l'extérieur, étions en butte à un encerclement politique et financier.

Vous vous souvenez sans doute que j'ai écrit un article intitulé "Karzaï", que j'ai envoyé au frère Abu Ammar. Mais celui-ci [que Dieu l'accueille en Sa miséricorde] n'a rien fait.

Vous avez appelé à la convocation du comité central du Fath, au grand complet ?


- Oui. Il y aura prochainement un congrès, absolument indispensable pour évaluer les événements et demander des comptes aux responsables afin d'épurer le mouvement de tout ce qui le dépare.

Voilà un an que le frère Abû Mâzin [Mahmûd 'Abbâs, ndt] refuse de rencontrer le Comité central au complet et qu'il exploite sa fonction de président de l'Autorité pour prendre des décisions individuelles relatives au Fath, en contravention du règlement et de l'organisation. C'est ce qui a provoqué un grand désarroi au sein de notre mouvement.

Avez-vous convenu d'un lieu, pour une telle réunion ?


- En Egypte, en Jordanie ou à Tunis. Nous, nous sommes disposés à rencontrer Abû Mâzin. Mais lui, il nous dit qu'il n'est pas prêt !

Vous avez été critiqué pour avoir pris la décision d'exclure des dizaines de membres du Fath, après quoi vous n'avez pas mis cette décision en application ?


- Nous ne les avons pas exclus : nous avons dit que leur comportement sortait de la déontologie et de la morale du Fath. Autrement dit, qu'ils ne respectaient pas les engagements auxquels sont tenus tous les adhérents du Fath.

Redoutez-vous des divisions au sein du Fath ?

Non. Nous ne redoutons pas une scission, mais le Fath se débarrassera de ses parasites. Ce qui s'est passé peu avant les élections l'a montré : les primaires ont échoué, parce qu'ils ont voulu associer des gens du Fath et des gens qui n'en étaient pas.

C'est pourquoi, après cette expérience, nous voulons voir beaucoup de ces gens quitter le Fath et, ce, d'autant plus que le peuple palestinien a voulu, à travers les élections, le changement et la résistance.

Les gens n'ont pas cru à la résistance telle qu'elle est incarnée par le programme du Fath, c'est pourquoi ils se sont tournés vers le Hamas.

 [1]

Vous avez eu un conflit très dur, avec Abû Mâzin, l'an dernier, n'est-ce pas ?


- Ce n'était pas une bataille, c'était une divergence de points de vue au sujet de notre méthode politique. Nous avons dit et répété que nous étions contre Oslo. Abû Mâzin, Abû al-'Ala' et le frère Abû 'Ammâr [Arafat, ndt] sont les gens d'Oslo et nous, nous avons dit et répété que cet accord ne nous amènerait pas à bon port. Or, l'expérience l'a démontré.

Le frère Abû 'Ammâr a été emprisonné bien que, regrettablement, il ait cautionné Oslo et accepté le règlement que cet accord était censé apporter. Résultat : ils ont emprisonné Arafat, ils ont refusé d'entrer en contact avec lui, ils ont refusé de le reconnaître et ils ont fini par l'assassiner.

Le frère Abû Mâzin est l'otage des Américains. Ce sont eux qui ont fait pression sur Abû 'Ammâr afin qu'il nomme un Premier ministre, puis ils ont spécifié qu'il devait s'agir d'Abû Mâzin, afin qu'ils puissent négocier avec lui.

Le président Bush l'a rencontré à de nombreuses reprises, sur la base qu'il s'agissait de l'homme du règlement politique.

Le résultat, c'est qu'Israël les a trahis et que le président Bush s'est dégagé de toutes les initiatives qu'il avait prises, en particulier la dernière, c'est-à-dire sa "Feuille de Route".

En effet, quand Bush s'est rendu compte, avant les élections américaines, qu'il aurait besoin de Sharon, il lui a envoyé une lettre manuscrite dans laquelle il renonçait à tous les points positifs relatifs au règlement politique : pas de retour chez eux des réfugiés palestiniens ; les frontières de 1949 ne sont pas légitimes, en raison de faits accomplis sur le terrain : les colonies.

Autrement dit, il prônait une reconnaissance des colonies, ajoutant qu'elles correspondaient au droit d'Israël à assurer son autodéfense, comme si nos forces étaient dans les faubourgs de Tel-Aviv.

De la part de Bush, cela revenait à donner à Sharon le feu vert pour assassiner et massacrer.

C'est la manière américaine de se comporter avec les Arabes : les Américains disent quelque chose, qui fait croire qu'il y a un engagement de leur part, après quoi, ils retirent leurs propos…

Cette bataille aurait pu s'appeler "la bataille des ambassades et des ambassadeurs", non ?


- Comme vous le savez sans doute, l'Autorité palestinienne est une institution non-reconnue (internationalement, ndt) et, cela, conformément à l'accord d'Oslo tel qu'ils l'ont fabriqué, qui dit, dans son article 6, que c'est l'OLP qui négocie et qui signe les accords en lieu et place de l'Autorité, par délégation.

Ensuite, vint le frère Abû Mâzin, qui confisqua ce droit à l'OLP, pour le confier à l'Autorité palestinienne, afin de satisfaire à des desiderata étrangers.

Plusieurs pays arabes l'ont approuvé, d'une manière injuste et inique, quand on sait que le ministre des Affaires étrangères de l'Etat palestinien [c'est-à-dire… Fârûq al-Qaddûmî ! ndt] est supérieur, hiérarchiquement, au chef de l'OLP, car il est ministre des Affaires étrangères de l'Etat.

Malgré cela, nous n'avons pas voulu créer de trouble dans le corps diplomatique, d'autant plus que tous les ambassadeurs (de Palestine) ont cohabité durant plus de trente ans avec la direction politique, qu'ils connaissent bien, et que leur fidélité à son endroit est connue…

Certaines nominations sont encore en suspens ?


- En tous les cas, Nâçir al-Qidwa n'assume plus les Affaires étrangères, et ce sera peut-être quelqu'un du Hamas qui le remplacera.

Malheureusement, Nâçir al-Qidwa fut le pire des responsables du Fath dans ses relations avec les ambassadeurs de Palestine…

Le problème était-il politique, ou simplement administratif ?


- Je pense que les mesures qu'il a prises lui avaient été dictées par des instances étrangères, hostiles au peuple palestinien.

Depuis l'annonce du résultat des élections, de nombreuses voix se sont élevées, au sein du Fath, qui exigent que l’on redonne tout son rôle à l'OLP, en tant que seul représentant légitime du peuple palestinien.

Et ces voix essaient de redonner à l'Autorité palestinienne son statut juridique de gestionnaire des affaires palestiniennes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza et, ceci, dans une tentative de contenir l'importance du changement qu'a connu l'arène politique palestinienne depuis la victoire spectaculaire du Hamas…

Abû al-Lutf dit qu'il s'agit là, en l'occurrence, de' "notre position, depuis le début.

Nous avons toujours dit que l'Autorité devait travailler sous la tutelle de l'OLP et sous sa supervision, et nous avons été parmi les tenants du rôle de l'OLP et de ses responsabilités.

De plus, nous sommes les premiers à avoir appelé à préserver ce rôle.

Nous étions convenus, le frère disparu Abû 'Ammâr [Arafat, ndt] et moi-même, tout au long de l'expérience de l'Autorité, c'est-à-dire de l'autodétermination limitée…, nous étions tombés d’accord sur le fait que je continuerais à veiller sur l'OLP, sur le conseil politique et sur les institutions palestiniennes demeurées en-dehors de la Palestine et à examiner de quelle manière nous pourrions modifier la situation, à l'avenir.

Mais le frère martyr Abû 'Ammâr savait que c'était partir à l'aventure, c'est la raison pour laquelle nous devions scinder entre nos activités sur le plan intérieur, et les hostilités sur le plan extérieur. Sur le plan extérieur, ceux qui sont là sont ceux qui sont restés.

Quant au plan interne, c'est l'Autorité palestinienne qui les supervise, alors que c'est la commission politique qui est chargée des questions extérieures, les réfugiés étant gérés par le Conseil national et le Fonds national pour la mobilisation et l'organisation."

Le Hamas restera-t-il en-dehors de l'OLP ?


- Le Hamas sera associé à nous, au sein du prochain Conseil national palestinien [CNP], ainsi que dans la commission du dialogue, au Caire.

C'est le frère Abû al-'Adîb (Salîm al-Za'nûn, président de l'Assemblée nationale) qui a été chargé de l'action et des contacts avec toutes les formations palestiniennes, en vue d'une réunion du Conseil national, le moment venu.

[[Les pressions sur le Hamas vont croissant, afin qu'il reconnaisse Israël et qu'il abandonne la résistance ?…


- La pression se cantonne au Hamas, parce qu'il ne reconnaît pas Israël. Mais cette reconnaissance ne saurait l'empêcher de gouverner, puisque la reconnaissance est réciproque entre l'OLP et le gouvernement israélien et que, juridiquement, Israël ne reconnaît même pas l'Autorité palestinienne…

Et je ne vois nulle part, dans les attendus de l'accord d'Oslo, d'article stipulant que l'Autorité palestinienne doit reconnaître Israël…

Donc, la décision appartient à nos frères du Hamas, de savoir s'ils veulent des négociations, ou plutôt, permettez-moi de vous dire qu'ils veulent que leur action ne soit pas entravée.

C'est à eux de voir…car Israël ne permettra pas à cette Autorité [dirigée désormais par le Hamas] de remplir ses obligations administratives, si elle ne le reconnaît pas, et si Israël ne la reconnaît pas.

Mais, si le Hamas laisse tomber un chapitre quelconque de son programme, les Palestiniens vont se poser des questions et la popularité du Hamas va chuter, dans le peuple ?


- Nous disons que nous sommes encore soumis à une occupation militaire étrangère et que l'exigence que nous reconnaissions Israël est pour le moins étrange, étant donné que c'est Israël qui occupe le territoire palestinien et qui exige que les Palestiniens le reconnaisse.

Nous luttons contre l'occupation israélienne et, par conséquent, si cette occupation prenait fin, nous ne pensons pas que ce combat continuerait à être justifié.

Et si nous recouvrions nos droits, il y aurait des négociations et un dialogue ; nous retournerions dans la légalité internationale, qui a reconnu nos droits, et que l'autre camp a reconnue…

On a pourtant l'impression que le Fath veut pousser le Hamas, de haute lutte, à cette reconnaissance ?


- Nous ne faisons pas de distinguo entre les différentes composantes palestiniennes, car ces composantes, qu'il s'agisse des premières, du point de vue historique [le FPLP et les mouvements contemporains (du Fath)] ou, par la suite, des deux mouvements ( le Hamas et le Jihâd islamique ) qui sont plus récents, ces mouvements se battent à nos côtés contre l'occupation.

Il n'est donc pas question que nous nous opposions à eux, ni que nous les poussions à la compromission dans des concessions inconsidérées à l'ennemi, tant que ces mouvements suivent un cheminement national correct, à savoir la voie de la résistance et de l'unité nationale.

La position favorable au Hamas que vous exprimez-là est-elle motivée par des considérations électoralistes ?


- Non, pas du tout. Au contraire… C'est en effet le Fath qui détermine le projet national, et la réussite du projet national est au service du Fath. Il y a aussi ceux qui refusent la militarisation de l'Intifada : ceux-là s'opposent aux objectifs du Fath, et ils sont en contradiction avec ces objectifs

Mais, pourtant, le Fath pousse bien le Hamas à reconnaître Israël et à mettre un terme à la résistance, non ?


- Vous parlez là de ceux qui croient au règlement d'Oslo et à ses séquelles, règlement et séquelles auxquels nous nous opposons. Oui : nous sommes contre Oslo.

Or il a été prouvé qu'Oslo a échoué. Oslo a eu des conséquences catastrophiques pour notre peuple et pour sa cause nationale, la plus grave étant le fait que l'ennemi ait assiégé, emprisonné et empoisonné le frère martyr Abû 'Ammâr.

En ce qui concerne les négociations qui incombent, je le rappelle, à l'OLP elles sont liées au programme politique quotidien dont l'ordre du jour n'est autre chose que la résistance. S'il doit y avoir un jour des négociations sérieuses, alors nous négocierons, mais sans renoncer, quoi qu'il arrive, à nos armes.

Il est inacceptable d'affirmer que la militarisation de l'Intifada aurait causé son soi-disant "échec". C'est là un slogan inacceptable, tout comme le serait la volonté de nous faire déposer nos armes.

Etes-vous favorable à la participation du Fath au gouvernement (Hamas) ?


- Oui. Participons au gouvernement, dès lors que cette participation contribue à notre projet national. Pourquoi ferions-nous échouer le Hamas, si nous pouvons servir la cause palestinienne, dès lors qu'au Fath, nous n'avons jamais cessé de vouloir réunir tout le monde, autour de nous, dans un même programme politique ?

Est-ce là, de votre part, une invitation à soutenir le gouvernement Hamas, à l'adresse des cadres du Fath ?


- Non. Nous devons attendre de connaître le programme de ce gouvernement et son action politique ; la manière dont il mettra son programme en application…

En ce qui concerne nos frères dans l’administration de l'Autorité palestinienne, leur coopération est nécessaire, en ceci que toutes les questions locales, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, exigent la coopération de tous les partenaires.

Sans cela, comment pourrions-nous venir à bout de l'insécurité, de l'anarchie et de la corruption ?

Chez certains cadres du Fath, dans l'Autorité palestinienne, existe une crainte que le gouvernement Hamas ne les écarte de leurs responsabilités ?


- Je ne pense pas que le Hamas va procéder à la mise à l'écart de qui que ce soit.

Néanmoins, si certains responsables sont accusés de corruption, il faut leur demander des explications et, le cas échéant, les sanctionner conformément à la loi.

Quant aux fonctionnaires intègres et efficients, il faut, bien entendu, les maintenir dans leurs fonctions.

Je vous remercie.

Traduction : Marcel Charbonnier

 


NOTES :

[1] Fârûq al-Qaddûmî, en sa qualité de président de la section politique de l'OLP et aussi de ministre palestinien des Affaires étrangères est en conflit depuis un an avec le président Mahmûd Abbas (Abû Mâzin) au sujet de l'organisation de la diplomatie palestinienne et de la responsabilité de la gestion des ambassades palestiniennes dans le monde entier.

Des décisions et des décisions contraires ont été prises, certaines ambassades et certains ambassadeurs restant dans une situation d'attente.

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