Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Interview de Hassan Balawi, journaliste à la télévision palestinienne

Propos recueillis par Jérôme Hourdeaux, Nouvel OBS

La victoire du Hamas a-t-elle été une surprise pour les Palestiniens autant que pour la communauté internationale ? Comment expliquez-vous ce revers du Fatah ?

- Nous nous attendions à une percée importante, mais à ce point là, oui, ça a été une surprise. Il semblait évident que les Palestiniens allaient retirer leur confiance au Fatah, confronté à de nombreuses difficultés comme l'impasse du processus de paix ou le mur de l'apartheid. Mais personne ne pensait que la Hamas allait devenir la première force politique du pays. Cet échec a plusieurs raisons. Tout d'abord, le Fatah a tout de même 41 ans. Issu d'un mouvement de libération nationale, il s'est transformé en parti politique, une transformation difficile en période d'occupation. En effet, la plupart du temps, un mouvement de libération nationale ne se transforme en parti politique qu'après l'indépendance. Le Fatah, lui, a dû faire face à deux fronts: le front de l'occupation et le front de la création des institutions palestiniennes. Ensuite, il faut avouer que le Fatah a connu la corruption, ainsi qu'une répartition des pouvoirs plus basée sur la loyauté que sur les compétences.

Beaucoup d'erreurs dans les choix stratégiques ont été faites. L'occupation est également une des principales explications de la percée du Hamas. Le Fatah est arrivé au pouvoir avec des slogans et un programme prévoyant, entre autres, la création d'un Etat palestinien indépendant, le retour des réfugiés et des libertés individuelles. Mais aujourd'hui, c'est le contraire que l'on constate: le taux de chômage atteint 60% dans certains zones et le mur avale la terre palestinienne, empêchant la création d'un Etat avec une continuité territoriale. Je pourrais citer beaucoup d'autres raisons, comme l'absence d'alliance et de front commun. N'oublions pas non plus que le Hamas est dans l'opposition depuis 20 ans et qu'il a su mettre en place un tissage populaire très fort. Il a notamment su choisir des candidats populaires. Enfin, l'absence du président Arafat, grand rassembleur, a joué en la défaveur du Fatah.

Pensez-vous qu'un compromis pourra être trouvé entre le Hamas d'un côté, et les Israéliens et les Américains de l'autre ?

- Les interventions américaine et européenne ont été très mal perçues par les Palestiniens. Maintenant, je crois qu'il va y avoir une évolution de chacune des parties, même au Hamas. Du côté israélien par exemple, il était hors de question de discuter. Alors que maintenant, ils y sont prêts, si le Hamas reconnaît l'Etat d'Israël. Les Etats-Unis ont adopté la même position. Les Européens sont quant à eux prêts à discuter si le Hamas s'engage à n'utiliser que des moyens pacifiques. Du côté du Hamas, le président du bureau politique à Damas a fait une déclaration importante, annonçant qu'il agirait "en fonction de tous les accords avec réalisme". Je pense que le Hamas va prouver qu'il est un mouvement pragmatique. Le fait même qu'il ait accepté d'entrer dans la campagne électorale, alors qu'il avait boycotté celle de 1996, est une évolution. Etre dans l'opposition est une chose, être au pouvoir en est une autre. Et le Hamas a déjà enlevé de son programme la phrase appelant à la destruction de l'Etat d'Israël. Sa politisation entraîne sa responsabilisation. Les Etats-Unis quant à eux oscillent entre deux stratégies: l'une prônant un rejet des islamistes partout dans le monde, et une autre plus réaliste cherchant à nouer des contacts avec certains régimes. Or, la Palestine n'est pas isolée de ce qu'il se passe dans la région. Et je pense que Washington n'a aucun intérêt à provoquer un rapprochement de la Palestine avec l'Iran.

Quelles seront les grandes conséquences de l'arrivée au pouvoir du Hamas sur la vie quotidienne des Palestiniens ?

- C'est une grande inquiétude, notamment pour les femmes, les intellectuels et les étudiants, qui ont peur que le voile ne devienne obligatoire ou que le cinéma et le théâtre ne soient censurés. Mais je suis sûr que le Hamas est beaucoup plus intelligent que ça. Le contrôle du pouvoir est un expérience nouvelle pour eux. Ils apprennent et ils vont surtout dans un premier temps essayer de donner une autre image d'eux, suivant ainsi les exemples turc et malaisien. Les Palestiniens ont également l'habitude de résister à toute forme d'oppression. En étant entouré de pays dont beaucoup sont alliés de l'Occident, je ne pense pas que le Hamas prendra le risque de s'attaquer tout de suite à ces aspects. Ils n'oseront pas installer immédiatement un Etat islamique à 100%. Mais le danger est réel, et je ne veux pas le minimiser. Ce qui est nouveau, c'est l'affrontement institutionnel qui se profile: le Hamas contrôle le conseil législatif tandis que le président est du Fatah, qui contrôle également les services de sécurité. Il faut cependant souligner que tout le monde respecte les urnes et la démocratie. Selon moi, cette montée du Hamas est une réponse naturelle de la fermeture de l'Etat israélien et à l'indécision de la communauté internationale: plus d'occupation signifie plus d'intégrisme. Ces élections montrent la nécessite d'intervenir concrètement pour mettre fin à l'occupation. Israël a depuis des années un gouvernement de droite, voire d'extrême-droite, et la victoire du Hamas en est le pendant. Le problème c'est que cela risque de renforcer encore plus la droite israélienne et sa vision unilatérale. Et je crains que nous ne soyons pas les seuls à en payer le prix.

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