Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Interview du Président de la GUPS France sur les élections palestiniennes

Propos recueillis par Solène Cordier

La victoire annoncée du Hamas aux élections législatives traduit-elle une radicalisation de l'opinion palestinienne?

- Je ne le pense pas. Le Hamas n'a pas recueilli tant de voix parce que c'est un parti islamique ou en raison de ses déclarations sur la non-reconnaissance de l'Etat d'Israël. Il existe deux raisons à cette victoire. Tout d'abord, l'aspect social du Hamas: c'est un parti qui est présent sur le terrain, qui aide les Palestiniens et qui a auprès d'eux une image d'intégrité. La deuxième raison est le véritable ras-le-bol ressenti par les Palestiniens devant ce processus de paix qui traîne et qui n'aboutit à rien. Nous n'arrivons pas à voir le bout du tunnel. Mais il n'y a pas d'inquiétudes à avoir sur une potentielle radicalisation, l'opinion palestinienne est plurielle et l'arrivée du Hamas au pouvoir aura probablement un effet modérateur sur ce parti. Par contre, ces résultats devraient amener chacun à assumer sa part de responsabilités, et le rôle joué par les Etats-Unis et Sharon n'est pas pour rien dans cette victoire du Hamas, qui est le fruit d'une politique israélienne unilatérale.

Le Fatah doit aussi se remettre en question, il n'a pas montré un front uni, de nombreuses divisions internes traversent ce parti, dont le conflit générationnel n'est qu'un aspect. Au contraire du Hamas qui a su présenter une image de groupe, le Fatah n'a pas montré une image cohérente. C'est un parti qui a toujours été au pouvoir, et il a donc un gros effort à faire aujourd'hui. De plus, la politique conduite par Mahmoud Abbas en un an n'a pas porté ses fruits. Après avoir isolé Arafat, président élu du peuple palestinien, les Israéliens, soutenus par les Etats-Unis, ont décrédibilisé Abbas. La trêve qu'il a réussie à conclure n'a permis ni de retourner à la table des négociations pour résoudre les questions de statut final, ni d'améliorer la vie des Palestiniens. Le monde n'a rien fait pour l'aider à réussir son pari.

Quelles conséquences cette victoire va-t-elle entraîner au niveau de la politique intérieure palestinienne?

- Cette question est très difficile car nous n'avions pas envisagé un tel scénario. On ne sait pas à l'heure actuelle si un gouvernement de coalition va être formé. Si l'on envisage néanmoins cette hypothèse, on peut imaginer une certaine continuité dans la politique palestinienne. Par contre, dans l'hypothèse où le Hamas gouverne seul, on se trouverait dans une situation tout à fait inédite et donc imprévisible aujourd'hui. Mais nous n'avons aucune visibilité sur cette question à l'heure actuelle.

Suite aux réactions d'Israël et des Etats-Unis indiquant une possible rupture du processus de paix, quelle peut être la nouvelle donne internationale si un gouvernement de coalition est formé?

- Quel processus de paix ? C'est le mur, les colonies, les barrages qui ont rompu ce processus. Et puis nous sommes en démocratie. Les élections présidentielles et législatives de 1996 en Palestine, initiée par Yasser Arafat qui a été le premier président élu démocratiquement par le peuple palestinien, s'inscrivaient déjà dans cette tradition. Il ne revient donc pas aux Etats-Unis et à Israël de déterminer qui doit être le partenaire palestinien. Nous n'avons pas choisi d'avoir en face un gouvernement comme celui d'Ariel Sharon. Ensuite, il existe un double langage sur les groupes armés car le Hamas n'était pas le seul parti en lice qui dispose de factions. Et puis il ne faut pas inverser le processus ; il ne peut y avoir de démilitarisation sans processus politique véritable, c'est d'abord l'occupation qui doit cesser pour permettre par la suite l'abandon des armes. Il est impossible de priver les Palestiniens de leur seule capacité de résistance actuelle sans engager de vraies négociations. Il faut rappeler d'ailleurs que le Hamas a respecté la trêve imposée par les négociations en cours, mais étant donné que la feuille de route qui prévoit à terme la création d'un état palestinien a été abandonnée, on a laissé passer une chance de sortir de ce conflit, et ce à cause de la position unilatérale de Sharon appuyée par les Etats-Unis et finalement acceptée par le reste du monde. Or nous sommes dans une région du monde où les chances se font rares…

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