Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Israël emprisonne les enfants Palestiniens et le monde se tait.

par Silvia Cattori, 6 avril 2005

Hier soir en rentrant chez moi j'ai trouvé ce message de Fayrouz : « Mon frère Mahmood a été arrêté avec un autre garçon de Balata ». J'en ai eu le coeur brisé.

Mahmood Abboudra est le quatrième enfant de Leila. Il a à peine quatorze ans. Je connais cette famille à laquelle je dois de m'avoir accueillie en décembre 2002 le jour où j'ai aperçu des soldats israéliens en position de tir et, me sentant en danger, j'ai frappé à leur porte.

Auprès de cette famille palestinienne si spontanément généreuse, j'ai trouvé le plus tendre et chaleureux des refuges. Nous dormions tous dans une seule pièce, sur des matelas alignés côte à côte et restions de longues heures, suspendus à écouter les tirs, les bruits de bottes, les cris des mères à qui on enlevait un fils, un mari, dans l'angoisse que les soldats fassent sauter la serrure, abattent la mince paroi, selon la méthode qui leur est si habituelle « houses to houses », et ne viennent interrompre brutalement cette petite intimité apeurée qui nous attachait de manière si intense les uns aux autres. Les enfants me racontaient leur triste vécu en riant nerveusement : comment les soldats israéliens avaient assassiné leur père devant leur porte, comment une année plus tôt les soldats israéliens étaient arrivés avec tanks et bulldozer pour détruire leur maison et tout ce qu'ils possédaient, sans aucune justification. Et comment ils se sont retrouvés jetés à la rue sans un crayon ni rien. Mahmood savait reconnaître les bruits des balles et nous dire avec précision avec quelles armes les soldats venaient de tirer, dans quelle maisons ils se trouvaient, etc. Il disait ne pas avoir peur alors que nous tremblions sous les couvertures. En 2004 j'ai appris que Mohammed, l'aîné, âgé de 17 ans, avait été arrêté sans raison. Il est détenu, depuis, à la prison israélienne de Megiddio.

Fayrouz, la soeur de Mahmood - que j'ai jointe par téléphone - m'a raconté quel choc ce fut, hier, pour toute sa famille quand, alors qu'ils regardaient la télévision Al Arabya, ils ont vu sur l'écran Mahmood emmené par des soldats, brutalisé, apeuré en même temps qu'un autre garçon de Balata. «Quand Omar, le petit frère a aperçu Mahmood entre les mains des soldats il s'est mis à crier, à se taper la tête contre le mur, puis à courir dans les rues. Il est devenu fou. Il nous inquiète, ma mère qui tient à peine debout veut l'amener à l'hôpital ».

Il y a tout à craindre que Mahmood, l'enfant que j'ai connu si tendre et enjoué, ne soit pas rendu avant longtemps à la tendresse de sa famille et ne sorte pas indemne des geôles israéliennes.

Voilà ce qu'est le quotidien d'une famille palestinienne en ces territoires où est venue se greffer par malheur et de manière tout à fait illégale la prétendue « seule démocratie du Moyen-Orient » : une confrontation permanente à l'arbitraire et à la violence.

Comment nos élus peuvent-ils tolérer cela et continuer de laisser Israël impuni ?

Pourquoi le monde continue-t-il à se taire ?

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