Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Israël mord la main qui le nourrit

Le rejet par Israël d’une nouvelle initiative diplomatique par la France était sans surprise, et l’excuse invoquée fragile.

« Israël a comme position que la meilleure façon de résoudre le conflit entre Israël et les Palestiniens, c’est des négociations bilatérales directes », a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Cependant, l’initiative française ne fait pas obstacle à des négociations bilatérales directes.

Ce qui est fait est de proposer une conférence initiale le 30 mai, qui censément devrait inclure quelques 30 pays et organisations internationales. Voilà le problème : Israël ne veut pas d’une quelconque médiation, sauf s’il s’agit des États-Unis, parce qu’il sait que Washington - son allié le plus proche et le plus puissant - ne sera jamais un véritable et honnête négociateur.

Sous les auspices des États-Unis, Israël peut agir comme il l’entend comme fauteur de guerre envers les Palestiniens, car il n’y aura pas de conséquences. Le plus que l’on puisse attendre est une critique verbale relativement molle, formulée en termes d’avoir l’intérêt d’Israël au cœur. En fin de compte, c’est cela la médiation des États-Unis : un résultat qui profite surtout à son allié.

« Frustration écrasante »

Prenez pour exemple l’expression du vice-président américain Joe Biden le mois dernier, qui parlait de « frustration écrasante » avec Israël, et critiquait « l’expansion systématique régulière » des colonies juives sur la terre palestinienne.

Il n’a pas dit que cela était moralement répréhensible et une violation du droit international, ni n’a évoqué de souci pour les Palestiniens. Il disait que le projet colonial d’Israël conduisait à « une réalité à seul État, et que cette réalité est dangereuse ». Dangereuse pour la suprématie démographique juive d’Israël, bien sûr.

Des critiques ouvertes sont quelque chose de relativement inhabituelle de la part des administrations des États-Unis, et certainement il y a eu des tensions entre Netanyahu et le président américain Barack Obama. Toutefois, cela n’a guère de signification, car tout se passe comme à l’habitude, peu importe ce qu’Israël fait et dit.

Un exemple... Juste une semaine après la critique de M. Biden, un responsable de la Maison Blanche a déclaré que l’administration Obama était prête à offrir à Israël « le plus grand engagement d’assistance militaire à un pays dans l’histoire des États-Unis ».

Si Israël est si généreusement récompensé pour mal se comporter, quel intérêt a-t-il à se comporter autrement ?

Cela est particulièrement vrai des cycles électoraux américains lorsque les candidats présidentiels tombent sous la nécessité de professer leur fidélité à Israël. Que le prochain président soit Hillary Clinton ou Donald Trump, les deux seront encore plus fermement et ouvertement pro-Israël que Obama l’a été. Donc Israël n’a qu’à simplement patienter un peu jusqu’à ce qu’Obama quitte le bureau présidentiel d’ici quelques mois.

Certains font valoir que, parce que Trump n’est pas redevable aux donateurs pro-israéliens de la même façon que l’est Clinton, il peut être plus indépendant sur la question.

Même si tel est le cas, son « Amérique d’abord » en politique étrangère - qui est largement considéré comme isolationniste - bénéficiera à Israël dans le sens où celui-ci serait laissé complètement à lui-même pour traiter les Palestiniens comme il le souhaite.

Ceci est le meilleur scénario israélien en raison du déséquilibre écrasant des forces entre les deux parties sur le terrain et à la table de négociation, et parce que ses tactiques ne seront pas soumises à un examen extérieur.

Des conférences qui sont des comédies

Compte tenu de tout ce qui précède, des initiatives telles que celles de la France sont des comédies que Israël peut rejeter ou ignorer à volonté. La réaction de Netanyahu peut même entraîner l’annulation du prochain sommet à Paris. Et en imaginant que cette conférence ait lieu, elle sera dénuée de sens car elle n’aura aucune répercussion sur Israël, que ce soit en réplique à son rejet de l’initiative ou pour son oppression sur les Palestiniens.

Toute initiative non proposée par les États-Unis subira le même sort, parce qu’Israël n’a pas à se soucier de faire semblant d’y participer.

Rappelez-vous le Quartet, incluant les Nations Unies, les États-Unis, l’Union Européenne et la Russie ? Il existe toujours officiellement mais il n’a rien obtenu depuis sa création en 2002, car aucune pression n’a été appliquée sur Israël pour qu’il prendre tout cela au sérieux.

En tant que tel, le Quatuor est abandonné à sa propre insignifiance. De même que les Nations Unies, qui devraient être au centre d’une solution au conflit, mais ont été reléguées au statut de simple membre du Quartet... Ses nombreuses résolutions du Conseil de sécurité qu’Israël viole systématiquement ne font que ramasser la poussière, et les autres résolutions sont bloquées par le pouvoir de veto des États-Unis.

Des négociations directes

Netanyahu insiste sur des négociations directes avec l’Autorité palestinienne (AP), mais à moment où son gouvernement est rempli de membres et de partis qui s’opposent un État palestinien. Et il a lui-même promis lors de sa dernière campagne électorale que cela ne se produira pas sous son mandat.

Mais dans ce qui est un stratagème de relations publiques, il exprime son désir de paix et agite la notion d’un État palestinien, tout en présentant une liste croissante de conditions rendent cet État quasi impossible. Et il évacue d’un revers de la main la condition légitime de l’Autorité palestinienne qu’Israël arrête l’expansion de ses colonies.

Pendant ce temps, Israël rejette toutes les formes de résistance (armée et pacifique) à son occupation et à la colonisation de la Palestine, qui aura bientôt 80 ans. L’occupation militaire la plus longue dans l’histoire moderne....

Le seul scénario qu’il prenne en considération est la soumission totale des Palestiniens, leur assujettissement. Pour Israël, le « processus de paix » est plutôt un processus « au détriment » de la paix, et ce qu’il cherche n’est pas la paix mais la pacification.

C’est simplement un moyen pour Israël de gagner du temps et de couvrir son enracinement de l’occupation jusqu’à ce que celle-ci soit acceptée comme un fait accompli irréversible - un point que de plus en plus de gens voient déjà comme atteint.

Prenez la déclaration de Netanyahu le mois dernier, que « le temps est venu après 40 ans pour la communauté internationale de reconnaître enfin que le plateau du Golan [la Syrie] restera à jamais » dans les mains des Israéliens. Quel que soit le résultat des pourparlers de paix, a-t-il ajouté, « la frontière ne changera pas ». Quelle perspective y a-t-il pour de tels entretiens étant donné cette position ?

Les responsables israéliens condamnent toute mention d’une solution à un seul État avec les Palestiniens par ceux qui défendent cette notion, ou la réalité d’un seul État pour ceux qui la craignent. L’ironie, cependant, est que Israël lui-même est en train de garantir le résultat qu’il rejette avec tant de véhémence.

* Sharif Hikmat Nashashibi est président et cofondateur de Arab Media Watch, organisme de surveillance indépendant, créé en 2000 pour inciter à des couvertures plus objectives des questions arabes dans les médias britanniques.

Vous pouvez consulter cet article

Traduction : Info-Palestine - Lotfallah

Rubriques: