Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Journal d'Hannah depuis le Centre de Détention n° 3 d'Hadera

"Liens fragiles"

A l'ISM, nous parlons beaucoup des privileges. Nous reconnaissons que nous pouvons faire beaucoup de choses que les Palestiniens ne peuvent pas sans risquer de passer des années en prison. Je ressens également ce privilège ici, en raison de mon passeport britannique et de l'aide que m'a apportée l'Ambassade britannique.

Hier, mes amis internationaux ont eu le privilege d'assister aux funérailles d'Arafat, contrairement aux Palestiniens vivant à l'extérieur de Ramallah qui sont confinés dans leurs villes et leurs villages, et ce, depuis si longtemps

Une gardienne de prison israélienne me parle de la paix et des difficultés qu'elle a dans sa vie en tant qu'Israélienne; les autobus, la suspicion -ne pas vouloir suspecter mais se sentir une responsabilité. Elle refuse de croire qu'un soldat tirerait délibérément sur un enfant. Elle dit que des enfants sont utilisés par le Hamas pour porter des explosifs et pour surveiller les zones au-delà des lignes de front. Je suggère que les zones de " lignes de front " sont là où vivent les enfants.

Je veux également croire qu'un soldat ne tirerait pas délibérément sur un enfant. J'ai regardé dans les yeux de nombreux soldats et je n'ai pas vu une machine ou un animal. Mais j'ai vu beaucoup d'enfants blessés ou tués par des snipers israéliens alors qu'ils traversaient la route ou qu'ils rentraient de l'école.

La réponse doit se trouver quelque part dans cet espace. La réponse doit se situer dans l'occupation et la brutalité qui est inhérente. Pour occuper un peuple, vous devez le déshumaniser.

Ce ne sont pas des communautés ou des familles d'écoliers.

Ils sont l'ennemi.

Peut-être que dans la fraction de seconde avant de tirer sur la détente pour lequel vous êtes formés à voir une menace, une cible, vous ne voyez pas une respiration, un être vivant. Vous tirez donc sur la détente et la menace est partie. Votre corps, plein de l'adrénaline ne traite pas ce qui vient de se produire. Votre adrénaline vous protège de l'acte, de votre conscience.

C'est un crime clairement évident de l'occupation. Mais, je crains que ce que nous ne voyons pas, c'est que cela a un impact beaucoup plus large et préjudiciable.

Je suis en train de lire un beau roman de Siri Hustzedt sur le rapport fragile entre un parent et un enfant.

La première fois que je suis venue en Palestine, il s'agissait de quelque chose auquel j'avais pensé depuis longtemps et un ISMer m'a rappelé récemment pour la première fois que ce qu'il serait le plus difficile pour lui, ce serait d'être témoin, en tant que père lui-même, de l'humiliation rituel des pères devant leurs enfants aux points de contrôle, pendant les incursions, quand tous les hommes adultes sont rassemblés pour l'"inspection" et pendant les occupations de maisons quand des familles sont enfermées dans une chambre pendant des heures ou des jours alors que les soldats israéliens utilisent leur maison comme base provisoire, la dégradant souvent avant de partir.

Je pense à mes propres parents qui sont farouchement protecteurs de leurs trois enfants et mon estomac se serre quand je pense à eux s'ils étaient maltraités devant nous.

Comment l'unité d'une famille traditionnelle, le ciment de la société palestinienne peut-il survivre à ce type d'attaque ?

Je suppose que cela fait partie de l'ensemble de la stratégie de l'occupation - - lacérer le tissu même de la société et il tombera ensuite de lui-même en morceaux.

Comme beaucoup de Palestiniens, mon respect pour Arafat ne m'a pas aveuglé sur ces imperfections en tant que chef d'un gouvernement corrompu, comme tant de gouvernements dans le monde. Les gens ont besoin de héros, de visages de père et de symboles de la résistance.

Je pense qu'à son enterrement, je n'aurais pas pleuré pour lui, mais pour le peuple qu'il laisse.

Alors que le monde entier se souvient de lui, son peuple reste oublié.

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