Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

L'occupation pille et tue

Par Ali Samoudi, journaliste à Jénine

Toura al-Gharbiya, l'occupation confisque des terres et arraches les arbres

Des campagnes de confiscation et de pillage Il ne reste que 170 dunums de terres du village

170 dunums, c'est tout ce qui reste des terres du village Toura al-gharbiya après la proclamation de la nouvelle décision israélienne de confisquer et de piller encore plus de terres, situées sur les limites de la ligne verte entre Jénine et les terres de 48.

La décision est un choc, une fois de plus, pour les habitants du village dont les terres sont menacées, dès l'occupation israélienne en 1967, de confiscation et de pillage, comme le dit Ahmad Qubbaha, membre du conseil villageois de Toura, qui a décrit la décision d'injuste et de dangereuse, car elle vise à supprimer l'existence même du village et d'expulser sa population, en la privant de ses terres, considérées comme la source principale de ses revenus, surtout depuis le siège imposé par les forces del'ocucpation et la construction du mur qui a annexé de larges superficies des terres du village.


- Distribution de prospectus

Les villageois de Toura ont été surpris, alors qu'ils se rendaient à leurs terres, par la présence, sous les oliviers, d'un grand nombre de prospectus, écrites en langue arabe, comme l'affirme Abdallah Abu Jabr, signés du "commandement des forces de l'armée de défense israélienne dans la région centre", demandant à la population de ne pas entrer sur leurs terres que les prospectus ont délimités, à cause de la décision de l'occupation de les confisquer pour des prétextes militaires. Le texte des prospectus précise que la décision a été prise pour empêcher les opérations "terroristes". Abu Jabr dit : cette décision a été pour nous un grand choc, pour moi et les autres agriculteurs, surtout qu'elle intervient après la confiscation par l'occupant de larges superficies de nos terres agricoles. La réalité est devenue noire, pour nous, et je déchire ce prospectus qui confirme que l'occupant veut absolument nous affamer et nous étrangler, nous priver de nos ressources. La terre est visée alors qu'elle représente le nerf de la vie des agriculteurs à Toura.

Qubbaha affirme que les prospectus distribués par l'occupant et les indications qu'ils renferment à propos de la zone visée précisent que la superficie de la terre visée est environ 300 dunums. Ainsi, ajoute-t-il "la superficie de nos terres confisquées pour la construction de la barrière électronique, plus de 2500 dunums, en majorité des pâturages verts, ou des terres cultivées d'oliviers, qui représentent le revenu principal pour des dizaines de familles. Toutes ces terres sont palestiniennes, les propriétaires ont les documents pour le prouver, ces documents existent depuis des centaines d'années.

Ces nouveaux développements interviennent, selon la population de Toura, après la visite surprise de l'officier de l'"administration civile israélienne" à leurs terres, situées derrière la barrière électronique, que les forces de l'occupation permettent aux agriculteurs de franchir, munis de laisser-passer. C'est après sa visite que "nous avons trouvé ces prospectus sous les oliviers", dit Qubbaha, "où ils nous expliquent que nos terres vont être confisquées". Les habitants de Toura ont décidé de refuser cette décision injuste qui touche plus de 25 agriculteurs dont la principale ressource est cette terre. Tareq Tawfiq Qubbaha dit : "ils veulent notre mort, ils veulent que nous soyons morts-vivants, ils nous font la guerre sur notre bouchée de pain, sur celle de nos enfants. Où est-ce que nous irons ? Comment vivrons-nous ? Non, nous allons résister et affronter cette décision, quel que soit le prix". Naser Fares Qubbaha dit : "l'occupation nous impose le blocus et nous prive de tout travail.

Aujourd'hui, il vise notre terre. C'est une grande injustice. En quelques lignes, l'occupant met la main sur nos terres, il nous en prive, et le fait d'y entrer devient un acte illégal et une violation de la loi. C'est un crime, un grand crime contre tout individu de ce village que l'occupant veut transformer en une grande prison." Parmi les agriculteurs touchés par ces mesures de confiscation : Jabr Abdallah Abu Hatab, Tareq Tawfiq Qubbaha, Naser Fares Mas'oud Qubbaha, Ibrahim Khalil Qubbaha, Rafiq Salim Qubbaha, Muhammad Mas'oud Qubbaha, Abdel Latif Qubbaha, Nazmi Muhammad Quabaha.

Rafq Salim Qubbaha dit que tous les propritétaires de la terres ne répondront pas aux injonctions de l'occupant, "nous n'acceptons pas la confiscation ni le pillage de nos terres, nous ne voulons pas des compensations. Nous avons décidé, pour cela, des mesures pratiques pour sauver notre vie et celle de nos enfants, et la terre, qui est le symbole de notre présence, quelles que soient les mesures hostiles à nous et la terreur exercée, nous n'abandonnerons pas notre terre, nous refuserons toutes les compensations".

Nazmi Muhammad Qubbaha a déclaré que la population a commencé par contacter les parties concernées, pour faire face à cette décision, par tous les moyens. Nous avons contacté le préfet de Jénine, le comité national de résistance au mur, nous allons porter plainte devant les tribunaux israéliens, nous allons faire annuler la décision. Nous avons également porter plainte à la partie palestinienne dans le comité de liaison civile, car cette nouvelle mesure injuste est une nouvelle violation de nos droits. C'est un nouveau coup porté à la population du village qui a déjà perdu la majeure partie de ses terres dès le début de l'occupation israélienne.

Les craintes des villageois vont encore plus loin. Pour eux, Israël vise à rayer tout le village de la carte, car ses terres sont proches de la ligne verte. En confisquant ajourd'hui la terre sous divers prétextes, c'est la présence du village lui-même qui semble menacé.

Malgré les laisser-passer, les agressions israéliennes se poursuivent contre les agriculteurs qui essaient d'aller cultiver leurs terres, surtout pour ceux dont les terres sont proches de la barrière électronique. L'armée d'occupation est toujours dans cette zone, elle arrête et frappe les agriculteurs et ces actes, pour les habitants, ne sont pas moins dangereux que la confiscation des terres car ils visent à encercler la population et l'empêcher de vivre normalement.

C'est pour cela qu'il y a urgence à agir. Les agriculteurs menacés mais aussi la population du village. Contre l'ultimatum lancé par les forces d'occupation, la population s'organise pour résister. Rappelons que sur les 3000 dunums possédés par ce village en 1967, il n'en reste plus que 170 aujourd'hui.


- Camp de Jénine : la tragédie palestinienne, à travers de l'histoire de Raed Qar'awi,tombé martyr avant d'avoir réalisé le rêve de sa vie, voir son premier enfant.

"Quelle est la faute de mon enfant pour qu'il naisse sans père ? Quel crime a commis mon mari pour perdre la vie, pour que nous en soyons privés, pour qu'il soit privé de la réalisation du rêve que nous avons toujours attendu ? Comment allons-nous vivre sans lui ? Quelle joie pouvons-nous ressentir, même après la naissance de mon fils, alors que son père est parti à tout jamais ?"

C'est par ces termes que commence Abir Yaqub Qar'awi son entretien, après le décès de mon jeune mari, Raed Salim Qar'awi, 29 ans, sous les balles des unités spéciales israéliennes, alors qu'elle était enceinte de 8 mois.

Malgré le temps passé, les images de l'assassinat commis par une unité spéciale israélienne défilent encore devant ses yeux et devant les yeux de toute la famille, et notamment son jeune frère Ahmad, qui l'a vu, à quelques mètres, saigner, mais les forces de l'occupation l'ont empêché de s'en approcher et de lui sauver la vie. Ahmad rapporte que la scène est épouvantable, "je n'aurai jamais pu l'imaginer, mon frère a été assassiné de sang-froid, sans raison, et les ambulances ont été empêchées de s'approcher de lui, pendant une heure." Il raconte : "Raed se trouvait à la fenêtre, interpellant un des jeunes de la famille allé lui acheter des cigarettes. D'un coup, nous avons entendu des coups de feu, nous avons vu Raed entrer dans la maison, et malgré sa blessure, il ne s'est pas arrêté. A ce moment, nous ne savions pas qu'il avait été touché, les balles survolaient nos têtes, de façon continue."

Des témoins affirment qu'une unité spéciale israélienne, masquée par des vêtements civils, a utilisée une voiture portant une plaque numérologique palestinienne, pour entrer dans le quartier Sabah el-kheyr, puis a encerclé la maison Abu Tabikh. La population raconte que la voiture s'est arrêtée, que des hommes en sont sortis, qu'ils ont tiré vers la maison, sans aucune raison. Raed était debout, et les coups de feu se sont poursuivis pendant longtemps. Il y a une panique dans le quartier, et surtout dans la maison visée, les enfants, les membres de la famille ainsi que les visiteurs se sont aplatis par terre. Les cris des enfants se sont élevés, se mêlant aux tirs. "Parmi nous, se trouvait quelqu'un qui parlait hébreu. Il a crié : arrêtez vos tirs, il y a des femmes et des enfants, nous sommes des civils. Mais les coups de feu se sont poursuivis jusqu'à l'arrivée d'une force militaire importante.

"Un quart d'heure plus tard, dans la panique la plus totale, où nous sommes morts plusieurs fois", dit Ahmad, "ne pouvant imaginer que quelqu'un s'en sortirait, les tirs se sont arrêtés, et ils nous ont demandé de sortir tous, les bras levés. Nous sommes sortis, avec les enfants, les vieillards, les femmes. Ils nous ont regroupés au portail de la maison, et les soldats ont commencé à nous questionner sur les personnes encore présentes à l'intérieur. Nous leur avons fait savoir qu'il n'y avait plus personne, excepté Raed dont nous ignorons le sort. Ils sont entrés, les armes en avant, et après un moment, ils sont revenus, et nous les avons vus tirer Raed au sol."

"J'ai vécu les pires moments de ma vie. Je voyais mon frère être tiré, par les soldats, j'ai essayé de bouger, d'aller leur demander ce qui arrivait, mais ils ont pointé leurs armes sur ma tête, m'ont interdit de m'approcher, et lorsque je demandais à l'un d'eux de m'expliquer, il ma répondu, en colère : ne dis rien, cela ne te regarde pas.

J'étouffais, mon frère est devant moi, en sang, je ne pouvais l'aider, il n'y avait personne pour l'aider, l'ambulance israélienne était à quelques mètres seulement. Un secouriste du Croissant Rouge Palestinien a expliqué plus tard que les ambulances de Croissant Rouge se sont dirigées vers le lieu de l'assassinat, pour transporter un blessé dont ils ignoraient l'identité, mais les forces de l'occupation les ont empêchés d'avancer, pour plus d'une heure.

Lorsque l'hôpital du martyr Khalil Sulayman a reçu le corps, il a annoncé le décès du jeune Raed Qar'awi, touché par une balle au dos et du fait d'une vive hémorragie.

Après l'assassinat, les forces de l'occupation se retirent de la région, après avoir arrêté plusieurs jeunes dont il s'est avéré plus tard qu'ils n'étaient même pas recherchés. Il en était de même du martyr. Son épouse a rejeté les allégations israéliennes selon lesquelles il faisait partie des Brigades al-Aqsa. Elle a déclaré : "Il était quelqu'un d'ordinaire, il était employé à la Banque arabe, n'avait aucune activité politique. S'il avait été recherché, nous ne l'aurions pas nié, mais il a été tué sans aucune raison.

Dire qu'il était recherché n'est qu'un mensonge israélien pour mystifier l'opinion publique. Le monde doit savoir que l'assassinat de mon mari est dû au fait qu'il est palestinien. Ils l'ont tué, ils ont tué son rêve et ont détruit notre vie, à tout jamais.

Les Brigades d'Al-Aqsa ont également nié que le martyr ait fait partie de leurs rangs, affirmant que les Brigades n'ont aucune relation avec le citoyen martyr dont l'assassinat représente un exemple de la grave menace que fait peser l'occupation pour tout notre peuple.

Au milieu de ses blessures, avec la naissance du petit, Abir se demande encore quelle est cette loi qui autorise que l'événement le plus beau, tant attendu par l'être humain, devienne une occasion pour souffrir et se lamenter ? L'occupation avait déjà privé le martyr Raed Qar'awî de sa mère, Saada, lors de la première intifada, tuée elle aussi par les forces israéliennes. Leur maison avait été détruite en avril 2002 lors de la bataille du camp de Jénine.

Abir réclame actuellement une enquête sur l'assassinat de son mari, elle réclame que les responsables soient jugés et punis.