Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

L'ogre Homesh, cauchemar du village de Barqa

Histoires de la colonisation

Pour les "beaux yeux de Homesh" Iyad Abu Umar du village de Barqa, près de Naplouse, a été arrêté sept fois par l'armée israélienne et a été déporté une fois hors de son pays.

Homesh est une colonie sioniste, de sinistre réputation. Il est prévu de la faire évacuer dans le cadre des évacuations partielles de colonies au nord de la Cisjordanie. En trente ans, Homesh a été l'ogre qui dépeçait le corps du village de Barqa, au nord de Naplouse, en Cisjordanie.

 

Abu Umar n'est pas le seul à avoir passé une partie de sa vie dans les prisons israéliennes pour que Homesh puisse vivre, elle et d'autres colonies, en toute tranquillité. Certains ont été condamnés à la perpétuité 16 fois, d'autres 15 fois.

Muhannad Hajja, 40 ans, qui est sorti de prison il y a six mois, se demande : "Pourquoi l'occupation nous arrête ?" le malheur de notre village ne vient-il pas de Homesh et de ses colons ? Il poursuit, "j'ai été arrêté 11 fois.. Si les colons s'en vont, nous vivrons tranquilles et en sécurité".

Selon les déclarations israéliennes, il est prévu que quatre colonies soient évacuées au nord de la Cisjordanie : Homesh, Kadim, Ganim, Sanour.

Si cela se réalise, les villageois de Barqa se lèveront un jour, sans sentir la menace de l'ogre sur leur coeur. Les maisons de cette colonie ne sont pas très éloignées des limites de Barqa, elles sont à un jet de pierre des maisons du village, c'est la colonie qui surplombe le village de Sila Dhahr dans la province de Jénine, et qui rend leur vie insupportable.

En réalité, les villageois de Barqa, paisibles, ont payé le prix fort à cause de la présence de cette colonie, comme une taxe imposée par l'occupant sur tout individu qui habite le village, dont les terres ont été volées au profit de la colonie.

Abu Umar, se mémorant son histoire avec cette colonie, dit : j'ai été arrêté sept fois, j'ai été déporté de ma patrie, par la faute de l'occupation et de Homesh. La première fois, j'ai été arrêté en juillet 1988, au cours de la première intifada, la dernière fois ce fut au cours de l'an 1996, et entre les deux, j'ai été déporté une fois et arrêté plusieurs fois.

"Pour que Homesh puisse vivre, nous avons payé par notre vie et nos années, il y a ceux qui sont tombés martyrs, et ceux qui ont été arrêté, et tous, nous avons souffert".

Les habitants du village expliquent que la première chose faite par les colons lorsqu'ils se sont installés c'est de dominer le village dénommé Jabal Dhahr, qui se trouve à proximité du village, du côté nord.

Cette montagne était cultivée d'arbres fruitiers. En ce sinistre jour, le premier jour de la construction de la colonie, un vieillard juché sur son âne se dirigeait vers la montagne pour travailler sa terre. Un groupe de soldats sionistes lui font face et lui disent : c'est le dernier jour où tu viens ici... Va, retourne au village".

Ce vieillard, c'est Saleh Haja, âgé maintenant de 85 ans. Il est resté témoin des années noires de la colonisation sioniste, qui a détruit tout espoir de vivre dans la tranquillité et la paix dans ce village. "Notre histoire avec Homesh a commencé en 1982, lorsque les premiers colons ont commencé à poser les pierres sur nos terres" dit Abu Umar, "ensuite, ce furent les opérations de pillage et de vol de nos terres". "A chaque fois que la colonie s'étendait, notre vie devenait plus étroite, jusqu'à ce que le tiers des terres de notre village soit confisqué pour Homesh et les autres colonies qui sont construites à proximité". "Notre malheur, c'est l'occupation et la colonisation. Au cours de la première intifada, les colons ont attaqué à plusieurs reprises nos maisons, surtout celles qui sont près de la rue principale".

L'occupation a fermé la route Naplouse-Jénine, qui passait par le village de Barqa, pendant quatre ans, de 2000 à 2004, afin que les colons puissent en profiter à leur aise, sans que quelqu'un les opportune. Mais pour les gens du village, ce fut l'enfer et la ruine économique. Un villageois de Barqa témoigne : nous avons vécu toutes ces années, Homesh nous écrasant la poitrine, avec la peur, l'amertume, la souffrance.

Abu Umar indique qu'en décembre 2002, les autorités de l'occupation ont émis un ordre de confiscation de larges superficies de terres sous le prétexte de construire une route entourant la colonie, mais les villageois ont été surpris lorsqu'ils ont réalisé que la route avait 10 mètres de large et 4400 mètres de long, ce qui signifiait que la terre confisquée devait aller aux colons, pour leur propre repos.

Cette année, au mois de juin, ajoute Abu Umar, les autorités de l'occupation ont averti certaines familles qu'elles allaient prendre 2012 dunums de leurs terres, dont 474 situées en face de la colonie.

Les villageois disent qu'au cours des années précédentes, les autorités de l'occupation ont détruit de larges superficies de terres, ont incendié les champs, arraché des milliers d'oliviers et d'autres arbres fruitiers.

Barqa est connu pour sa production d'olives, la qualité de son huile, le nombre d'oliviers appartenant aux villageois de Barqa s'élève à 12.000 arbres, qui sont leur principale ressource. Et Barqa n'est qu'un exemple de tous les villages des diverses provinces qui subissent le siège des colonies.

Selon le centre ARIJ, qui a publié des statistiques de 2005, 14 colonies ont été installées dans la province de Naplouse, l'entourant de trois côtés, à l'ouest, au sud et au nord. Ces colonies sont collées aux agglomérations palestiniennes, ajoutant qu'elles constituent des entraves au développement naturel de ces agglomérations (comme pour les villages et agglomérations palestiniennes dans la partie occupée en 1948, ndlt).

Le rapport d'ARIJ précise que les colonies dans la province de Naplouse se sont étendues dans les années 90, jusqu'en 2003. Leur superficie a augmenté de 0,6 en 1998 à 2,24% en 2003, l'extension des colonies ayant été accompagnée de l'augmentation des colons, de 3149 à 7653 au cours de la même période.

ARIJ précise que l'étendue du village de Barqa, selon les cartes de l'époque du mandat, est de 18.559 dunums. Et selon les études actuelles, la superficie construite du village est de 618 dunums, alors que la superficie de l'ogre Homesh est de 1050 dunums.