Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

La compassion d'Israël en Haïti ne peut cacher notre laideur à Gaza

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La compassion d'Israël en Haïti ne peut cacher notre laideur à Gaza 18/01/2010 par Akiva Eldar dans Haaretz

Qui a dit que nous étions enfermés dans notre bulle de Tel Aviv ? Combien de petites nations entourées d'ennemis ont-elles monté des hôpitaux de campagne à l'autre bout du monde ? Donneznous un tremblement de terre en Haïti, un tsunami en Thaïlande ou un attentat terroriste au Kenya, et le bureau du porte-parole de Tsahal triomphera. Il y a toujours moyen de trouver un avion-cargo et d'y embarquer des journalistes des armées pour qu'ils parlent de notre belle jeunesse du Commandement de la Protection Civile.

Tout le monde fait un travail vraiment formidable : les sauveteurs, qui recherchent des survivants ; les médecins, qui sauvent des vies ; et aussi les reporters, qui leur tapent dans le dos comme il se doit. Si Danny Ayalon, sous-ministre des affaires étrangères, est devenu le visage que nous montrons au monde, toute la communauté internationale voit maintenant le bon côté d'Israël.

Mais cette remarquable empathie avec les victimes de la terrible tragédie de la lointaine Haïti ne fait que souligner l'indifférence pour les souffrances que continue à endurer la population de Gaza. À juste un peu plus d'une heure de route des bureaux des principaux journaux d'Israël, 11⁄2 million de gens sont assiégés sur une île déserte depuis 21⁄2 ans. À qui cela importe-t-il que 80% de ces hommes, femmes et enfants qui vivent si près de nous soient tombés sous le seuil de pauvreté ?

Combien d'Israéliens savent-ils que la moitié de tous les Gazaouis ne peut pas s'en sortir sans assistanat, que l'opération Plomb Durci a fait des centaines d'amputés, que les eaux usées s'écoulent des rues dans la mer ? Le lecteur de journal israélien sait qu'un bébé a été tiré des décombres de Port-au-Prince. Peu ont entendu parler des tout-petits qui dorment dans les ruines de leur maison familiale à Gaza. L'interdiction que fait Tsahal aux reporters d'entrer dans la Bande de Gaza est une excellente excuse pour nous mettre la tête dans le sable des plages de Tel Aviv. Les bons jours, les rapports qui font réfléchir -qu'amassent sur la situation à Gaza les organisations pour les droits humains comme B'Tselem, Gisha (Centre Légal pour la Liberté de Mouvement) et Médecins pour les Droits Humains-Israël- sont relégués en dernière page des journaux. Pour se faire une idée de ce veut dire vivre dans la plus grande prison du monde, il faut oublier Big Brother et zapper sur une chaîne étrangère.

La catastrophe d'Haïti est une catastrophe naturelle ; celle de Gaza est l'oeuvre peu reluisante de l'homme. Notre oeuvre. Tsahal n'envoie pas des avions-cargos bourrés de médicaments et de matériel médical à Gaza. Les missiles qu'y a tirés l'Armée de l'Air Israélienne il y a un an ont frappé presque 60 000 maisons et usines, et changé en ruines 3 500 d'entre elles. Depuis, 10 000 personnes vivent sans eau courante, 40 000 sans électricité. 97% des usines de Gaza ne fonctionnent pas en raison des restrictions du gouvernement israélien sur l'importation de matières premières pour l'industrie.

Bientôt, cela fera un an que la communauté internationale a promis, à la conférence de crise de Sharm-el-Sheikh, de donner $41⁄2 millions pour reconstruire Gaza. L'embargo d'Israël sur les matériaux de construction fait que cet argent se déprécie.

Quelques jours avant que les médecins israéliens ne se précipitent pour sauver la vie à des blessés haïtiens, les autorités du checkpoint d'Eretz ont empêché de passer 17 personnes qui devaient aller à un hôpital de Ramallah pour une transplantation de cornée urgente. Peut-être avaient-elles voté Hamas.

Des psychologues israéliens soignent les orphelins haïtiens avec dévouement cependant que dans un même temps, des inspecteurs israéliens vérifient que personne n'essaie de glisser une poupée, un cahier ou une tablette de chocolat dans un container qui emporte des marchandises de première nécessité vers Gaza. Qu'est-ce que ça peut bien faire que la Commission Goldstone exige qu'Israël lève l'embargo sur Gaza et mette fin à la punition collective de ses habitants ? Seuls ceux qui haïssent Israël pourraient venir jouer les cow-boys justiciers contre le premier pays à avoir monté un hôpital de campagne en Haïti.

Vrai, les milices d'Haïti ne tirent pas de roquettes sur Israël. Mais le siège de Gaza n'a pas empêché les qassams de tomber. L'interdiction, depuis juin 2007, de faire entrer de la coriandre, du vinaigre et du gingembre dans la Bande de Gaza devait faciliter la libération de Gilad Shalit et favoriser la chute du régime Hamas. Comme tout le monde le sait, même si aucune de ces deux missions n'a vraiment été couronnée de succès, et malgré les critiques internationales, Israël garde bouclées les portes de Gaza.

Même les images de nos excellents docteurs en Haïti ne peuvent dissiper celle de notre affreux visage dans la Bande de Gaza.

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