Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

La déformation sioniste de l'histoire

Par Edward C. Corrigan

Au moment où l'écriture de l'histoire est remise en cause, en France comme dans d'autres pays, les colonisateurs voulant s'accrocher sur leurs mythes, il est temps de reconsidérer, en France et plus globalement en Occident, le mensonge de l'histoire fabriquée par les sionistes pour justifier leur colonisation de la Palestine.

L'histoire sioniste est essentiellement négationniste : négation d'un peuple, négation de l'histoire de ce peuple. Le négationisme est un crime. [1]

Dans un article "Munich , le travestissement", publié dans le Washington Post le 13 Janvier 2006, Charles Krauthammer, sioniste bien connu et chroniqueur regulier du Post, attaque le film de Spielberg au motif qu'il donne des aperçus du point de vue palestinien. Krauthammer et d'autres critiques du film de Spielberg ne cessent de répeter une myhologie sioniste discréditée, de déformer l'histoire, d'ignorer les faits gênants et de cacher le terrorisme sioniste, les massacres, le vol de terre et le nettoyage ethnique qui se sont produits avec la création de "létat juif" en 1948.

Au lieu de cela, Krauthammer et d'autres sionistes, attaquent les Palestiniens pour avoir kidnappé des athlètes israéliens au cours des jeux olympiques de Munich en 1972. Ces sionistes passent sous silence le fait qu'Israël avaient assassiné bien d'autres leaders palestiniens avant le si célèbre incident de Munich. Ils passent aussi sous silence le contexte historique du conflit.

La Declaration Balfour qui appelait à la "création d'un foyer national juif en palestine" est citée par les sionistes comme base légitime de la création de "l'état juif". Cette déclaration émanait de la Grande-Bretagne, une puissance étrangère, qui n'avait en rien le droit de faire don de la terre de quelqu'un d'autre. Elle contient aussi la phrase:" etant bien entendu que rien ne sera fait qui pourrait porter atteinte aux droits civils et religieux des communautés non juives qui vivent en Palestine..." Cette seconde promesse est ignorée par les sionistes alors qu'ils considèrent la première comme légitime.

Tout aussi ignoré des sionistes à propos de la Déclaration Balfour, le fait que Sir Edwin Montagu, seul membre juif du gouvernement de LLoyd George au moment de la déclaration en 1917, était fermement opposé à la création d'un état juif. Montagu a attaqué la Déclaration Balfour et le sionisme car il pensait qu'ils étaient antisémites. Cet argument reposait sur le fait qu'à la fois le sionisme et l'antisémitisme étaient basés sur le postulat que juifs et non juifs ne pouvaient pas coexister.

Montagu redoutait aussi qu'un "état juif" mette en péril la sécurité des juifs dans les autres pays. L'opposition de Sir Edwin au sionisme était soutenue à l'époque par les corps les plus représentatifs des juifs anglais.

Les accords de la Société des Nations sur le Mandat en Palestine présentaient aussi des garanties pour la protection des Palestiniens et demandait le transfert de pouvoir à la fin du Mandat au gouvernement de toute la Palestine. L'Article 22 de la Convention de la Société des Nations caractérisait ces garanties comme "une confiance sacrée de civilisation".

Ignoré également des sionistes, le fait que les juifs européens pourraient n'avoir aucun lien historique avec l'ancien Israël ou la Palestine. Au 8ème siècle, il y eut une conversion de masse des Khazars au judaïsme, dont, selon des personnes faisant autorité, la majorité des juifs européens sont les descendants. Arthur Koestler a écrit sur cette conversion dans son livre "La treizième tribu." L' atlas de l'histoire juive de Martin Gilbert présente à la page 25 une carte du "royaume juif des Khazars". Selon la carte de Gilbert, le royaume juif khazar fait environ la taille de l'Ukraine actuelle. Voir aussi l'Histoire des juifs khazars par D.M Dunlop. Il y a de nombreuses autres sources sur la conversion des Khazars européens au judaïsme. Ceci est un sujet de discussion interdit pour les sionistes. Si vous faites allusion à ce fait historique, vous êtes accusé d'antisémitisme.

Erich Fromm, l'éminent érudit juif, a déclaré que les Arabes d'Israël avaient un droit bien plus légitime sur la Palestine que les juifs. Fromm a écrit: " les prétentions des juifs sur la terre d'Israël ne peuvent pas être considérées comme réalistes politiquement. Si toutes les nations se mettaient brusquement à réclamer les territoires sur lesquels leurs ancêtres ont vécu il y a deux mille ans, ce monde serait un asile d'aliénés".

Un autre fait ignoré par les sionistes est que l'Empire romain n'a pas chassé tous les juifs de Palestine. Beaucoup de juifs sont restés et se sont convertis plus tard au Christiansime et ensuite à l'Islam. Beaucoup des habitants originels d'avant la création de l'ancien Israël, les Philistins et les Cananéens, et après la chute de l'ancien Israël et de la Judée, sont restés en Palestine. Les descendants directs de ces habitants sont les véritables propriétaires de la terre. De plus, ils détenaient les titres légaux de propriété jusqu'à ce qu'ils leur soient volés par les sionistes sous divers prétextes légaux.

Ce vol était basé sur la proclamation douteuse que les colons juifs européens avaient un droit sur la Palestine à cause d'une présence présumée il y a 2000 ans. Puisque Herzl et les premiers sionistes étaient athées et rejetaient une définition religieuse du "caractère juif" et voulaient normaliser l'existence du peuple juif sur la base du nationalisme et de la race, les exigences basés sur "des promesses bibliques" sonnent un peu creux.

La plus grande partie du monde, y compris l'Occident laïque, rejette les prétentions bibliques de "propriété juive" sur la terre de Palestine. Des prétentions bibliques ne nieraient pas les droits des habitants autochtones ni ne rendraient nuls les titres légaux de propriété. Les prétentions sionistes sont basées sur une mythologie égoïste et l'illégalité.

Les Nations-Unies non plus n'ont pas approuvé le concept d'un "état juif". La Resolution 181 de l'Assemblée Générale des Nations-Unies a été approuvée le 29 Novembre 1947 par un vote de 33 voix pour, 13 contre et 10 abstentions. Ce vote a été dominé par les Européens puisque les pays du Tiers-Monde n'étaient pas membres des Nations-Unies mais gouvernés comme des colonies. La résolution demandait le partage de la Palestine en deux états. L'un d'eux avait une faible population juive et une très large majorité arabe palestinienne. L'autre état n'était pas démographiquement un "état juif".

La répartition de la population pour "l'état juif" était de 509 780 Arabes et de 499 020 juifs. Ces chiffres proviennent du rapport du sous-comité 2 au Comité Ad Hoc sur la question palestinienne, document des Nations-Unies A/AC 14/32, 11 Novembre 1947. L "état juif" avait une majorité arabe. C'était dans les faits un état multi-ethnique et multi-religieux. La résolution des Nations-Unies n'autorisait pas le nettoyage ethnique ou le "transfert" des Palestiniens. Le taux de natalité des arabes était aussi beaucoup plus élevé que celui des juifs européens.

Les sionistes ont réglé ce problème démographique en massacrant les Palestiniens et en procédant au nettoyage ethnique. Les sionistes ont ensuite volé les terres palestiniennes en violation des résolutions des Nations-Unies, par exemple, la 194 (III). Ces mêmes résolutions sont celles dont les sionistes se réclament pour légitimer leur état. Il s'agit d'une amnésie sélective poussée à l'extrême sur les résolutions des Nations-Unies.

L'expulsion des Palestiniens est le "Péché Originel" d'Israël, celui que les sionistes veulent ignorer. Pourtant, Tony Kuhshner, un auteur dramatique connu juif américain et coauteur du scénario de "Munich" reconnaît au moins le côté palestinien dans le film de Spielberg. Les "nouveaux historiens" d'Israël, Simha Flapan, Benjamin Beit-Hallahmi, Benny Morris, Ilan Pape, et d'autres, ont tous documenté, à partir de sources et d'archives israéliennes, le nettoyage ethnique des Palestiniens.

Les Nations-Unies et la communauté internationale n'ont jamais reconnu la "nationalité juive" comme un concept légal. Sur cette question voir l'article de Thomas Mallison dans 32 Geo. Wash. L. Rev. 983 (1964). Cet article est toujours le travail de référence sur cette question.

Le Ministère des Affaires Etrangères des Etats-Unis a aussi rejeté le concept de nationalité du "peuple juif". Dans une lettre au rabbin Elmer Berger ( alors chef du Conseil americain anti-sioniste pour le judaïsme), le Secrétaire adjoint Philips Talbot a confirmé que (le département d'etat) "ne reconnaît pas de relation légale-politique basée sur une identification religieuse des citoyens américains. Il ne procède à aucune discrimination entre les citoyens américains sur la base de la religion. En conséquence, il doit être clair que le Ministère des Affaires Etrangères ne considère pas le concept de "peuple juif" comme un concept de loi internationale."

En ayant une vision précise des faits historiques et des concepts légaux impliqués, on se doit de conclure que les Palestiniens ont un des arguments exceptionnellement décisifs en leur faveur et que l'argumentaire des sionistes est sans fondement. La persécutiondes juifs en Europe ne peut rationnellement être utilisée pour justifier la persécution d'un autre peuple et la création d'un foyer au Moyen-orient pour des juifs européens qui ont souffert de ce qu'ils ont eu à subir de la part d'autres européens.

La position sioniste sur la Palestine est originellement basée sur un mythe, des distorsions de l'histoire, la propagande et la suppression de la vérité. Le sionisme en tant qu'idéologie politique ségrégationniste est aussi une philosophie très dangereuse. C'est une idéologie qui a procédé au nettoyage ethnique de plus de 700 000 Palestiniens en 1948, occupé et envahi le reste de la Palestine en 1967 et qui continue à occuper illégalement la terre palestinienne aujourd'hui.

Le sionisme a eu aussi de graves répercussions sur la situationde la communauté arabe juive. Sur un plan religieux, le sionisme rencontre de farouches oppositions de la part de juifs orthodoxes, comme ceux de Neturei Karta et des groupes Satmar. Beaucoup d'autres juifs s'opposent au sionisme sur la base qu'un "état juif" ségrégationniste est raciste.

Le sionisme menace maintenant l'existence même du peuple palestinien. Baruch Kimmerling, un universitaire juif réputé, appelle cela un "politicide". Il définit le "politicide" comme "un crime contre l'humanité qui est très proche dans sa gravité du génocide." Le sionisme politique et la campagne pour déposséder les Palestiniens de leur terre natale menacent aussi de détruire les juifs en tant que peuple moral et de détruire la mission religieuse juive d'être "une lumière pour toutes les autres nations."

Post-Scriptum :

Edward C. Corrigan est avocat. Il vit au Canada et il est spécialiste du droit des réfugiés et de l'immigration.

Sources: Alternative Press Review, Jan 17, 2006. http://www.altpr.org/modules.php?op...

Traduit de l'anglais par D.M pour Palestine en Marche.

 

[1] Note du traducteur

Rubriques: