Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

La fin pour l'Autorité palestinienne ?

Par George Giacaman

Comme d'habitude, le futur gouvernement israélien sera une coalition, soit de droite avec le Kadima, le Likoud et le Parti travailliste, soit d'extrême droite avec le Likoud, Yisrael Beitenu, le Shas et d'autres. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas de bon augure pour l'Autorité palestinienne (AP) qui est entrée dans la troisième phase de son existence mouvementée, et peut-être la dernière.

La première phase a commencé avec l'accord Gaza/Jéricho de 1994, suivi fin 1995 par l'expansion de la compétence de l'Autorité palestinienne sur certaines parties de la Cisjordanie. Cette phase s'est terminée avec la mort de Yasser Arafat en novembre 2004.

L'espoir avec le processus d'Oslo, pour ce qui concerne les Palestiniens, était qu'il conduise à un Etat palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. C'était le sens de la « phase intermédiaire » censée durer 4 années mais qui rentre aujourd'hui dans sa 14ème. L' « autonomie » limitée n'a jamais été considérée comme une phase finale et il n'a jamais été prévu que la raison d'être de l'AP serait de fonctionner indéfiniment comme une vaste municipalité administrant les affaires palestiniennes locales. Cela reste vrai aujourd'hui.

La seconde phase est venue avec Mahmoud Abbas, par son élection comme président de l'AP en janvier 2005. Du début de la Seconde Intifada en 2000 jusqu'à son élection, Abbas a été cohérent dans son opposition à la lutte armée et a eu le courage de le déclarer publiquement. Les négociations ont été au cœur de sa politique et l'opinion publique palestinienne a voulu clairement lui donner une chance. Cependant, pendant une année entière, jusqu'aux élections du Conseil législatif palestinien (CLP) en janvier 2006 où le Hamas a gagné la majorité, il n'y a pas eu de négociations à proprement parler. Au lieu de cela, les officiels israéliens ont ridiculisé Abbas pour sa « faiblesse », oubliant qu'ils en étaient les responsables. Finalement, la défaite de l'AP, et peu important qui sera au pouvoir, proviendra de l'absence de progrès politiques.

Le processus d'Annapolis a échoué même si cet échec passe en partie comme l' « héritage désastreux de Bush », et la troisième phase dans l'histoire de l'Autorité palestinienne a débuté avec l'arrivée du président Barack Obama. L'euphorie qui s'est répandue à travers le monde à son élection est arrivée jusqu'à l'AP. Celle-ci est dans l'attente de ce qui va se passer à Washington. L'administration Obama tient l'avenir de l'AP entre ses mains. L'AP sait qu'elle ne peut placer aucun espoir dans le prochain gouvernement de coalition israélien.

Dans un an, ou peut-être deux, bien des choses se seront clarifiées. S'il n'y a aucun progrès crédible vers une solution à deux Etats, dans le sens où les Palestiniens et les Arabes l'entendent, si l'expansion des colonies ne s'est pas arrêtée rendant toute solution à deux Etats impossible, alors, l'Autorité palestinienne est condamnée.

Si pour le Hamas, le problème est d'être en même temps mouvement de résistance et parti de gouvernement, la difficulté dans la situation de l'AP, difficulté née durant le processus d'Annapolis, est que ces négociations ne peuvent durer indéfiniment sans avoir de résultats manifestes et alors que le vol de la terre par Israël se poursuit. Tôt ou tard, des fractions séparatistes vont apparaître au sein même du Fatah et rejoindre l'agenda de la résistance, conséquence d'un échec politique répété. Le programme politique de Mahmoud Abbas aura alors émis son dernier râle, et sera arrivé à une fin tragique.

Avant d'être élu, Obama avait reçu quelquefois des avis, non sollicités, de différents côtés sur ce qu'il fallait faire à propos du conflit israélo-palestinien. Certains mettaient en avant la difficulté du conflit du fait qu'aucune des parties n'était prête pour une solution. Argument fallacieux. Mis en clair, cela voulait dire que les Etats-Unis ne devaient faire aucune pression sur Israël pour un retrait des territoires palestiniens occupés qui aurait rendu possible une solution. C'était la ligne du lobby pro-israélien aux USA, mais pas celle de l'opinion de la plupart des Etasuniens. Et c'est précisément ce qui a fait échouer les négociations.

Israël a « réussi » à écarter toute pression et cela a eu comme conséquence de transformer le conflit israélo-palestinien en une vaste affaire politique intérieure israélienne, manipulée par les différents acteurs dans l'arène politique pour des intérêts locaux, électoraux, carriéristes et vénaux. Les Israéliens négocient surtout entre eux. Il n'y a aucune raison d'attendre autre chose du prochain gouvernement israélien, quels qu'en soient la forme et les participants.

Si le conflit israélo-palestinien reste coincé à l'intérieur du tunnel obscur de la politique israélienne intestine, il ne pourra jamais en ressortir sans pression extérieure et aucune solution ne sera possible. Les Palestiniens n'auront d'autre choix que de poursuivre la résistance, et l'Autorité palestinienne se trouvera face à sa propre mort, dans cette phase ultime de sa carrière. C'est effectivement à l'administration Obama de décider maintenant de ce que sera l'avenir pour les Palestiniens.

George Giacaman écrit des analyses politiques pour les médias arabes et internationaux et il enseigne au département de philosophie et d'études culturelles à l'université de Birzeit

Source : Daily Star du 13 février 2009

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