Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

La journée de la terre en Palestine

C'est depuis 1976 que la journée de la terre, symbole de la lutte du peuple palestinien contre son déracinement et l'expropriation de sa terre, est célébrée par l'ensemble du peuple palestinien, dans le pays occupé ou en exil.

Les faits

Le 30 mars 1976, les Palestiniens de l'intérieur, c'est-à-dire ceux qui sont restés dans leur pays après la fondation de l'Etat sioniste, organisent une grève générale dans toute la Galilée, le Triangle et le Naqab, en signe de protestation contre les expropriations de terres dont ils sont les victimes depuis la création de l'Etat d'Israël sur leur pays. L'Etat sioniste, qui avait pour premier ministre Yitzhak Rabin, avait décidé la confiscation de 21 000 dunums en Galilée prétextant des fins militaires.

C'est à la mairie de Shefa 'Amr, le 25 mars 1976, que la grève générale du 30 mars est décrétée par le haut comité de suivi des masses arabes, à la demande du comité national arabe pour la défense de la terre, et sous la pression populaire. Le 30 mars, des manifestations se déroulent dans toute la Palestine pour exiger la fin de la politique de confiscations de terres, de judaïsation et de colonisation menée par les autorités sionistes.

L'armée et la police sionistes tirent sur les manifestants : 6 martyrs tombent ce jour-là, en Galilée et dans le Triangle : Khayr Yassine (Arraba), Khadija Shawahne (Sakhnine), Muhsin Taha (de Kfar Kanna), Raja Abu Raya (Sakhnine), Khadr Khalayla (Sakhnine), Ra'fat Zuhayri (camp Nour Shams en Cisjordanie, tombé à Taybé). 96 manifestants sont blessés et près de 300 arrêtés. Les villes et villages arabes de Galilée sont déclarées zones militaires et plusieurs villages sont sous-couvre feu.

Signification de la journée de la terre

L'importance de l'événement tient d'une part aux principaux acteurs et d'autre part à la nature du problème soulevé : celui de la terre palestinienne, dont la conquête est au cœur de l'entreprise sioniste.

Les principaux acteurs

L'oppression coloniale subie par les Palestiniens de l'Intérieur depuis 1948 fut l'une des plus implacables au monde, au XXème siècle. Dès 1948, après avoir expulsé la majeure partie de la population, paysans et citadins, l'Etat d'Israël a mené systématiquement une politique d'expropriation des terres et des biens palestiniens, non seulement de ceux qui ont été expulsés, mais de ceux qui sont encore dans le pays. Pour mener cette entreprise de pillage du pays à grande échelle, les autorités sionistes enferment les Palestiniens dans les principales régions où ils vivent, en les plaçant sous régime militaire entre 1949 et 1966.

Entre 1948 et 1967, les Palestiniens de l'intérieur vont s'organiser malgré les conditions difficiles : régime militaire, isolement de leur environnement arabe, déni de leurs droits. Mais l'occupation israélienne du reste de la Palestine et des parties de pays arabes (Golan et Sinaï) va , paradoxalement, constituer une issue en les rattachant aux autres Palestiniens et Arabes.

Entre 1967 et 1976, les liens entre les Palestiniens des deux côtés de la « ligne verte » (frontière d'armistice de 1949) permettent aux Palestiniens de l'Intérieur de développer leur résistance. Une résistance politique d'abord, mais c'est avec la Journée de la terre du 30 mars 1976 que la résistance émerge en tant que mouvement de masse. C'est depuis la journée de la terre en 1976 que les les Palestiniens de l'intérieur participent, en tant que mouvement de masse, à la résistance palestinienne contre l'occupation sioniste de leur terre et qu'ils revendiquent leur place au sein de l'OLP.

La terre : objet principal de l'entreprise sioniste

Depuis la déclaration Balfour de 1917, où la Grande Bretagne, puissance mandataire sur la Palestine, l'autorise à fonder un Etat Juif en Palestine, le mouvement sioniste développe tout un arsenal politique, juridique et surtout militaire pour s'emparer de la terre et expulser le peuple palestinien. Il est soutenu par la puissance mandataire qui réprime toute volonté d'indépendance du peuple palestinien.

C'est ainsi qu'avec la création de l'Etat d'Israël, tout est mis en œuvre pour s'emparer de la terre : la loi sur les biens des absents, la clôture de terrains pour raisons militaires, le régime militaire installé sur les zones habitées majoritairement de Palestiniens. En plus des 63,6% de la superficie de l'Etat sioniste que représentaient les terres des Palestiniens expulsés, les autorités israéliennes se sont progressivement emparé de toute la terre possédée par les Palestiniens de 48 pour ne leur en laisser, en 2005, que 3% , superficie visée actuellement par la judaïsation de la Galilée et du Naqab.

Après une occupation de plusieurs décennies des territoires de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, les autorités israéliennes ont confisqué près de 60% de la superficie de la Cisjordanie y compris al-Quds (Jérusalem), estimé à 5800 km², comme elles avaient confisqué 40% de la bande de Gaza, estimé à 365 km². Le rythme de la colonisation s'est accentué après les accords d'Oslo le 13 septembre 1993 et depuis cette date, l'activité colonisatrice ne s'est pas arrêtée que ce soit sous les gouvernements des travaillistes ou du Likoud, après les négociations à Madrid avec les parties arabes (1991-2005).

La lutte

Bien que des luttes locales aient été menées par les Palestiniens de l'intérieur contre les expropriations et la colonisation, la Journée de la terre sera le moment culminant de ces luttes avec la participation massive des Palestiniens, qui parviennent à rallier toutes les structures, traditionnelles ou modernes, que ce soient les partis politiques, les municipalités, ou les clans et les familles. La Journée de la terre du 30 mars 1976 est devenu, à ce titre, un symbole de la lutte pour la terre dans la Palestine historique contre les expropriations et la colonisation sionistes, un symbole de la participation des Palestiniens de l'Intérieur à la lutte de libération nationale.

Et depuis le 30 mars 1976, les Palestiniens dans le monde, et particulièrement en Palestine, célèbrent la commémoration de la Journée de la terre, pour rappeler au monde entier leur attachement à leurs terres et à leur terre en Palestine ainsi que leur engagement à poursuivre la lutte pour la libérer et y retourner.

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