Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

La médiation égyptienne pave la voie aux bulldozers

par le colonel Yusuf Al-Sharqâwî

Qui a suivi les désaccords et les tiraillements qui ont précédé le moment où Sharon est parvenu à imposer son plan de retrait unilatéral de la bande de Gaza aux membres de la coalition gouvernementale israélienne et à ses principaux concurrents au sein du Likoud, n'a pu que remarquer le fait que l'état de profonde décomposition que connaissent tant l'Autorité palestinienne que les régimes arabes en place, a transformé la question de la négociation dans le processus palestino-israélien en une simple question de négociation interne à Israël, au lieu qu'elle soit une question palestino-israélienne comme on pourrait le supposer.

En effet, la cause palestinienne est à la merci de deux courants israéliens, dont l'un est extrémiste, et l'autre est encore plus extrémiste que le premier, et qui divergent entre eux, et sont en conflit, sur la question de savoir quelle est la meilleure façon et le meilleur moyen de faire en sorte que le sionisme accomplisse ses objectifs ultimes, et que le résultat des accords auxquels ils pourraient parvenir entre eux soit des ententes ayant valeur de diktats à imposer à la partie palestinienne…

Les efforts déployés afin d'imposer ces diktats ne se sont pas limités, cette fois-ci, aux parties israélienne, américaine et européenne. Non : ils sont allés au-delà, jusqu'à la participation directe du régime égyptien à l'imposition de ses pressions à l'Autorité palestinienne afin de contraindre cette dernière à accepter le projet de Sharon visant à liquider la cause palestinienne, avec le consentement de cette même direction (palestinienne) qui s'était lancée, un beau jour, en portant haut les oriflammes de la libération de la Palestine « du Jourdain à la Méditerranée ». Et voilà qu'aujourd'hui, cette même direction (palestinienne) résume tout cela dans le projet de Sharon, qui ne parle même pas à claire et intelligible voix de retrait de la bande de Gaza ni même d'évacuation des colonies qui s'y trouvent.

Le rôle joué par le régime égyptien dans ce complot liquidateur est très clair, depuis le début, et il est devenu de plus en plus évident après la visite effectuée par le ministre israélien des Affaires étrangères Silvan Shalom au Caire, lundi dernier 8 juin 2004, puisque les deux partenaires sont tombés d'accord sur les détails précis de la liquidation de l'Intifada al-Aqsâ, en commençant par la bande de Gaza.

En effet, ce pays frère qu'est l'Egypte, qui a sacrifié des centaines de milliers des meilleurs parmi ses enfants pour la cause palestinienne, et pour défendre la terre de Kinâna (= l'Egypte, ndt), voit son rôle, sous le règne de Hosni Moubarak, se limiter à dégager le terrain devant le bulldozer sioniste, en vue de la liquidation de l'Intifâda al-Aqsâ, qu'il n'a jamais réussi jusqu'ici à liquider, en dépit de sa puissance, pas plus qu'il n'a réussi à sortir de la crise dans laquelle il est plongé.

L'ironie du sort veut que le rôle du régime égyptien comploteur contre la cause palestinienne, et par conséquent, contre les intérêts véritables du peuple égyptien lui-même, se voit envelopper d'expressions trompeuses, du genre « assistance à l'Autorité palestinienne dans les domaines du rétablissement de la situation sécuritaire et du renforcement de la compétence de ses services de sécurité », non pas afin qu'ils défendent la patrie palestinienne, mais bien afin de pourchasser les héros de la résistance palestinienne, avant de les jeter dans leurs geôles et leurs camps de détention.

Ce genre d'aide égyptienne, nous nous en passons aisément : elle n'est qu'un coup de main gratuit à Sharon, dans l'espoir que celui-ci intercèdera auprès de son pote Deubeuliou Bush afin d'alléger la pression sur le régime de Hosni Moubarak, et de faire sortir celui-ci de la liste des pays qui doivent être concernés par le remodelage réformiste du « grand Moyen-Orient » à la sauce américaine. Nous refusons ce genre de service catégoriquement, car ils ne vise, au sens clair et politique de ce terme, qu'à aider Sharon à ressusciter les solutions provisoires à long terme sur la base de négociations bidon, interminables, qui n'aboutiront qu'à une seule chose : l'arrachement de la bande de Gaza de la Cisjordanie, et la remise à l'ordre du jour en Cisjordanie de l'idée, chère au Likoud, d'autodétermination administrative et tertiaire, que le Likoud appellera, n'en doutons pas un seul instant : « solution définitive ».

le colonel Yusuf Al-Sharqâwî est militaire et chercheur palestinien

Traduit de l'arabe par M. Charbonnier

 

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