Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

La Nakba

De l'expulsion à la négation des droits du peuple palestinien

29 novembre 1947

Partage et occupation de la Palestine

Les grandes puissances [1] (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, URSS) négocient des plans de partage de la Palestine qui débouchent, le 29 novembre 1947 à l'ONU, sur le vote de la résolution n°181 pour la création de deux Etats et de la zone internationale de Jérusalem.

La population palestinienne n'a jamais été consultée et son autodétermination n'a pas été respectée (ceci est contraire aux principes de la charte des Nations-Unies - chapitre 12). Sont décidés :
- un Etat arabe de 12000 km² qui comprend 735000 habitants, dont 10000 juifs
- un Etat juif de 14200 km² avec 905000 habitants dont, 507000 arabes
- une zone internationale à Jérusalem de 205000 habitants, dont 100000 juifs.

Voir la carte du partage et des opérations sionistes (source : Palestinian Academic Society for the Study of International Affairs : http://www.passia.org

Nettoyage ethnique lors de la première guerre israélo-palestinienne

avant la fin du mandat britannique.

Pendant de longues années [2] , le gouvernement israélien prétendait que les Palestiniens avaient quitté leur pays sur appel des dirigeants arabes. Erskine Childers, un journaliste anglais, a été le premier à démystifier cette falsification historique. Il a auditionné la totalité des émissions radiophoniques diffusées au Proche-Orient à l'époque. Il a démontré que les seules émissions incitant la population palestinienne à partir sont d'origine sioniste. Ces émissions développaient de façon volontairement menaçante le thème de l'extermination à laquelle sont promis ceux qui restaient en Palestine.

Des historiens palestiniens et israéliens ont confirmé par la suite que ceux sont bel et bien les forces armées sionistes qui ont provoqué le départ des Palestiniens.

Dès le vote du plan de partage, le 29 novembre 1947, les groupes terroristes sionistes agissent dans la continuité des plans A, B et C. Ils tentent d'occuper par la force la Palestine (déjà avant le départ des Anglais 15 mai 1948) et expulsent les Palestiniens qui résistent. Ben Gourion dit à l'époque [3] : " La ville neuve de Jérusalem a été occupée et les guérilleros ont été chassés de Haïfa, de Jaffa, de Tibériade et de Safad quand les forces de la puissance mandataire étaient encore présentes... La Haganah fit bien son Travail... Les Arabes ont commencé à s'enfuir des villes presque dès le début des désordres, dans les premiers jours de décembre 1947... A mesure que les combats s'étendaient, Bédouins et Fellahs se joignirent à l'exode... ".

Plan d'opérations sioniste au-delà du plan de partage

L'ampleur des troubles pousse les Etats-Unis à tenter de freiner la marche vers le bain de sang [4] . Le département d'Etat et le Pentagone avaient peur de perdre les "Arabes", pour lesquels ils avaient des projets de constitution de "cordons sanitaires" contre le "péril rouge". C'est pourquoi, le 19 mars 1948, le délégué américain demande au Conseil de Sécurité de l'ONU, la suspension du Partage de la Palestine et demande l'examen d'un plan de tutelle temporaire. Les Etats-Unis craignent l'Union Soviétique, qui compte bien tirer profit de son soutien militaire et politique au mouvement sioniste (à l'ONU), pour le Plan de partage. Le 1er avril 1948, l'ONU vote une trêve. Le 4, la Haganah déclenche la première guerre de Palestine.

Dans quelles conditions est né l'Etat d'Israël ?

La question de la légitimité de l'Etat d'Israël

L'amalgame, nous dit Elias Sanbar [5] , qui est fait entre la première guerre de Palestine et la première guerre israélo-arabe n'est pas innocent. En confondant la première dans la seconde, on évite le débat sur l'expulsion massive des Palestiniens, présentée alors comme le résultat "accidentel" de l'entrée des Etats Arabes en Palestine (en mai 1948) et de la guerre de défense des juifs contre une "invasion extérieure". Les juifs y font figure d'agressés. Mais il y a eu deux guerres : le 15 mai, date de l'entrée en guerre des troupes des différents Etats arabes, la Palestine est déjà conquise par les Israéliens, et les Palestiniens, qui ont laissé 14 813 morts sur le terrain, sont déjà des réfugiés.

Proclamation de l'Etat d'Israël, mai 1948

Le vendredi 14 mai 1948 s'ouvre, à 16h à Tel Aviv, la cérémonie de proclamation de l'Etat d'Israël. Ben Gourion lit une déclaration qui se réfère à la décision du 29 novembre 1947 (résolution n° 181 de l'ONU), mais n'en retient que le projet d'établir un Etat juif. Ni le partage de la Palestine, ni la création d'un Etat arabe, ni le statut spécial de Jérusalem ne sont évoqués. Ne sont pas précisées non plus les frontières d'Israël. Vers minuit, le Mandat britannique prend fin. Les Anglais ne transfèrent pas le pouvoir, ils l'abandonnent. Le premier acte du gouvernement d'Israël est l'abrogation des restrictions à l'immigration juive.

Première guerre israélo-arabe

Les armées des pays arabes pénètrent en Palestine dès le 15 mai 1948. En 1949, l'armistice est signé entre Israël, l'Egypte, le Liban, la Jordanie et la Syrie. Le 3 avril 1949, la Jordanie annexe la Cisjordanie (20,5 % de la Palestine), et fonde le "Royaume hachémite de Jordanie". L'administration égyptienne contrôle la bande de Gaza (1,5 % de la Palestine) [6] .

Les Palestiniens interdits de retour dans leurs foyers

Le 11 mai 1949, Israël a été admis en tant que membre de l'ONU. Le préambule de la résolution 273 (III), relative à cette admission, renvoie à la résolution 194 du 11 décembre 1948 qui reconnaît aux réfugiés palestiniens qui le désirent, le droit "de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins et des indemnités doivent être payées à titre de compensation, pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers et pour tout bien perdu ou endommagé ". Ce droit au retour a été confirmé plus de 110 fois par les Nations-Unies mais il a toujours été rejeté par Israël.

Au total, Israël détruit 531 villages et près de 300 hameaux afin d'interdire définitivement le retour des expulsés palestiniens qui sont au nombre d'environ 6 millions de personnes. Ils constituent aujourd'hui les deux tiers du peuple palestinien. Ils sont les oubliés de l'histoire…

Moshé Dayan [7] (ministre israélien de la défense), disait à propos de ces villages : "Toutes nos cités sont construites sur les ruines de villages arabes, et nous ne rasons pas seulement leurs murs, mais nous essayons de rayer leurs noms des livres d'histoire. Ils (les Palestiniens, * note de l'auteur) ont donc de très bonnes raisons de lutter contre nous. Si j'étais arabe, je combattrais certainement pour Al-Fatah."

Le nombre des réfugiés en 1948 [8]

Selon Elias Sanbar environ 900 000 Palestiniens seront expulsés (Livre : "Palestine 1948") déjà un mois avant la guerre de mai 1948. En 1948, après la guerre, 8,2 % du peuple palestinien vivait à l'intérieur de la ligne verte (Israël), 30,8 % en Jordanie et en Egypte, et 61 % peuplaient les 57 camps de réfugiés répartis comme suit : 15 camps au Liban (14 % des réfugiés), 10 en Syrie (9 %), 24 en Jordanie (55 %) et 8 dans la bande de Gaza (22 %). L'ONU crée l'Agence des Nations Unies pour le secours et le travail des réfugiés Palestiniens (UNWRA). Ces derniers sont les seuls au monde à ne pas être sous la protection du Haut Commissariat aux Réfugiés de l'ONU qui regroupe tous les réfugiés dans le monde. Les réfugiés palestiniens représentent actuellement la plus ancienne communauté de réfugiés dans le monde et en représente 30%.

La guerre contre les réfugiés et les camps

Le projet n'était pas seulement l'expulsion du peuple palestinien mais aussi la création d'un pays alternatif à la Palestine, en l'occurrence la Jordanie destinée à combler les aspirations nationales palestiniennes. La plus grande partie des expulsés s'est retrouvée en Jordanie en 1948. Si Israël a voté en 1954 une loi contre les "infiltrés palestiniens", les Palestiniens commencent à s'organiser politiquement et militairement en réponse à l'expulsion. Des organisations de fédayins naissent et se fédèrent au sein de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) pour entreprendre essentiellement la libération de la Palestine et le retour des réfugiés.

La Palestine après la guerre de 1967

Après l'invasion du reste de la Palestine historique ainsi que du Golan syrien et du Sinaï égyptien, en 1967 et l'expulsion de près de 300 000 palestiniens, la palestine disparaît sous le « grand Israël ». Les dirigeants comme Beghin, Shamir, Rabin, Barak, Sharon déclarent qu'il faut terminer le travail de 1948 et forcer l'expulsion des Palestiniens en leur confisquant leur terres, leur eau, en construisant le MUR d'expansion et en leur rendant la vie impossible avec des centaines de barrages,… La Nakba continue,…

Situation et nombre des réfugiés en 2006

Sur 10 100 000 palestiniens recensés par l'autorité palestinienne en 2005 dans le monde, environ 6 millions sont réfugiés. L'UNWRA recense, en mars 2005, 4 255 120 personnes issus de l'expulsion de 1947/1948 et leurs descendants, de plus 900 000 palestiniens sont les réfugiés de la guerre de 1967, et 250 000 sont les réfugiés restés dans les territoires occupés en 1948, il y a aussi les réfugiés de 1948 qui ne se sont pas fait inscrire sur les listes de l'UNRWA en 1948/1949 environ 1 000 000 de personnes. Aujourd'hui les Palestiniens se trouvent partout dans le monde et sont majoritairement (au 2/3) des réfugiés sans papiers indiquant leur identité palestinienne.

Les Palestiniens au Liban (400 000), Les Palestiniens en Syrie (430 000), Les Palestiniens en Egypte (300 000), Les Palestiniens en Jordanie (2 600 000) sont privés ou de droits politiques ou de l'accès au travail,…

RENOUVEAU ET RESTRUCTURATION

DU MOUVEMENT NATIONAL PALESTINIEN

Depuis les accords d'Oslo, les réfugiés normalement représentés au sein du Conseil National Palestinien - le parlement en exil de l'OLP - ressentent le besoin de se grouper au sein de structures indépendantes pour faire entendre leur voix par la direction palestinienne et la communauté internationale.

DES QUESTIONS FONDAMENTALES AUTOUR

DU DROIT AU RETOUR ET DE LA SITUATION DES REFUGIES

La naissance de la résistance palestinienne a été la réponse à la Nakba. Cette résistance, combattue de façon virulente par Israël, est mal vue et parfois combattue par certains régimes arabes, mais elle continue. Les Palestiniens vivent dans l'espoir du retour sur leur terre, d'un Etat indépendant, et dans l'attachement à l'identité palestinienne. Ils ont des aspirations à la liberté, à la démocratie, mais aussi et surtout au plein exercice des droits civiques, de citoyenneté, et à la vie comme les autres peuples.

Ils vivent aussi comme les autres populations arabes les dictatures des régimes en place : le manque de démocratie, le chômage, des conditions sociales déplorables. Les réfugiés palestiniens accumulent les frustrations. Des revendications nationales combinées à des revendications socio-économiques dans le contexte des dictatures arabes et la non prise en considération des aspirations nationales donnera naissance à un nouveau mouvement d'émancipation dans la région.

Plus de cinquante ans après la création de l'Etat d'Israël, des hommes, des femmes et leurs enfants (près de 6 millions), comptent leurs jours d'exil et leur abandon de la part de la communauté internationale et des Nations-Unies, responsable avec Israël de cette tragédie, qui ne leur ont offert que la négation de leurs droits et de leur humanité.

Nous leur devons un soutien légitime, non seulement pour le droit et la justice, mais aussi et surtout parce que leur humanité et leur dignité sont une part de la notre.

SOUTIEN A LA RESISTANCE PALESTINIENNE JUSQU'A LA LIBERATION !

Voir la carte de la répartition des réfugiés en 1999

[1] Les Palestiniens, BT2 n° 253, 1993, l'Ecole moderne française. [2] El Deeb Sami, La liberté religieuse en Israël, (inédit), Assoc. Emmaüs, Suisse. [3] Origines et évolutions du problème palestinien, 1917/ 1988, ONU, New York,1990, 301 p. [4] Sanbar Elias, Les Palestiniens dans le siècle, Paris, Découvertes Gallimard, 1994, 176p. [5] Sanbar Elias, Les Palestiniens dans le siècle, Paris, Découvertes Gallimard, 1994, 176p. p.57. [6] Ibid. [7] Revue, "Konkret", 1973, Allemagne, n°21. [8] Sanbar Elias, Palestine 1948, l'expulsion,Paris, éd. Revue d'Etudes Palestiniennes.

Fichier attachéTaille
Carte des réfugiés124.13 Ko