Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

La politique israélienne envers les Palestiniens à l'intérieur de la ligne verte

Par le Dr. Mahmoud Muhareb

Le récit rapporté par David Cohen, un des dirigeants du Mapaï dans la ville de Haïfa, dans les années 50 du siècle dernier, indique probablement le mieux la politique et la nature de l'Etat juif, qui a été fondé sur les ruines et au détriment du peuple arabe palestinien, après que la majorité de ses villes et villages aient été détruits et que sa grande majorité ait été expulsée, avec l'imposition de la citoyenneté sur une petite minorité qui a pu rester dans son pays. David Cohen rappelle qu'en 1950, les autorités israéliennes ont informé le comité musulman de Haïfa qu'elles ont confisqué le cimetière musulman, et que le comité musulman devait vider le cimetière des os et dépouilles des morts, pour les emmener ailleur

Ce comité, nommé par les autorités israéliennes, a obéi aux ordres, les tombes ont été ouvertes, les os ont été regroupés et les dépouilles ont été sorties des tombes, et tout a été déposé dans 80 grands sacs, dans la mosquée, en attente que les autorités israéliennes réalise ses promesses de trouver un autre lieu pour enterrer les os et les dépouilles. Cohen ajoute que les autorités israéliennes n'ont pas accompli leurs promesses, les os et les dépouilles des musulmans sont restés dans la mosquée pendant de longues années.

Avant d'aborder l'analyse de la politique israélienne envers les citoyens arabes palestiniens, nous souhaitons apporter un autre exemple, un parmi les milliers de pratiques racistes envers les Palestiniens à l'intérieur de la ligne verte.

Uzi Benziman et Atallah Mansour, dans leur livre "Des locataires secondaires", racontent que le directeur de la compagnie israélienne Tanoufa, Nahum Verlinsky, a été foudroyé en apprenant que certaines voix à la Knesset demandaient en 1950 l'égalité économique entre les Arabes et les Juifs. Nahum considérait qu'une telle égalité mettrait en grand danger l'Etat d'Israël. Il rapporte que les Arabes à l'intérieur de la ligne verte produisent, en 1950, le quart de la production agricole israélienne, agrumes exceptés. Ce qui leur rapporte de gains corrects, mais ces gains sont très dangereux car non seulement ils permettent de développer l'économie arabe, mais cela pourrait avoir des conséquences sur le développement et le renforcement de la situation des Arabes. C'est pourquoi Nahum a proposé au gouvernement israélien la fondation d'une compagnie juive, semi-gouvernementale, qui monopoliserait les produits des agriculteurs arabes, imposant des prix à peine supérieurs aux coûts de la production. C'est ce qu'a effectivement fait le gouvernement israélien, en fondant cette compagnie qui a monopolisé les produits agricoles arabes, et qui a imposé, pour de longues années, aux Arabes à l'intérieur de la ligne verte, des prix qui ne dépassent pas la moitié des prix du producteur juif.

Il est en réalité très difficile de trouver un des droits naturels, ou tout droit des droits de l'homme tels que définis par les traités internationaux spécifiques aux minorités nationales, qui n'ont pas été violés par Israël dans son comportement avec les citoyens arabes palestiniens à l'intérieur de la ligner verte. Après la fin de la guerre de 1948, le nombre de Palestiniens à l'intérieur de la ligne verte, en Galilée, dans le Triangle et dans le Naqab, étaient de 150.000 Palestiniens, alors qu'aujourd'hui ils sont 1 million et deux cent mille personnes, représentant 20% de l'ensemble des habitants de l'Etat d'Israël . Depuis sa fondation, les gouvernements israéliens successifs ont considéré que si une partie du peuple palestinien demeurait dans sa patrie, cela constituait une grave menace sur le caractère juif et sioniste de l'Etat, menace qu'il est nécessaire de traiter. L'institution israélienne a donc mis une stratégie envers les Arabes palestiniens à l'intérieur de la ligne verte, développant et modifiant cette stratégie, selon les changements et les nouvelles données. Cette stratégie est basée sur les points suivants : 1 ) La préservation du caractère juif sioniste de l'Etat d'Israël et la négation de l'influence des Palestiniens sur ce caractère. 2 ) La mise des Palestiniens à l'intérieur de la ligne verte, leurs propriétés et leurs énergies au service de la majorité juive. 3 ) La privation des Palestiniens de leurs droits nationaux. 4 ) La privation des Palestiniens du bien commun qu'ils participent pourtant à produire.

Pour réaliser ces buts, Israël a suivi une politique de contrôle et de domination musclée sur les Arabes Palestiniens à l'intérieur de la ligne verte, il a imposé le pouvoir militaire direct sur eux, dès la formation de l'Etat jusqu'à 1966. Après la suppression du pouvoir militaire, plusieurs de ses prérogatives ont été transférées aux appareils de la sécurité israéliennes et à plusieurs organes du pouvoir. En accord avec les buts cités, la politique israélienne s'est appuyée sur plusieurs facteurs essentiels qui servent les buts du sionisme et la politique des partis envers les Arabes Palestiniens à l'intérieur de la ligne verte, qui sont : 1 ) Destruction de l'infrastructure économique propre aux Arabes Palestiniens à l'intérieur de la ligne verte, pour qu'ils dépendent de l'économie de la majorité juive. A cet égard, les autorités israéliennes ont confisqué la majorité des terres palestiniennes, et a soumis le reste des terres arabes à l'agriculture juive et au marché central juif. Ainsi, elles ont interdit par tous les moyens, mettant plusieurs obstacles, à l'industrialisation du village et de la ville arabes, soit directement en tuant toutes les initiatives propres arabes palestiniennes pour industrialiser le village et la ville arabes, soit par la négligence, soit par la mise à l'écart par le gouvernement des villes et villages arabes pour ne pas être englobés dans les régions à développement. La conséquence en est que la majorité des Arabes Palestiniens est devenue une main d'oeuvre bon marché et une force de réserve pour le marché israélien, qui paie les impôts imposés, sans obtenir les services correspondants aux régions où ils résident. De plus, le gouvernement israélien encercle les villages et les villes arabes, soit par des colonies, soit des régions boisées dépendant du Keren Keymet "Fonds National Juif", qui ont été plantées sur les terres arabes, confisquées et injustement arrachées de leurs propriétaires arabes. Quant à l'intérieur des régions dépendant des autorités locales arabes, le gouvernement israélien a retardé la mise en place de cartes des régions encerclées, les privant ainsi du développement naturel, démolissant leur caractère, les transformant en dortoirs surpeuplés, avec très peu de services. 2) la destruction de l'infrastructure politique propre des Arabes Palestiniens en Israël, les empêchant de s'auto-organiser institutionnellement et politiquement de façon indépendante, en limitant leurs activités dans les partis politiques israéliens et leurs listes, afin de pouvoir les dominer politiquement et les empêcher de résister au pouvoir, ou de faire face à sa politique, et en les empêchant de développer leurs luttes pour la réalisation de leurs droits nationaux. Grâce à une répression systématique et organisée, l'autorité israélienne a privé les Arabes Palestiniens à l'intérieur de la ligne verte, depuis le début de la création de l'Etat hébreu jusqu'au milieu des années 80, de leur droit à s'organiser de façon autonome, de leur droit à avoir leurs propres partis politiques. Au début des années 60 du siècle dernier, le pouvoir israélien a déclaré le "Mouvement de la terre" hors-la-loi, réprimant sa direction et jetant en prison plusieurs de ses dirigeants, pourchassant et exilant d'autres. De plus, les pouvoirs israéliens ont interdit au "front socialiste" que les militants du mouvement de la terre avaient formé, de participer aux élections de la Knesset en 1965. Ils ont également réprimé le mouvement de Abnaa al-Balad au cours des années 70, jetant plusieurs de ses dirigeants en prison, imposant à d'autres les arrestations à domicile, pour de longues années. Les pouvoirs israéliens ont encerclé ces mouvements économiquement, ils les ont poursuivis "juridiquement" dans le but de briser leurs volontés, de les terroriser et de les empêcher de mener une activité politique. Ainsi, le pouvoir israélien a déclaré hors-la-loi en 1981 le comité de l'orientation nationale que le mouvement Abnaa al-Balad avait formé à la fin des années 70. 3 ) Détacher les Arabes Palestiniens en Israël de leur peuple palestinien, en les transformant en un groupe de minorités ethniques et religieuses en conflit les unes avec les autres, sans identité définie ni active. Le gouvernement israélien vise par cette politique à les pulvériser en minorités ethniques et religieuses en conflit, et à cet égard, et pour réaliser ce but, le gouvernement israélien a séparé les Arabes Palestiniens de confession druze du reste de leur peuple en leur accordant, selon un texte gouvernemental officiel, une situation ethnique et religieuse séparée du reste de leur peuple, leur imposant le service obligatoire dans l'armée israélienne, et il a trouvé des gens parmi ces victimes qui défend cette politique. De même, les autorités israéliennes font de grands efforts pour séparer les tribus bédouines palestiniennes du reste de leur peuple, en essayant de créer une identité ethnique bédouine séparée de l'identité de leur peuple. Plusieurs pressions sont exercées pour les intégrer au service dans l'armée israélienne. Diverses tentatives ont été faites et sont encore faites, de plus en plus intensivement, pour séparer les Arabes Palestiniens chrétiens du reste de leur peuple. C'est une tentative constante pour les intégrer dans l'armée israélienne, l'autorité israélienne utilisant le service dans l'armée israélienne comme l'outil par excellence pour détruire l'appartenance arabe et palestinienne, car le service dans l'armée israélienne constitue le degré le plus élevé de la négation nationale, la haine de soi et l'identification au tyran contre l'opprimé. Les autorités israéliennes visent à détruire l'identité arabe palestinienne pour imposer une identité "arabe israélienne" amputée de soi, de son passé, de son présent et de son avenir, liée et identifiée à l'Etat juif et à son idéologie. Ainsi, Israël tente d'imposer une culture bi-nationale, non à tous ses citoyens, mais aux Arabes Palestiniens seulement. Tout en tentant de diminuer et de marginaliser la culture arabe des Arabes Palestiniens à l'intérieur de la ligne verte, il leur impose une culture juive, et cette culture hébraïque juive qui leur est imposée n'est pas du tout une demande vitale de la part des Palestiniens, mais il s'agit d'une demande juive israélienne venant d'en haut, pour dénaturer et marginaliser l'identité nationale des Arabes Palestiniens, en y intégrant une culture juive israélienne qui leur permettrait d'être acceptés par les Juifs israéliens.

M. Mahmoud Muhareb est professeur de sciences politiques et directeur du centre de recherches régionales à l'Université d'al-Quds

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