Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

La tragédie Palestinienne finira-t-elle un jour ou sera-t-elle éternelle

Par : Anas FAOUR

Mesdames, Messieurs,

C'est le 60ème anniversaire de la résolution 181 sur le partage de la Palestine [1], le 29 Novembre 1947, c'est le 90ème anniversaire de la déclaration Balfour le 2 Novembre 1917 [2], et c'est aussi le 20ème anniversaire de la Première Intifada Palestinienne le 7 Décembre 1987 [3]. En regardant les trois anniversaires, une question est dans toutes les têtes : la tragédie du peuple palestinien après 30 ans du mandat anglais [4] et 60 ans d'exil, et de marginalisation. Cette tragédie finira-t-elle un jour ou sera-t-elle éternelle ? Aujourd'hui, nous vivons des moments difficiles, nous le savons tous, des moments importants, au niveau politique, légal, socio-économique, et culturo-éducatif.

Les moments politiques et légaux :

Les Palestiniens vivent une injustice affreuse en accumulant par superposition les résolutions internationales [5] exécutées ou inexécutées, qui sont largement imposées par les rapports de forces mondiaux, en ignorant les droits justes du peuple Palestinien :

Toutes les résolutions concernant le droit au retour des réfugiés palestiniens et le droit du peuple palestinien à disposer de lui-même ne sont pas obligatoires et elles sont négociables puisqu'elles n'ont pas été décidées selon le chapitre VII de la charte des Nations Unies qui concerne l'« action en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d'acte d'agression », mais selon le chapitre VI qui concerne la « règlement pacifique des différents » [6].

Les gouvernements israéliens refusent de reconnaître les droits du peuple palestinien officiellement, dès lors que le judaïsme d'Israël a été confirmé par la Déclaration d'Indépendance de 1948 [7], et par la loi fondamentale de 1960 « Les terres d'Israël » [8]. De plus, les responsables israéliens confirment toujours le judaïsme d'Israël et refusent le droit au retour (dernièrement Ehud Olmert le 15/11/2007).

Aujourd'hui, le droit au retour concerne la majorité de la population palestinienne, parce qu'il représente 64% du peuple Palestinien [9] (environ 6 400 000 réfugiées). En 1950 il y avait environ 914 000 réfugiés palestiniens enregistrés auprès de l'UNRWA [10] après la perte de leurs maisons et de leurs ressources en 1948. Par conséquent, les palestiniens doivent négocier sur leurs droits, les négociations concernent tous les palestiniens en Palestine et en exil.

Légitimement L'OLP est l'unique représentant du peuple palestinien, mais la situation actuelle de l'OLP ne permet à personne de négocier en son nom. Le conseil national palestinien [11] actuel a été principalement nommé à la 19ème session d'Alger en novembre 1988, mais 52,5% des Palestiniens [12] sont nés après 1988. Le comité exécutif de l'OLP a été élu par le CNP à la 20ème session de Gaza en avril 1996.

Les moments socio-économiques :

Les Palestiniens ont été la cible de violations de ses droits civils, économiques, et sociaux : Il y a environ 70% des Palestiniens qui vivent au-dessous du seuil de pauvreté officiel. Environ 70% de la main-d'oeuvre de Gaza est sans emploi ou sans salaire et plus de 80% de la population de Gaza vivent au-dessous du seuil de pauvreté officiel, tandis qu'en Cisjordanie 56% de ménages vivent sous le seuil de pauvreté.

La construction des colonies continue. Aujourd'hui il y a environ 460 000 colons en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. La Paix Maintenant a prouvé que près de 40% des terres occupées par les colonies en Cisjordanie appartiennent à des Palestiniens.

L'utilisation aveugle de la puissance militaire contre des civils et des cibles civiles a eu comme conséquence de graves crimes de guerre. La Cisjordanie a également connu de graves violations des droits de l'homme résultant des incursions militaires fréquentes, de la construction du mur, des démolitions de maisons et des check points. Aujourd'hui, il y a plus de 500 de check points et de barrages routiers qui obstruent la libre circulation dans les TPO. En 2006, les attaques israéliennes se sont terminées par le bombardement de 810 maisons, et l'assassinat de 647 personnes. [13]

Il y a environ 10 000 prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes, dont environ 400 enfants et plus de 100 femmes. Il y a des plaintes sérieuses au sujet du traitement, des procès et de l'emprisonnement des détenus.

80% du Mur [14] qu'Israël construit actuellement sont bâtis illégalement à l'intérieur du Territoire Palestinien et il se déploie sur 22 kilomètres à l'intérieur de la Cisjordanie. Le Mur doit s'étendre sur 703 kilomètres. Environ 60 500 Palestiniens de Cisjordanie vivant dans 42 villages et villes résideront dans la zone fermée entre le Mur et la Ligne Verte. Plus de 500 000 Palestiniens vivant à moins de 1 kilomètre du Mur habitent du côté Est, mais ont besoin de le franchir pour accéder à leurs fermes, leurs emplois, leurs écoles, leurs universités, leurs centres médicaux spécialisés et pour maintenir leurs liens familiaux. [15]

Les moments culturo-éducatifs :

Il est évident que le peuple palestinien est un peuple cultivé.

96,5% des Palestiniens suivent des études fondamentales et 60,5% suivent des études secondaires [16]. Mais l'étouffement des Palestiniens, le non-respect des droits palestiniens par la communauté internationale, l'utilisation aveugle et excessive de la force contre des civils et des biens civils, les restrictions à la libre circulation, en plus de l'injustice sociale dans la société palestinienne, ont eu des répercussions négatives sur la population palestinienne, et surtout sur la nouvelle génération :

Les difficultés légales, économiques et sociales ont laissé l'individu palestinien, même de culture moderne, sans aucune autre protection que la famille, la tribu et la religion. De ce fait, les relations familiales, tribales, et confessionnelles fleurissaient.

Les relations familiales, tribales, et confessionnelles devenaient les motifs de choix politiques en toute occasion, y compris lors des échéances politiques, parce que l'orientation politique dépend de ces relations. Ces relations aboutissaient à des divergences idéologiques et politiques, et à une lutte palestinienne interne.

Mesdames, Messieurs,

Voilà, c'est la Palestine aujourd'hui, mais comme Karl Marx a dit : « Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde, ce qui importe c'est de le transformer. » (17), Le peuple palestinien souhaite que vous soyez toujours à ses côtés en attendant d'obtenir ses droits légitimes : le droit au retour des réfugiés palestiniens et le droit du peuple palestinien à disposer de lui-même.

Je vous remercie, Mesdames, Messieurs, pour votre patience.

-Vive le peuple en Palestine et en exil. -Vive le mouvement international solidaire avec le Peuple Palestinien. -Vive la GUPS et le mouvement syndical en Palestine et en exil.

*Villeneuve-Saint-Georges, Le 2 Décembre 2007 : Après-midi de solidarité avec le Peuple Palestinien, Salle « Prinçay » centre socioculturel.

** Le Secrétaire Générale des Etudiants de Palestine (GUPS)

 


NOTES :

[1] Le partage et la création des trois États :
- Un État juif sur 56% de la Palestine, dont les Juifs représentaient à l'époque 32% de la population et ne détenaient que 7% des terres.
- Un État arabe sur les 44% restants.
- Un régime de tutelle internationale pour Jérusalem et les Lieux saints.

Cette résolution a été votée à l'assemblée générale de l'ONU par 33 voix contre 13 avec 10 abstentions.

Plan de partage de 1947

[2] Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tout autre pays

[3] Première Intifada : Le 7 décembre 1987, un camion israélien percute un taxi palestinien dans la bande de Gaza et fait quatre morts. C'est le début de l'Intifada qui a duré trois ans, les jeunes Palestiniens des territoires occupés se révoltant contre la violence excessive et brutale de l'occupant israélien, en lançant des pierres.

[4] L'armée anglaise occupait déjà la totalité de la Palestine à la fin de la Première Guerre Mondiale en 1918. Deux ans après eut lieu la conférence de Sanremo : une conférence internationale qui s'est tenue du 19 au 26 avril 1920 à Sanremo, en Italie, où un comité supérieur, composé de représentants britanniques, français, italiens, grecs, japonais et belges, se réunit afin d'aborder les problèmes relatifs aux traités de paix conclus à la fin de la Première Guerre Mondiale. Les alliés se partagent les territoires. La Syrie et le Liban passent sous contrôle français, la Palestine et l'Irak sous contrôle anglais. En revanche, la Société des Nations confirme le mandat britannique sur la Palestine en 1922, en excluant la région située à l'est du Jourdain de la Palestine du mandat.

[5] Les principales résolutions de l'ONU concernant la Palestine :

1- La résolution 181 de l'assemblée générale de l'O.N.U, le 29 novembre 1947, partage de la Palestine.

2-La résolution 194 de l'assemblée générale de l'O.N.U, le 11 décembre 1948, demande le droit au retour pour les réfugiés.

3-La résolution 242 du conseil de sécurité de l'O.N.U, le 22 novembre 1967, demande le retrait d'Israël des territoires occupés.

4-La résolution 338 du conseil de sécurité de l'O.N.U, le 22 octobre 1973, appel au cessez-le-feu et au respect de la résolution 242.

[6] La charte des Nations Unies qui a été signée à San Francisco le 26 juin 1945.http://www.un.org/french/aboutun/ch...

[7] « …Nous proclamons la création d'un Etat Juif en Terre d'Israël qui portera le nom d'Etat d'Israël... L'Etat d'Israël sera ouvert à l'immigration juive et aux Juifs venant de tous les pays de la Dispersion……. ».

[8] L'État d'Israël n'a pas de constitution formelle, mais 14 lois sont considérées comme « les lois fondamentales d'Israël » :
- 1- La loi fondamentale de 1958 : La Knesset.
- 2- La loi fondamentale de 1960 : Les terres d'Israël.
- 3- La loi fondamentale de 1964 : Le président de l'État.
- 4- La loi fondamentale de 1968 : Le Gouvernement.
- 5- La loi fondamentale de 1975 : L'économie nationale.
- 6- La loi fondamentale de 1976 : Les Forces de défense d'Israël.
- 7- La loi fondamentale de 1980 : Jérusalem, capitale d'Israël .
- 8- La loi fondamentale de 1984 : Le pouvoir judiciaire.
- 9- La loi fondamentale de 1988 : Le contrôleur de l'État.
- 10- La loi fondamentale de 1992 : Dignité humaine et liberté.
- 11- La loi fondamentale de 1992 : Le Gouvernement.
- 12- La loi fondamentale de 1992 : Liberté professionnelle.
- 13- La loi fondamentale de 1994 : Liberté professionnelle.
- 14- La loi fondamentale de 2001 : Le Gouvernement.
- Regardez le site internent de la Knesset Israélienne : http://www.knesset.gov.il

[9] Tableau des estimations démographiques des réfugiés Palestiniens :

Lieux d'établissement des réfugiés Population
- Israël 309 548
- Bande de Gaza 986 034
- Cisjordanie 778 788
- Jordanie 2 197 951
- Liban 422 263
- Syrie 506 853
- Égypte 48 864
- Arabie Saoudite 331 770
- Koweït 41 501
- Autre Golfe 127 484
- Iraq, Libye 89 697
- Autres Pays Arabes 6 694
- Europe 150 000
- États-Unis 250 000
- Canada 50 000
- Amérique du Sud 113 000
- Total 6 409 693

Source : Canal Al Jasera, Interview avec Salman Abo Sitta le 10 Octobre 2007.

[10] le site Internet de l'UNRWA :http://www.un.org/unrwa/english.html

[11] Le Conseil National Palestinien (CNP) est le Parlement en exil du peuple palestinien. C'est l'institution la plus importante de l'OLP. Le comité exécutif, instance directrice de l'organisation, est élu par le CNP. Le premier CNP, constitué de 422 représentants des communautés palestiniennes, s'est réuni à Jérusalem en mai 1964 et a adopté la Charte nationale palestinienne . À la 19ème session d'Alger en novembre 1988, le CNP a déclaré unilatéralement l'indépendance de la Palestine . Après la signature des accords d'Oslo, le CNP réuni pour la première fois en Palestine à Gaza, en avril 1996, élimine de sa Charte tous les articles mettant en cause le droit à l'existence de l'état d'Israël, après un vote de 504 voix pour et 54 contre cette modification. Le CNP compte actuellement 669 membres. Les 88 membres du Conseil Législatif Palestinien (CLP), directement élus en Janvier 1996, sont automatiquement membres du CNP. Avec les 98 autres membres issus des territoires palestiniens, ils représentent la population palestinienne vivant dans les territoires occupés depuis 1967 . Le reste des membres du CNP (483) représentent la diaspora palestinienne. Le Conseil se réunit tous les deux ans et ses résolutions sont adoptées à la majorité et au moins deux tiers des membres doivent être présents.

Le site Internet du Centre National Palestinien d'information :http://www.pnic.gov.ps

[12] Regardez le site Internet du Bureau Central Palestinien des Statistiques :http://www.pcbs.gov.ps

[13] Le rapport annuel du Centre Palestinien pour les droits de l'homme, 2006.

[14] Le mur tracé et approuvé en février 2005

[15] John Dugard : Rapport du 29 janvier 2007 sur la situation des droits de l'Homme dans les Territoires Palestiniens Occupés : http://www.ohchr.org/english

[16] Palestine en chiffres 2005, Bureau Central Palestinien des Statistiques.