Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Le Système Educatif En Palestine :

Entre Le Droit à L'Education et la Guerre, par Tarek S. de la GUPS

En violant toutes les résolutions de l'ONU et les conventions des droits de l'homme qui prévoient la protection de la population civile en cas de guerre, l'état d'Israël a pris pour cible le peuple palestinien et sa société civile. L'enseignement palestinien est face à une politique de destruction menée par l'armée d'occupation israélienne.

Depuis le début de la deuxième Intifada, en septembre 2000, des centaines d'étudiants ont été tués et des milliers ont été blessés. Pendant l'incursion israélienne massive dans les villes palestiniennes en mars 2002, il y a eu 20.000 arrestations dont plusieurs milliers de jeunes et plus de 200 élèves, âgés de moins de 18 ans.

Actuellement, 5.600 prisonniers sont dans les geôles israéliennes, parmi eux des centaines d'étudiants et 351 enfants enfermés avec des criminels israéliens de droit commun, alors qu'ils devraient être dans les écoles selon toutes les lois et les conventions internationales concernant les enfants.

Par ailleurs, les écoles et les universités palestiniennes ont manqué, en moyenne, 60 jours de l'année scolaire 2001-2002, à cause du couvre-feu et du blocus de villes et villages palestiniens qui peuvent durer plusieurs semaines, ce qui nuit considérablement à l'enseignement palestinien. Par exemple, l'université de Birzeit, située à 13 km au Nord de Ramallah en Cisjordanie est isolée avec 36 villages de la ville de Ramallah par un check point fermé la plupart du temps. S'il est ouvert pour quelques heures, les gens, dont 5.000 étudiants doivent marcher plus d'un kilomètre dans les chemins et talus entre les chars et les soldats qui détiennent parfois les Palestiniens pour des heures, sous la chaleur ou la pluie. Les professeurs subissent les mêmes exactions.

Le prétexte israélien pour justifier la présence des barrages est « la sécurité des colons ». Ces derniers sont armés et attaquent les Palestiniens sous la surveillance et la protection des soldats israéliens. Mais cela n'est pas le cas de Birzeit puisqu'il n'y a aucune colonie autour. Cependant, le barrage entre Birzeit et Ramallah est permanent depuis deux ans.

Plusieurs universités et écoles ont été fermées par l'armée israélienne. Par exemple, l'Université Al-Najah à Naplouse (la plus grande université : 12.000 étudiants) et l'Université d'Hébron. La plupart des universités ont été investies et bombardées par l'armée israélienne, tout comme les résidences universitaires lors d'une immense vague d'arrestation. 48% des écoles, selon une étude faite sur la région de Ramallah, ont subit au moins un assaut par les soldats israéliens, et plusieurs ont été transformées en des camps de détention de citoyens palestiniens pendant la période d'incursion.

Selon une étude publiée par l'Institut de Santé Publique et Sociale au sein de l'Université de Birzeit, une immense majorité des enfants ont été affectés psychologiquement et terrorisés par les derniers événements. Ces mêmes écoles ont remarqué également qu'il y a eu un trouble du comportement des écoliers, ils sont de plus en plus violents avec l'escalade de la violence.

Mais cela ne concerne pas seulement les écoliers, les étudiants universitaires sont aussi touchés par tout cela. Il y a l'inquiétude des étudiants sur leur avenir. Comment y penser alors qu'on voit le chômage et la pauvreté ronger le pays, la famine s'installer, et que la vie en soi est devenue un défi. La situation économique des palestiniens s'est extrêmement dégradée. Cela prive autant d'étudiants palestiniens de continuer leurs études, car ils doivent subvenir aux besoins élémentaires de leur famille.

Mais il y a aussi l'inquiétude sur leurs parents qui habitent à quelques dizaines de kilomètres et qu'ils n'arrivent pas à rejoindre depuis plusieurs mois. Le pire des cas est celui des étudiants qui viennent de la Bande de Gaza et font leurs études en Cisjordanie. Nombreux sont ceux qui sont privés de voir leurs familles depuis 3 ou 4 ans, et s'ils arrivent à rentrer à Gaza, après être passé par la Jordanie et l'Egypte, ils risquent de ne pas pouvoir retourner en Cisjordanie.

C'est ainsi que l'état d'Israël en confrontant toute une génération à une horreur du présent, la prive de toute perspective d'avenir, c'est en l'obligeant à se battre pour sa survie qu'il l'empêche de construire son pays et de se construire.

Malgré tout, les Palestiniens continuent et continueront à combattre pour leur droit à l'éducation, ils s'adaptent à toutes les situations imposées par l'armée israélienne : L'Université de Birzeit a construit un site Internet pour donner les cours aux étudiants qui ne peuvent pas y venir. L'Université Al Najah a loué des appartements pour assurer les cours, et des professeurs accueillent des étudiants et donnent des cours chez eux.

La moindre des choses à faire en tant qu'étudiants, universitaires ou citoyens reconnaissant le droit à l'éducation, pour sauver le peuple palestinien de cette catastrophe humanitaire est de sanctionner l'état d'Israël en demandant la suspension de l'accord d'association UE-Israël en particulier en matière de recherche, pour obliger les intellectuels et la société israélienne à faire face à leur conscience, car eux continuent à étudier, à avancer tandis que toutes nos institutions deviennent inefficaces. N'est-ce pas le premier rôle de l'école que de libérer, n'est ce pas le rôle de la culture que d'assurer la victoire de la justice, du droit sur la violence et la guerre.

C'est pour cela que nous soutenons la motion votée par plusieurs universités françaises (Jussieu, Grenoble, Montpellier …) pour le non-renouvellement de l'accord-cadre de coopération universitaire avec Israël, non pas pour punir les universités israéliennes mais pour rappeler le désarroi et la souffrance palestinienne, et surtout pour qu'ils comprennent que le monde ne soutient pas le silence de ces universitaires et intellectuelles ou leur complicité, qu'ils sont responsables en tant que penseurs et qu'ils doivent assumer cette responsabilité.

Ceux qui ont attaqué les universités à l'origine de ces motions au nom de la laïcité et de la neutralité de l'école de la république ont oublié les valeurs que l'école se doit de porter. L'égalité, nous sommes des êtres humains privés de tous les droits élémentaires. Liberté, Israël occupe la quasi-totalité des territoires palestiniens en exécutant les pires atrocités, une occupation qui s'étend jusque dans nos vies privées, nos maisons. Fraternité, ce mot oublié veut dire solidarité, c'est-à-dire qu'on ne peut pas poursuivre la coopération avec Israël en oubliant les Palestiniens.

Notre présent forge notre avenir, ceux qui veulent que nous ne soutenions pas l'éducation palestinienne par tous les moyens possibles nous condamnent à l'ignorance, à la destruction et à la perte.

TAREK S.
GUPS (Union Générale des Etudiants Palestiniens)