Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Le terme "colonisation" est-il réservé à la seule construction des colonies ??

38 ans de colonisation en Cisjordanie

par Saed Shuyukhi

Certains peuvent croire que le terme et le concept de "colonisation" signifient tout simplement une maison ici, un immeuble là, ou encore une route par çi par là. La situation est complètement différente, et nous devons comprendre la question de la colonisation de façon précise et détaillée, et comment les sionistes sont en train d'appliquer sur le terrain les concepts et les visées qu'ils ont en tête. Il y a d'abord la question de la terre, qui signifie pour les sionistes l'instauration d'un Etat Juif (vidée de tous les autres habitants) en tenant compte qu'Israël est un Etat qui a été reconnu par les Nations-Unis sans qu'il ait défini ses propres frontières.

Que signifie le terme "colonisation" pour les Juifs ?

Est-ce qu'il s'agit de la construction de colonies dans des lieux stratégiques pour y installer des colons et résorber de nouveaux immigrants, imposer une nouvelle réalité sur le terrain, l'appropriation de nouvelles superficies de terres. C'est la politique suivie par le sionisme depuis son occupation de la terre de Palestine, en pratiquant une politique d'expulsion de l'autre, et l'autre est dans ce cas le peuple palestinien. Israël a utilisé des moyens et des formes différentes pour pousser les gens à quitter leurs lieux, et les exemples sur ces moyens sont nombreux, nous citons, à titre d'exemple, obliger la population de l'est de la ville de Yata, située au sud de la ville d'al-Khalil, à quitter, par la force, abandonnant leurs maisons et leurs terres, et exproprier leurs terres sous prétexte qu'il s'agit d'une zone militaire. Sans compter les pratiques quotidiennes d'assassinats, d'arrestations, de destructions des maisons, de confiscation de terres, d'installation des barrages et d'un mur. Tout cela vise la déportation volontaire du peuple palestinien.

Le 14 février 1974, soit près de trente ans auparavant, l'un des membres de la Knesset israélienne, qui se notammant Yorit (Yorot) a dit, textuellement : "En réalité, il n'y a pas de sionisme sans diable, et pas de judaïsme sans l'expropriation de la terre et l'expulsion de ses habitants". En réalité, les autorités de l'occupation israélienne construises aujourd'hui des colonies pour exécuter trois missions : la première est relative à la démographie, la seconde à l'économie et la troisième à la sécurité, et chacune de ces trois missions a son importance particulière.

Concernant la démographie, qui signifie l'apport de colons de toutes les parties du monde, la Russie, l'Ethiopie et d'autres pays, le but consiste à modifier la structure démographique en faveur des Juifs.

Concernant l'économie, les autorités de l'occupation ont fait des colonies une source de revenus, avec le chantage exercé sur le monde et les organisations juives pour les amener à financer, par leurs dons, la colonisation dans les territoires palestiniens.

Concernant l'aspect sécuritaire, qui est le plus important, c'est le grand mensonge qu'Israël exporte au monde entier, et a réussi à le convaincre qu'il est l'"enfant" qui a perdu ses protecteurs, et qui est constamment menacé par des Etats hostiles qui veulent le détruire.

Mais sur le terrain, les choses sont tout à fait autres. Des barbelés électrifiés entourent les colonies israéliennes, ces colonies sont reliées les unes aux autres pour encercler les terres et les villages palestiniens, comme nous le remarquons actuellement.

Les autorités de l'occupation ont émis des dizaines d'ordres militaires visant à la mise de barbelés et de murs autour des colonies, en liaison avec le mur de l'apartheid qui entoure actuellement la Cisjordanie et qui a avalé de larges superficies des terres palestiniennes. Malgré les coûts exhorbitants pour la construction du mur, le gouvernement israélien a réalisé des gains plus importants par rapport à ce qui a été dépensé pour le mur.

Parmi ces gains, figure l'extension de la colonisation et la confiscation des sources d'eau. Par la construction du mur, la superficie des terres palestiniennes cultivées ont diminué, et les facteurs ayant limité l'extension du mur vers l'intérieur, ce sont la présence des villages, des bourgs et des villes palestiniennes et la nature des sols. La construction du mur a augmenté la pourcentage de la pauvreté, que ce soit en Cisjordanie ou à Gaza, à cause du démantèlement des régions palestiniennes et la limitation de circulation des Palestiniens, et notamment des ouvriers.

Il ne faut pas oublier de mentionner ce qui s'est récemment passé, le pais considéré comme historique pour le peuple palestinien et "intelligent" pour le gouvernement israélien, et qui est le retrait israélien de la bande de Gaza. Il n'y a aucun doute que le retrait unilatéral de la bande de Gaza a allégé la souffrance sur la population de cette région, qui a supporté plus de 30 ans d'occupation. Mais en même temps, le retrait de la bande de Gaza fut un plan minutieusement étudié qui aura des répercussions néfastes sur la population de la Cisjordanie, où nous remarquons ces derniers temps des expropriations et des vols de terres, partout et sans exception.

Sans compter la nouvelle extension des colonies israéliennes au détriment des terres palestiniennes en Cisjordanie.

Qu'arrivera-t-il à la terre palestinienne au cours des prochains jours ?

Abdel Hadi Hantash, représentant du ministère palestinien pour les affaires du mur et de la colonisation s'attend à ce que les autorités de l'occupation procèdent au découpage des terres palestiniennes, en fonction de leur densité, en 8 cantons fermés, clos de toutes parts, chaque canton étant isolé de l'autre, sans aucune liaison géographique, mis à part celle autorisée par les autorités de l'occupation. C'est ce qui est en train d'être mis en place, sur le terrain. La colonie de Maale Adoumim, qui sépare la Cisjordanie en deux, est un exemple clair sur le plan, et ne représente que son début.

Hantsh ajoute que les autorités de l'occupation vont diviser la Cisjordanie, selon un plan de colonisation, en 6 parties, représentant 60% de la superficie de la Cisjordanie, et ces parties sont :
- 1) la région de la vallée du Jourdain pour appliquer le plan Alon et la couvrir de colonies.
- 2 ) al-Khan al-Ahmad (Maale Adomim) pour étendre les limites vers l'est, afin d'arriver jusqu'à la Mer morte.
- 3 ) Le bloc de la colonisation autour de Ariel, dans la province de Nablus.
- 4 ) al-Quds, pour élargir les limites vers le nord et vers le sud.
- 5 ) Le bloc de Gush Atzion, au nord de la ville d'al-Khalil, pour inclure la colonie Ifrata et les régions ouest, rassemblant plusieurs agglomérations de colons,
- 6 ) à l'intérieur même de la ville d'al-Khalil, avec la mise en place de portes en fer et de barrages pour fermer les entrées de la vieille ville, et cela n'est que le premier pas pour exécuter le plan de lier la vieille ville et la mosquée al-Haram al-sharif à la colonie de Kiriat Arbaa et Kharsina, et cela aux dépends de la population palestinienne locale, qui sera obligée de quitter et d'abandonner la vieille ville. C'est à cela que tendent les autorités de l'occupation israélienne, relier toutes les zones de colonisation les unes aux autres. Il s'agit d'une menace évidente.

La colonisation, le vol et la confiscation des terres, le cancer de la colonisation, l'occupation des terres d'autrui, toutes ces appelations pour exprimer la même chose, ce qui est en train de se dérouler aujourd'hui.

Les confiscations de terres, les destructions des sols, la construction des colonies qui à peine montées s'agrandissent et s'agrandissent pour avaler de larges superficies de terres autour d'elles, un mur qui contourne comme le serpent contourne sa proie, pour serrer et étouffer l'humain, la pierre et l'arbre aussi, tout cela pour ne plus avoir en face qu'une déportation, un départ obligé, la recherche d'un autre Etat où leurs lois autorisent l'absoption des Palestiniens refusés dans le monde entier, dans les pays arabes avant les pays étrangers.

C'est le plan du gouvernement israélien, conçu bien auparavant et qui continue à être appliqué sur le terrain. Le choix est finalement entre les mains du citoyen palestinien : ou bien vivre dans la dignité sur le sol de la patrie, malgré l'humiliation de l'occupation, ou bien, partir...

 

 

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