Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

les colons intensifient leurs agressions

Reportage de Yaser Uqbi

Les villageois de Khirbet Touani, Umm Touba et Maghyir Abid harcelés et agressés par les colons de la région d'al-Khalil

Ces villages sont situés à l'est de Yata, sur le mont d'al-Khalil. Leur situation témoigne de l'inertie de l'armée israélienne face aux colons. Les enfants palestiniens entre les colons et les soldats préfèrent rester chez eux, au lieu d'être agressés sur le chemin de l'école.

Les membres de la knesset, de la droite ou de la gauche, membres de la commission parlementaire de l'enfant, ont tenu leur réunion sous la direction de Mikhail Melchior, le mardi de la semaine dernière pour longuement écouter le témoignage du dr. Tawfiq Sulayman, psychologue, sur la situation vécue par les enfants de Mghar, dans la région située à l'est de Yata, dans la province d'al-Khalil, du fait des agressions répétées des colons de Ma'un, située sur leurs terres. La présence du dr. Sulayman est problématique, mais plusieurs associations de droits de l'homme en Israël ont fait des efforts importants pour lui fournir une autorisation afin qu'il puisse décrire la tragédie vécue par les enfants palestiniens, qui sont entre l'enclume et le marteau représentés par les colons et l'armée de l'occupation. Il s'agit de trois villages, Khirbat Touani, Umm Touba et Maghayir Abid, parmi les 6 qui sont situés à l'est du mont al-Khalil, éloignés de quelques kms de Yata. La beauté du paysage laisse le passant rêveur, ce dernier ne souhaitant que venir habiter ce coin merveilleux. Mais dans la forêt paisible vivent une poignée de colons qui ont transformé la vie des autochtones en enfer. Ce sont les colons de Ma'un, colonie installée sur les terres et les poitrines des gens, et sur les rêves des enfants. Les députés de la Knesset ont décidé ce jour, après avoir écouté le résumé des pratiques barbares et sauvages de ces colons, à faire porter la responsabilité de la sécurité des enfants qui vont à l'école, sur le dos des soldats. Les grands officiedrs venus écouter les travaux de la commission ont reçu cette responsabilité, mais ils n'ont pu assurer la sécurité des enfants palestiniens qui ont été interdits d'aller à l'école, le mercredi matin. Ils n'ont pas demandé l'avis des enfants. Les activistes des associtions humanitaires, médecins pour les droits de l'homme, Ta'ayush, Watch et d'autres assurent que les enfants ne souhaitent pas la protection de l'armée. En d'autres termes : ils ne veulent pas fuir la braise pour le feu. Ils disent " Nous avons encore plus peur des soldats que des colons". La peur se lit dans les yeux de ces enfants qui ont été privés de scolarité, de leur droit le plus fondamental d'arriver jusqu'à leur école, comme des millions d'enfants dans le monde, non parce qu'ils ne désirent pas s'y rendre, mais parce qu'il y a des groupes qui ne souhaitent pas les voir arriver jusqu'à leur école.

Khirbet Touani Les villages de Khirbet Touani et Umm Touba se trouvent au sud du mont al-Khalil. Entre Yata à l'ouest et Tel Arad dans le Naqab, à l'est. La population vit de l'agriculture et de l'élevage. Cette région se trouve dans ce qui est appelé la zone C, selon les accords d'Oslo. Dans cette région, les Palestiniens vivent les agressions incessantes des colons juifs qui vivent au sud du mont al-Khalil, dans les colonies Havat Ma'un, Karmil, Ma'un, Sousia ainsi que d'autres installations qui s'emparent durant les nuits de terres restantes aux paysans Palestiniens. Ces agressions se manifestent par les expropriations des terres, la destruction des puits d'eau ou leur fermeture, ou le pillage des produits agricoles et même les animaux. Les Palestiniens ne comprennent pas comment le bétail augmente dans la colonie Ma'un au moment où leur bétail diminue, même en plein jour. Avec la reprise de l'Intifada, en octobre 2000, les colons ont commencé à agresser les enfants qui se dirigent tous les jours à leur école, d'Umm Touba à Khirbet Touani, sur 2 km. Cette agression se manifeste par le jet de pierres, l'incitation des chiens à se ruer sur eux, et par des insultes tellement grossières qu'il est difficile d'écrire. Tout ceci parce que les enfants passent près du mur de la colonie Ma'un, ce mur qu'ils ont construit pour les protéger sur une terre volée. Mais c'est la route la plus proche pour se rendre à l'école fréquentée par une centaine d'enfants, dont 25 enfants d'Umm Touba et de Maghayir Abid. Au cours de la dernière période, les agressions se sont intensifiées, et la route vers l'école est devenue un enfer, ce qui a obligé les villageois, et à leur tête le président du conseil local, le maire Saber Harini, à faire appel aux organisations des droits de l'homme, locales et internationales, pour accompagner les élèves, étant donné que ces agressions se déroulent devant les soldats qui protègent les colons...

Lorsque les activistes de l'équipe CPT sont arrivés, les colons furent furieux, car ils voulaient agir sans contrôle. Ils se sont mis à agresser les activistes du CPT, ainsi que les enfants, les 29 septembre et le 11 octobre derniers. L'agression a été menée par des personnes cagoulées, accompagnées de chiens, équipées de chaînes et de pierres. Ils se sont mis à frapper les activistes, pendant que les enfants fuyaient, craignant d'être mordus par les chiens. Les activistes ont été emmenés à l'hôpital et la déléguée internationale d'Amensty Internationale a été témoin de l'agression et de ses conséquences. Elle écrira probablement un rapport aux nations-unies, un livre avec une couverture, avec des photos des enfants agressés, et ce rapport sera probablement mis sur une étagère, avec des centaines d'autres. Ibrahim Habib, responsable du dossier des terres occupées dans l'association Médecins pour les droits de l'homme explique : les soldats nous ont informé qu'ils ne peuvent connaître qui sont les agresseurs parce qu'ils étaient cagoulés". Lamberti, une des activistes agressées, raconte ce qui s'est passé : "nous sommes sortis à 6h50 du matin, j'étais accompagnée par Maryam et Safya, alors que Chris accompagnaient d'autres. Lorsque nous nous sommes approchés de la ferme Ma'un qui est une extension de la colonie Ma'un, les enfants ont commencé à crier, j'ai levé les yeux et j'ai aperçu un homme habillé de noir, avec une chaîne qu'il faisait tourner, et il était cagoulé. J'ai couru vers Chris, quatre autres hommes sont sortis des bois, Chris demande aux enfants de s'éloigner, en criant : ne touchez pas aux enfants. Il était clair que Chris et moi-même étions visés par les agresseurs. Ils n'ont pas suivi les enfants, ils ont quand même lancé des pierres contre eux. Ils se sont approchés de nous, j'ai pris mon téléphone portable et lorsqu'ils m'ont vu, ils se sont jetés sur moi. Je ne me souviens pas des coups, mais j'ai eu mal. J'ai entendu les cris de douleur de Chris, et j'ai compris qu'il souffrait plus que moi. Je me suis dit qu'il fallait que je fasse semblant d'être évanouie, ils cesseraient leurs coups. Ils ont volé le portable. Plus tard, j'ai su qu'ils m'avaient cassé la main et Chris a été atteint aux poumons. Quant à Maryam Umar Muhammad Jindiya, 6 ans, qui se trouvait en route pour aller à l'école, de Khirbet Touba avec ses frères Yousef, Saleh et Tareq, elle a ajouté : J'ai neuf frères et soeurs, mon père travaille dans l'agriculture et l'élevage. Je me suis réveillée avec mes frères à 5 h du matin, pour arriver à l'école. Nous retournons chez nous, exténués. Ce jour-là, nous avons vu des hommes cagoulés devant nous et nous avons compris qu'ils voulaient nous agresser. Nous nous sommes enfuis. L'un des cagoulés nous a coupé la route et m'a frappé avec un bâton sur la tête. Après mon arrivée à la maison, mon père m'a emmenée à l'hôpital à Yata, et je suis retournée à l'école à 9h30. La solution des soldats Les soldats de l'occupation ont trouvé la solution pour régler le problème, c'est de rendre difficile la vie des victimes pour satisfaire les agresseurs. Ils ont décidé de contourner la route qui longe la colonie pour prendre une route plus longue, à travers le bois. Malgré cette solution, les colons ne sont pas satisfaits. Le 16 et 19 octobre dernier, ils ont incité leurs chiens à agresser les enfants et ils ont lancé des pierres contre eux. Les soldats de l'occupation, comme dit un responsable de Médecins pour les droits de l'homme, Ibrahim Habib, ont préféré ne pas affronter les colons, parce que, disent-ils, "ce sont des sauvages". Une fois encore, la victime est punie, en allongeant le chemin qui mène à l'école pour des enfants. Il y a sept kilomètres de trajet, maintenant. Plusieurs fois, les activistes du CPT ont été voir le commandant militaire de la région d'al-Khalil, mais celui-ci a refusé que les enfants prennent le chemin le plus court, "pour protéger les colons de Ma'un". La question qui se pose est, qui met en danger la vie des colons ? Il s'agit de 7 enfants, âgés de 6 à 11 ans accompagnés d'un adulte, et tous sont connus par l'armée de l'occupation. Admettons qu'un enfant de 6 ans agresse la colonie, le gardien de la colonie est en relation directe avec l'armée et la police israélienne, qui peuvent intervenir à ce moment.

Les activistes des organisations des droits de l'homme se demandent si les enfants palestiniens peuvent se rendre tranquillement à leur école, sans être accompagnés, au moment où les enfants des colons sont ramassés tous les jours dans des cars, qui viennent jusqu'aux colonies ?

Le psychologue connu, Tawfiq Sulayman, qui dirige un village de 100 enfants de martyrs palestiniens, a expliqué la situation devant les membres de la Knesset, et a réussi à convaincre même les plus extrémistes de la droite de la situation désastreuse pour les enfants. Mais l'activiste Lamberti conclut : j'ai compris des habitants que le but des colons est de les chasser de leurs terres. Les paysans palestiniens vivent modestement, la plupart vit de l'élevage et de l'agriculture. Ils nous ont agressé, Chris et moi, pour faciliter les expulsions. J'ai appris également que tous les villageois de Khirbet Touani ont été agressés par les colons de Ma'un.