Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Les "Documents Palestine": de graves concessions palestiniennes face à un "rejectionisme" Israël

Palestine occupée, 17 février 2011.

La récente révélation publique de nombreux documents liés au « processus de paix » - sponsorisé par les Américains - entre Israël et les officiels palestiniens ont fourni une preuve solide, s'il en était besoin, non seulement de l'empressement des « négociateurs » palestiniens non-représentatifs à sacrifier les droits palestiniens fondamentaux, mais aussi du « rejectionisme » et du refus d'Israël de négocier ne serait-ce qu'une paix injuste et non durable.

Les documents divulgués révèlent également les pressions directes utilisées par les «casseurs de paix» afin d'obliger les officiels palestiniens – non élus – à servir le programme expansionniste et colonial d'Israël en renonçant aux droits du peuple palestinien consacrés par les Nations Unies. Il est maintenant évident que les soi-disant négociations n'ont jamais été basées sur les principes du droit international et des droits humains et qu'ils n'ont jamais eu pour objet une paix juste.

Avec des révolutions populaires qui recueillent un succès dans la région, plus particulièrement en Egypte, contre des régimes despotiques qui furent profondément impliqués dans le but de protéger Israël et qui se rendirent complices de ses crimes de guerre et de ses crimes contre l'humanité, l'impunité d'Israël, son intimidation, son pouvoir « dissuasif » ainsi que sa capacité à maintenir l'occupation, le colonisation et l'apartheid à l'encontre du peuple palestinien ont été considérablement affaiblis. La vitesse foudroyante à laquelle la démocratisation et la liberté sont en train de s'emparer de la Tunisie, l'Egypte et d'autres Etats arabes dirigés par des régimes autoritaires renforcera sans aucun doute la résistance populaire palestinienne, y compris le mouvement de boycott. Tout cela est sans précédent.

A la lumière de ces événements radicaux dans la région, le comité national palestinien pour le Boycott, Désinvestissement et Sanctions appelle les personnes de conscience à travers le monde à voir ces documents (les «documents palestiniens ») comme l'élément qui pousse davantage le soi-disant « processus de paix » vers le précipice. Nous exhortons la société civile internationale et les citoyens du monde qui se sentent concernés à redoubler d'efforts dans leur soutien à l'alternative éthique la plus consistante et la plus efficace qui soit : une stratégie pleine de dignité, basée sur les droits pour une paix juste, en particulier la société civile palestinienne à la tête de la campagne internationale pour le Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre Israël jusqu'à ce que ce dernier se conforme au droit international et respecte les droits inaliénables du peuple palestinien.

Les documents publiés récemment contiennent des protocoles, cartes, correspondances issus de presque 10 années de négociations politiques incluant les réunions directes entre les délégations palestinienne et israélienne, les pourparlers préparatoires avec les officiels américains et les résumés de nombreuses réunions dans lesquelles les parties officielles ou non-officielles américaine et européenne exercent des pressions sur des homologues palestiniens apparemment dociles. Une série de documents issus des réunions préparatoires de la toute dernière séance de sommets pour la paix – qui ont tous échoué - (la conférence d'Annapolis en 2007) illustre, documents à l'appui, d'une part, le rejet d'Israël d'une plateforme commune basée sur le modèle traditionnel de deux Etats pour la paix, c'est-à-dire, un Etat palestinien à côté d'Israël ; d'autre part les efforts persistants du Premier Ministre de l'époque Tzipi Livni pour arracher aux négociateurs palestiniens la reconnaissance du concept raciste « d'Etat Juif ». Ces derniers ont refusé de se plier à cette injonction. Les mots de Livni « Je suis avocate...mais je m'oppose au droit – au droit international en particulier. Le droit en général » prononcés au cours d'une session de négociations illustrent le mépris israélien pour le droit international et le peu de cas témoigné pour les droits palestiniens.

Alors que les «documents palestiniens » n'ont pas révélé d'informations majeures qui ne fussent déjà connues des observateurs palestiniens et internationaux avertis, ils ont dépeint et détaillé l'image d'un processus de négociations caractérisées par le non-respect des standards éthiques et légaux, dénuées de tout sens des responsabilités (notamment du côté palestinien), et plombées par la mauvaise grâce flagrante des acteurs internationaux pour s'attaquer aux obstacles réels à une paix juste, à savoir la pratique continue de l'apartheid, la colonisation et l'occupation par Israël.

En résumé, les «documents Palestine » offrent un aperçu de la réalité de 20 années de fabrication de la « paix » qui a échoué à cause des Américains et du Quartet qui en tant que sponsors ont ignoré ce que les Nations Unies ont reconnu au moins depuis 1974, à savoir, que l'exercice des droits inaliénables à l'auto-détermination, l'indépendance et la souveraineté du peuple palestinien, ainsi que le retour des réfugiés palestiniens dans leurs foyers et sur leurs propriétés desquels ils furent déracinés constitue les pré-requis essentiels pour atteindre une paix juste (Résolution 3236 de l'Assemblée Générale des Nations Unies). En d'autres termes, il faut mettre fin au système d'oppression à trois niveaux mis en place par Israël avant que de véritables négociations de paix puissent aboutir. Les pourparlers de paix devraient avoir pour conditions préalables la reconnaissance par toutes les parties du caractère applicable des préceptes appropriés relevant du droit international, des principes des droits humains et des droits inaliénables du peuple autochtone palestinien, et parmi ces droits, le droit suprême à l'auto-détermination. Les négociations pourront alors se concentrer sur les modalités et les chronologies de l'application du droit international, et non sur la question de la reconnaissance ou non de ce droit comme référence.

La campagne BDS contre Israël présente une alternative stratégique sur cette base. Guidé par l'appel du BDS 2005, la société civile palestinienne, à la tête de la campagne internationale BDS, se concentre sur l'ensemble des droits du peuple palestinien et s'efforce de les concrétiser à travers le démantèlement du régime discriminatoire et oppressif d'Israël à l'encontre de tout le peuple palestinien. L'appel BDS met plus spécifiquement en lumière les trois droits élémentaires que constituent les exigences minimales du peuple palestinien à exercer son droit à l'auto-détermination : mettre fin à l'occupation et à la colonisation qui perdurent depuis 1967 ; mettre fin au système institutionnalisé et légalisé de discrimination raciale à l'encontre des citoyens palestiniens d'Israël ; reconnaître et faire en sorte que les réfugiés palestiniens puissent retourner dans leurs foyers d'origine et percevoir des réparations. C'est sur ces seules bases qu'une paix complète et durable pourra être édifiée.

Depuis plus de six décennies, les citoyens palestiniens d'Israël sont confrontés à un système de discrimination sauvegardé au coeur de la loi. Ce système est maintenant encore plus enraciné du fait de tout un tas de nouvelles lois qui ont pour but de saper les droits palestiniens dans tous les domaines de la vie. En ce moment crucial, l'exigence que ces 1,3 millions de citoyens palestiniens d'Israël, qui représentent un cinquième de la population d'Israël puisse jouir d'une égalité entière est plus importante que jamais. Toute proposition pour une paix juste doit sauvegarder cette exigence élémentaire pour l'égalité.

Concernant les réfugiés, à la fin de l'année 2008, ils étaient au moins 7,1 millions de déplacés palestiniens, représentant 67% de toute la population palestinienne (10,6 millions) à travers le monde. Parmi eux, il y avait 6,6 millions de réfugiés et 427 000 personnes déplacées à l'intérieur. Le déni du droit au retour de ces réfugiés a été décrit par le professeur John Dugard, ancien rapporteur spécial aux Nations Unies pour les Droits Humains dans les Territoires Palestiniens Occupés, comme étant « peut-être la plus grande injustice commise après la Seconde Guerre Mondiale, et certainement celle qui dure depuis le plus longtemps ». Le droit au retour est au coeur de la question de la Palestine.

Enraciné dans un siècle de lutte palestinienne populaire, non-violente contre les colons et -par la suite- contre la dépossession, l'apartheid, et largement inspiré de la lutte héroïque contre l'apartheid en Afrique du Sud, la campagne BDS pour les droits palestiniens a remporté des succès majeurs depuis son lancement il y a moins de six ans, confirmant ainsi le bien-fondé de son approche basée sur le droit. Deux événements récents attestent de la façon spectaculaire dont croît l'influence de la Campagne. Il y a quelques semaines, 155 universitaires israéliens, dont des lauréats du prix Israël, ont appelé au boycott de l'établissement universitaire d'Ariel en raison de son emplacement sur les terres palestiniennes occupées et ce, en violation du droit international. A peu près au même moment, les Fédérations Juives d'Amérique du Nord ont annoncé la levée d'un fond de 6 millions de dollars pour contrer BDS et d’autres actions accusées de promouvoir la « dé-légitimation » d'Israël. Ces deux exemples, combinés au fait que de hauts officiels israéliens qualifient BDS de « menace stratégique », montrent que le mouvement BDS, dont la branche israélienne est vive et grandissante, est en train de susciter la crainte au sein de l'establishment israélien de devenir le paria du monde comme ce fut le cas pour l'Afrique du Sud à une période. L'action visible et efficace de BDS est en train de remporter de véritables victoires contre l'apartheid israélien ainsi que contre ses institutions complices. BDS est, à son tour, en train de créer un défi au consensus colonial existant au sein de la société israélienne.

En réponse à la publication des «Documents Palestine », le comité national palestinien BDS réaffirme le caractère central de la reconnaissance et de la mise en application de l'ensemble des droits de tous les Palestiniens et le besoin d'alternatives crédibles, en particulier celle du Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre Israël jusqu'à ce que ce dernier se soumette de par ses obligations au regard du droit international et respecte les droits palestiniens. Comme l'a dit l'archevêque Desmond Tutu, « Prendre des miettes de compassion jetées de la table de celui qui se considère comme mon maître ne m'intéresse pas. Je veux tous les droits qui sont au menu. »