Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Les Israéliens ont tenté de limiter leurs pertes en Syrie. Ils ont échoué

Alors que l'Iran consolide sa présence et son influence en Syrie, Israël craint que sa « politique syrienne » ne soit en train de s'effondrer. Pour réduire ses pertes, l'État juif s'est lancé de toute urgence dans une nouvelle initiative de renseignent diplomatique dirigée par le chef du Mossad, Yossi Cohen.

Mercredi dernier, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a troublé les vacances estivales du président russe Vladimir Poutine en se rendant à Sotchi. Il était accompagné de Cohen.

La semaine dernière, Cohen a mené une délégation de haut niveau des services de renseignement, comprenant notamment le major-général Hertzi Halevi, chef des renseignements militaires israéliens, à Washington pour des rencontres avec leurs homologues.

Lors de ces deux réunions, les Israéliens ont exhorté les Américains et les Russes à mettre immédiatement fin au déploiement des forces iraniennes, du Hezbollah libanais et des milices chiites en provenance du Pakistan, d’Afghanistan et d’Irak près de la frontière israélienne sur le plateau du Golan et de leur demander plus tard de quitter la Syrie.

Or, selon des sources israéliennes bien informées, ces missions ont échoué. L'administration Trump a décidé d'abandonner son implication en Syrie une fois que le groupe État islamique (EI) sera vaincu, ce qui pourrait très probablement se produire d’ici à quelques mois.

Les trois messages de Trump

Au cours de la campagne électorale, Donald Trump a martelé son thème de campagne, « l’Amérique d’abord », et rejeté toute politique interventionniste visant à résoudre les problèmes liés aux droits de l'homme ou à contribuer à la construction de la démocratie à l’étranger.

Dans son esprit, éliminer l’EI en Irak et en Syrie est uniquement une action militaire et sera rapidement suivi d’un retrait. Trump ne veut pas que les États-Unis s'impliquent en profondeur en Syrie une fois que l’EI aura perdu ses territoires, une politique qui bénéficie du soutien du public américain.

En effet en juin, un mois avant qu'il n’en annonce la fin, Trump a, selon des rapports, décidé de mettre un terme au programme secret de la CIA visant à former et armer des rebelles pro-occidentaux modérés qui luttent contre le régime d'Assad, une décision souhaitée depuis longtemps par la Russie.

Sa décision a renversé la politique de l'administration Obama lancée en 2013 qui consistait à faire monter la pression sur le régime syrien et obliger Assad à démissionner. Or, le programme de la CIA s’est révélé incohérent, trop lent et trop limité et n'a pas produit les résultats escomptés. À partir de maintenant, l'implication militaire des États-Unis en Syrie se limitera aux attaques aériennes contre les seules cibles de l’EI.

En mettant fin au programme de la CIA, les États-Unis envoient trois messages simultanés.

Tout d'abord, contrairement à l'impression qu'ils ont donnée il y a seulement trois mois lorsqu'ils ont ordonné une série de frappes aériennes contre la base aérienne et les forces d'Assad en représailles à l'utilisation d’armes chimiques par le régime, les États-Unis ne cherchent plus à renverser Assad.

Trump et Poutine tiennent une réunion en marge du Sommet du G20 en Allemagne en juillet (AFP)

Le deuxième message est que, suite à la perte par l’EI de la ville irakienne de Mossoul, les États-Unis sont convaincus que la guerre contre le groupe est entrée dans sa phase finale, même si celui-ci contrôle encore certaines parties de sa « capitale », la ville syrienne de Raqqa.

Le troisième message de l'administration Trump est qu'elle a convenu que la Syrie est, et demeurera, dans la sphère d'influence de la Russie. Trump et Poutine ont discuté et convenu d’un cessez-le-feu en marge du sommet du G20 à Munich début juillet.

Cette rupture vis-à-vis de la politique antérieure des États-Unis signifie une plus grande consolidation de l'influence russe en Syrie – et même davantage de sécurité pour Assad. Pas étonnant que le président syrien ait récemment remercié ses alliés – l'Iran, le Hezbollah et la Russie – pour l’avoir aidé à reprendre le contrôle.

Les demandes d’Israël – et ses préoccupations réelles

En ce qui concerne Israël, le signe le plus flagrant de cette nouvelle réalité en train d’émerger est l'accord de cessez-le-feu du 9 juillet négocié par les États-Unis, la Russie et la Jordanie. Celui-ci a créé des zones sûres ou, plus précisément, « des zones de violence réduite » le long des frontières israélienne, syrienne et jordanienne.

L'issue majeure des pourparlers est que la Russie a été nommée pour superviser le cessez-le-feu et le faire appliquer par toutes les parties concernées : l'armée syrienne, ses alliés iraniens et du Hezbollah, et les dizaines de groupes rebelles qui combattent le régime syrien tout en s’affrontant les uns les autres.

Israël n'a pas participé directement aux pourparlers mais a transmis ses préoccupations, demandes et lignes rouges par le biais de différentes voies officieuses.

La principale exigence d'Israël était que ni les combattants du Hezbollah, ni les troupes iraniennes, ni leurs mercenaires chiites, qui sont profondément impliqués dans les combats en Syrie en soutien au régime d'Assad, ne soient présents dans les zones de sécurité proches de la frontière israélienne.

Des sources militaires israéliennes m'ont confié que leurs demandes avaient été ignorées. Au moins 300 soldats du Hezbollah sont déjà présents du côté syrien du plateau du Golan, déployés dans des bases de l'armée syrienne situées à une demi-dizaine de kilomètres à peine de la frontière israélienne.

Il s’agit d’une force insignifiante mais symbolique, et d’une indication de la tournure que pourraient prendre les événements. En fait, Israël n'est même pas si inquiète que ça au sujet des 20 000 miliciens chiites en Syrie. Ceux-ci sont mal formés et mal équipés et servent de chair à canon à l’Iran sur le champ de bataille.

Les préoccupations israéliennes sont différentes. Selon un rapport secret des renseignements israéliens récemment divulgué, la Russie a besoin d'une présence iranienne plus grande et plus forte en Syrie pour en finir avec le contrôle de l’EI à l'est, à proximité du voisin irakien.

La Russie n'a jamais dénoncé le soutien militaire iranien au Hezbollah en public et il n'y a aucune raison de penser qu'elle le fera à présent. En outre, même si la Russie s'en était plainte en privé, son influence sur les relations de l'Iran avec le Hezbollah et d'autres milices soutenues par l'Iran est très limitée.

Jusqu'à présent, les requêtes et exigences israéliennes – y compris celles qui ont été faites lors des récentes réunions à Sotchi et à Washington – sont tombées dans l’oreille d’un sourd. Contrairement à l'impression donnée par Netanyahou et le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, qui laissent entendre que leur longue cour de Poutine est en train de porter ses fruits et qu’Israël et la Russie sont sur la même longueur d’onde, la réalité sur le terrain est catégoriquement différente.

Nous ne pouvons attendre de la Russie qu'elle prenne des mesures fortes contre l'Iran en Syrie – et nous pouvons dès lors supposer que Moscou ne succombera pas à la demande d'Israël de contenir l'Iran, mais encouragera plutôt ce dernier à accroître sa présence.

D’après les estimations du renseignement israélien, pour accomplir sa mission, il est probable que l'Iran ait besoin d’un plus grand nombre de soldats professionnels, au-delà même de ceux qui combattent au sein du Hezbollah et des milices chiites. En conséquence, des sources israéliennes prédisent que l'Iran enverra bientôt des troupes bien formées et bien équipées des Gardiens de la révolution islamique en Syrie, en plus des 1 000 conseillers rattachés à l'armée syrienne et aux milices chiites.

Lutter contre le Hezbollah sur deux fronts

Depuis le début de la guerre, la stratégie israélienne en Syrie a été essentiellement d’ordre tactique. Tout ce que voulait Israël était gagner du temps et profiter de la guerre civile tout en maintenant la paix et le calme le long de sa frontière avec la Syrie.

Au début, Israël espérait que le régime d'Assad tomberait. Ensuite, il a simplement souhaité que la Syrie s'effondre et que le Hezbollah y déverse son sang.

Et, en effet, pendant quelques années, cette politique a fonctionné. Le Hezbollah a perdu en Syrie quelque 2 000 de ses meilleurs combattants et, profitant du chaos de la guerre, l'armée de l'air israélienne a effectué près de cent attaques visant des convois de missiles longue portée précis et sophistiqués en provenance d'Iran via la Syrie. Israël a évité de revendiquer la responsabilité des attaques jusqu’au 17 août dernier, lorsque le général Amir Eshel, responsable sortant de l’armée de l’air israélienne, l'a reconnu.

Mais maintenant, il devient clair que les objectifs d'Israël en Syrie ne seront pas accomplis. Assad restera au pouvoir, l'Iran renforcera sa présence, le Hezbollah émergera plus fort et, malgré les sorties de la force aérienne israélienne, l'arsenal de missiles du groupe s'est probablement enrichi d’armes plus précises.

Cela ne signifie pas qu'une guerre s'annonce à l'horizon. Néanmoins, la profonde influence de l'Iran en Syrie est potentiellement volatile. Cela augmente le risque que, si la trêve et le calme qui règnent depuis onze ans le long de la frontière israélo-libanaise viennent à se briser, l'armée israélienne se retrouve contrainte de lutter contre le Hezbollah sur deux fronts.

 

- Yossi Melman est un commentateur spécialiste de la sécurité et du renseignement israéliens. Il est co-auteur de Spies Against Armageddon.

Traduit de l’anglais (original).

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