Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Les pourparlers d’Amman : un suicide politique pour le Fatah ?

Les responsables du Fatah veulent minimiser l’importance des réunions entre l’Autorité Palestinienne et Israël, en Jordanie, alors qu’il n’y a aucun changement du côté d’Israël dans sa politique colonialiste, écrit Khaled Amayreh, depuis Ramallah.

Les dirigeants palestiniens de l’ensemble du spectre politique ont fustigé la dernière réunion à Amman entre Israël et l’Autorité palestinienne (AP.

Le Hamas, qui a le mois dernier validé un accord dont l’objectif est l’unité avec le Fatah, a critiqué la direction de l’AP pour « répéter les mêmes erreurs et reproduire les mêmes échecs ».

Sami Abu Zuhri, porte-parole du Hamas dans la bande de Gaza, a déclaré que les réunions à Amman ne feraient qu’affaiblir la position collective palestinienne et ne feraient qu’enhardir Israël.

Les organisations de gauche qualifient les réunions « d’illogique » à la lumière de la poursuite incessante de l’expansion des colonies juives en Cisjordanie et de la saisie de terres palestiniennes pour ces mêmes colonies.

L’AP a toujours dit qu’elle n’accepterait pas de reprendre les négociations qui sont aujourd’hui au point mort avec Israël, à moins que Tel-Aviv n’ait accepté de geler toutes les activités de colonisation en Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est.

Mais les Etats-Unis ont mis en garde la très vulnérable Autorité palestinienne, qu’ils cesseraient de la financer à moins qu’elle n’accepte de reprendre les pourparlers sans conditions préalables avec Israël.

Certains responsables de l’AP ont souligné que les « avertissements » se sont transformés en « menaces » et que l’administration Obama traite le Président de l’AP Mahmoud Abbas, comme s’il était un vulgaire autocrate sans responsabilité devant son peuple.

En d’autres termes, du point de vue américain, l’Autorité palestinienne doit abandonner la principale condition pour la reprise des négociations, à savoir le lien entre la reprise des pourparlers et l’arrêt de l’expansion des colonies.

Toutefois, cela représente probablement un suicide politique pour la direction de l’AP, en particulier dans le camp du Fatah.

Le mois dernier le Fatah, qui se prépare pour des élections générales palestiniennes, a déclaré qu’il pourrait annuler sa reconnaissance d’Israël si ce dernier maintenait son refus d’un l’Etat palestinien.

L’avertissement, qui reste informel, est considéré comme un réflexe de défense de la part du Fatah pour rester dans le rythme et l’esprit du Printemps arabe et profiter du courant islamique en plein expansion dans la région.

Cet avertissement pourrait indiquer également que le Fatah va devenir plus radical si son chef, Mahmoud Abbas, ne parvient pas à convaincre la communauté internationale de soutenir la création d’un Etat viable et souverain sur l’ensemble des territoires occupés par Israël en 1967.

Visiblement embarrassé par la participation de l’AP à la réunion d’Amman, l’ancien chef négociateur palestinien Saeb Ereikat a cherché à minimiser l’importance de la rencontre en Jordanie, en disant qu’elle ne constituait pas une reprise des pourparlers.

« Nous sommes seulement venus répondre à l’aimable invitation de sa majesté le roi Abdallah. Nous allons une fois de plus faire connaître notre position actuelle, à savoir que les pourparlers de paix pourront reprendre à la condition qu’Israël gèle toutes les activités de colonisation et donne son accord à l’établissement d’un Etat palestinien viable sur la base des frontières du 4 juin 1967 ». Il a ajouté : « C’est seulement une occasion de représenter et de clarifier notre point de vue, rien de plus ».

Certains observateurs politiques en Cisjordanie ont exprimé des sentiments mitigés au sujet de la réunion. « Il est vrai que la direction de l’AP souhaite utiliser cette rencontre pour prouver que la balle est dans le camp israélien et que la pression devrait être exercée sur Israël, et non pas sur les Palestiniens », a déclaré Hani Al-Masri, un analyste politique basé à Ramallah. « Toutefois, il est également vrai que la réunion va confirmer à Israël que l’AP peut être mise sous la pression et l’intimidation pour faire des concessions supplémentaires. Je crains aussi que le Quartet peut essayer de contourner la position palestinienne et cajoler l’AP pour qu’elle reprenne les pourparlers sans conditions préalables. Et ce serait une véritable catastrophe. »

Il n’est pas évident de savoir ce qui a incité Abdullah de Jordanie à inviter Israël et l’AP pour une réunion qui, pour la plupart, sinon tous les observateurs, aura peu de chance de réussir à relancer le processus de paix. Ce n’est pas un secret que le souverain jordanien considère l’échec du processus de paix, en particulier sur le volet palestino-israélien, comme une source d’angoisse existentielle pour l’État jordanien et son régime. La Jordanie est inquiète que la non-résolution du problème palestinien puisse raviver les demandes sionistes pour faire de la Jordanie une patrie palestinienne alternative.

Son père le roi Abdallah, ou roi Hussein, décédé en 1999, avait laissé entendre que la volonté de déjouer les desseins israéliens de résoudre la question palestinienne au détriment de la Jordanie - par exemple, en faisant de la Jordanie un Etat palestinien, probablement grâce à une combinaison de guerre, de migrations forcées, de déportation en masse et, si nécessaire, d’un nettoyage ethnique génocidaire - a joué un grand rôle dans la décision jordanienne de signer son traité de paix si impopulaire avec Israël.

Le roi Abdallah, dont le pays dépend aussi dans une large mesure de l’aide économique et financière de l’Occident, est souvent perçu comme l’aiguillon servant à exiger de l’AP qu’elle montre plus de « flexibilité ».

Un autre facteur susceptible et pertinent dans les efforts de médiation jordanienne peut résider dans la volonté du régime jordanien de parvenir à un accord de paix entre Israël et l’Autorité palestinienne, avant l’approfondissement et la consolidation du printemps arabe dont les ramifications et les répercussions ont déjà atteint la Jordanie, menaçant le pouvoir absolu du roi.

Le Quartet international pour la paix au Moyen-Orient, qui comprend les Etats-Unis, l’UE, la Russie et l’ONU, avait donné aux parties impliquées - Israël et l’AP - trois mois pour reprendre les pourparlers aujourd’hui gelés. La période de grâce prendra fin le 26 janvier, après quoi de nouvelles perspectives devraient être explorées afin de garder l’espoir d’arriver un jour à un accord de paix.

Tout ceci se produit dans un contexte où le gouvernement israélien, sans doute le plus belliciste et fascisant depuis la création de l’entité sioniste, continue à restreindre les horizons palestiniens par toute une variété de méthodes, y compris l’octroi aux colons juifs paramilitaires d’une carte blanche pour attaquer les Palestiniens et vandaliser leurs mosquées, brûler leurs voitures et mettre le feu à leurs champs.

La dernière provocation israélienne, telle que rapportée par les médias israéliens, a pris la forme d’utiliser des juifs encore mineurs pour agresser des ouvriers palestiniens qui cherchent à trouver du travail de l’autre côté de la Ligne verte - ligne d’armistice entre les anciens territoires occupés et Israël. Cette initiative manifestement raciste est destinée à infliger le maximum de dommages aux Palestiniens, allant parfois jusqu’au meurtre, sans risquer de poursuites ou de condamnations du fait de leur âge.

Quant aux crimes commis par des soldats israéliens contre les Palestiniens, même des Palestiniens innocents, sont généralement atténués par le système israélien de justice contrôlé par des rabbins du Talmud qui considèrent les non-juifs comme des sous-humains.

Avec un processus de paix qui ne va nulle part, l’administration Obama face à une année d’élections et l’Union Européenne qui affiche une choquante impuissance vis-à-vis d’Israël, il est probable que 2012 verra l’enterrement définitif de la solution à deux Etats.

Ce n’est pas une question de faire de sombres pronostics. C’est plutôt une évaluation réaliste de la situation sur le terrain, où les colonies juives omniprésentes ne laissent plus la moindre place pour la construction d’un Etat palestinien viable.

 

Khaled Amayreh - al-Ahram

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