Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Les prisonniers politiques palestiniens

Ces actions collectives forgent la solidarité et grandissent la conscience politique de tous ceux qui y participent.
"Nous sommes réunis tous ensemble dans un combat, ainsi nos expériences partagées ne font que nous rendre plus forts"

« Le martyre plutôt que la prison »

Dans mon livre Résistance populaire en Palestine : une histoire d’espoir et d’autonomie, j’explique comment le mouvement des femmes en Palestine est très fort dans les années mil neuf cent vingt, et réussit même à faire pression sur le gouvernement britannique pour qu’il libère des prisonniers politiques palestiniens.
Et le 17 mai 1936, les prisonniers du camp de détention de Nur Shams (à 3 km à l’est de Tulkarem, devenu un camp de réfugiés après 1948) lancent une grève et se dressent contre leurs gardiens de prison. Le directeur de la prison, un certain Mr Grand, ordonne aux soldats de tirer, un prisonnier est tué, plusieurs autres blessés alors qu’un prisonnier s’exclame, « Le martyre plutôt que la prison ». Le 9 septembre 1939, les combattants de la liberté s’emparent des bâtiments gouvernementaux de Beer Al-Saba’ et libèrent les prisonniers politiques de la prison centrale.
Les prisonniers politiques dans les prisons israéliennes s’organisent eux-mêmes en comités efficaces, déclenchant des grèves collectives particulièrement puissantes dans les années mil neuf cent quatre-vingt et au début des années quatre-vingt-dix.
Des manifestants non violents durant le soulèvement de 1987/1991 sont condamnés à des amendes de 500 à 1000 shekels (environ 100 à 200 €, pratiquement un demi-salaire annuel de l’époque) et à des peines de prison de 8 à 12 mois (réf.). Le nombre de prisonniers dans les prisons israéliennes monte à plus de 20 000, à un certain moment. En septembre 1988, l’armée israélienne fait savoir qu’elle détient 23 600 Palestiniens prisonniers, et les tortures sont alors courantes (réf.). Au total, ce sont plus de 700 000 Palestiniens qui sont passés par les prisons israéliennes.
La radio d’Israël fait un reportage sur une grève de la faim illimitée déclenchée par des prisonniers dans les prisons des camps de Jénine, Ramallah et Naplouse, qui réclament une amélioration des conditions déplorables de leur incarcération (réf.) Et ce sont 90 prisonniers dans la prison Ansar 2, à Gaza, qui engagent une grève de la faim illimitée pour protester contre leur sort pitoyable spécialement pendant les périodes difficiles de l’été (réf.). Dans 13 prisons, les prisonniers de toutes factions politiques refusent nourriture et eau le 26 septembre 1992 (réf.).
Ces actions collectives forgent la solidarité et grandissent la conscience politique de tous ceux qui y participent.
A la prison d’Al-Ansar, dans le sud du Liban - où des milliers de Palestiniens et Libanais, prisonniers politiques, ont été détenus par les forces d’occupation israéliennes -, les prisonniers font preuve d’actes incroyables de résistance et de détermination, allant des grèves de la faim aux refus d’obéir aux ordres (réf.). Le 6 décembre 1998 (pendant la visite du Président Clinton), plus de 2000 prisonniers politiques lancent une grève de la faim pour obtenir leur libération.
Des milliers de prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes commencent une grève de la faim qui dure du 15 août au 2 septembre 2004. Pendant cette période, les autorités israéliennes essaient différentes méthodes de persuasion, depuis les menaces jusqu’aux coups, pour briser la grève, 13 agences des Nations-Unies qui opèrent dans les régions occupées expriment leurs préoccupations (réf.).
A l’extérieur des prisons, Palestiniens et internationaux vont protester et agir avec diligence pour faire connaître à travers le monde les exigences des prisonniers et leurs sorts déplorables. Cela commence avec les familles des prisonniers, dont beaucoup se joignent à la grève de la faim. Des foules se rassemblent le 16 août 2004 devant les bureaux de la Croix-Rouge et marchent sur le siège des Nations-Unies à Gaza, où elles remettent une lettre à l’adresse du secrétaire général, Kofi Annan, l’appelant à faire pression sur Israël pour que les conditions de détention des prisonniers s’améliorent. Ces foules manifestent par milliers à nouveau deux jours plus tard (réf.).
L’Autorité nationale palestinienne, les Palestiniens à l’intérieur de la Ligne verte, et ISM (Mouvement de solidarité internationale) appellent à une grève de la faim à l’extérieur des prisons (réf.). La grève prend progressivement de la force. Le ministre de la Sécurité publique d’Israël, Tzahi Hanegbi, déclare : « Israël ne cédera pas à leurs exigences. Pour ce qui me concerne, ils peuvent jeûner un jour, un mois, et même mourir de faim (réf.) », mais Israël finit quand même par reconnaître certains droits humanitaires basiques qui sont ceux des prisonniers.
Les prisonnières politiques palestiniennes de la prison de Telmud sont maltraitées, et le 28 novembre 2004, leur porte-parole qui se plaint de ces mauvais traitements est frappée et punie. Quand les autres prisonnières se plaignent, elles sont toutes punies. Elles lancent alors une grève de la faim (réf.).
Les prisonniers continuent d’utiliser la grève de la faim pour protester contre les mauvais traitements et attirer l’attention sur leur sort désespéré.
Par exemple, le 16 février 2006, Jamal Al SArahin meurt en prison. Il a 37 ans et est en « détention administrative » (jamais inculpé, jamais jugé) depuis 8 mois, il meurt après avoir été maltraité gravement. Des prisonniers déclenchent une grève de la faim d’un jour (réf.) et le 11 mars 2006, une grève sur le tas en face la Croix-Rouge à Hébron s’organise pour exiger un meilleur traitement des prisonniers.
Le 27 juin 2006, 1200 prisonniers politiques palestiniens, dans le désert du Néguev, commencent une grève de la faim pour protester contre les mesures arbitraires et oppressives de l’Administration pénitentiaire. Au total, plus de 700 000 Palestiniens sont passés par les prisons israéliennes et aux dernières statistiques, il y a alors 11 000 prisonniers toujours détenus, selon la Société des prisonniers palestiniens (réf.).
En 2009, les Palestiniens dans les prisons israéliennes lancent avec succès un certain nombre de luttes non violentes et désobéissances civiles, notamment sur le port des vêtements (refus de l’uniforme orange), pour l’accès aux informations, un droit pour des visites raisonnables, un meilleur accès aux soins. Mais l’Administration pénitentiaire continue de rogner petit à petit tous ces droits (réf.).
Les sacrifices des prisonniers sont hautement appréciés : « La prison est devenue un rite initiatique, si bien que si une personne n’a pas été emprisonnée, lui ou elle pourrait voir sa loyauté remise en question, et les records d’emprisonnements qu’ont les jeunes ont remplacé la stature dont jouissaient autrefois les anciens » (réf.).
Mais, plus important, la prison fait se tisser des liens communs et renforce une cohésion sociale et la résistance sous l’occupation. Un ex-prisonnier a déclaré : « Comme toute communauté humaine, il y a des contradictions, mais il existe un dénominateur commun dans les expériences de la prison qui nous donne de la force, un but commun, une finalité commune. Nous sommes réunis tous ensemble dans un combat, ainsi nos expériences partagées ne font que nous rendre plus forts » (réf.).
 

Voir aussi: http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=11872