Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Lettre du MSRPP aux associations solidaires du Peuple palestinien

Paris le 17/12/2006

En nous adressant à vous aujourd'hui, nous voulons contribuer à réussir ensemble là où nous avons échoué séparément. C'est l'affirmation sans ambiguïté d'un constat et d'un regret : en cette année 2006 nous n'avons pas réussi à briser le tragique isolement imposé au Peuple palestinien par une « communauté internationale » soumise à la loi des puissances qui dominent la planète et oppriment les peuples pour préserver cette domination.

Voilà plus de treize ans qu'étaient conclus les accords d'Oslo. Ces accords se sont révélés n'être qu'une tragique illusion. Fin 2000 le déclenchement de la deuxième Intifada a traduit l'impasse dans laquelle se retrouvaient les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie. Ceux-ci ont alors considéré que, face à l'occupation et face à la négation complète de leurs droits, il n'y avait plus d'autre recours que la résistance active Cette deuxième Intifada fut aussi l'acte fondateur de la renaissance d'un mouvement international de solidarité anesthésié par les illusions issues d'Oslo et par les interminables négociations qui masquaient la réalité du développement continu de l'occupation coloniale israélienne de la Palestine. En l'espace de quelques mois des milliers de personnes se sont mobilisées (ou remobilisées), bien au-delà donc des forces qui avaient maintenu des activités de solidarité. Très actif en 2002 et 2003, ce mouvement a depuis connu en France un fort recul. Les initiatives centrales nationales sont devenues de plus en plus faibles et rares, des divergences d'appréciation sont apparues sans qu'un vrai débat permette de les identifier clairement et éventuellement de les surmonter, des militants de terrain ont abandonné, découragés par leur perception de divisions mises au compte du sectarisme des uns ou des autres et d'autres se sont repliés sur une pratique locale ou dédiée au soutien d'une initiative spécifique, au détriment du soutien politique à la lutte du Peuple palestinien pour l'ensemble de ses droits. Certes, par le biais notamment d'associations locales indépendantes ou de comités regroupant localement des adhérents d'associations nationales, la mobilisation aux côtés des Palestiniens s'est maintenue. Mais le fait est là, incontournable : nous n'avons pas réussi à construire le mouvement de solidarité dont le Peuple palestinien a besoin, un mouvement qui ne serait pas cantonné dans la protestation sporadique contre les agressions israéliennes et dans le témoignage de l'odieuse oppression imposée aux civils palestiniens par l'armée israélienne d'occupation, mais qui saurait mener une offensive de longue durée, capable d'isoler et de contraindre l'Etat d'Israël au respect des droits du Peuple palestinien. Nous croyons que beaucoup de celles et ceux qui agissent au sein du mouvement de solidarité sont animés d'une volonté commune : mettre un terme à l'injustice dont les Palestiniens sont victimes. Mais cette volonté commune ne semble pas pouvoir trouver prise sur la réalité pour la changer et, en l'absence d'un mouvement international qui les y contraigne, les gouvernements et les institutions internationales autorisent Israël à se placer en permanence au dessus du droit des nations. Il en découle un sentiment d'impuissance et d'échec répété que la perception immédiate de l'évolution de la situation intérieure palestinienne menace de transformer en éloignement durable voir en abandon de la cause palestinienne, tant il paraît à certains de plus en plus improbable de voir un jour le bout du tunnel ! S'agissant de la situation en France, le comportement de la classe politique française quasi unanime lors des récentes agressions criminelles contre la population libanaise et les habitants de Gaza ne permet pas d'augurer d' un changement d'attitude. Bien au contraire, dans la perspective des prochaines échéances électorales, tout laisse craindre une marginalisation accentuée des justes exigences des Palestiniens et , au mieux, l'adoption d'une attitude mettant à égalité « les extrémistes palestiniens » et « les extrémistes israéliens » dans la responsabilité de la poursuite du conflit.

C'est ce constat inquiétant et, simultanément, la volonté de ne pas s'en accommoder qui nous motivent à vous proposer d'engager ensemble une démarche visant à sortir de l'impasse actuelle. Nous pensons que l'heure est venue de bousculer les lignes qui séparent des forces qui ont certes le mérite de ne pas avoir abdiqué, mais dont la dispersion et la faiblesse relative nuisent à l'efficacité d'un combat contre un adversaire puissant et bien organisé. Il nous semble possible, sans pour autant nier les divergences et sans sous estimer les difficultés de l'entreprise, d'engager une démarche de recherche de convergences et d'action commune se fixant les objectifs suivants :

1/ Répondre à l'appel de la société civile palestinienne de juillet 2005, demandant à la solidarité internationale des peuples de peser là où les instances politiques internationales et les gouvernements ont failli, pour imposer à l'Etat d'Israël le respect des droits fondamentaux du Peuple palestinien : la fin de l'occupation et de la colonisation de toutes les terres arabes, le droit au retour de tous les réfugiés dans leurs maisons et leurs propriétés, l'égalité absolue des droits des Palestiniens vivant en Israël, l'ensemble de ces revendications étant lié à l'exigence du droit à l'autodétermination du Peuple palestinien composé de tous les Palestiniens, ceux résidant aujourd'hui sur le territoire de la Palestine historique et ceux de l'exil, en Jordanie, au Liban, en Syrie etc. Comme vous le savez, il y a au centre de cet appel et des actions développées depuis par ses auteurs la demande de construire un mouvement international exerçant une pression effective sur l'Etat d'Israël pour le contraindre, comme ce fut le cas avec l'apartheid sud-africain, à satisfaire à toutes les obligations que lui impartit le droit international, notamment par les moyens de l'embargo, des sanctions, des ruptures des relations et collaborations, du désinvestissement et du boycott.

2/ Renforcer les initiatives qui soutiennent les actions de résistance populaire du Peuple palestinien, ces résistances multiformes qui permette à la population de tenir bon dans la défense de son identité palestinienne malgré la dispersion due au nettoyage ethnique issu de la colonisation sioniste de la Palestine depuis 1948, de résister aux plans qui visent à chasser les Palestiniens de leur terre et aux pressions qui s'exercent pour leur faire accepter de renoncer à leurs droits nationaux.

3/ Imposer la question palestinienne et l'exigence de justice pour les Palestiniens dans le débat politique français des prochains mois.

Nous pensons qu'il est possible de mobiliser les centaines de militants de la solidarité disponibles et, probablement pour beaucoup d'entre eux, dans l'attente d'une initiative partagée pour agir de façon convergente et poser ainsi les jalons de la construction du mouvement de soutien dont les Palestiniens ont besoin. Afin d'examiner ensemble la faisabilité, les objectifs précis et le calendrier de préparation d'une telle initiative nous vous proposons de nous rencontrer dès que possible et nous nous permettrons de vous contacter prochainement. (Vous pouvez aussi en prendre l'initiative et nous joindre aux adresses et numéros de téléphone indiqués) Si cette proposition reçoit un écho suffisamment favorable nous proposerons d'organiser une réunion de tous ceux/toutes celles qui ont témoigné leur intérêt et veulent aller plus loin dans la construction d'une initiative publique de type « rencontres nationales » des associations et comités agissant pour la solidarité avec le Peuple palestinien.

Pour le MSRPP

Secrétariat MSRPP