Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Liberté et dignité : Chronique de la grève de la faim des prisonniers palestiniens (10 -24 mai 2017)

La grève de la faim des prisonniers palestiniens se poursuit, et les martyrs parmi les Palestiniens solidaires de cette lutte, tombent, exécutés de sang-froid par les colons et soldats sionistes. Avec la poursuite et l’extension de la lutte des prisonniers, l’intifada reprend de plus belle, non seulement dans les territoires occupés en 67 (Cisjordanie et Gaza), mais également dans ceux occupés en 48, avec un mouvement qui dépasse la solidarité avec les prisonniers pour inclure la lutte pour les droits palestiniens, contre les démolitions de maisons et de villages, contre la judaïsation de la terre et des lieux, contre la sainte alliance entre les monarchies du Golfe et l’entité coloniale, avec la visite du président américain Donald Trump, dans la région. 

 

La commémoration de la Nakba, qui a eu lieu en pleine lutte des prisonniers, fut l’occasion pour étendre la révolte, réclamant le retour des réfugiés et le rappel que la question palestinienne est dans son essence, une question liée aux réfugiés, expulsés de leurs terres et de leur patrie.  Les prisonniers en lutte et les comités solidaires ont su déjouer les manœuvres de l’administration carcérale, qui a essayé à plusieurs reprises d’entamer des soi-disant négociations avec des prisonniers isolés. Mais tous les prisonniers ont riposté avec un grand sens de responsabilité, que seule la direction de la lutte est habilitée à négocier.

 
Les martyrs exécutés à cause de leur solidarité avec la lutte des prisonniers ou au cours de la lutte : Fatima Hujayji (16 ans) de Ramallah, assassinée le 7/5 ; Saba’ Ubayd de Salfit, assassiné le 12/5 dans Nabi Saleh, au cours d’affrontements avec les forces armées sionistes ; Mohammad Kajsi (57 ans, de nationalité jordanienne) assassiné dans al-Quds le 13/5 ; Mu’tazz Bani Shamsa (23 ans) de Nablus, lors d’affrontements à Hawwara entre les Palestiniens et les forces sionistes ; le pêcheur Mohammad Bakr (22 ans), de Gaza, froidement exécuté en mer, devant ses cousins. Gravement blessée par balles tirées par l’occupant, il y a deux mois, la martyre Fatima Taqatqa (15 ans) est décédée le 21/5.
 
10 mai : Au 25ème jour de la grève des prisonniers, Le prisonnier gréviste Thabet Mardawi, des Saraya al-Quds dans la région de Jénine, est transféré de la section d’isolement vers la prison de Eschel. Le prisonnier Husni Issa (40 ans) de Rafah est également transféré à la même prison. Les deux prisonniers étaient placé en isolement avant le début de la grève. 49 prisonniers sont transférés de la prison de Ofer vers les cliniques installées dans les prisons de Nitsan et Haddarim. Dix prisonniers sont transférés de Nitsan vers Haddarim et 5 vers Ascalan.
L’occupant refuse la visite de l’avocat à Ahmad Saadate, secrétaire général du FPLP, ainsi que plusieurs autres prisonniers, dirigeants au FPLP, comme Ahed Abu Ghalme.
 
11 mai : Le Fateh appelle ses membres prisonniers à participer à la grève de la faim. Jusqu’à ce jour, ce ne sont pas tous les membres du Fateh qui participaient à cette lutte.  Par ailleurs, 100 prisonniers appartenant à plusieurs organisations décident de rejoindre la lutte.  11 prisonniers détenus dans Jalbou’ rejoignent la grève de la faim.
 
 
13 mai : La solidarité avec les prisonniers palestiniens en lutte se poursuit sur le territoire libanais, dans les camps de réfugiés et dans les principales villes, réunissant des partis, personnalités, organisations, dirigeants d’organisations palestiniennes. Dans tous les camps palestiniens, des tentes de la solidarité ont été installées. Des personnalités étrangères (européennes ou asiatiques) solidaires du mouvement y sont accueillies.
Des dizaines de grévistes sont transférés dans les cliniques, après la détérioration de leur état de santé. 
 
14 mai : Des prisonniers rejoignent la lutte de la grève de la faim, au 28ème jour. 35 prisonniers de toutes les organisations de la résistance ont décidé de rejoindre le mouvement de lutte.
Les officiers sionistes de l’administration carcérale diffusent des informations relatives à la disposition des autorités à négocier avec les prisonniers. Ces derniers affirment que seule la direction du mouvement de la lutte est habilitée à discuter et à négocier. Des dizaines de prisonniers grévistes sont emmenés aux hôpitaux installés dans les prisons.
Marwan Barghouty, dirigeant au mouvement Fateh, transmet un message à partir de la cellule d’isolement dans la prison de Jalame, d’encouragement et de fierté aux prisonniers en lutte, appelant à un large mouvement de désobéissance civile à l’occasion de la commémoration de la Nakba. Il a promis de poursuivre la lutte de la liberté et de la dignité jusqu’à la réalisation de ses objectifs. L’administration carcérale accentue la répression de Marwan Barghouty, avec des fouilles de la cellule environ 4 fois par jour, la transmission de voix discordantes qui dure plusieurs heures, et son enfermement dans une cave pendant 4 jours.
Le prisonnier Ahmad Saadate transmet un message mettant en garde contre les fausses nouvelles diffusées par l’administration carcérale.
Deux prisonniers grévistes, Mohammad al-Ghoul et Yihya Ibrahim, de Tulkarm, ont reçu la visite d’un avocat, à qui ils ont déclaré que certains grévistes commencent à cracher du sang.
 
15 mai : Au 29ème jour de la grève, les prisonniers affirment poursuivre la lutte, malgré la perte de connaissance de nombre d’entre eux, qui sont emmenés dans les cliniques installées dans les prisons. Les médecins sionistes, lorsqu’ils s’y trouvent, proposent aux grévistes des plats exposés dans les cliniques, comme chantage avant de les soigner.
Des jeunes ferment les principales routes menant à Ramallah, protestant contre la négligence et le manque d’intérêt à la lutte des prisonniers palestiniens. Des affrontements entre les services sécuritaires palestiniens et les jeunes, sur la route de Sarda – Ramallah, les services sécuritaires ayant tenté de débloquer le passage.
Dr. Ramadan Shallah, secrétaire général du mouvement du Jihad islamique, met en garde les autorités sionistes, si elles ne répondent pas aux prisonniers : « Nous ne resterons pas les bras croisés et nous n’abandonnerons pas nos prisonniers. La résistance a son mot à dire et nos alternatives sont ouvertes. »
 
16 mai : Marwan Barghouty décide de stopper de boire de l’eau.
Les prisonniers du Mouvement du Jihad islamique déclarent poursuivre la grève de la faim, la lutte pour la liberté et la dignité et appellent le peuple palestinien à la révolte généralisée contre l’occupation. Dans un message envoyé, ils décrivent la situation d’affaiblissement général de leur corps, disant que les cliniques installées dans les prisons regorgent de prisonniers grévistes.  
Karim Younes a été transféré de la section d’isolement de Ramle à la section d’isolement de Jalame. Il est le doyen des prisonniers palestiniens. Arrêté et détenu avant les accords d’Oslo, pour participation à la résistance au sein du Fateh, les autorités sionistes ont refusé sa libération dans toutes les transactions avec l’Autorité palestinienne.
Au 30ème jour de la grève, l’administration carcérale a transféré 76 prisonniers grévistes de la prison de Ofer aux hôpitaux installés dans les prisons. Elle avait transféré la veille 36 prisonniers de Ofer vers la clinique installée dans la prison de Haddarim. En soirée, elle a transféré tous les prisonniers grévistes dans la prison de Naqab vers la prison Eschel et d’autres. Elle a autorisé la visite familiale à 39 prisonniers grévistes. Malgré l’accord de la Haute cour sioniste, les autorités n’ont accepté jusqu’à présent la visite des avocats qu’au nombre de 13 visites pour le conseil des prisonniers, 21 visites pour  le « club des prisonniers » et 5 visites pour « Addameer ».
Le prisonnier Hafez Qandas a été transporté à l’hôpital Soroka, dans l’entité sioniste, après avoir eu une hémorragie interne. Le prisonnier Hafez Qandas est de Yafa, en Palestine occupée en 1948, et est détenu depuis 1984, soit avant les accords d’Oslo. 
 
17 mai : 31ème jour de la grève de la faim de plus de 1700 prisonniers détenus dans les prisons sionistes. Des appels sont lancés à la résistance à Gaza d’agir pour mettre fin à l’arrogance des autorités de l’occupation, qui refusent d’entamer des négociations.
Signalant la gravité de l’état de santé des prisonniers grévistes, Issa Qaraqe’ annonce que les autorités de l’occupation ont transféré des centaines de prisonniers vers les prisons où sont installés des hôpitaux de terrain. Plusieurs prisonniers ont subi des hémorragies et perdu connaissance.
Fadwa Barghouty dénonce des agissements de personnalités de l’Autorité palestinienne visant à stopper le mouvement de la grève, avant la satisfaction de leurs revendications.
Le CICR ferme ses portes à Ramallah, suite aux manifestations des Palestiniens, outrés par l’attitude de cet organisme international, qui se prétend « neutre », envers les prisonniers en grève de la faim. Par ailleurs, les familles des prisonniers ont fermé le siège de l’ONU à Ramallah, protestant contre son attitude, concernant la lutte des prisonniers palestiniens. Le communiqué des familles appelle à une intervention urgente de l’ONU pour protéger les prisonniers de la mort et former une commission d’enquête sur les crimes de l’occupation dans les prisons sionistes.
Le prisonnier Maher Younes, de Ar’ara, décide de mener la grève de la faim. Il est l’un des plus anciens prisonniers détenus dans les prisons sionistes.
A Nasra, en Palestine occupée en 48, les mouvements Abnaa al-Balad et Kifaya ont organisé un meeting de solidarité avec les prisonniers grévistes, en présence de Mme Abla Saadate. Le secrétaire général de Abnaa al-Balad, Raja Aghbarieh, a déclaré que son mouvement appelait les Palestiniens de 48 à une grande manifestation (sous la direction du comité de suivi arabe) et à répondre à l’appel lancé par Marwan Barghouty pour lancer la « désobéissance civile ». Depuis 30 jours, les deux mouvements organisent des rassemblements de solidarité dans les territoires occupés en 48.
Le mouvement de la grève s’étend encore, puisque 60 prisonniers de la prison de Jalbou’ ont rejoint la grève, au moment où les autorités carcérales poursuivent le transfert des prisonniers, dans des bus dont les sièges sont en métal, et où ils sont enchaînés et entassés. Le trajet dure plusieurs heures. Le transfert et l’amélioration des conditions de transport font partie des revendications des prisonniers.
 
18 mai : Au 32ème jour de la grève de la faim des prisonniers, les autorités sionistes ont démoli, à 4 heures du matin, la tente de solidarité installée dans Selwad, à l’est de Ramallah, et arrêté 7 Palestiniens. La veille, des affrontements avaient eu lieu entre les jeunes de Selwad et l’occupation, lorsqu’ils ont bloqué l’entrée de la ville pour commencer le mouvement de « désobéissance civile ». 23 prisonniers de Selwad participent à la grève de la faim, depuis le 17 avril, sur les 98 prisonniers originaires de la ville, dont 9 condamnés à la perpétuité.
L’occupant continue à transférer les prisonniers d’une prison à l’autre. Tous les prisonniers grévistes dans la prison de Nafha ont été transférés à Haddarim, Shatta, Jalbou’ et Nitsan-Ramle. La prison de Nafha regroupait le plus grand nombre de grévistes, soit 500 prisonniers.
Le prisonnier dirigeant au mouvement Hamas, Abbas Sayyid, affirme dans un message que les prisonniers sont décidés à poursuivre la grève de la faim, et qu’ils ne reculeront pas, même au prix de leur martyre. Il affirme que la direction carcérale exerce des pressions sur les prisonniers, par les transferts incessants et l’interdiction des visites des avocats pour empêcher tout contact entre les prisonniers grévistes. Il a dénoncé l’attitude du CICR qui n’assume pas son rôle mais se contente de visiter quelques prisonniers, sans donner cependant de leurs nouvelles aux familles.
Le prisonnier Abbas Sayyid et Hassan Salame, du Hamas, ont été transférés de la prison d’Eschel vers la prison de Nafha. L’état de santé de Ahmad Saadate et de Mohammad al-Qiq s’est gravement détérioré. Abla Saadate critique l’attitude de Mahmoud Abbas, qui circule dans le monde, sans se soucier de la vie des prisonniers.
Les branches armées des organisations de la résistance palestinienne ont déclaré, au cours d’une conférence de presse à Gaza, qu’elles ne resteront pas les bras croisés si un quelconque malheur arrivait aux prisonniers grévistes. « Le mouvement pacifique ne sert à rien avec un ennemi aussi arrogant qui ne comprend que le langage de la force. Nous sommes prêts à parler avec lui par la langue qui lui convient » a déclaré Abu Hamza, de Saraya al-Quds, qui parlait au nom des branches armées.
Un rassemblement de solidarité avec les prisonniers est organisé à Umm al-Fahem, dans l’intérieur occupé en 48, à l’initiative du comité de suivi des masses arabes. A Sakhnine, dans la Galilée occupée en 1948, un rassemblement de solidarité a accueilli Abla Saadate, épouse du dirigeant du FPLP, et Lina Jarbouni, récemment libérée après 15 ans de détention, qui ont appelé les Palestiniens à la révolte.
Des dizaines de journalistes tunisiens se sont rassemblés à Tunis en soutien à la grève de la faim des prisonniers palestiniens et notamment aux 26 prisonniers journalistes qui participent à la grève.
Les camps palestiniens au Liban accueillent les solidaires arabes et internationaux dans les tentes de la solidarité avec les prisonniers grévistes. Des dizaines de personnalités, arabes, européennes, américaines et asiatiques ont rendu hommage aux prisonniers en lutte, par le biais de leur peuple réfugié.
 
19 mai : Des manifestations à Gaza et dans la Cisjordanie occupée ont soutenu la lutte des prisonniers. Les aurorités sionistes ont réprimé sauvagement les manifestants, en faisant plusieurs blessés. Le « vendredi de la colère » s’est soldé par 51 Palestiniens blessés et 17 arrêtés.
Mahmoud Abbas rencontre le responsable du CICR à Amman. Selon son porte-parole, il aurait demandé à l’agence internationale de multiplier ses visites aux prisonniers grévistes, et ce dernier aurait accepté.
L’avocat Shuqayrat dénonce les agissements des autorités carcérales, qui empêchent le bon fonctionnement de la visite prévue des prisonniers grévistes. Il n’a pu rencontrer le prisonnier gréviste depuis 33 jours, Mansour Shrayem, dans la section d’isolement de Petak Tikva, que quelques minutes, avant d’être expulsé par les gardiens de la prison. Shrayem a perdu 18 kg depuis le début de la grève, il a du mal à bouger. Il fait partie des 80 prisonniers grévistes dans cette prison. 
 
20 mai : 34ème jour de la grève des prisonniers palestiniens, les autorités sionistes refusent toujours de discuter avec les grévistes. Des réunions ont eu lieu entre des personnalités sécuritaires de l’Autorité palestinienne et des responsables de l’occupation, selon Issa Qaraqe’, pour mettre fin à la grève avant l’arrivée de Trump. Les sionistes réclament la fin de la grève avant d’entamer des pourparlers. Comme ils n’ont jamais tenu promesse, il sera difficile de compter là-dessus. Les grévistes poursuivent le mouvement.
Le comité de soutien à la grève réclame une attention particulière des médias envers les fausses nouvelles concernant les soi-disant négociations, nouvelles qui visent à stopper le mouvement de solidarité, d’autant plus que les familles des prisonniers grévistes se sont organisées pour accentuer la lutte.
Chute de l’état de santé du prisonnier gréviste Samer Issawi, qui a été transféré de la section d’isolement de la prison de Ramle au soi-disant hôpital de la prison de Ramle.
Plusieurs prisonniers grévistes ont été emmenés à l’hôpital Barzalay, dans l’entité sioniste, après la grave détérioration de leur état de santé, suite à leur décision de ne plus boire de l’eau.  Le prisonnier gréviste Mohammad Abu Rabb, détenu dans la prison de Ascalan, , a déclaré à l’avocat que 50 prisonniers poursuivent la grève dans cette prison, et subissent les pressions de l’adminitration pénitentiaire pour les obliger à cesser leur mouvement. La clinique installée dans la prison n’offre aux grévistes que du « glucose », qui le refusent comme ils refusent d’engager des pourparlers avec la direction, répondant que seule la direction du mouvement de lutte est habilitée à le faire.
 
21 Mai : La lutte des prisonniers se poursuit, et les manœuvres de l’occupant sioniste continuent pour obliger les prisonniers à cesser leur mouvement, avant l’arrivée de Donald Trump en Palestine occupée. 200 prisonniers rejoignent le mouvement. Thabet Mardawi, condamné à la perpétuité, et détenu dans la prison Eshel, a déclaré que les revendications des prisonniers sont des revendications nationales, appelant à la solidarité active dans la rue palestinienne, le mouvement de la rue pouvant seul obliger les autorités de l’occupation à répondre aux revendications des prisonniers, et rien d’autre.
4 prisonniers détenus dans la prison de Haddarim ont déclaré à l’avocat qui les a visités que les prisonniers sont unifiés derrière la direction de la grève. Les prisonniers grévistes dans Haddarim affrontent la direction carcérale, qui cherche à les diviser et parfois, à faire semblant d’entamer des négociations. Le prisonnier Abu Arram, qui a arrêté de boire de l’eau également, a réussi à prononcer ces paroles : « nous poursuivons ».
Une grève partielle a été décrétée dans les territoires occupés en 67, en solidarité avec les prisonniers en lutte. Des dizaines de prisonniers ont rejoint le mouvement, dans toutes les prisons. Le membre du Comité exécutif de l’OLP, Assad Abdul Rahman, a déclaré mener la grève de la faim, en solidarité, pendant trois jours, à partir du samedi 20 mai.
Une marche aux flambeaux a eu lieu dans la ville occupée en 48, Umm al-Fahem, avec la participation des forces nationales et islamiques.
La presse sioniste met en avant que la direction carcérale serait prête à négocier, mais elle essaie de ne pas donner une victoire aux prisonniers grévistes. Ce qui signifie d’après les récentes déclarations de quelques responsables de l’Autorité palestinienne, qui négocient eux-mêmes avec le Shabak, à la place de la direction de la grève, que quelques revendications, et pas toutes, seraient acceptées. C’est ce à quoi a fait allusion Fadwa Barghouty quand elle a déclaré que l’Autorité palestinienne chercher à briser la grève.
 
22 Mai : la grève nationale est décrétée en Palestine occupée (48 et 67) en solidarité avec les prisonniers palestiniens et contre la venue de Trump, au 36ème jour de la lutte. Dans les territoires occupés en 48, plusieurs villes et villages ont décrété la grève, sauf dans les écoles et les hôpitaux. Un plan de mobilisation générale a été annoncé, lors d’une conférence de presse, qui s’étendra sur la semaine, avec des manifestations devant les prisons.
Un prisonnier gréviste, Adnane Hussayn (31 ans) de Tulkarm, a frôlé la mort, alors qu’il se trouvait dans la clinique installée dans la prison de Shatta, son cœur ayant cessé de battre pendant quelques secondes. Il a fallu le réanimer avec des chocs électriques. Il est détenu depuis mars 2004 et condamné à 24 ans de prison.
Le mouvement Hamas annonce que 1800 prisonniers de son mouvement rejoignent la grève de la faim, à partir de ce jour.
Le prisonnier gréviste Nasser Uways, détenu dans la section d’isolement de la prison Ayalon, à Ramle,  reçu la visite d’un avocat, pour la première fois depuis le début de la grève. Il a perdu 17 kg depuis le début de la grève, et l’administration carcérale l’a sans cesse transféré d’une prison ou d’une section à l’autre, pour l’exténuer, ainsi que ses frères de combat. Avec lui, se trouvent à présent, les prisonniers Karim Younes, Haytham Hamdan, Ziyad Zahran, William Khatib, Samir Ghayth, Ibrahim Hamed, Marwan Fararja. Il a déclaré que leur moral est toujours élevé, et qu’ils poursuivent la lutte, disant que leur détermination est de plus en plus ferme, tant que la direction sioniste refuse de négocier.
La presse sioniste commence à déchanter : elle ne cherche plus à diviser le mouvement de la lutte, mais plutôt à mettre en garde contre la généralisation de la lutte à partir des prisonniers, et craint le pire si un prisonnier gréviste venait à mourir. Pour cette presse, les revendications des prisonniers sont devenus du coup très faciles à satisfaire, et beaucoup plus simple qu’une nouvelle intifada et une vague de « violence ».
Fadwa Barghouty, lasse de ne pouvoir rencontrer le président de l’Autorité palestinienne, pour lui réclamer des gestes envers les prisonniers grévistes, a décidé de se réfugier près du tombeau de Yasser Arafat, avec la photo de Marwan Barghouty, pour un sit-in. Elle a été rejointe par des dizaines de parents de prisonniers.
Les familles des prisonniers grévistes maintiennent une tente de la solidarité à Bayt Lahem et ont décidé de passer la nuit dans la tente, par crainte qu’elle ne soit enlevée. Elles ont remis une lettre à Mahmoud Abbas, qu’il devrait transmettre à Trump, lors de son arrivée.
Des centaines de Palestiniens ont manifesté dans les rues de Haïfa, en Palestine occupée en 48, en solidarité avec les prisonniers grévistes. Ils avaient auparavant organisé un rassemblement devant la prison de Meggido. La mère des deux prisonniers, Mohammad et Ibrahim Aghabrieh a déclaré que les revendications des prisonniers sont des revendications humaines. Leur lutte pour l’obtention de ces droits montrent le degré de leur privation. Le monde entier devrait se tenir aux côtés des prisonniers et de leurs revendications. Nous ne pouvons pas demeurer les bras croisés face à leur lutte. Mes fils réclament depuis deux ans la visite de leurs enfants, et « Israël » refuse. 
 
23 Mai : 37ème jour de la grève de la faim des prisonniers palestiniens. Un message du prisonnier Karim Younes, transmis par son avocat, affirme que les prisonniers grévistes vont arrêter de boire de l’eau et du sel, malgré l’affaiblissement général de leur corps. Mais leur détermination est toujours aussi forte pour poursuivre la lutte, jusqu’à la victoire ou le martyre. Il demande l’accentuation de la lutte du peuple, en parallèle avec leur grève. « Que l’occupant et ses geôliers sachent qu’il peut emprisonner nos corps, mais nos âmes sont libres et refusent la prison. »
De la prison où il mène la grève de la faim, le prisonnier Ibrahim Hamed, des Brigades al-Qassam, a célébré à sa manière sa 12ème année de détention, en envoyant un message aux Brigades, leur demandant de faire le nécessaire pour libérer les prisonniers. Dans son message, il s’adresse aux prisonniers, ses frères, en leur demandant de s’unifier pour donner une leçon aux occupants.
 
24 mai : 38ème jour de la grève de la faim des prisonniers palestiniens. Trump est parti, l’occupant manœuvre et craint l’extension de la lutte hors des prisons. Les prisonniers grévistes menacent les autorités carcérales de dissoudre leurs conseils représentatifs, pour semer l’anarchie dans les prisons, si jamais un prisonnier gréviste venait à décéder. Des dizaines de prisonniers ont décidé de cesser de boire de l’eau salée, ce qui était nécessaire pour empêcher le pourrissement de l’estomac.
L’avocat du « conseil des prisonniers » transmet les paroles du prisonnier Amjad Abu Latifa, en grève depuis 37 jours, disant que la direction des prisons a transféré une dizaine de prisonniers à l’hôpital Soroka, en Palestine occupée.
40 prisonniers grévistes dans la prison d’Ohali Kedar sont transférés vers les cliniques.
Une épidémie de maladie de la peau s’est déclarée dans la prison de Eschel, à cause de la négligence de la propreté dans les prisons de l’occupation.
Le comité national de soutien à la lutte des prisonniers appelle à des marches aux flambeaux dans toutes les villes, le soir du 24 mai.
 
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