Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Mahmoud Abbas… Cessez d’exploiter Ahed Tamimi à des fins personnelles !

Ce jeune père, Yamen, qui vit dans le camp de réfugiés de Buraij au centre de Gaza, voudrait que son enfant ait une prothèse pour pouvoir aller à l’école. Les Israéliens refusent de délivrer au petit garçon un permis pour aller à Ramallah recevoir un traitement. Désespéré, Yamen a fait une vidéo, où il supplie le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, d’aider son fils. Jusqu’à présent, ses demandes sont restées sans réponse.

« Qu’est-ce que cet enfant innocent a fait pour mériter d’être aussi mal traité ? » demande-t-il dans la courte vidéo. On pourrait poser la même question à propos des mauvais traitements infligés à tous les enfants de Gaza, à tous les enfants palestiniens.

Abbas, tout comme Israël, ne cesse d’infliger aux Palestiniens de Gaza des punitions collectives. Aussi cruelles que soient es guerres d’Israël contre la bande de Gaza appauvrie et assiégée, elles sont cohérentes avec l’historique des crimes de guerre et de l’apartheid de Tel-Aviv. Mais ce qu’Abbas fait à Gaza n’est pas seulement injuste, c’est aussi incompréhensible.

Pourquoi un dirigeant de 83 ans met-il tant d’ardeur à collaborer avec Israël par le biais de la soi-disant coordination sécuritaire et, qui plus est, à isoler et punir son propre peuple dans la bande de Gaza ?

Au lieu d’aider les Gazaouis qui endurent les conséquences terribles des guerres israéliennes et plus d’une décennie de siège absolu, il s’efforce de resserrer le nœud coulant.

L’Autorité palestinienne dirigée par Abbas, a déjà réduit les salaires des employés de Gaza, même de ceux qui étaient fidèles à sa propre faction, le Fatah ; il a réduit les salaires des familles des prisonniers de Gaza détenus en Israël ; il a même diminué les règlements à la compagnie d’électricité israélienne qui fournit une partie de l’électricité de Gaza, ce qui a plongé la bande de Gaza dans une obscurité encore plus profonde.

Comme Israël, Abbas veut voir Gaza à genoux. Mais, contrairement à Israël, il maltraite et humilie ses propres frères.

A partir du 14 mai, jour où des milliers de Palestiniens de Gaza ont commence a se rendre à la clôture qui sépare l’enclave scellée d’Israël. Les partisans d’Abbas en Cisjordanie qui considéraient les manifestations de la  » Marche du retour  » comme une manière de soutenir le rival du Fatah, le Hamas, sont descendus dans la rue pour « célébrer » les réalisations imaginaires d’Abbas.

Des centaines de Palestiniens de Gaza ont été tués et des milliers d’autres blessés au cours de la « Marche du retour », dont beaucoup d’enfants. Mais Abbas et ses amis du Fatah s’efforçaient de prouver leur importance au lieu de se joindre aux protestations pour exiger la fin du blocus de Gaza.

Lorsque des rassemblements beaucoup plus grands, à Ramallah et ailleurs en Cisjordanie, ont appelé Abbas à mettre fin aux punitions collectives qu’il inflige à la bande de Gaza, les sbires d’Abbas les ont attaqués. Ils ont tabassé des hommes et des femmes et en ont arrêté beaucoup pour solidarité avec Gaza, ce qui est aujourd’hui impardonnable.

La vérité est que les Palestiniens de Cisjordanie, et pas seulement de Gaza, détestent Mahmoud Abbas. Ils veulent se débarrasser de lui et de son appareil d’état corrompu et violent. Mais Abbas s’accroche, et a recours aux moyens les plus déshonorants pour assurer sa domination sur ses adversaires, comme de travailler avec Israël.

Cependant, Abbas essaie toujours de faire croire aux Palestiniens qu’il fait de la résistance, pas le type de « résistance inutile » affichée par les Gazaouis, mais ce qu’il appelle la « résistance civile pacifique » des villages palestiniens de Cisjordanie.

Il a encore insisté là-dessus ces derniers jours

Quand Ahed Tamimi, une jeune manifestante palestinienne, a été libérée d’une prison israélienne où elle avait passé huit mois pour avoir giflé un soldat israélien, Abbas l’a accueillie, elle et sa famille.

Des images où on le voit prendre dans ses bras et embrasser les membres de la famille Tamimi ont été diffusées dans toute la Palestine et à travers le monde. Son appareil médiatique officiel s’est efforcé de le placer au centre de l’attention tout au long des jours qui ont suivi la libération d’Ahed.

Abbas a ensuite, une fois de plus, longuement parlé de la « résistance civile pacifique », omettant, bien sûr, de souligner que des milliers d’enfants de Gaza, qui ont été blessés près de la clôture de Gaza ces derniers mois, résistaient tout aussi « pacifiquement ».

Certes, Ahed est un symbole pour une jeune génération palestinienne rebelle qui en a assez de n’avoir aucun droit et aucune liberté, mais la tentative éhontée d’Abbas d’utiliser ce symbole pour améliorer sa propre image est de l’exploitation pure et simple.

Si Abbas se souciait vraiment des enfants palestiniens et compatissait à la souffrance des prisonniers palestiniens – comme il le prétend – pourquoi, alors, aggraver le sort des enfants de Gaza et punir les familles des prisonniers palestiniens ?

On ne peut bien sûr, pas blâmer Ahed, une jeune fille courageuse qui a un discours politique fort, pour la façon dont des gens comme Abbas exploitent son image pour améliorer la leur.

On pourrait dire la même chose de la militante pakistanaise, Malala Yousafzai, qui a reçu dans la tête une balle tirée par des militants talibans, à l’âge de 14 ans. L’exploitation par l’Occident de sa lutte pour se remettre de ses blessures et apporter la paix et la justice à son peuple est bien triste. En occident, la lutte de Malala est souvent, sinon toujours, utilisée pour dénoncer les dangers de l’islam dit radical et valider l’intervention militaire des États-Unis et de l’Occident en Afghanistan et au Pakistan.

La mère d’Ahed, Nariman qui a également passé 8 mois dans une prison israélienne, n’a pas craint d’aborder cette question. Nariman a affirmé courageusement que la popularité d’Ahed dans les médias occidentaux s’expliquait par un racisme sous-jacent.

« A vrai dire, c’est probablement l’apparence d’Ahed qui a suscité cette solidarité mondiale et ça, c’est du racisme, parce que beaucoup d’enfants palestiniens sont dans la situation d’Ahed mais ils n’ont pas bénéficié du même traitement médiatique », a-t-elle dit.

Il est donc capital qu’Ahed Tamimi ne soit pas transformée en une autre Malala, et que sa « résistance pacifique » ne soit pas utilisée pour condamner la résistance actuelle à Gaza, et que la fascination qu’exerce sur l’Occident ses longs cheveux blonds, qu’aucun foulard ne dissimule aux regards, ne noie pas les cris des milliers d’Ahed Tamimis qui vivent dans la prison à ciel ouvert de Gaza et dans toute la Palestine.

 * Ramzy Baroud est journaliste, auteur et rédacteur en chef de Palestine Chronicle. Son prochain livre est «The Last Earth: A Palestine Story» (Pluto Press). Baroud a un doctorat en études de la Palestine de l’Université d’Exeter et est chercheur associé au Centre Orfalea d’études mondiales eMa’an Newst internationales, Université de Californie. Visitez son site web: www.ramzybaroud.net.

 RamzyBaroud.net – Traduction : Chronique de Palestine – Dominique Muselet

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