Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Nouvelle attaque sur Gaza : "Représailles" ou Génocide ?

Par Tammy Obeidallah

La dernière série d'atrocités qui s'est déchaînée sur les Palestiniens prouve une fois encore que le gouvernement israélien pratique l'opportunisme de l’homicide. Instantanément, le problème des manifestations de masse déplorant l'augmentation du coût de la vie et autres problèmes économiques auxquels l'Etat juif est en proie a été résolu par le rassemblement des Israéliens derrière le seul sujet qu'ils semblent tous avoir en commun : le désir singulier d'annihiler les Palestiniens.

Si cette évaluation semble dure, ou injuste vis-à-vis des activistes israéliens pacifistes, elle sonne pourtant vraie pour la société israélienne au sens large. Joseph Dana, un écrivain et journaliste de Tel Aviv, a été interviewé par Al-Jazeera sur les protestations qui, selon lui, ont été muettes quant à l'occupation israélienne de la Palestine. "La triste réalité, c'est que dès que des Israéliens discutent des droits palestiniens et en particulier des droits des Palestiniens sous occupation israélienne, ils perdent très vite le soutien de l'opinion publique," a-t-il constaté.

Bien sûr la machine à propagande israélienne affirme que le bombardement de Gaza est une réponse à l'opération Eilat, bien qu'il n'y ait aucune preuve que le Hamas ou les Comités de la Résistance populaire (CRP) aient perpétré l'attaque. Dana a également écrit dans un article récent, "Israël maintient que les CRP sont responsables des attaques mais n'a encore donné aucune preuve vérifiable reliant les groupes de Gaza à l'attaque."

Il est plutôt sinistre que 81 membres du Congrès des États-Unis viennent de passer une semaine dans l'Etat juif et aient rencontré les dirigeants israéliens, aux frais du contribuable ; quelques jours après, Gaza était attaquée. Il est plus que probable que les frappes ont été soigneusement coordonnées pendant que le monde a comme par hasard les yeux sur la Libye et la Syrie.

Toutefois, même si des groupes armés de Gaza étaient responsables des attaques d'Eilat, des représailles de cette sorte pour un blocus qui a provoqué la mort de milliers de Gazaouis sont très compréhensibles. Le siège de Gaza, les incursions continues et les tirs presque quotidiens sur des civils parce qu'ils s'approchent de la "zone tampon" sont en soi des actes de guerre qui méritent une réaction.

Les 63 ans de campagne israélienne de meurtre de masse et de nettoyage ethnique contre le peuple palestinien sont soigneusement emballés comme "représailles" ou "autodéfense" contre "les mortiers tirés par les militants palestiniens" ou les "roquettes artisanales" rebattues. Mystérieusement, les médias ne parlent de ces mortiers ou de ces roquettes que lorsque les forces israéliennes "se vengent" ; alors ils servent d'excuses pour poursuivre le génocide.

Le génocide est défini par la Convention pour la prévention et la punition du crime de génocide adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies en 1948 :

"Article II
Dans la présente Convention, le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après, commis dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :
a) Meurtre de membres du groupe;
b) Atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe;
c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle;
d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe;
e) Transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe
."

Si les frappes israéliennes sont des "représailles", nous sommes amenés à nous demander contre quoi l'armée israélienne ripostait pendant les quatre premiers mois de 2011, quand 49 Palestiniens de Gaza ont été assassinés par des raids israéliens, dont une frappe de missile qui a tué 3 enfants de la même famille, tous de moins de 16 ans. Un quatrième membre de la famille est mort lui aussi dans cette frappe et 13 autres, des enfants pour la plupart, ont été blessés. Le blog "Occupied Palestine" a publié une liste de 173 noms (à ce jour) représentant toutes les personnes assassinées par l'armée israélienne cette année, y compris au Liban et dans le Golan, tuées pour le crime odieux de tenter de rentrer chez eux pour l'anniversaire de la Nakba, le 15 mai. Malheureusement, dans les principaux médias américains (et occidentaux, ndt) ces victimes restent anonymes, et il y est fait référence simplement comme à des "militants" ou à des "jihadistes".
 


Photo
Mahmoud Abu Samra, à gauche, avec des copains

De toute façon, cela ne change rien d'énumérer leurs noms et leurs âges. Mahmoud Abu Samra n'est après tout qu'un autre nom arabe que la majorité des présentateurs TV ne prononcerait pas correctement. A 13 ans, ses yeux brillants et son sourire contagieux ont été momentanément mémorisés sur quelques pages de réseaux sociaux, puis ils ont rejoint le flot d'images d'enfants palestiniens morts : tous victimes de 63 ans de génocide approuvé par la plupart des nations du monde.

Pourtant, s'il ne s'était pas appelé Mahmoud Abu Samra, si c'était Tommy Smith ou Billy Jones qui avait été déchiqueté par un missile ennemi, s'il avait été un de nos enfants - combien d'entre nous se seraient contentés de cantonner notre résistance à pleurnicher pour que les Nations Unies reconnaissent un Etat fragmenté, bricolé à partir de 13% de notre terre originelle ? Qui parmi nous n'aurait pas au moins envisagé de prendre les choses en mains, fournissant ainsi à l'ennemi de nouvelles excuses pour "riposter" ?

Tandis que les Israéliens semblent, pour le moment, avoir revu à la baisse leurs projets d'une attaque tous azimuts sur Gaza, attendant peut-être un moment plus opportun d'un point de vue politique, il est important de se souvenir que le mot "représailles" ne peut s'appliquer qu'aux réactions des Palestiniens - quelles que soient les formes qu'elles prennent - à la mort, à la destruction et à l'humiliation qui leurs sont infligées quotidiennement. Si le mot "représailles" sert à décrire des opérations militaires ou des embargos économiques drastiques menés par l’État juif, on doit comprendre que c'est un euphémisme pour génocide.

Les images épouvantables des dernières attaques sionistes sur Gaza, blog Occupied Palestine.

Source : The Palestine Chronicle

Traduction : MR pour ISM