Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Pas de solution à la question palestinienne sans solution au problème des réfugiés palestiniens

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A la lumière du document de Berlin

Par le Dr Bashir Moussa Nafeh

Les Arabes et les Palestiniens ont toujours su que le problème des réfugiés palestiniens était la conséquence, lors de la guerre de 1948, d'une planification sioniste et d'une préparation préméditée. Les réfugiés, dont le nombre atteignait plus de 800 000 à la fin de cette guerre, et qui dépassent aujourd'hui les 5 millions, n'ont pas quitté leurs villes et villages de leur propre gré, ou conformément à des traditions de nomadisme, comme l'a répandu la propagande israélienne durant des dizaines d'années. Ils ont été forcés à partir face au déploiement de la violence sioniste, employée à une large échelle, pour vider les terres et l'état hébreu de ses habitants d'origine, les Arabes Palestiniens.

Cette approche est devenue, depuis quelques années au moins, et grâce aux efforts d'un certain nombre d'historiens arabes et juifs, et non arabes ou juifs, du travail précurseur du docteur Walid Khalidi à Benny Morris (qui est devenu aujourd'hui plus sioniste que Sharon) une part indissociable de l'histoire du conflit arabo-israélien et de l'histoire de la naissance de l'état hébreu. Un peuple qui n'était pas un peuple au sens nationaliste du terme, un peuple produit en quelques dizaines d'années par la force de l'idéologie, du mythe religieux et des crimes des nationalismes européens - de la Russie et l'Ukraine à la Pologne et l'Allemagne - a utilisé l'appui international, le silence international et l'arme des massacres pour arracher un autre peuple, enraciné en Palestine depuis de longs siècles, à ses lieux d'habitation, de vie, d'agriculture, de commerce et de subsistance. C'est l'essence du problème des réfugiés palestiniens.

Une lecture attentive permettra de préciser que l'origine du problème des réfugiés palestiniens prend ses sources avant même 1948 et que sa planification avait en fait commencé avec les premières années du mandat britannique. La plupart des détails relatifs à la déclaration Balfour, le 2 Novembre 1917, sont aujourd'hui bien connus et comment une courte lettre, adressée par le ministre des affaires étrangères britannique de l'époque à un riche juif, s'est transformé en un document fondateur qui a ouvert la voie à l'instauration de l'état hébreu de Palestine.

Mais la conférence organisée, en Février 1921, au Caire, par Winston Churchill, alors ministre des colonies britanniques, qui a réuni un grand nombre de responsables britanniques des ministères des colonies et des affaires étrangères et du Moyen-Orient n'a pas bénéficié du même intérêt. Pourtant, lors de la conférence du Caire, la Grande Bretagne a clarifié ses engagements pris lors des premières années de guerre envers les Arabes et les Juifs, ainsi que ses autres accords avec les Français, en vue de leur application en tant que véritables politiques sur le terrain.

Lors de la conférence du Caire, par exemple, les dernières touches ont été données à la décision de donner à Faycal un royaume en Irak, de même que le destin de son père, le Chérif Hussein, était lié à sa signature d'un accord avec la Grande Bretagne dans lequel il reconnaîtrait la Déclaration Balfour et la division de la région du Proche Orient en plusieurs petits états. L'une des conséquences stupéfiantes de la conférence du Caire, qui peut apparaître à premier abord irrationnelle, a été la constitution de la Transjordanie en royaume indépendant. Les terres de la Transjordanie revenaient à l'origine aux deux wilayats de Syrie et du Hijaz. Il aurait sans doute été cohérent qu'elles le demeurent, comme à l'époque ottomane, qu'elles soient intégrées totalement au Hijaz (où le Chérif Hussein, l'allié de la Grande Bretagne dans la guerre, était toujours au pouvoir) ou à l'Irak (qui était sous domination britannique), ou qu'elle reste liée à la Palestine par un même mandat britannique. Mais Churchill a choisi de séparer la Transjordanie, non pas pour satisfaire Abdallah Ibn Hussein, comme on l'a dit alors et comme cela a été depuis institué dans les études sur la Transjordanie, mais pour résorber les obstacles à la création d'un état pour les juifs en Palestine et pour constituer une zone tampon entre ce pays et le Proche Orient arabe.

L'élite politique britannique soutenant le mouvement sioniste savait que la Palestine était un pays avec un peuple, que c'était une petite étendue géographique sans richesses et sans ressources économiques, et que l'ouverture des frontières à une émigration juive européenne massive ainsi que la transformation d'une de ses portions en immense colonie pour ces immigrés devait nécessairement conduire à l'expulsion d'un grand nombre de Palestiniens. Dans la vision britannique, la Transjordanie était le lieu postulé pour résorber ces expulsés. Ce qui est arrivé, bien entendu, c'est que le problème des réfugiés palestiniens s'est révélé bien plus important que ce qui avait été planifié ou calculé. D'abord, parce que les guerres ne suivent pas toujours les plans préétablis, et ensuite parce que la violence sioniste envers les Palestiniens s'est déployée de manière bien plus importante que ne se l'étaient représentées les puissances internationales soutenant le mouvement sioniste et l'état hébreu naissant.

Les Palestiniens se sont dispersés, depuis la catastrophe qu'a été la création de l'état hébreu, entre ce qui restait de la terre de Palestine, la Cisjordanie et la bande de Gaza, et la Transjordanie, le Liban, la Syrie et un certain nombre d'états arabes. Les réfugiés palestiniens sont effectivement devenus une question régionale et internationale importante, aggravée par les calculs et politiques internes des pays d'accueil. Les calculs des grandes puissances ont aussi envenimé la situation, dès les débuts du problème des réfugiés palestiniens, et ce, malgré les résolutions des Nations Unies appuyant leur retour à leurs terres et pays d'origine : implantation dans leurs lieux de résidence et éparpillement par l'ouverture des portes de l'émigration vers des pays d'accueil, dans une double direction, vers les pays arabes du Golfe ou l'Amérique et l'Australie. Avec, à la base de ces calculs, l'idée que le fait accompli ferait son effet avec le temps, que les grands-parents et parents mourraient et que les enfants et petits enfants oublieraient. Mais l'histoire du conflit autour de la Palestine depuis 1948 s'est constitué pour une grande part comme l'histoire de la lutte des réfugiés palestiniens en vue du retour, lutte se perpétuant de génération en génération. Fateh, ainsi que la majorité des autres forces du Mouvement National Palestinien, a été créé par un certain nombre de jeunes Palestiniens dont la plupart étaient des fils de réfugiés de 1948. Dès les débuts du mouvement de résistance palestinienne, en 1965, et lors de son développement, après juin 1967, les réfugiés palestiniens ont été l'essence de la résistance, ses gardiens et sa matière. Des camps de Jordanie aux camps du Liban, des diplômés des universités européennes et arabes aux enseignants et ingénieurs d'Arabie Séoudite et des pays du Golfe, les enfants et petits-enfants de réfugiés ont brisé les calculs de l'implantation, de l'exil et de l'oubli. Et, lorsqu'a débuté la première Intifada, en 1987, et que les islamistes palestiniens se sont retrouvés aux premières lignes du mouvement de résistance palestinienne, ce sont les réfugiés de Cisjordanie et de Gaza qui en ont été les acteurs principaux.

Il fallait rappeler ces faits pour examiner les développements du conflit autour de la Palestine au cours de la période actuelle, celle de la deuxième Intifada palestinienne. On sait maintenant que la question des réfugiés palestiniens a été durant l'été 2000, au sein des négociations de Camp David dont le but était d'arriver à une solution définitive de la question palestinienne ; et qu'elle a de nouveau été à l'ordre du jour des négociations de Taba à la fin de la même année.

Des plans de solutions non officiels ont circulé durant ces dernières années, rédigés par des négociateurs palestiniens et israéliens, qui contenaient une renonciation explicite ou implicite au droit au retour des réfugiés palestiniens dans leur pays. Derniers en date, les accords de Genève, auxquels sont parvenus Yasser Abd Rabbo et Yossi Belin l'année dernière, ont mauvaise réputation. Ce sont sans doute les estimations américaines concernant le manque de fermeté de la position officielle palestinienne, sur le problème des réfugiés et sur le droit au retour garanti internationalement et légalement, qui ont poussé le président des Etats-Unis, en avril de l'année dernière, à anticiper les négociations finales, à les vider de leur contenu et à présenter une lettre de garantie au premier ministre israélien, lui promettant de sauvegarder le caractère juif de l'état hébreu et d'annuler le droit au retour des réfugiés palestiniens. Ce qui appelle nécessairement une mobilisation populaire palestinienne, partout où se trouvent les réfugiés, pour réaffirmer le droit au retour et que le problème des réfugiés était et restera au cœur du mouvement de lutte nationale palestinien.

La conférence qui s'est tenue à Berlin le 15 mai, à l'initiative du Centre Palestinien pour le Retour, à l'occasion de la commémoration de la Nakba palestinienne avait pour titre : Nous ne renoncerons pas au Droit au Retour et nous ne mandaterons personne pour y renoncer. Y ont assisté un grand nombre de fils de la communauté palestinienne en Europe, avec leurs associations, leurs institutions et leurs comités. Elle représente un fait significatif et marquant de l'effort populaire palestinien en ce domaine. Dans une indication claire à l'unité et l'unanimité du peuple palestinien, la conférence a accueilli le D. Azmi Bishara, le penseur et dirigeant politique des Palestiniens de l'intérieur, dont le destin a voulu qu'ils supportent les souffrances de la domination sioniste et de la discrimination raciste, même s'ils n'ont pas porté le poids de l'expulsion et des réfugiés. Elle a aussi accueilli Jamal Al Chati, président de la Commission des Réfugiés au Conseil Législatif Palestinien et Khaled Al Taraani, le directeur de la Fondation Islamo-Américaine pour Jérusalem à Washington, ainsi que Mohamad Khalil Akl, député au parlement jordanien du camp de Bakaa, l'un des centres de réfugiés palestiniens les plus connus. Mais l'important fut la publication par l'assemblée d'une déclaration exprimant sa position, sous le nom de document de Berlin.

Les participants insistent dans ce document/communiqué sur leur attachement à leur droit au retour dans leurs maisons, dont ils ont été chassés, considérant que c'est l'un de leurs droits essentiels individuels et collectifs, institué et garanti par les lois divines ainsi que par les documents et lois internationales, et qu'ont réaffirmé un grand nombre de résolutions de l'ONU. Ils ont déclaré que le Droit au Retour est un droit individuel qu'on ne peut déléguer ou représenter. Personne, individu ou organisme, ne peut y renoncer, pour aucune raison, sous aucun prétexte ou accord. C'est un droit inaliénable, qui ne passe pas avec le temps, ne se réduit pas et ne fluctue pas avec la création d'un état palestinien sur n'importe quelle portion de la terre palestinienne.

Les participants ont refusé de considérer comme une solution humaine et acceptable toute solution menant à renoncer ou à brader le Droit au Retour. Ils ont insisté sur le fait que sa mise en application et sa réalisation pratique de manière juste et non partielle nécessitait la fin de l'occupation sioniste de la terre de Palestine, car c'est le véritable obstacle au retour du peuple palestinien dans sa patrie.

Ces participants à la conférence de Berlin sont les enfants de la deuxième et troisième génération de réfugiés palestiniens, les enfants et petits-enfants de ceux qui ont été obligés de quitter Jaffa, Safad, Beit Jibran et Majdal, ceux qui sont censés avoir oublié depuis longtemps. De plus, ce sont les enfants de la communauté palestinienne en Europe, qui sont censés être parmi les communautés les plus aisées et les plus stables. Si ceux-là n'ont pas oublié et n'ont pas renoncé, les enfants du camp de Aïn el Héloué, qui vivent la vie de ghetto depuis 1948 ou les enfants du camp de Rafah, qui ont vu les chars israéliens piétiner leur vie pour la centième fois, il y a quelques jours, oublieront-ils ? La question ne s'adresse pas seulement à Georges Bush et à Ariel Sharon mais aussi aux hommes politiques palestiniens qui n'ont plus, pour certains, d'autre préoccupation que de présumer parler au nom des Palestiniens et signer à leur place.

Traduction Shirine Tannous

Post-Scriptum : Traduction Shirine Tannous Le 3/6/2004

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