Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

poème de Nizar Qabbani

Ce poème s'est attiré de sévères critiques aux Etats-Unis lorsqu'il fut publié pour la première fois dans al-Hayat, en avril 1997.


- On nous accuse de terrorisme
- quand nous défendons la rose et la femme,
- la poésie aux vers si puissants et le bleu du ciel.
- Cette « autorité » avec rien dedans :
- pas d'eau, pas d'air,
- pas une tente, pas un chameau,
- pas même de noir café arabica !!!

- On nous accuse de terrorisme
- quand nous refusons de mourir
- sous les bulldozers d'Israël
- qui déchirent notre terre et notre histoire,
- notre Bible et notre Coran,
- qui déchirent les tombes de nos prophètes.
- Mais quand tel est notre péché,
- qu'il est noble, ce terrorisme !


- On nous accuse de terrorisme
- quand nous refusons d'être effacés
- de la main du Mogol, des Juifs et des Barbares,
- quand nous jetons des pierres
- dans les vitres du Conseil de sécurité
- après que le César des Césars s'en est emparé.


- On nous accuse de terrorisme
- quand nous refusons de discuter avec le loup
- et de serrer la main de la grande putain.
- Amrika,
- face aux cultures des peuples,
- tu n'as pas de culture.
- Face aux civilisations des civilisés,
- tu n'as pas de civilisation.
- Amrika au si puissant édifice,
- tu n'as même pas de murs !


- On nous accuse de terrorisme
- quand nous refusons cette époque
- où Amrika a mis sa folie,
- sa richesse, sa puissance,
- au service d'Israël.


- On nous accuse de terrorisme
- quand nous jetons une rose
- sur Jerusalem,
- sur al-Khalil,
- sur Gaza,
- sur an-Nasirah,
- ou quand nous apportons pain et eau
- à Troie assiégée.


- On nous accuse de terrorisme
- pour avoir élevé la voix
- contre les régionalistes parmi nos dirigeants.
- Tous ont changé d'allure :
- de partisans de l'union
- ils sont devenus hommes d'affaires.


- Quand nous commettions cet atroce délit de culture,
- quand nous nous révoltions contre les ordres du grand calife
- et contre le siège du califat,
- quand nous apprenions la jurisprudence et la politique,
- quand nous rappelions Dieu
- et que nous lisions la sourate al-Fatah (la sourate qui parle du prophète le jour de son retour à la mecque, après une dizaine d'années de refuge)
- quand nous écoutions le sermon du vendredi,
- c'est alors que nous étions bien imprégnés
- de l'art du terrorisme !


- Nous sommes accusés de terrorisme
- quand nous défendons la terre
- et l'honneur de la poussière qui la couvre,
- quand nous nous révoltons contre le viol des peuples
- et du nôtre en particulier,
- quand nous défendons les derniers palmiers de notre désert,
- les dernières étoiles de notre ciel,
- les dernières syllabes de nos noms,
- les dernières gouttes de lait du sein de nos mères.
- Mais quand tel est notre péché,
- qu'il est noble, ce terrorisme !


- Je suis avec le terrorisme
- quand il peut me sauver
- de ces immigrés de Russie,
- de Roumanie, de Hongrie, de Pologne.
- Ils se sont installés en Palestine,
- ont posé les pieds sur nos épaules
- pour nous voler les minarets d'al-Quds
- et la porte d'Aqsa,
- pour voler les arabesques et les coupoles.


- Je suis avec le terrorisme
- quand il veut libérer le Messie, Jésus de Nazareth,
- et la vierge, Meriam Betula, et la cité sainte
- des ambassadeurs de la mort et de la désolation.


- Naguère encore,
- la rue nationaliste était ardente
- comme un cheval sauvage,
- les rivières abondaient de l'esprit de la jeunesse.


- Mais après Oslo,
- nous n'avions plus de dents :
- aujourd'hui, nous sommes un peuple aveugle et perdu.


- On nous accuse de terrorisme
- quand nous défendons de toutes nos forces
- notre héritage poétique,
- le rempart de notre nation,
- notre civilisation rose,
- la culture des flûtes de nos montagnes
- et les miroirs reflétant des yeux noircis.


- On nous accuse de terrorisme
- quand nous défendons nos écrits,
- l'azur de notre mer
- et l'arôme de l'encre, .
- quand nous défendons la liberté du mot
- et la sainteté des livres.


- Je suis avec le terrorisme
- quand il est capable de libérer un peuple
- des tyrans et de la tyrannie,
- quand il est capable de sauver l'homme
- de la cruauté même de l'homme,
- de rendre les citronniers, les oliviers
- et les oiseaux au Sud du Liban,
- de rendre son sourire au Golan.


- Je suis avec le terrorisme
- s'il peut me délivrer
- du César de la Judée
- et du César de Rome.


- Je suis avec le terrorisme
- aussi longtemps que ce nouvel ordre mondial
- sera partagé en parts égales
- entre Arrika et Israël.


- Je suis avec le terrorisme
- avec toute ma poésie,
- avec tous mes mots
- et avec mes dents
- aussi longtemps que ce nouveau monde
- sera aux mains d'un boucher.


- Je suis avec le terrorisme
- si le sénat américain
- applique ses jugements, ses décrets,
- ses récompenses, ses châtiments.


- Je suis avec l'irhab (le terrorisme)
- aussi longtemps que ce nouvel ordre mondial
- détestera l'odeur des Arabes.


- Je suis avec le terrorisme
- aussi longtemps que le nouvel ordre mondial
- voudra massacrer ma progéniture
- et la donner en pâture aux chiens.


- Pour tout ceci,
- je le crie de toute ma voix :
- Je suis avec le terrorisme
- je suis avec le terrorisme
- je suis avec le terrorisme !!!

Traduit et adapté de l'anglais par Jean-Marie Flémal

12/10/2001

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