Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Propalestinien donc Antisioniste voir Antisémite

Un mouvement vivant mais en désarroi.

Petites manifestations regroupant souvent les mêmes têtes connues et contrastant avec le constat d'un écho populaire plus favorable à l'égard des Palestiniens ; sentiment d'impuissance et de honte devant la mobilisation dérisoire lors de la grève de la faim des prisonniers palestiniens et à nouveau lors de l'assassinat par l'armée israélienne de 110 habitants du camp de réfugiés de Jabalya - deux fois plus qu'au camp de Jénine en 2002 ! - exaspération croissante à l'égard du double jeu des institutions et des gouvernements européens qui poursuivent et renforcent leur collaboration avec Israël tout en affichant un discours de compassion à l'égard de la population palestinienne ; malaise perceptible de beaucoup de militants face aux développements de la situation interne de l'Autorité palestinienne après la mort d'Arafat ; incompréhension des enjeux, malaise à l'égard des procédures de choix des candidats et perplexité à l'annonce des résultats lors des récentes élections ; paralysie face à l'offensive politique et diplomatique du gouvernement israélien dont chacun pressent que le " plan de retrait unilatéral de Gaza " n'est qu'un nouveau leurre mais sans qu'aucune alternative mobilisatrice ne soit proposée par quiconque…

Il existe bien des motifs de s'interroger sur les raisons de cette situation quelque peu paradoxale.

Car le mouvement de solidarité avec les Palestiniens est par ailleurs bien vivant, riche des initiatives de milliers de personnes organisées en collectifs, comités et associations plus ou moins reliés à des structures nationales, agissant dans des dizaines de villes, multipliant les réunions publiques, les pétitions, les rassemblements, proposant l'envoi de délégations, apportant un soutien financier à des actions humanitaires, culturelles, éducatives etc. Mais depuis presque deux ans la machine semble tourner dans le vide ; beaucoup d'anciens ne renoncent pas, de nouveaux se joignent à l'action à chaque initiative, des comités surgissent …mais le mouvement en voit aussi beaucoup s'éloigner et ne se développe plus.

Les dernières mobilisations ont été en deçà des espoirs nourris par les organisateurs et ont laissé un goût amer à bien des participants. Les succès initiaux ont fait place à des querelles dont les raisons restent obscures ou douteuses pour la plupart des militants qui agissent localement et suivent de loin ce que beaucoup perçoivent comme des règlements de compte.

Il faut donc s'interroger sur les racines de cette situation. Pourquoi cette quasi-paralysie face à des évènements de grande importance comme la grève de la faim menée par 4000 prisonniers palestiniens pendant 3 semaines en août 2004 ? Pourquoi cette impotence à protester massivement tout au long des années 2003 et 2004 quand se succédaient les assassinats de dizaines de militants politiques de la résistance palestinienne à Gaza, Jénine, Naplouse etc. ? Pourquoi cette incapacité à prolonger et organiser l'activité de solidarité avec les centaines (parfois les milliers) d'hommes et de femmes qui ont rejoint les cortèges Palestine lors des manifestations contre la guerre en Irak ?

Quelles leçons tirer de notre incapacité à freiner un tant soit peu l'offensive coloniale israélienne en Cisjordanie malgré les succès remportés sur le terrain diplomatique et notamment la condamnation du mur par la Cour Internationale de Justice de La Haye ? Comment évaluer la pertinence de la stratégie visant à faire pression sur la Communauté européenne en arguant d'un vote d'avril 2002 qui ne fut jamais suivi d'effet et qui a depuis été remis en cause par ce même Parlement qui a voté une résolution contredisant la précédente ?

Traiter sérieusement de toutes ces questions, et d'autres encore que se posent les militants qui constatent l'absence d'effets positifs pour les Palestiniens d'une action qui s'est développée depuis 4 ans et dont l'ampleur et la diversité ne sont pas négligeables, serait parfaitement légitime. Se confronter à ces questions réelles, avec la volonté de rendre l'action plus efficace, permettrait de revivifier un mouvement qui ressent de plus en plus le décalage qui s'est créé entre les exigences de justice pour les Palestiniens et l'aggravation de la situation d'occupation coloniale et de répression militaire.

Ce décalage est tel que beaucoup s'interrogent aujourd'hui : les Palestiniens obtiendront-ils un état, les réfugiés pourront-ils vraiment " revenir ", les prisonniers seront-ils libérés et, au-delà de ces revendications, est-il envisageable de connaître un jour une issue positive à ce conflit sans fin ? Ce qui est à l'ordre du jour c'est de réévaluer la nature, les bases politiques et les objectifs de cette solidarité au regard des changements intervenus sur le terrain et compte tenu du bilan qu'on doit tirer de l'action antérieurement menée.

Plus de dix ans après Oslo et quatre ans après le début de la deuxième Intifada un débat est nécessaire et légitime quant aux fondements et aux objectifs politiques de l'action de solidarité : organiser la réflexion, confronter l'analyse à la réalité et discuter de la pertinence des mots d'ordre devraient être une préoccupation majeure de ceux qui se sont portés à la tête du mouvement et qui lui ont fixé son cadre. Or ce n'est pas du tout à cela qu'on assiste, loin s'en faut.

Post-Scriptum :

Pierre-Yves Salingue 30/01/2005

pysalingue31@hotmail.com

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