Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Propalestinien donc Antisonite

Pourquoi cette offensive et pourquoi maintenant?

" Au vu des faits sur place, il est évident que la création d'un Etat palestinien sera impossible…Le seul avenir envisagé pour le peuple palestinien est celui d'un pays de ghettos et de bantoustans, et une terre sous domination et humiliation permanente d'Israël " (5)

Cette réalité des " faits sur place ", observables par quiconque se rend en Palestine et prend le temps de les constater, est jusqu'à ce jour farouchement occultée par la direction d'un mouvement qui s'accroche désespérément à la fiction de " l'Etat palestinien indépendant " Or cette hypothèse a vécu, éliminée par la logique conquérante du sionisme et par la volonté impérialiste de détruire tout nationalisme indépendant au Moyen Orient. Mais ce qui a rendu totalement obsolètes les discours illusoires sur " les deux états vivant en paix côte à côte " ce ne sont pas « les excès de Sharon. » L'anéantissement de l'hypothèse de l'état palestinien indépendant aux côtés d'Israël est le résultat de l'accumulation de dizaines d'années de politique coloniale menée par TOUS les gouvernements israéliens. Certes, les conséquences du refus de prendre en compte les racines réelles de la question palestinienne se sont particulièrement révélées depuis la décision d'Israël de s'impliquer totalement dans la stratégie de guerre des USA après le 11 septembre 2001. La direction sioniste a profité de l'engagement par Bush de la guerre totale contre les peuples pour conforter ses propres intérêts d'état sioniste visant à consolider ses conquêtes territoriales. Mais ce que Sharon a pu faire depuis son arrivée au pouvoir et après le 11 septembre 2001 a été préparé et permis par tout ce qui a été mis en œuvre durant " la paix d'Oslo " : construction des colonies, des routes " de contournement ", isolement et enfermement de la population palestinienne de Cisjordanie et de Gaza dans des secteurs dits d'Autonomie palestinienne etc. Tout entier acquis au " processus de paix " et sans la moindre attention à ceux qui le mettaient en garde contre les illusions, le mouvement de solidarité est aujourd'hui confronté au désastre issu du choix calamiteux de la direction de l'OLP lors de sa signature des « accords d'Oslo » en septembre 1993. Le refus obstiné de se confronter à la question de la nature et de la fonction politique d'Israël, celles d'un état colonial raciste, chien de garde des intérêts de l'Impérialisme au Moyen-Orient, a finalement abouti à une subordination aux prétendus plans de paix des puissances impérialistes aujourd'hui sous hégémonie américaine. Refusant d'aller à la racine des choses, refusant d'admettre la convergence du projet sioniste d'occupation de toute la Palestine avec le projet de l'impérialisme de détruire toute volonté d'autodétermination des peuples arabes du Moyen Orient et notamment de détruire les bases du nationalisme palestinien, réduisant le problème à un manque de respect des " règles du Droit " et des engagements pris dans une perspective de règlement antérieurement baptisée " la Terre contre la Paix ", le mouvement de solidarité s'est cantonné à la recherche d' " une paix juste entre israéliens et palestiniens" qui consistait à proclamer le droit des palestiniens à un état, tentant de se construire aux côtés de la puissance colonisatrice sioniste, dans les limites des " frontières de 67 " Ce qui était un compromis ( avec probablement l'illusion qu'il soit provisoire pour certains) de la majorité de la direction de l'OLP est devenu l'horizon exclusif et indépassable du mouvement de solidarité qui s'est construit non pas comme un mouvement de soutien à la lutte de libération nationale du peuple palestinien mais comme un mouvement d'appoint à la réalisation de l'état palestinien sur 20% de la Palestine, centrant son action sur la fin de l'occupation des territoires conquis en 1967 où vit un tiers du Peuple palestinien. Ce ralliement à la revendication des " deux états pour deux peuples " s'est accompagné d'une quasi-disparition des autres revendications nationales palestiniennes. Il en est ainsi de la question du droit au retour des réfugiés, qui sont aujourd'hui 5 millions, soit plus de la moitié des Palestiniens, qui est une revendication centrale pour l'immense majorité les Palestiniens et que la direction de l'OLP n'a jamais officiellement abandonnée, quelles que soient les ambiguïtés de certains dirigeants palestiniens et les compromissions d'autres. Cette exigence ne fait pas partie des bases constitutives de beaucoup des organisations et associations qui se réclament pourtant de la « solidarité avec les Palestiniens. » Parmi celles qui l'ont retenue dans leurs bases politiques beaucoup lui font une place assez confidentielle et en tout état de cause n'en font jamais une exigence pour des actions communes. Or, depuis qu'il a pris son essor en Palestine le sionisme met en œuvre la politique de nettoyage ethnique des Palestiniens la plus appropriée aux rapports de forces régionaux et aux circonstances internationales. Si les sionistes ont expulsé par la force des centaines de milliers de Palestiniens d'abord en 1948 puis en 1967 ce n'est évidemment pas pour les voir revenir " légalement ", au terme d'une négociation et en application d'un droit international dont il n'a que faire. Accepter le droit au retour c'est remettre en cause la conception ethnique qui fonde l'état d'Israël comme un " état juif " Ceci signifie que si le droit au retour ne fait pas partie des bases constitutives du Collectif national et s'il n'est pas défendu par de nombreuses associations et organisations qui s'affirment « solidaires des Palestiniens », c'est tout simplement parce que la mise en œuvre de cette revendication est contradictoire avec les fondements sionistes de l'Etat d'Israël et pas seulement avec la " politique de Sharon " ou avec " les excès de Tsahal " La perspective de l'état palestinien indépendant permettait d'atténuer sinon de masquer totalement cette formidable injustice: du moins les réfugiés pourraient-ils avoir leur Etat et un passeport ! Autres Palestiniens à qui on demande aussi d'être « réalistes » quand on n'oublie pas tout simplement leur existence, les Palestiniens vivant en Israël, les Palestiniens de 1948 comme ils se nomment eux-mêmes. Ils sont 1 million vivant en Israël aujourd'hui comme des citoyens de deuxième zone, victime d'une ségrégation systématique qui prépare la mise en œuvre d'un régime d'apartheid total au sein même de l'Etat sioniste. On l'a compris, en l'absence de la perspective d'un état palestinien indépendant, ne pas revendiquer l'application concrète du droit au retour et ne pas soutenir la lutte des Palestiniens de 48 victimes du nettoyage ethnique et de l'apartheid dans le Naqab et en Galilée par exemple, c'est se retrouver dans une posture de défense du droit d'Israël à exister…comme un « état juif », avec le moins possible de Palestiniens, aujourd'hui sur 80% et dans quelques mois sur 90% du territoire de la Palestine historique, sans droits nationaux réels pour les Palestiniens quel que soit le côté du mur où ils habitent, c'est défendre le droit d'Israël à exister comme un état raciste d'apartheid. Position évidemment difficile à assumer pour un " mouvement de solidarité avec la Palestine " !

Quand on prend conscience d'être engagé dans une impasse politique, on a le choix entre deux attitudes:
- procéder à un bilan et notamment confronter la théorie (les bases du projet politique) avec la réalité des faits.
- ou s'obstiner dans l'erreur et chercher des coupables et des bouc-émissaires.

C'est manifestement la deuxième voie qu'ont choisi certains des responsables politiques et associatifs du mouvement « pour une paix juste et durable etc. » D'une part ils ont décidé de s'inscrire, plus ou moins explicitement suivant les cas, dans une logique de soutien aux prétendus plans de paix tels la " Feuille de route ", le " texte de Genève " la reprise du " plan Clinton " etc. Il en est même qui jugent positif le prétendu plan de retrait de Gaza ! En agissant ainsi ils prêtent la main à tous ceux qui veulent continuer d'alimenter la fiction d'un état indépendant palestinien. Peu leur importe que le soi-disant " état indépendant palestinien " possède les attributs d'un état, soit économiquement viable, ait la maîtrise de ses ressources naturelles etc. Ils sont prêts à accepter un état au rabais, parce qu'avec les représentants d'un état, même fantôme, Israël et les instances internationales discuteront des " frontières " (strictement le long la ligne verte? Ou avec quelques " échanges de territoire " ? Où passera le mur ? etc.) alors qu'avec des dirigeants d'un mouvement de libération, on ne peut éviter de parler de revendications nationales et de droit à la résistance ! Dans la logique de leur soutien aux accords d'Oslo ils s'apprêtent ainsi à alimenter le rideau de fumée qui doit masquer la réalité d'une politique qui vise à " piéger les Palestiniens comme des rats "

D'autre part ils doivent déconsidérer ceux qui proposent au mouvement un autre cadre d'explication, fondé sur une compréhension de la nature du projet sioniste et sur la fonction attribuée à Israël dans le projet impérialiste de remodelage et de contrôle de « nouveau grand Moyen-Orient. » Rendre suspects d'antisémitisme ceux qui parlent de sionisme, d'état raciste d'apartheid et de droits nationaux pour tout le peuple palestinien, tel est le moyen choisi par les exécuteurs testamentaires du projet failli qui a mené les Palestiniens au désastre actuel et ouvre la voie à une nouvelle catastrophe.

Post-Scriptum :

Pierre-Yves Salingue 30/01/2005

pysalingue31@hotmail.com

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