Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Qu’est-ce qui succédera au duo Abbas-Netanyahu ?

Avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sous le coup d’accusations de corruption et le Président palestinien Mahmoud Abbas et le négociateur en chef Saeb Erekat aux prises avec des problèmes de santé, des analystes disent qu’un bouleversement politique est à prévoir dans les prochains mois en Israël/Palestine.

Bien que la distinction soit de plus en plus ténue dans la façon dont Israël et l’Autorité palestinienne traitent les Palestiniens dans les territoires occupés, Israël reste la puissance occupante selon le droit international et continue de refuser leurs droits aux Palestiniens, des deux côtés de la Ligne verte et en tant que réfugiés.

Actuellement, la question omniprésente semble être : « Qui sera le prochain Premier ministre d’Israël/Président de Palestine ? »

Une vacance de leadership se profile. Son effet sur le processus de paix et la vie quotidienne a alarmé de nombreux acteurs, en particulier dans la communauté internationale des donateurs qui ont investi des milliards de dollars pour maintenir le statu quo.

Il ne faut pas qu’ils s’inquiètent : bien que les raisons des vides israélien et palestinien soient différentes, ils seront remplis par des institutions et des individus similaires, issus du sérail et inébranlables.

Un nombre croissant d’observateurs prédisent que Netanyahu sera condamné à une peine de prison dans un proche avenir, mais cela, selon l’écrivain Neve Gordon, ne changera pas grand-chose à la politique d’Israël envers les Palestiniens.

Les positions des successeurs potentiels – de Gideon Saar, du Likoud, à Naftali Bennet, de Jewish Home, à Avi Gabbay, du Parti travailliste, à Yair Lapid, de Yesh Atid – diffèrent peu de celles de Netanyahou. En fait, ces probables premiers ministres sont encore plus racistes et investis dans le projet colonial d’Israël.

Lorsque Donald Trump est entré à la Maison blanche, Saar a demandé au gouvernement israélien de « se dissocier du paradigme de ‘deux-Etats’ et de rejeter l’idée dangereuse d’établir un État palestinien au cœur d’Israël », arguant que « les conditions sont favorables à cette démarche. »

Il a également préconisé « une solution fédératrice jordano-palestinienne ». Bennett, à son tour, a appelé à plusieurs reprises à l’annexion de la Cisjordanie, déclarant que « l’ère de l’État palestinien est terminée ».

L’année dernière, Lapid a annoncé : « Il faut que nous sortions les Palestiniens de nos vies. Ce que nous devons faire, c’est construire un mur haut et qu’ils soient hors de notre vue. » Ce virage plus net à droite, en particulier en ce qui concerne des questions concernant la Palestine, renforcera encore les institutions et les experts qui propagent des points de vue extrémistes, selon les analystes et les observateurs.

Ce fut un processus long dans sa réalisation, comme le révèle le récent rapport annuel stratégique de Madar, le Forum palestinien pour les études israéliennes. Les sondages et les tendances de l’opinion publique au cours de la dernière décennie illustrent des changements troublants dans la société israélienne, comme l’augmentation des communautés de colons radicaux, qui n’augure rien de bon pour la paix et la justice.

Les réactions publiques à la transplantation de poumon d’Erekat, au procès pour meurtre de Elor Azaria et à l’occupation de la maison d’une famille palestinienne par les colons d’Hébron montrent à quel point la société israélienne est loin de s’engager dans tout forme de projet significatif de construction de la paix.

Comme l’explique Gidéon Lévy : « Pour générer des changements, la société israélienne doit subir un processus douloureux, et rien n’est en vue à l’horizon… Netanyahu part et Israël reste le même. » En tant que tel, la société coloniale dans son ensemble – pas seulement les milieux politique et sécuritaire – gouvernera l’après Netanyahu.

La situation n’est pas meilleure du côté palestinien, à mesure que les écarts de légitimité politique s’élargissent, la fragmentation s’accroît et la fracture interne se durcit. La fragilité du système politique palestinien a été mise en évidence après le récent bilan médical d’Abbas et de la détérioration de l’état de santé d’Erekat.

Pour atténuer une partie du risque associé à une transition politique, Abbas a décidé de faire monter d’un cran – encore une fois – son chef du renseignement, Majid Faraj.

Au cours de la dernière décennie, l’AP et la communauté des donateurs ont investi des milliards de dollars dans la réforme des institutions de sécurité. La tête de l’Autorité, soutenue par les donateurs, prépare maintenant les forces de sécurité de l’AP à contrôler la période post-Abbas. Cela ne correspond guère à la démocratie, en particulier compte tenu de la volonté de l’AP de tout contrôler avec «une main de fer» depuis 2007.

Sous prétexte d’assurer la stabilité et d’éviter le chaos, l’AP est devenu de plus en plus autoritaire et s’est servie des forces de sécurité pour consolider sa position. Dans un tel environnement, il est difficile d’imaginer une transition politique démocratique qui ait du sens, même si les élections du Conseil national palestinien avaient lieu à l’automne comme prévu actuellement.

Les élections envisagées maintenant sont tout sauf unificatrices, transparentes ou représentatives. Elles risquent au contraire de fortifier la fracture intra-palestinienne et de créer des distorsions et des fragmentations supplémentaires au sein du mouvement national palestinien, a averti l’analyste Hani al-Masri.

Un régime répressif supplémentaire est la dernière chose dont le peuple palestinien a besoin. Un contrôle des institutions de sécurité de l’AP sur le système politique palestinien ne fera qu’affaiblir une vie politique déjà terriblement affaiblie. L’élite politique renforcera également la collaboration des forces de sécurité avec Israël, tel que cela est dicté dans les Accords d’Oslo de 1993.

Bien que les dirigeants palestiniens actuels qualifient cette coordination sécuritaire de «sacrée», pour certains futurs dirigeants du Fatah, ce serait même «une partie intégrante de notre stratégie de libération».

De plus, les dirigeants politiques continueront de se fixer sur le paradigme à deux États et sur un «processus de paix» parrainé par les États-Unis. En effet, l’élite politique dominée par le Fatah trouve même une source d’inspiration dans l’administration Trump.

La semaine dernière, le représentant en chef de l’Organisation de libération de la Palestine à Washington a déclaré: « Notre principale source d’inspiration et d’espoir est le président Trump lui-même. » Tout ce qui vient après Abbas et Netanyahu sera donc semblable à ce que nous voyons aujourd’hui. Pour changer cela, il doit y avoir une résistance à toutes les tendances décrites ci-dessus.

Le véritable changement ne peut pas provenir des mêmes institutions qui ont nourri les régimes de Netanyahu et Abbas, et il ne proviendra pas non plus des «dirigeants» qui se positionnent pour les postes de premier ministre et président. Ils font également partie du cadre institutionnel qui a soutenu l’occupation israélienne et le statu quo.

La véritable voie pour un changement réel est dans l’engagement dans des actions collectives offensives visant à remettre en question les acteurs et les institutions existants et leur prétention de représentation politique. Fondamentalement, cela nécessite la création de nouveaux organes institutionnels, efficaces, légitimes et représentatifs, unificateurs, axés sur les personnes et participatifs dans leur structure et leur conception.

Pourtant, la question demeure : bien que le peuple palestinien attende désespérément un changement, la société israélienne y est-elle intéressée ? Ou Israël est-il content de lui-même ? D’être un État colonisateur, une colonie de peuplement et un transgresseur du droit international qui tire profit de l’oppression et de l’occupation de tout un peuple ?

 * Alaa Tartir est directeur de programme d’al-Shabaka : The Palestinian Policy Network, et chercheur post-doctorat à l’Institut universitaire des Hautes Études internationales et du développement, à Genève. Consultez son site Internet et il peut être suivi sur Twitter @alaatartir.

 – Al-Shabaka – Traduction :  ISM France

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