Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Qui a effacé la Palestine de la carte ?

Par par Fahmi Huwaydi, écrivain égyptien

Les paroles prononcées à Téhéran relatives au sionisme, ont suscité des réactions hystériques dans le monde. Pourtant, les missiles lancées sur Gaza pour détruire sa jeunesse ont été considérés comme quelque chose de naturel, et personne n'a réagi sur la scène internationale. Les capitales mondiales se sont offusquées parce que le président iranien a parlé de la destruction de l'entité sioniste, dans une conférence générale, mais les mêmes capitales ont entièrement fermé les yeux lorsque la Palestine a été effacée des cartes et engloutie par la géographie, après avoir été déracinée, après que son histoire et sa culture aient été décimées, que son passé, son présent et son avenir aient été assassinés.

Je ne cherche pas à défendre les paroles du dr. Ahmadi Najad, je suis plutôt secoué par cet immense paradoxe de la situation, qui dévoile l'ampleur du vide auquel nous sommes parvenus, celui où il est autorisé de faire couler le sang palestinien, au plus haut degré, au moment où tout ce qui concerne Isrël est entouré d'une muraille presque sacrée. Si nous pouvons comprendre que cela se passe dans plusieurs capitales du monde, nous ne pouvons qu'être étonnés et dégoûtés lorsque les échos de ce monde sont repris dans les médias arabes.

Dr. Ahmadi Najad a parlé dans une conférence intitulée "Un monde sans sionisme", considérant que le sionisme est la source du malheur et de tous les maux que connait la région. Il s'agit d'une constatation que personne ne peut nier, et dans le cadre de cette analyse, il a fait référence aux paroles de l'Imam Khomeiny appelant à la destruction de l'entité sioniste. Affirmant qu'il est attaché à la pensée de l'Imam Khomeyni, il a déclaré que la destruction de cet entité était inéluctable, pour terminer et dire qu'un monde débarrassé des Etats-Unis et d'Israël peut voir le jour. Ces paroles ont été extraites et amplifiées, et généralisées dans le monde comme un appel à effacer Israël de la carte. Bien qu'il ait parlé d'un monde débarrassé des deux, Etats-Unis et Israël, les Etats-Unis ont replacé ses paroles à leur vraie dimension, ne lui accordant pas d'importance. Mais dans la campagne mondiale, seule la mention d'Israël a été notée, et tous les feux ont été braqués sur Israël seulement, pour que les éléments du tableau se mettent en place : pour qu'Israël qui a effacé la Palestine et qui poursuit son acte de déracinement envers ce qui en reste, soit le même Etat qui demande aux Nations-Unies de chasser l'Iran car son président a parlé d'effacer Israël de la carte.

Une conférence s'est tenue l'année dernière en Suède, au cours de laquelle a été discuté le thème : "Un monde débarrassé des Etats-Unis" où certains participants ont exprimé l'idée que la situation du monde serait meilleure sans les Etats-Unis, alors que d'autres refusaient cette idée, mais personne de ceux qui ont avancé l'idée d'un monde meilleur sans les Etats-Unis n'ont été accusés d'appeler à effacer les Etats-Unis de la carte. Mais lorsque la situation se rattache à Israël, les critères changent, et le monde en entier s'offusque, car il est interdit de toucher à un seul cheveu, il est interdit de critiquer toute politique qui le touche, il est interdit de dénoncer tout crime qu'il commet. Tous ceux qui osent le faire sont taxés d'être antisémites et menacés par toutes les mesures pratiquées par les nazis, l'art de la manipulation et du dénigrement.

Je sais qu'il est inapproprié, politiquement et diplomatiquement, qu'un président d'Etat utilise le langage par lequel dr. Ahmadi Najad a parlé d'un autre Etat, membre des Nations-Unies, mais cela ne mérite pas plus d'un "reproche" diplomatique, qui note une distance, puis la dépasse. Mais il est clair que dr. Ahmadi Najad, nouvel élu, a parlé avec le langage des Gardiens de la révolution et non avec celui de sa nouvelle fonction. Il a plus exprimé ce qu'il pense que ce que doit être la politique de son pays, ce qui l'a placé dans cet espace interdit où les échos des condamnations européennes se répètent à n'en plus finir.

Pendant que le monde entier était occupé par les conséquences aux déclarations du président iranien, derrière les poussières et les fumées qu'Israël a installées, les dirigeants israéliens s'épuisaient à effacer la Palestine, par des raids meurtriers sur Gaza, par des assassinats et des arrestations qui ont pour but de détruire la résistance, de détruire ses éléments et de la déraciner pour détruire tout ce qui lutte pour maintenir la Palestine sur une carte. L'histoire se répète, Israël veut poursuivre les meurtres, les assassinats, la destruction de la terre et la construction du mur barbare, pendant que tous les Palestiniens doivent rester soumis et à genoux. Israël veut transformer Gaza en une grande prison en retirant ses propres forces, mais en tenant les clefs de la bande de Gaza, au moment où il se dirige vers la Cisjordanie pour y faire les actes les plus abominables, annexant les terres, encerclant les cantons palestiniens placés sous son contrôle et sa domination. Israël veut pratiquer tout cela, protégé par un accord d'accalmie avec les organisations de la résistance, et profitant du sommeil de quelques capitales européennes et du soutien des autres.

Il était naturel que cette situation ait ses répercussions sur la résistance, qui s'est engagée à l'accalmie, mettant dès le départ la condition que l'accalmie soit bilatérale, refusant qu'Israël poursuive ses crimes, impunément, alors qu'elle-même a les mains liées par un accord signé à Sharm el-sheikh, au mois de février de cette année. Pour cela, ne n'était pas une surprise que la résistance riposte aux crimes israéliens, que ce soit avec la branche armée du Hamas, les Brigades d'al-Qassam, ou par les Brigades d'al-Quds du mouvement du Jihad islamique, ou par les Brigades des martyrs d'al-Aqsa, du mouvement Fateh. La campagne menée actuellement contre le mouvement du Jihad islamique, et notamment sa branche armée, les Brigades d'al-Quds, est au plus fort, après l'opération d'al Khudayra, où ont été tués 5 Israéliens et blessés 38 autres, menée par le martyr Hassan Abu Zayd, par laquelle le Jihad a riposté à l'assassinat du dirigeant des Brigades d'al-Quds, en Cisjordanie, Lou'ai Saadi. En poursuivant les combattants du Jihad, Israël fait d'une pierre deux coups : d'un côté, il augmente sa pression et son chantage contre l'Autorité palestinienne en l'accusant de ne rien faire pour extirper "le terrorisme", considérant que l'Autorité est responsable de Gaza et de la sécurité des Israéliens en Cisjordanie, et d'autre part, il poursuit sa guerre et sa répression contre la résistance, en bombardant Gaza avec une pluie de roquettes, en poussant ses troupes vers le nord de la Cisjordanie, en envahissant les régions de Nablus, Tulkarm et Jénine, pour tuer les combattants de la résistance, et notamment ceux du mouvement du Jihad islamique. Mais la répression israélienne contre la résistance n'est pas seule en compte, car l'Autorité palestinienne a les mains liées, également, en dénonçant les opérations, qui ne sont en fin de compte que des ripostes à l'agression israélienne. Ce qui signifie que la destruction de la résistance est au premier plan actuellement, avant la fin de l'occupation, surtout qu'il est demandé que Gaza soit hors du conflit, bien qu'Israël poursuive l'encerclement de la bande de Gaza et ses agressions en Cisjordanie.

Il n'est un secret pour personne maintenant que le but de la destruction de la résistance à Gaza est au-delà de l'apparence, ce dont écrivent les journaux : Israël se prépare à se retirer de 40% (2000 kms2) de la Cisjordanie pour annexer le reste (la totalité fait 5500 kms2). Les 40% représentent là où la densité de population palestinienne est la plus importante. La Cisjordanie va être démantelée, avec le maintien de la domination israélienne. Pour assurer ce plan, clore le dossier afin d'effacer la Palestine historique de la carte, c'est la résistance qui est actuellement la cible, plus qu'à tout autre moment.

Il y a aussi d'autres paradoxes. Le mouvement du Jihad islamique a été accusé d'extrémisme, car il a refusé de participer aux élections, et lorsque le mouvement du Hamas a décidé de le faire, il a été refusé car accusé d'extrémisme, ce qui signifie que la résistance est menacée, accusée dans tous les cas, qu'elle participe ou non aux élections. Il faut également noter que les parties arabes qui ont agi pour parvenir à l'accalmie ont gardé le silence absolu face aux agressions israéliennes, ce qui laisse penser que l'accalmie a été instaurée sous la pression américaine et israélienne, en tant qu'accord n'engageant que la résistance et non les Israéliens. Autre paradoxe, encore. Une équipe sécuritaire arabe s'est rendue à Gaza pour superviser le retrait des forces israéliennes et équiper les appareils sécuritaires de l'Autorité palestinienne. La présence de cette équipe arabe pendant les bombardements israéliens sur la bande de Gaza peut nous faire poser la question : cette équipe s'est retrouvée à Gaza pour faciliter le retrait ou pour légaliser l'occupation ? Ensuite, il semble que le Quartet ait été atteint de cécité discriminatoire en faveur de l'Etat d'Israël. Il demande à la Syrie de chasser le mouvement du Jihad islamique de son territoire, sachant que le poids du mouvement est quasi général à l'intérieur de la Palestine, l'exécutant de l'opération d'al-Khudayra est parti de Qabatiya et non de Hama ou d'Alep....

Post-Scriptum :

Sources: Sharq al-awsat, 2 novembre 2005

Traduit par : Centre d'Information sur la Résistance en Palestine

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