Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

RECONCILIATION PALESTINIENNE

La question n'est pas de dire si le Hamas a tort ou raison. Il faut analyser pourquoi la réconciliation a pu avoir lieu, quel est le rôle de l'Egypte révolutionnaire dans l'affaire, pourquoi cette réconciliation était bloquée ? Ensuite, avec la réconciliation, comment les choses vont se dérouler ? Est-ce que les pressions sionistes, américaines et européennes vont aboutir ? Est-ce que Mahmoud Abbas a le choix ? Quel est l'intérêt du peuple palestinien ? 

 

La réconciliation est une chose positive, pour le peuple palestinien. De nombreuses luttes ne peuvent aboutir à cause précisément de la division. Il y a des dossiers urgents à régler, et sur le terrain, c'est la division qui empêchait leur règlement (situation surtout dans al-Quds, ou bien le blocus contre Gaza). 

Mais la réconciliation ne résoud pas les problèmes, car les intérêts ne sont pas toujours les mêmes. Les sionistes poursuivent leurs actes et menacent, et les US les soutiennent à fond. Les négociations avec Mahmoud Abbas sont arrivées à une impasse totale.

Si Mahmoud Abbas espère entraîner le Hamas dans son sillage, pour se donner une crédibilité, le Hamas espère de son côté relever le niveau de la combativité en s'alliant avec de larges secteurs qui n'osent pas bouger tant que la division est là. Le Hamas compte sur les changements en Egypte alors que Abbas attend qu'un bouleversement contraire ait lieu pour revenir à ses mauvaises habitudes et il est content aussi des déclarations européennes et à présent américaines qui le soutiennent contre le Hamas, car cela lui donne des points. Les intérêts ne sont pas les mêmes.

Les cercles européens et impérialistes, de même que des cercles sionistes (ceux qui ont manifesté dans les rues de Tel Aviv demandant la reconnaissance de l'Etat palestinien, et ceux qui ont lancé l'appel que vous avez envoyé) espèrent que la réconciliation entraîne un recul de Hamas, un abandon de la résistance, et une avancée des négociations, pour qu'au mois de septembre, Mahmoud Abbas puisse proclamer l'Etat palestinien. Ils comptent sur le "pragmatisme" du Hamas pour faire ce pas. C'est la signification de la campagne qui est soi-disant en faveur de la Palestine mais qui est, dans le fond, une volonté de faire plier le Hamas en favorisant le programme de Mahmoud Abbas. 

Mais c'est sans compter sur le mouvement palestinien dans son ensemble, sans compter sur ce qui se passe dans la région.

Il ne s'agit pas de dire, encore une fois, si le Hamas a tort ou raison, car le Hamas n'a pas signé le programme de Mahmoud Abbas, mais son propre programme. La réconciliation n'est pas un acte de démission de Hamas, loin de là. C'est un répit, une tentative de briser le blocus, un moyen de rassembler les forces pour lancer des mouvements de résistance. Du moins, c'est ainsi que nous le comprenons, dans les cercles qui soutiennent la résistance et nous disons que la réconciliation est un pas nécessaire, mais elle ne résoud pas les problèmes.

Il n'y a rien de philosophique là-dedans, ni dans ce que j'ai dit précédemment. Mais faire de la politique politicienne, c'est contre-révolutionnaire, et il faut analyser, en prenant tout en compte et non seulement les dépêches et les déclarations impérialistes. Les arabophones ont peut-être de la chance de pouvoir lire ou voir directement tout ce qui n'est pas repris dans les dépêches, qui en général trient, selon leur vision. Elles mettent en avant leurs conceptions, leurs manières de comprendre la politique, ce qui les intéresse en premier lieu, ce qui est souvent très éloigné de ce qui intéresse les acteurs eux-mêmes. 

Rim al Khatib

 

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