Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Réfugiés

« Nous sommes encore vivants, nous avons de l’espoir. Vous qui avez le Droit, aidez nous à avoir une vie d’être humains. » ; « Nous n’avons pas besoin d’argent, nous avons besoin de retrouver notre terre. » ; « Les Israéliens pensent que la prison va nous casser, nous ôter l’envie de nous battre contre l’occupation mais c’est tout le contraire. » Voici par investig'action les témoignages percutants de trois réfugiés palestiniens, à partir de l'excellente brochure « Réfugiés », réalisée par la journaliste Elsa Grigaut.

Jihad Abdel Halim Abu Muslim - Rencontre le 19/05/2014

J’ai été arrêté par l’armée israélienne le 6 mai 2004, j’avais 17 ans. C’était à Ramallah alors que j’étais dans un appartement situé en zone A (1) (c’est-à-dire dans une zone normalement contrôlée par l’Autorité Palestinienne, NDLR), en pleine après-midi.
Les soldats israéliens m’ont frappé puis m’ont emmené dans une base militaire à Jérusalem pour m’interroger. J’avais un bandeau sur les yeux, j’étais menotté à une chaise ou enfermé dans une pièce d’un mètre carré. C’était dur.
J’étais tout le temps dans l’obscurité, je n’avais plus la notion du temps, j’ignorais si c’était la nuit ou le jour.
Les soldats israéliens m’ont soumis à des pressions psychologiques. La nourriture était infecte, même un animal n’aurait pas voulu la manger, je n’avais pas d’eau, je ne pouvais pas me laver ou aller aux toilettes. Ils me maintenaient huit à neuf heures par jour dans une cellule sans que je puisse bouger.
Pendant les interrogatoires, ils menaçaient de tuer ma mère et de détruire la maison de ma famille si je ne parlais pas.
Les interrogatoires ont duré 100 jours. Chaque journée se ressemblait, ils m’empêchaient de dormir, quand je m’assoupissais, les gardiens me disaient que je devais aller me laver. Ils me disaient de me préparer à être interrogé à 6 h du matin et au final, ça se faisait la nuit.
Les gardiens m’annonçaient qu’ils m’emmenaient au tribunal pour mon jugement mais finalement, c’était une simulation, juste pour que je sois constamment sous pression. Des gens qui étaient enfermés avec moi et qui travaillaient avec les Israéliens essayaient de me faire parler. Même si j’avais 17 ans, je connaissais leurs techniques car, dans le passé, j’avais beaucoup discuté avec des amis du camp et mon grand frère, qui avaient déjà été en prison. Les 100 jours écoulés, j’ai été transféré à la prison d’Hasharon et j’ai attendu 1 an, c’est-à-dire, le jour de mes 18 ans, pour être jugé. J’ai écopé d’une peine de 9 ans. C’était vraiment dur. Durant mon incarcération, je crois que je suis passé par toutes les prisons israéliennes : Hasharon, Damoon, Jalbouh, Shata, Nakab, Majedou, Askalan, Al Sabea et Rominim. Quand j’étais en prison, j’étais malade, j’ai d’abord eu mal au ventre puis mal partout.
En 9 ans d’incarcération, les Israéliens n’ont accepté qu’une seule fois de m’emmener à l’hôpital.Le reste du temps, ils me donnaient des médicaments en me faisant croire que ça allait me soigner mais en réalité, il s’agissait de traitements qui agissaient directement sur mon cerveau. Ca m’a rendu fou. Une fois ils m’ont donné des médicaments pour que je ne dorme pas…ça a duré 20 jours. Je vomissais tout le temps. Je crois que c’était une expérimentation médicale.
Quand je demandais à me faire hospitaliser, ils acceptaient mais me transféraient vers une autre prison où ils me jetaient dans une pièce vide. A ma sortie de prison, je n’ai pas reconnu ma propre famille. J’étais très malade, on m’a hospitalisé une semaine en Jordanie et je dois maintenant suivre un traitement pour me soigner. Au début de mon incarcération, je n’ai pas eu le droit d’avoir une seule visite pendant trois ans. Puis ma mère est venue me voir une fois par mois. Parfois, l’administration pénitentiaire ne la prévenait pas de mes transferts alors, elle se déplaçait pour rien.
Mes deux frères et moi avons demandé à être emprisonnés au même endroit car ma mère était épuisée d’aller de prison en prison pour nous voir tous les trois.
Pendant quatre mois, nous avons partagé la même cellule dans la prison d’Al Nakab. C’est la pire des prisons, les cellules sont minuscules et il n’y a pas de lumière. 120 prisonniers sont enfermés dans quelques mètres carrés et tournent autour d’une table. Nous pourrions écrire des livres et des livres sur nos années en prison mais ça ne suffirait pas. Le pire, ce sont les interrogatoires. Mes frères ou moi ne pouvons pas oublier les tortures et la souffrance.
Deux de mes frères ont également été arrêtés après moi. L’un en 2006, l’autre en 2007 puis ils ont été emprisonnés pour une durée de cinq et treize ans. L’un est libre et l’autre doit encore attendre trois ans.
Ala’a frère de Jihad
C’était très dur quand Jihad est sorti de prison. C’est son mariage et son épouse qui l’ont un peu aidé.
Moi j’ai été interrogé 93 jours. Les Israéliens n’avaient aucune preuve contre moi alors ils ont essayé de m’envoyer des traîtres pour me faire parler. Comme je savais parfaitement qu’ils étaient des collaborateurs, je me suis battu avec eux.
Vous savez, les Israéliens pensent que la prison va nous casser, nous ôter notre envie de nous battre contre l’occupation mais c’est tout le contraire. Nous sommes encore plus forts et plus éduqués à notre sortie car en prison, nous pouvons apprendre des uns et des autres. Ca nous forge. Jihad et moi n’avons pas l’autorisation de rendre visite à notre frère en prison. Moi, je ne peux même pas sortir de Cisjordanie pendant cinq ans. Oum Jihad
C’est épuisant d’aller de prison en prison pour voir mes fils. En ce moment, je suis en train de remplir les papiers pour que mon fils puisse passer le baccalauréat pendant son incarcération.
Chaque fois que je veux faire une visite, les Israéliens m’obligent à me déshabiller, ils m’humilient.
Imaginez aussi que mon propre fils ne me reconnaissait pas à sa sortie de prison…
Tous nos prisonniers sont fous et malades quand ils sortent, c’est terrible !

Mahmoud Mohamad Ramadan Habash (Rencontre le 24/05/2014)

Ma famille est originaire du village de Beit Dajane, près de Yaffa. Je suis né en 1967, j’ai trois frères qui vivent aujourd’hui à Salem, Taybé et Naplouse. Ma sœur vit au village de Qufur Qalil (district de Naplouse, NDLR) et moi, je vis dans la maison de mes parents au camp de réfugiés de Balata avec ma femme, mes quatre filles et ma mère.
Mon frère Bassam a été emprisonné 7 ans, Ahmad, 4 ans et Hassan 8 mois. J’ai été à l’école du camp jusqu’à l’âge de 14 ans, j’ai poursuivi ma scolarité à l’extérieur.
Je me souviens de ma première arrestation par l’armée israélienne c’était le 11 novembre 1985. J’étais au lycée avec mes camarades et il y avait des affrontements avec les colons et les soldats. Je me rappelle très bien du gaz lacrymogène. Vingt-quatre d’entre nous ont été arrêtés, moi y compris. Nous sommes restés dix-huit jours à la prison d’Al Fara (située entre Naplouse et Jénine, NDLR). Puis dix-huit ont été libérés et les autres et moi, nous avons été dispatchés dans différentes prisons israéliennes. Ils m’ont interrogé pendant vingt jours et je suis resté deux mois à Al Fara avant d’être transféré à la prison d’Al Jnaid (Naplouse, alors sous contrôle israélien, NDLR) avec mon ami Salah Zidane pour une durée d’un an. Ce dernier est mort en martyr en 2003 lors de la seconde intifada. Les quatre autres incarcérés étaient à la prison de Naplouse. Je n’ai rien confessé mais, les colons ont témoigné contre moi et j’étais accusé d’avoir lancé des pierres dans leur direction le 11 novembre. Je partageais une petite cellule avec beaucoup de prisonniers, il n’y avait pas de toilettes, seulement une bassine.
Chaque matin, nous rangions nos matelas et nous faisions le ménage. C’était propre parce que les prisonniers faisaient tout, y compris la cuisine. J’étais le plus jeune des prisonniers.
Je me souviens du 3 mars 1986. Régulièrement, l’administration pénitentiaire nous asphyxiait par l’unique lucarne de la cellule. Les gardiens diffusaient du gaz lacrymogène puissant. Ce jour-là, je me suis mis à vomir du sang et à avoir des plaques sur la peau, j’ai dû être hospitalisé pendant 20 jours. Encore aujourd’hui, je me demande comment nous sommes encore en vie. Beaucoup de mes codétenus avaient différentes pathologies cardiaques mais ils ont résisté.
A ma sortie de prison, je n’ai pas continué mes études. Ma famille et moi nous sommes installés au village de Qufur Qalil car nous pensions que nous aurions moins de problèmes avec l’armée israélienne que si nous restions au camp.
Nous sommes restés là-bas cinq ans. Les soldats venaient de temps en temps chez nous, ils cassaient notre porte, nos fenêtres et nous insultaient. J’ai travaillé dans le domaine du textile pendant deux ans à Balata. Puis, il y a eu la première intifada. Un jour j’ai enfreint le couvre-feu que les Israéliens nous avaient imposé. Ils m’ont tiré dessus et ça a pulvérisé mon tibia droit. J’ai mis un an à me rétablir.
En 1990, j’ai été arrêté trois mois pour ne pas avoir respecté le couvre-feu. J’ai d’abord été incarcéré à Al Fara puis à Al Nakab dans un camp de 6000 prisonniers. Nous étions dans le désert, sous des tentes. On ne pouvait pas dormir à cause des insectes. La chaleur et la nourriture, je crois que c’était cela le pire. Cela rendait tout le monde malade ! Et dans ces cas-là, vous ne pouviez rien espérer d’autre que de l’aspirine et du glucose. A ma sortie, je suis retourné à Balata pour travailler dans le bâtiment jusqu’en 1993.
J’ai été de nouveau arrêté et placé en détention administrative (2) pendant un an. J’ai passé six mois dans le camp d’Al Nakab et six mois à Magido. Il y avait de grosses tensions entre l’administration pénitentiaire et les prisonniers. Nous faisions des grèves de la faim pour obtenir une amélioration de nos conditions de détention et notre droit de visite. Je suis sorti en 1994, j’ai travaillé comme carreleur.
Puis j’ai fait une formation de six mois avec l’Autorité Palestinienne pour entrer dans la police. J’ai travaillé cinq ans, je suis devenu gardien à la prison de Naplouse (à l’époque déjà sous Autorité Palestinienne, NDLR). Et puis, il y a eu la deuxième Intifada.
Le 25 mai 2001, j’étais dans ma voiture avec trois autres amis à l’entrée du camp de Balata. Nous sommes sortis de la voiture et un hélicoptère israélien l’a bombardé alors que nous n’étions qu’à quelques mètres du véhicule. Un de mes amis a été pulvérisé, un autre a perdu une main et un œil, un autre a été blessé au ventre. Ce dernier s’appelle Kamil, il est actuellement emprisonné par les Israéliens car il a écopé d’une peine de prison de 350 ans. J’ai été hospitalisé trente jours. J’ai perdu la vue à cause de la chaleur de l’explosion et des projections de métal. Au début, j’avais aussi perdu l’ouïe. Elle est un peu revenue avec le temps. Depuis ce jour, j’ai constamment un bruit de moteur dans chacune de mes oreilles, ce n’est pas le même son dans la droite et la gauche et l’intensité peut varier d’un jour sur l’autre. Ma jambe gauche a aussi été sérieusement touchée, j’ai définitivement perdu un bout de tibia.
Vous savez, on est mal soigné en Palestine.
Ca fait 13 ans que j’entends le même bruit dans mon crâne et j’ai très mal à la tête car il me reste des débris de métal à l’intérieur. J’ai beaucoup souffert à cause des brûlures sur ma poitrine, là aussi il reste des bouts de métal. Ma peau en a naturellement rejeté quelques-uns mais il en reste encore et c’est très douloureux. J’ai le même problème avec ma jambe gauche.
Les médecins disent que c’est difficile de me soigner ici mais j’ai été interdit de sortir du territoire pendant cinq ans après l’attaque. Je sais qu’il existe des solutions concernant mon ouïe mais je dois aller en Jordanie ; je n’arrive pas à obtenir une permission de l’Autorité Palestinienne et cela nécessiterait environ 1500 dollars.
Ce n’est pas facile d’aller à l’hôpital de Rafidia (Naplouse, NDLR), je ne vois pas, j’entends mal.
Cela fait 13 ans que j’essaie de me faire soigner.
J’étais policier, j’ai servi mon pays mais le gouvernement ne veut pas m’aider. Il me donne 2000 shekels (environ 421 euros, NDLR). Les blessés comme moi ont besoin d’avoir une vie sociale, mais c’est presque impossible de se déplacer.
Dîtes aux Français de nous soutenir, nous et les familles de martyrs. Nous avons besoin d’un soutien politique et humain.
Nous sommes encore vivants, donc nous avons encore de l’espoir. Vous qui avez le Droit, aidez-nous à avoir une vie d’être humains.

Ahmad Khamis Mohamed Aiswad Rencontre en mai 2014

J’ai 81 ans, je suis né en 1933 dans le village de Kufur Ana, situé entre Yaffa et Lid. Maintenant, il n’existe plus rien de ce que je connaissais. A la place, les Israéliens ont construit un hôpital et l’aéroport de Ben Gurion. Ma famille était paysanne, nous avions des orangeraies, du blé, des légumes. Kufur Ana comptait deux écoles, une pour les filles qui étaient scolarisées jusqu’à 10 ans et une pour les garçons, scolarisés jusqu’à 13 ans. Pendant les vacances, je travaillais pour les Anglais (à l’époque du mandat Britannique) comme gardien. C’est comme ça que j’ai appris à parler anglais. Quand j’ai eu 15 ans, j’ai travaillé pour eux à plein temps et puis, les Juifs sont arrivés en 1948.
Ils tiraient n’importe où et sur n’importe qui, nous avions tous peur. J’étais l’aîné de ma famille, j’ai fait monter ma soeur et mon frère sur mon vélo et nous avons fui notre village. Mes parents avaient chargé notre âne avec quelques couvertures, des assiettes, des marmites, une théière et un réchaud. Deux heures plus tard, nous nous sommes tous retrouvés au village Al Khirbai, à côté de la ville de Lid. Pendant une semaine, nous avons attendu, abrités sous les arbres. Nous avions quelques vivres mais nous étions persuadés que nous allions revenir chez nous. Nous sommes retournés au village pour voir quelle était la situation et prendre d’autres affaires. Nous nous sommes fait tirer dessus donc nous sommes partis pour Lid. Là aussi, nous vivions sous les arbres, ça a duré trois mois, mais là encore, les Juifs sont arrivés, nous avions faim. Nous avons fui au village de Qibya (à côté « ede Lid). Là-bas, un habitant nous a prêté une maison sans toit. Puis, les Israéliens sont venus et ont tué beaucoup de gens, y compris des femmes et des enfants. Nous sommes donc partis pour le village de Birzeit (à côté de Ramallah, NDLR).
Mon père et moi sommes devenus ouvriers agricoles. Nous étions plusieurs réfugiés à vivre de cette façon, dans les champs, abrités dans des cabanes. Je me suis marié à 22 ans avec une fille du même village que moi. J’ai commencé à travailler comme ouvrier dans le bâtiment partout dans les camps de réfugiés en Cisjordanie.
J’ai construit des écoles à Balata, à Askar, un cabinet médical aussi. Ma famille et moi, nous nous sommes installés à Balata. Quand les Israéliens nous ont encore attaqués en 1967, la plupart des gens et moi qui avions vécu la Nakba, nous nous sommes dit que nous ne partirions plus, quitte à mourir. Il n’y aurait pas de deuxième Nakba. A l’époque, nous louions une maison, puis j’en ai construite une de cinq étages. J’ai aussi travaillé deux ans en Israël, j’avais un ami juif. C’est quelqu’un de bien, qui cherche la paix.
Aujourd’hui, deux de mes enfants travaillent avec lui. J’ai eu deux épouses et seize enfants qui ont eu des enfants à leur tour. Les Sionistes ont fait un mauvais calcul. J’ai fui de mon village avec mes parents, mon frère, ma sœur et aujourd’hui, rien que de mon côté, nous sommes une centaine !
Il faut trouver une solution. Ici, au camp, les enfants n’ont pas de lieux pour jouer, nous manquons de structures pour les soins médicaux, l’UNRAW(3) donne de moins en moins d’aides. L’un de mes fils a fait quatre ans de prison, il a peu de moyens et doit faire vivre sa famille dans une seule pièce alors qu’il est employé à la mairie de Naplouse. Les salaires sont vraiment trop bas ! Moi, je vis dans une pièce au rez-de-chaussée, à la fin du mois, mes enfants me donnent un peu d’argent. Mais si j’étais chez moi, ça serait tellement mieux ! Vous savez, dans un village on peut vivre de sa terre, mais pas dans un camp. Les sionistes ont pris notre paradis. Je n’ai plus de terre à transmettre en héritage. Nous n’avons pas besoin d’argent, nous avons besoin de retrouver notre terre. Je garde la foi, j’ai 81 ans et jusqu’à aujourd’hui, je crois que je vais retourner chez moi car personne ne peut oublier ses racines, ça serait comme ne pas avoir de religion.

Notes :
(1) Les territoires palestiniens sont formés de
- Une zone A : Gaza, et les villes de Jéricho, Jénine, Qalqilya, Ramallah, Tulkarem, Naplouse et Bethléem. Dans cette zone l’Autorité Palestinienne exerce les pouvoirs de police (18% des Territoires).
- Une zone B qui comprend les autres zones de la Cisjordanie dans lesquelles la sécurité est exercée par l’Autorité nationale Palestinienne et l’armée israélienne (22% des Territoires).
- Une zone C qui intègre les colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. La zone C est sous contrôle d’Israël (60 % des Territoires).
(2) : Détention administrative : cette procédure judiciaire est utilisée par les Israéliens afin de détenir des Palestiniens sans motif ni jugement pendant une durée indéterminée. Les raisons de ces incarcérations ne sont jamais révélées au prisonnier ou à son entourage et bien évidemment, aucun avocat ne peut avoir accès au dossier du détenu.
Au début de ce type d’incarcération, les administrations pénitentiaires israéliennes font savoir au « détenu administratif » qu’il est enfermé pour une durée de trois mois. A la fin de cette période, l’ordonnance peut être renouvelée pour une durée identique et ce à l’infini. La détention administrative est une forme de torture psychologique utilisée dans le but de briser l’individu et de lui ôter l’esprit de résistance. Cette procédure est héritée du mandat britannique en Palestine avant 1948 et permet d’emprisonner des années sans procès toute personne.
Le traitement des « détenus administratifs » contrevient non seulement aux Droits de l’Homme internationaux mais aussi aux dispositions de la Quatrième Convention de Genève. Sont violés : le droit de se défendre, le droit à être entendu publiquement et équitablement, le droit de faire appel, d’examiner les témoignages et la présomption d’innocence. De plus le droit humanitaire interdit le transfert de civils de territoires occupés vers le territoire de l’Etat occupant. Le droit international interdit la détention administrative car elle est arbitraire. Elle bafoue la quatrième convention de Genève, visant à protéger les civils des territoires occupés et interdisant la détention arbitraire comme moyen de contrôle sur une population.
(3) L’UNRAW : Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA - United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East, en anglais)

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