Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Sionisme : transfert et apartheid 2ème partie

Par Dr. Mahmoud Muharib

Benjamin Jabotinsky, fondateur et dirigeant du courant révisionniste dans le mouvement sioniste, - courant qui s'est opposé au courant travailliste et a pris ses distances de l'organisation sioniste mère, en fondant une organisation sioniste parallèle, pour une période, et qui a pris le pouvoir en Israël en 1977, sous la direction de Menahim Begin, "élève" et "successeur" de Jabotinsky - a repris les opinions de Max Landau tout en les développant et les modifiant.

En 1923, Jabotinsky publie deux articles intitulés "à propos du mur de fer" et "la moralité du mur de fer", où il fonde les bases théoriques du mouvement révisionniste, définit l'attitude envers la Grande-Bretagne, l'attitude envers les Arabes et la politique de l'administration sioniste.
- Jabotinsky a considéré qu'il ne pouvait parvenir à un accord entre le mouvement sioniste et les Arabes Palestiniens, ni en son temps, ni dans un avenir proche, par rapport à sa génération, à cause de la nature humaine et les leçons de l'histoire. Il n'y a jamais eu, dans l'histoire humaine, un accord de plein gré, de la part d'une population autochtone, pour accepter des colons venant de l'extérieur, et renoncer à leur souveraineté sur leur pays. Il a affirmé que ce principe s'appliquait aux Arabes palestiniens qui connaissent les buts et les dangers que représente le sionisme pour eux, qui s'y opposent et qui résistent contre ses premières manifestations, en Palestine.
- Il se moquait des sionistes qui considéraient que pour réaliser le sionisme, les Arabes devaient être d'accord. Il les appela à admettre qu'une telle condition était impossible à réaliser, à moins d'abandonner le sionisme. Il a même exposé son idée de manière plus vive, lorsqu'il a affirmé que la colonisation sioniste devrait soit être stoppée soit être poursuivie sans prendre en compte ni s'arrêter à l'attitude des habitants autochtones. Il atteint son but en déclarant qu'il "était possible à la colonisation de se développer, sous protection d'une force non liée aux habitants autochtones, derrière un mur de fer, que les habitants autochtones ne pouvaient percer". Le mur de fer dont Jabotinsky parlait était la force militaire juive officielle.
- Jabotinsky a posé comme conditions pour la réalisation des buts sionistes et la création d'un Etat Juif en Palestine et aux alentours la fondation d'une force militaire juive officielle qui impose le projet sioniste aux Arabes. Il a affirmé que le but du sionisme était et restera la formation d'une majorité juive sur la "terre d'Israël". Pour réaliser ce but, Jabotinsky a appelé à renforcer la collaboration avec la Grande-Bretagne et l'instauration d'un "mur de fer", qui assurera la protection pour accueillir 50.000 immigrants juifs par an, pendant trente ans, à partir du milieu des années 20. Il a proposé d'accorder une autonomie aux Arabes Palestiniens lorsque les Juifs deviendraient une majorité et fonderaient leur Etat juif.

La commission Peel et l'expulsion

- Suite à la révolution de 1936 dont l'ampleur s'était accrue, le gouvernement britannique pris l'initiative de constituer la commission d'enquête Peel, pour étudier la situation en Palestine, surnommée commission Peel, du nom de son fondateur, Lord Peel. La commission proposa dans son rapport présenté au gouvernement britannique, adopté au mois de juillet 1937, le partage de la Palestine en deux Etats, un Etat Juif qui occuperait 20% de la surface de la Palestine et un Etat arabe sur le reste de la surface de la Palestine et la région à l'est du Jourdain. Bien que les recommandations de la commission Peel échouèrent comme les suivantes, elles prirent cependant de l'importance, à cette époque, car elles ont ajouté le caractère légal à trois questions essentielles :
- 1 - La demande de l'instauration d'un Etat juif en Palestine, ce que le mouvement sioniste n'avait pas osé demandé, officiellement, même s'il avait appelé à la fondation d'une "patrie nationale juive" en Palestine.
- 2 - Le rattachement des régions palestiniennes non incluses dans l'Etat juif proposé à l'est du Jourdain.
- 3 - La demande d'un échange de population entre l'Etat juif et l'Etat arabe.
- La commission Peel a mentionné qu'il se trouve, à l'intérieur de la superficie qu'elle a réservée à l'Etat juif, plus de 225.000 Arabes alors qu'il se trouve à l'intérieur de l'Etat arabe proposé 1250 Juifs. La commission a considéré que la présence de ce nombre d'Arabes à l'intérieur de la superficie réservée à l'Etat Juif ne peut qu'entraver la création d'un Etat Juif, et de ce fait, la partition. Elle a donc proposé une solution pour réussir la partition, qui serait l'expulsion de la majorité des Arabes par la force sous couvert d'"échange de population".

 

L'attitude de David Ben Gourion

- Les recommandations de la commission Peel ont suscité un vif débat au sein des dirigeants sionistes. Les premières réactions sionistes furent fortement opposées aux recommandations qui divisent "la terre d'Israël" et accordent aux Juifs "une petite part" seulement, mais l'opposition va aller s'amenuisant, progressivement, jusqu'à devenir un soutien réservé à la réalité de la recommandation du comité, soit l'expulsion des Arabes Palestiniens de l'Etat juif proposé.
- On peut remarquer la transformation de l'attitude sioniste en suivant celle du dirigeant du courant sioniste travailliste, David Ben Gourion. Au début, Ben Gourion a nettement refusé les recommandations de la commission Peel, lui collant tous les attributs négatifs, mais cette attitude a progressivement changé pour adopter un soutien réservé. Cette transformation de son attitude était due à sa conviction que si les sionistes exerçaient des pressions sur le gouvernement britannique pour exécuter l'expulsion, il n'y aurait plus d'entraves véritables à la fondation d'un Etat Juif.
- Ben Gourion a accordé une grande importance aux recommandations d'expulsion faites par la commission Peel, et a affirmé que le mouvement sioniste devait s'appuyer sur "la recommandation tout comme nous nous sommes appuyés sur la déclaration Balfour, comme nous nous appuyons sur le sionisme lui-même. Il nous faut tenir à cette recommandation, de toutes nos forces, notre volonté et nos espoirs, car cette recommandation, parmi les autres, contient les indemnités des parties du pays qui nous sont arrachées... L'article de l'expulsion est, à mon avis, plus important que l'ensemble de nos revendications pour augmenter la superficie... Si nous n'avons pas les moyens de sortir les Arabes qui sont parmi nous, et les transférer vers les régions arabes, ce que propose la commission britannique, nous ne pourrons plus le faire avec cette facilité (si nous avions pu le faire) après la création de l'Etat, lorsque le monde hostile sera en train de nous regarder, pour surveiller notre comportement envers notre minorité". (Ben Gourion, mémoires).

 


- Berl Katznelson, le théoricien de la gauche sioniste dont les partisans défendent les qualités morales et les positions de principe, a approuvé les opinions de Ben Gourion concernant l'expulsion. Dans le feu des discussions sur les recommandations de la commission Peel, il a mentionné, dans une réunion du comité exécutif de l'organisation sioniste, que "la question de l'expulsion a suscité une discussion vive parmi nous, est-elle permise ou interdite ? Ma conscience est très tranquille. Un voisin éloigné est meilleur qu'un ennemi proche. Eux ne perdront pas après leur transfert, et nous, évidemment, nous ne perdrons pas. Cette question est, en dernière analyse, une réforme politique coloniale, pour l'intérêt des deux parties. Je considère que c'est la meilleure solution. Et au moment de la révolte, je fus certain que cette question devait être suscitée un jour. Mais, je n'avais pas pensé que le transfert serait vers l'extérieur de "la terre d'Israël", je pensais plutôt à la région près de Nablus, et je suis encore convaincu qu'ils seront transférés, dans l'avenir, vers la Syrie et l'Irak"

Unanimité nationale pour le transfert

- Avec l'accentuation du conflit entre sionistes et Palestiniens, une unanimité "nationale" fut constituée, au sein des partis sionistes en Palestine, pour expulser le peuple palestinien vers les Etats arabes, et notamment vers la Syrie et l'Irak. Cette unanimité fut dirigée par le parti Mapaï qui a dirigé le mouvement sioniste, puis l'Etat d'Israël, dès 1933 jusqu'en 1977, et qui a regroupé dans ses rangs, dans les années trente, le parti Ahadot Hafoda, plus dur envers les Arabes, qui a fait scission du Mapaï pour se retrouver avec le Mapam dans les années 40, puis qui a quitté ce dernier pour être indépendant dnas les années 50 et revenir au giron du Mapaï en 1965.
- Cette unanimité n'a pas exclu de ses rangs le courant travailliste sioniste, le parti Mapam, qui s'appelait Hashomer Hatsaïr (le jeune gardien) à cette époque, et qui chantait la fraternité arabo-juive, et levait le mot d'ordre de la fondation d'un Etat binational pour les Arabes et les Juifs. L'attitude de ce parti peut être comprise à partir de celle de Aharon Cizling, l'un des dirigeants du parti, qui a affirmé : "je ne nie pas notre droit moral à proposer l'échange de population. Il n'y a aucune atteinte morale dans cette proposition qui vise à rassembler et à développer une vie nationale... Cela peut arriver dans le cadre d'un nouvel ordre mondial".
- Il a indiqué que la question de l'échange de population n'est pas pratique dans ces conditions, mais a affirmé que sur le long terme, il est logique qu'il y ait un échange de population entre les habitants de "la terre d'Israël" d'une part et les Etats arabes de l'autre, par le transfert des Juifs de ces Etats vers la "terre d'Israël".
- En plus du courant des partis travaillistes sionistes, l'expulsion a été soutenue par les dirigeants des partis sionistes "généralistes", dirigés par Haïm Weizmann, premier président de l'Etat d'Israël, qui ont visé à "transformer la Palestine en un Etat Juif entièrement pur comme l'Angleterre est anglaise".
- De même, l'organisation Lehi (les combattants pour la liberté d'Israël), connue également par la bande Stern, a demandé l'expulsion des Palestiniens. L'article 14 des principes fondamentaux du mouvement, écrits par son fondateur et théoricien Abraham Stern, qui fut remplacé à sa mort, par une direction tripartite, dont Ishaq Shamir, est explicite à ce propos parlant de la "résolution du problème des étrangers par le biais de l'échange de population".
- A la fin des années trente, une unanimité sioniste appelant à l'expulsion fut constituée, avec l'adhésion de Jabotinsky à cet appel, dans une lettre envoyée à la veille du décès de l'un de ses collaborateurs en Palestine. Dans ces conditions, quelques activistes indépendants ont affirmé leurs points de vue spécifiques sur cette question. Le plus connu étant Abraham Sharon, auteur de la théorie "du sionisme sauvage" qui a appelé à l'expulsion définitive des Arabes en direction de l'Irak, "afin qu'il ne reste dans notre Etat qu'un faible nombre d'individus et de catégories qu'il est impossible de transférer d'une quelconque manière".

Pour avoir plus d'informations à ce sujet, lire, en anglais

http://www.geocities.com/CapitolHil... A historical survey of proposals to transfer Arabs from Palestine : 1895-1947 et http://www.palestineremembered.com/...

Traduit par Centre d'Information sur la Résistance en Palestine

 

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