Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Sur un Cheik point

Un air de Oud

par Wafa, agence de presse palestinienne

12 mars 2004

Un air de 'oud, joué par un musicien local, s'est élevé, sur l'un des barrages militaires israéliens qui entoure la ville de Naplouse, au nord, au milieu d'un climat d'ennui et d'attente sans fin que vivent les gensqui y sont bloqués.

Ces airs de musique sortant du 'oud représentent un des sommets de l'acte de résistance, où la musique et l'humour deviennent des styles de résistance du peuple palestinien contre l'oppression et l'occupation. Le groupe de Palestiniens dont les papiers d'identité ont été pris au barrage par ceux qu'on nomme « l'administration civile israélienne » ont trouvé du plaisir à écouter la musique du 'oud, joué par un des leurs, ce qui leur faisait oublier un peu leurs peines, même pour un court moment. Lorsque les forces de l'occupation israélienne ont arrêté le musicien joueur de 'oud, au barrage de Bayt Ayba, l'affaire était insolite pour ces soldats qui hésitaient, ne sachant où le placer, car il n'y avait pas encore de catégorie « musiciens » parmi les catégories qu'ils arrêtaient. Au barrage, les soldats de l'occupation trient en de longues files la population arrêtée, chaque file étant séparée de l'autre par des blocs de ciment surmontés de barbelés. Les soldats instaurent tous les jours un nouveau programme de tri, les étudiants dans une file, les enseignants dans une autre, une autre file pour les Palestiniens âgés de plus de 35 ans, et une nouvelle file vient d'être inaugurée pour les musiciens et les scouts, mais ce programme de tri change constamment. Le même jour, un groupe de scouts enfants est arrivé en ville pour participer à un journée artistique. Les soldats ont arrêté le groupe, dans une file séparée, pendant un moment, et ils ont procédé à des fouilles humiliantes. C'est à ce moment que les gens arrêtés et ceux qui avaient été interdits d'entrer à Naplouse se sont complètement transformés en entendant les airs du 'oud, accompagnés par des chants 'ataba et mijana, que tous ont repris, collectivement, à l'intérieur même de la zone sécuritaire installée par le barrage militaire, ce barrage étant considéré comme étant le plus terrible des barrages qui entourent Naplouse. La scène était vraiment saisissane, les Palestiniens se sont regroupés autour du joueur de 'oud en un cercle, qui n'a pas duré longtemps après l'intervention des soldats de l'occupation. Certaines personnes arrêtées au barrage ont expliqué à l'envoyé de Wafa, l'agence de presse palestinienne, qui se trouvait bloqué également, que les sentiments ressentis à l'écoute du 'oud et des chants leur a permis de se recharger de patience et de volonté. A l'entrée du village Qoussin, de l'autre côté du barrage, l'un de ceux dont les pièces d'identité ont été confisqués arrive et s'intègre dans le groupe des chanteurs, ce groupe étant à des moments très désordonné, mais grâce à un « maître », il reprenait un rythme plus organisé et plus suivi. Abdul Halim Abu bkar, étudiant dans une des facs de Naplouse, s'adresse à ceux qui écoutaient les airs du 'oud avec grande attention : « Vous avez perdu l'occasion très tôt ce matin, d'écouter de la musique, un joueur de 'oud est passé ce matin, par le barrage, mais il n'a pas été arrêté. » Il a fallu de quelques airs de 'oud pour transformer la situation et le moral des gens qui passaient par le barrage : de morne et d'ennuyeux, le barrage est devenu le lieu de la musique et de la plaisanterie, pour quelque temps. Pendant que certains mettaient toute leur énergie à passer cet obstacle militaire, d'autres écoutaient tranquillement la musique, essayant de surmonter l'attente, leurs papiers étant été confisqués quelques heures plus tôt par les militaires. Avec la musique, d'autres expressions fusent : l'humour, les anecdotes, les mimes, permettant aux gens bloqués de s'occuper par autre chose que l'attente de leurs papiers. Un jeune homme abrité par un parapluie noir, se met à raconter les anecdotes, assis à l'ombre d'un bloc de ciment. Ce jeune, originaire d'un village de la région de Naplouse, est du coup devenu la cible de l'armée d'occupation, les soldats se sont mis à hurler avant de le prendre, pour être isolé du groupe.